Olympe et le plafond de verre

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vendredi 21 août 2015

15 photos qui montrent que l'accolade en politique est un art compliqué

Le diable se cache dans les détails.


J'ai été surprise il y a quelques semaines en voyant passer cette photo sur twitter.

Et en fouillant un peu j'en ai trouvé d'autres.

A priori rien à dire, ce sont des photos sympathiques qui montrent que Anne Hidalgo sait entretenir des relations chaleureuses et détendues avec toutes sortes de personnalités.

Sauf que ces photos ne respectent pas l'une des règles essentielles des relations politiques qui est celle de l'égalité et la réciprocité.

Les protocoles diplomatiques décrivent avec beaucoup de soin la façon dont les personnes doivent s'approcher et se situer les unes par rapport aux autres. Certes, il ne s'agit pas ici de rencontres très protocolaires, mais le geste d'enlacer quelqu'un par les épaules, qui est un geste familier et plutôt tendre entre deux personnes proches, apparait  comme protecteur. Mme Hidalgo a-t-elle besoin d'être réconfortée ou protégée ?

On ne trouve guère de telles photos sur le web.

Celle-ci (ci-dessous) est une exception notable, mais justifiée par un contexte exceptionnel de grande émotion puisqu'elle a été prise le 11 janvier 2015 et permet de démontrer que Mme Merkel et M Hollande partagent cette émotion. 

Angela_Merkel_francois_hollande.png

Celle-ci se positionne également dans un registre différent. Le baiser sur le front cherche à prouver qu'il s'agit plus d'amitié que de politique. Notons qu'une telle photo serait plus difficilement envisageable entre 2 hommes politiques.


La plupart des photos montrent, au contraire, combien les personnalités prennent soin de respecter la réciprocité. 

Tu me touches, je te touche ! Tu me passes la main dans le dos, je te passe la main dans le dos !


Quelques dérogations sont admises.

Dans un contexte collectif et détendu
Lorsque l'un des protagonistes est récipiendaire de l'autre
Exemple : Vladimir Poutine qui vient de décorer  JC Killy

Ou Barack Obama qui remercie Bill Clinton de son soutien en 2012

Lorsque que quelqu'un apporte son soutien inconditionnel 
Cette photo est l'aboutissement d'une conférence de presse commune (visible ICI), elle montre le soutien du puissant Président des USA  à la cheffe de l'opposition Birmane. 






Il faut également distinguer les gestes de la vie des poses destinées à figurer sur des photos, officielles ou non. 
Comme par exemple ce  geste de soutien  de la part de Mr Cazeneuve envers Manuel Valls qui vient de faire un discours à l'assemblée. 

Ce n'est pas une question de taille

On pourrait arguer que Mme Hidalgo étant plus petite que ses hôtes, il est assez naturel que leur bras se positionne à hauteur de ses épaules. Mme Hidalgo mesurerait (info trouvé sur le net) 1m63,  Nicolas Sarkozy mesure 1,68, c'est un peu plus mais nombre de ses interlocuteurs sont plus grands que lui, imagine-t-on qu'ils le prendraient par le cou ?  
Martine Aubry est probablement plus petite que Anne Hidalgo, pourtant les photos que l'on trouve d'elle montre qu'elle s'applique à respecter cette règle.

Si vous connaissez d'autres photos, qui infirmeraient ou confirmeraient ce billet, je suis preneuse.

mardi 14 juillet 2015

Les hommes de Jean Paul Goude pour Galeries Lafayette

Ce billet est la suite du précédent 

Les affiches avec des hommes sont beaucoup moins nombreuses, probablement parce que, de façon générale, la publicité des Galeries Lafayette cible d'abord les femmes.

La principale différence vient de ce que les images avec des femmes sont toujours réalisées avec des mannequins, que celles-ci soient connues et identifiées (Laetitia Casta le plus souvent mais aussi Inés de la Fressange, ou Naomi Campbell, la seule exception étant Mia Frey) ou inconnues alors que les hommes sont toujours identifiés et ne sont pas mannequins professionnels. 

