Olympe et le plafond de verre

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vendredi 18 mai 2012

On ne naît pas homme, on le devient

J'ai assisté la semaine dernière à la présentation par Brigitte Grésy et Sylviane Giampino d'un rapport qu'elles viennent de publier sur le poids des normes qui s’imposent aux hommes.
En préambule, un universitaire Christophe Falcoz nous a dressé un rapide tour d'horizons des études concernant la masculinité. Car si les premières "men's studies" datent des années 70 aux USA, elles sont beaucoup plus récentes en France. Ces travaux doivent beaucoup aux "Gender studies" qui ont permis de désuniversaliser l'homme. En effet si les études sur les femmes sont désormais pléthores,  c'était comme si les hommes représentaient le genre humain et ne justifiaient pas d'être étudiés en tant que catégorie.

Ce chercheur s'intéresse pour sa part au concept de "masculinité hégémonique" . Concept  qui examine comment nos sociétés occidentales sont construites sur des normes archétypales qui relèvent du masculin. Ce qui ne veut pas dire, attention, que ces normes sont seulement portées par les hommes, mais elles correspondent à l'image que nous avons de ce qu'est (ou de ce que doit être) un homme.

En voici quelques unes, qui s'appliquent très bien  à la vie en entreprise.

- un certain modèle de réussite qui consiste à gagner sa vie et celle de sa famille et qui considère qu'une position enviable passe par un statut social élevé, par  l'acquisition de biens symboliquement prestigieux (en gros : si à 50 ans on n'a pas une rolex on a raté sa vie)

- le positionnement social, et c'est le cas de la gestion des carrières en entreprise, relève du tournoi. A chaque étape il s'agit de mener un combat, fut-il symbolique, pour procéder à l'élimination de certains et permettre aux autres (les meilleurs donc en théorie) de grimper dans les hiérarchies.

- l'obéissance et le respect de la hiérarchie.

- la capacité à endurer le mal et à faire souffrir 

- le contrôle des autres, mais aussi de soi et notamment de ses émotions

- l'importance du  JE qui consiste à s'affirmer, à être fière de soi, 

- la connaissance du jeux . Ces tournois sont codifiés, et à ce titre les femmes seraient considérées comme trop sérieuses car n'ayant pas compris qu'il s'agit de jeux



Christophe Falcoz s'est tout particulièrement interessés à ceux qui n'adhèrent pas, ou ne sont pas conformes à ces normes.

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jeudi 17 mai 2012

Yes ! 1ere promesse tenue

Oui, c'était possible !

Merci à toutes celles qui grâce à  leurs actions ont réussi à enfin faire admettre que la question de l'égalité femmes/hommes n'était pas un sujet mineur et que l'attente était forte.

Je ne bouderais pas ma joie. Même si les femmes ont peu de ministères régaliens et que je ne suis pas certaine que l'équivalence soit parfaite dans l'importance des missions, même si le fait que sur 6  trentenaires 5 soient des femmes prouve que les hommes des générations plus anciennes s'arrangent pour conserver leur place et faire davantage porter la parité par les nouvelles générations, qui elles n’ont pas encore tout à fait voix au chapitre.

Cependant Les Dernières nouvelles d'Alsace vont  un peu vite en besogne . La parité est essentielle dans la marche vers l'égalité. C'est l'une des conditions pour que les stéréotypes changent, que l'on trouve normal de voir des femmes et des hommes à tous les postes.

Le laboratoire de l'égalité, qui s'était énormément impliqué salue ce gouvernement mais restera vigilant"le Laboratoire de l’égalité n’entend pas se contenter de ce premier pas. Si la ministre des droits des femmes est également nommée au poste clé de porte-parole, les portefeuilles régaliens restent majoritairement dévolus à des hommes (intérieur, défense, affaires étrangères). En outre, la composition d’un gouvernement ne fait pas tout, et les six prochains mois seront décisifs, en ce qu’ils montreront les priorités que ce gouvernement se donne."

Meme son de cloche du coté d'Osez le féminisme

PS : comme vous pouvez le constater les Unes de la Presse locales me réjouissent tous les jours depuis que j'ai découvert ce site  ICI

mardi 15 mai 2012

Assez mère ?

L'un des buzz du moment est cette couverture du Time, qui est bien évidemment faite pour provoquer.

Cette photo est présentée comme dérangeante. On peut surtout constater qu'elle ne milite pas pour l'allaitement long (le texte parle de mères de l'extrême et de gourou). 

Le problème c'est qu'il s'agit davantage d'une image érotique que d'une scène d'allaitement. Et d'un érotisme sulfureux puisque incestueux.