Du coup, ils ne sont pas là d'abord pour leur esthétique mais bien pour ce qu'ils représentent et ils peuvent être mis en scène dans des activités ou des situations personnalisées et valorisantes. Jamais aucun n'est montré se contentant de poser sans rien faire ou dans une situation improbable style porter la tour Eiffel. Un grand classique dans la façon de considérer les hommes et les femmes : eux pour ce qu'ils font, elles, pour ce qu'elles montrent

Le titre dans ce cas est toujours "L'homme" et non pas "Les arts de la table" ou "Les maillots de bain".  

On peut voir cependant qu'ils sont de préférence torse nu, ce qui reste assez rare dans la publicité et que leur posture reste, comme pour les images féminines, tout à fait provisoire.

Je n'en ai trouvé qu'une seule qui puisse être mise en parallèle, mais qui n'est guère convaincante

D'autres images nous donnent des indications sur la façon dont Jean Paul Goude envisage les relations hommes/femmes (sur ces affiches pour les galeries Lafayette, dans la vie je ne sais pas). 

Il s'amuse à inverser les codes, avec brio évidement, mais au final cela donne de grands enfants qui aiment bien qu'on s'occupe d'eux.

Et des fantasmes dans lesquels, bien que les femmes leur fassent un peu peur, ils assument !!

Une postion légèrement victimaire

Plus d'images ICI et ICI 

samedi 11 juillet 2015

L'été vit plus fort. La vieille campagne de pub des Galeries Lafayette

C'est l'un des buzz de la semaine, la secrétaire d'Etat aux droits des femmes s'est émue de la dernière campagne de pub des Galeries Lafayette.

Sauf que, cette image revient chaque année, depuis au moins l'année 2007. On en trouve la preuve sur de nombreux comptes flickr et sur des blogs, quelques uns soulignent son aspect esthétique, d'autres demandent son retrait . Quelqu'un avait même lancé une pétition en 2014 .

Cette image est de Jean Paul Goude, photographe, auquel les Galeries Lafayette faisaient appel depuis 2001. Cette collaboration est, depuis peu, terminée.

Plus récemment, c'est lui qui a réalisé les photos de Kim Kardashian qui ont, évidemment, fait le tour du web. L'une de ces photos n'était pourtant qu'une nouvelle version d'un  cliché de la mannequin Carolina Beaumont, édité dans le livre "Jungle Fever" en 1976 (!). 

Il est également l'auteur de photos très célèbres de Grace Jones (qui fut son épouse)

 (vous pouvez lire à propos de ces photos cet article de NOFI "les femmes noires ne sont-elles que des fesses ?")

Il ne vous aura pas échappé que toutes ces photos se ressemblent.

Qu'est ce que la persistance de ces images disent de nous ?

Plus que la nudité que l'on reproche à cette photo, qui est pour une fois en rapport avec le produit vendu, je m'interroge sur la puissance de telles images.

40 ans que Jean Paul Goude tient le haut de l'affiche sans même se renouveler, 15 ans que les Galeries Lafayette utilisent ses clichés, certains, comme celui-ci étant repris années après années. 

On  suppose que ces images sont  conformes à celle  que l'enseigne souhaite véhiculer.

Qu'y voit-on ? Plus que des femmes ce sont des statues. Des corps  parfaits, mais surtout figés, dans une posture qui ne peut, en réalité être tenue plus de quelques minutes, voire secondes. 

A l'occasion d'une exposition,  consacrée à JP Goude, le sociologue Edgar Morin disait de lui qu"'il sculpte une statue à partir de la femme qu’il épouse. Mais il en fait plus qu’une statue de chair douée d’âme, il en fait un être mythique où se transfigure la substance vivante en créature de rêve et de légende. Ainsi Goude transforme et transfigure ses fantasmes,qui tournent autour du même trou noir de la Beauté féminine : il les transfigure en mythe ». 

L'un des mécanismes utilisé par les publicitaires consistent à nous faire rêver notre vie. Si j'achète tel produit ma vie ressemblera à ça (ce qu'ils nous montrent). Peut être que cette image nous permet de faire le lien entre les maillots de bain vendus par les Galeries Lafayette et le corps auquel ressemblera le notre dès que nous aurons perdus comme prévu, quelques kilos. 