Ne trouvez vous pas que la position de la femme renvoie plus à ça (la position du bras, la direction du regard, la poitrine en avant)  qu'à l'iconographie habituelle de l'allaitement ?

Et le fait que l'enfant soit un garçon, habillé comme un petit mec pour qu'il n'y ait aucun doute, rajoute de l’ambiguïté. L'impression aurait été très différente avec une fille.

Il y a 3 ou 4 ans le journal ELLE avait  publié une photo d'allaitement d'un enfant plus grand qu'on ne le voit habituellement. Position très différente, mais là aussi il s'agit d'un garçon et là aussi la position et la tenue de la maman sont plutôt sexys.

Il est très facile lorsqu'on allaite de le faire sans montrer le moindre bout de sein , (ce n'est pas Mamanana qui dira le contraire), c'est évidemment moins photogénique.

On est plutôt habitués à voir ce type d'image. Tout en rondeur et en douceur .

L'age de l'enfant permet d'autres positions que tenu dans les bras, mais les tableaux montrant des bambins de cet âge doivent être rares car google ne m'en a quasiment pas ramené.

Hormis celui-ci,  très connu , qui est une allégorie de la République "féconde, sereine et glorieuse". ça semble sans rapport avec le projet du Time.



Sinon j'attends que le Time pose la question aux hommes "Etes vous suffisamment père ?"

lundi 14 mai 2012

Couronne de roses

Selon wikipédia 

Une rosière est une jeune fille qu'on récompense pour sa réputation vertueuse.

Elle consiste en la remise d'une couronne de Rose la jeune fille dont la conduite irréprochable, la vertu, la piété et la modestie avaient marqué le village.

Et en 2012 ça fait toujours la Une du journal local, même si je suppose que la vertu consiste surtout désormais à se sacrifier pour les autres.

mercredi 9 mai 2012

Procès Orelsan

Vous vous souvenez certainement de l'affaire Orelsan. ICI ICI

A l'origine :  la dénonciation par 5 blogueuses d'une chanson ignoble "sale pute". Il se trouve que j'étais l'une de ces blogueuses et que j'étais loin, mais vraiment loin, d'imaginer la tourmente que serait cette affaire.

J'ai reçu en quelques jours des dizaines de demandes d’interviews par tous les journaux et télés de France. Heureusement pour moi j'étais absente et ne possédait pas de smartphone à l'époque, quand je suis rentrée le gros de l'affaire était passé.

N'empêche, je n'étais pas encore une blogueuse aguerrie et cette expérience fut l'épreuve du feu.

J'en ai surtout retenu que si les blogs ont une influence, c'est celle de soutenir ou de lancer des buzz. 

Depuis je fais très attention, je vois souvent passer sur twitter ou facebook des publicités, des images, des propos qui suscitent l'indignation et qu'on aurait envie de dénoncer. Je ne le fais pas lorsqu'il s'agit de marques peu connues qui visiblement font dans la provocation en espérant que leur nom sera répété. Il sera toujours temps ensuite pour elles d'améliorer leur image.

Car on ne m'enlèvera pas de l'idée qu'Oreslan, après nous avoir bien vilipendées, devrait nous remercier pour la notoriété qu'il a gagné. Certes il a connu une période difficile avec de nombreux concerts annulés. Il a préféré s'expatrier quelques mois à l'étranger, d'où il est revenu avec un nom désormais connu et une aura de victime qui le rend sympathique à son public. Il a d'ailleurs inscrit à son répertoire des chansons à la Calimero beaucoup plus politiquement correctes et remporté des prix qui m'apparaissent surtout comme un réflexe de défense de l'establishment, 

L'association Ni putes ni soumises l'avait poursuivi pour "provocation au crime", l'audience s'est tenu récemment . Il a évidemment plaidé la liberté d'expression. Le Parquet  a été dans son sens en estimant "qu'on se trompe d'ennemi", rappelant que les femmes battues sont bien réelles mais n'étaient pas victimes des propos d'un chanteur qui s'exprime dans le cadre de sa liberté d'expression artistique. La Procureure a requis la relaxe. Conclusions le 12 juin

Je suis, moi aussi favorable à la liberté d'expression et je pense qu'on devrait, hormis propos diffamatoire concernant une personne), pouvoir tout dire et tout écrire. J'ai probablement évolué sur ce point  car je trouve de plus en plus inquiétant de lire que des personnes sont condamnées pour des mots. Ce qui était choquant, et l'est encore, c'est le fait que quelqu'un qui diffuse de telles paroles soit soutenu par des festivals financés avec des fonds publics. L'Etat et les collectivités locales ne peuvent pas d'un coté élaborer des plans contre les violences et de l'autre cautionner l'auteur de cette chanson qui contribue  à perpétuer l'idée qu'un homme trompé peut avoir envie de torturer et tuer sa femme. PArceque la réalité est qu'ils sont 140 à être passé à l'acte en 2009  

Mais, comme le disait Isabelle Alonso"Une fois encore, certain-e-s ont l’indignation sélective. Soit l’incitation à la haine n’existe pas, et il faut abroger tous les textes de loi qui y font allusion. Soit elle s’applique aussi pour les femmes qui sont, au cas où d’aucuns persisteraient à faire semblant de l’ignorer, l’objet d’une violence quotidienne et gravissime. Le reste n’est que gesticulation."

Jamais ceux qui ont soutenu Orelsan ne l'aurait fait si il avait écrit le même type de chanson décrivant les tortures à infliger à l'amant de sa femme en leur donnant une connotation raciste.



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mardi 8 mai 2012

Jupes et pantalons . Guichet Montparnasse

Au guichet Montparnasse, les jeudis et samedi jusqu'au 16 juins la Compagnie De l'Art dans l'Air présente un spectacle Jupes et pantalons.

J'irai mais pas avant la mi juin, je ne sais donc pas ce que ça vaut mais le pitsch est succinct mais allégeant." ">Une femme retrace l'histoire du mouvement des femmes des années 70. Avec passion, mais aussi avec humour, elle évoque ces moments exaltants de lutte..."

jupes_et_pantalons.JPG

lundi 7 mai 2012

Hollandettes et Hollandaises

Les spéculations vont bon train sur la composition du prochain gouvernement.

Et parmi les sujets récurrents celui des femmes qui en feront partie, la moitié je le rappelle.

Penchons nous sur la façon dont les médias en parlent.

Pour Le Monde ce sont des "Hollandettes, remake socilaistes des juppettes ". déja, on espère que ce ne sera pas le cas et que ces ministres là auront le temps d'exercer un véritable mandant.

Remarquons ensuite que suffixe "ette" est "utilisé pour former des noms en rapport avec une forme plus petite d’un objet ", ce n'est que secondairement qu'il sert "à former l'équivalent féminin de quelque chose". Parler d'Hollandette c'est donc induire l'idée que ces ministres auront quelque chose de moindre. L'article du Monde laisse d'ailleurs planer l'idée que parmi les femmes qui vont être nommées certaines le seront uniquement parce qu’elles sont femmes. Oubliant que si moins  de femmes que d'hommes ont réussi à se hisser à ce niveau c'est que le parcours d'obstacles est autrement plus difficile pour elles.

Rue89 parle de "Hollandaises", et je me demande si je suis la seule à associer immédiatement ce mot à  "vache" ?

Avez vous vu qu'il était question de Hollandais quelque part ? 

En tout cas on est rassuré, François Hollande n'est pas du tout macho.

Reprenons une activité normale

OUF !

Nous pouvons reprendre une activité normale.

Notamment en vérifiant que les actes sont conformes aux promesses.

Dans son programme François Hollande avait écrit 

"Je défendrai l’égalité des carrières professionnelles et des rémunérations entre les femmes et les hommes.Une loi sanctionnera les entreprises qui ne respectent pas cette règle, notamment par la suppression des exonérations de cotisations sociales. Un ministère des droits des femmes veillera notamment à son application effective."

Il a également signé le Pacte pour l'égalité dont les 4 thématiques sont les suivantes

1/ parité et accès des femmes aux responsabilités, notamment en 

- suspendant le financement des partis qui ne présenteraient pas 50% de candidates aux élections ;
- légiférant sur la parité dans toutes les instances de décision publiques et privées.

2/égalité salariale et lutte contre la précarité dans le travail 

- en faisant appliquer les lois sur l’égalité professionnelle assorties de sanctions financières ; 
- en pénalisant  le recours au temps partiel subi.  

3/ valorisation de l’implication des pères et conciliation des temps de vie   - en allongeant le congé paternité ;

- en créant  500 000 places d’accueil de jeunes enfants. 

4/ partage d’une culture de l’égalité 

- en luttant contre les stéréotypes sexistes dès le plus jeune âge et en formant le personnel éducatif ; 
- en lançant  une campagne d’intérêt générals ur la lutte contre les stéréotypes de genre. 

Il a  également eu l'occasion de promettre  de constituer un gouvernement paritaire , d'installer des  centre IVG dans chaque établissement hospitalier et de permettre l'accès gratuit à la contraception pour les jeunes filles et plus de lieux d'accueil pour les femmes victimes de violences.

Le 1er test va être la constitution du gouvernement. Non seulement il doit être paritaire, ce qui sera respecté je pense mais les responsabilités devront être équivalentes.

Un premier ministre qui ne serait pas une femme serait, de mon point de vue, un premier mauvais point.

dimanche 6 mai 2012

Billet de week end 28

Un peu de lecture pour vous faire patienter jusqu'à ce soir.

- Adja s'occupe des enfants d'Aminata qui garde ceux de Nama qui garde ceux de Sylvie qui s'occupe de ceux de Charlotte. Caroline Ibos a cherché à savoir qui gardait les enfants des nounous et décrit une  chaine du care mondialisée rarement prise en compte par les politiques.

- 2 billets qui donnent leur point de vue sur le point G , sur Slate et  sur lePlus 

- les liseuses permettent de lire en toute discrétion des livres érotiques, et rencontreraient à ce titre un grand succès chez les femmes  (mais pas chez les hommes ?? )

- un article qui compile les idées reçues sur les soutiens gorges chez Sophie 

- si vous avez des enfants le blog de Christine qui, avec 2 petits, continue à voyager en France ou à l'étranger et partage ses bons plans.

Enfin, quelques pubs vintages pour vous rappeler à l'ordre.

 

samedi 5 mai 2012

Conseil constitutionnel et harcèlement sexuel

Je sais  que vous l'avez déjà lu ou entendu à la radio ou vu à la télé, mais  l'un des intérêts des réseaux sociaux est de faire savoir que nous sommes nombreux à nous indigner de la même chose.

N'hésitez donc pas à commenter, ici ou ailleurs et à partager des liens sur facebook ou twitter (merci par contre de ne pas parler des candidats à la présidentielle, c'est interdit pendant ces 2 jours).

Le Conseil Constitutionnel a donc abrogé le délit de harcèlement sexuel avec effet immédiat. Ce qui signifie que le délit n'existe plus et qu'il ne peut plus y avoir de poursuites sur ce motif, par ailleurs toutes les procédures actuellement en cours tombent.

C'est bien le rôle du Conseil Constitutionnel de veiller à ce que les lois soient correctement rédigées, justes et applicables et celle-ci n'était semble-t-il pas assez précise.

On doit cependant noter que :

- dans le cas de la garde à vue le Conseil constitutionnel avait laissé un an au législateur pour changer la loi. Qu'avait-il besoin aujourd'hui de décréter un effet immédiat alors que la loi existe depuis 20 ans ? Cela aurait il à voir avec le fait que l'homme qui a saisi le Conseil, ayant été lui-même condamné pour harcèlement sexuel, en connait personnellement certains membres ?

- cette loi était perfectible tout le monde le savait, y compris le Conseil Constitutionnel qui l'avait déjà évoquée. Depuis de nombreuses années l'AVT se bat pour la faire modifier. En 2009 la mission d'information sur les violences faites aux femmes, présidée par la députée Danielle Bousquet, recommandait  l'harmonisation avec le code du travail qui comprend également des articles sur le sujet et l'alignement sur la définition du droit européen qui est plus précise. A la suite de quoi, l'Assemblée nationale, si prompte à voter des lois à la suite de n'importe quel fait divers, n'a RIEN fait.

Difficile de ne pas imaginer que les choses se seraient passées différemment avec plus de femmes au Parlement ou au Conseil Constitutionnel.

EDIT : à lire le billet de Maitre Eolas sur le sujet qui 

précise ce qu'il en est du droit du travail : 

"Tout d’abord, le Code du travail interdit toujours le harcèlement sexuel dans le cadre du travail ; harcèlement qui est défini à l’article L.1152-1 et L.1153-1, et pénalement réprimé par l’article L.1155-2. Cette disposition n’est pas directement concernée par la décision du 4 mai. Actuellement, toutes les plaintes pour harcèlement visaient l’article 222-33 du Code pénal, tellement large qu’il englobait toutes les situations. Mais celles concernant une relation de travail peuvent être requalifiées en harcèlement sexuel au travail, et les poursuites pourront continuer. Cela s’entend uniquement des relations de travail de droit privé, entre collègues ou salarié et employeur : CDD, CDI, contrat d’apprentissage, contrat de stage, mais pas les relations de travail dans une administration ou à l’égard de clients de l’entreprise, qui ne sont pas partie au contrat de travail."

et souligne

" le vrai problème que pose la longévité incroyable des carrières politiques en France (cela fait 38 ans que ces 4 personnes évoluent dans les sphères du pouvoir)"

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