Mais cela ne fonctionne pas avec ces autres visuels, à moins que vous n'ayez des envies d'accordéon ou de chapeau ridicule.

Plus vraisemblablement, ces publicités nous décrivent un monde idéal et parfait, mais qu'il ne s'agit pas de prendre au sérieux puisqu'il est irréel, dont nous pourrons récupérer quelques miettes. Il ne faut pas oublier non plus qu'elles ciblent principalement les touristes étrangers déja convaincus que Paris est So chic. 

C'est plutôt lorsqu'il met en scène les hommes, que Jean Paul Goude nous indique comment il perçoit les femmes.

C'est ce que nous verrons dans le prochain billet (pas dans 6 mois cette fois, promis)

jeudi 19 mars 2015

Les femmes sont elles plus bavardes que les hommes ?

Ce dessin date de 2007, je ne suis pas certaine qu'il passerait aujourd'hui

L'idée que "Les femmes sont plus bavardes que les hommes » est un stéréotype particulièrement prégnant, qui se révèle tout à fait faux dans la plupart des cas.

La façon dont les uns et les autres communiquent et interagissent par la parole a fait l’objet de très nombreuses études

Pour commencer disons qu'il a été confirmé de nombreuses fois que les femmes et les hommes ne parlent pas de la même chose.

Dans la vie quotidienne, les hommes parlent davantage du travail, de sport, de mécanique automobile, de bricolage, de politique, de voitures ou de motos. Les femmes privilégient les sujets portant sur les relations et les gens, la famille, les enfants, l’amitié, le ménage, les vêtements et la cuisine. Cela explique certainement en partie pourquoi, dans les assemblées mixtes, hommes et femmes se retrouvent souvent en groupes séparés. Notons aussi que les femmes prononcent moins d’injures ou de « gros mots », pour avoir entendu dans leur enfance que « ce n’est pas joli dans la bouche d’une petite fille ».

Pour ce qui est du temps de parole

Les études analysant le déroulement de conversations enregistrées font apparaître que lorsqu’un groupe est mixte, la répartition du temps de parole est plus favorable aux hommes. Ils prennent la parole plus souvent et la gardent plus longtemps. Ils interrompent les femmes plus qu’elles ne les interrompent. Leurs propos chevauchent plus souvent ceux d’un autre interlocuteur et ces chevauchements sont  plus souvent « réussis », c’est-à-dire que les hommes en question parviennent ainsi à conserver la parole.

Il a de surcroit été montré que les personnes d’un statut supérieur interrompent davantage les autres dans les assemblées, mais qu’un homme de statut inférieur peut interrompre une femme, même si elle est d’un statut plus élevé, et lui reprendre ainsi la parole.

Plusieurs explications peuvent être envisagées

- les hommes dominent et ne se privent pas d'utiliser l'avantage qui leur est ainsi conféré

- les hommes et les femmes ne conçoivent pas la conversation de la même façon. Pour un homme interrompre quelqu’un, rebondir sur ce qu’il dit démontre de l’intérêt pour ses propos et le fait que les femmes les interrompent moins peut être interprété par eux comme un signe de moindre intérêt . Pour les femmes montrer de l'intérêt sa fait d'abord en écoutant et elles sont plus attentives à l'échange d'arguments. Or le fait qu’elles les laissent parler indique peut-être pour eux qu’elles n’ont rien à dire.

Il est également une question qui joue dans le cadre professionnel : les femmes ont davantage le souci du temps et estiment que redire quelque chose qui a déja été dit, ou rebondir juste pour se faire remarquer, rallonge inutilement le temps de réunion. 

Lorsque la parole est équitablement répartie

Lorsque l'on décompte le temps de parole en s'assurant qu'il soit équitablement réparti et que l'on interroge ensuite des observateurs ils ont le sentiment que les femmes ont été plus bavardes. CQFD !

lundi 8 décembre 2014

Monarchies héréditaires

J'avais été étonnée de ne pas lire grand chose lors du couronnement du Roi d'Espagne sur le fait qu'étant le plus jeune des 3 enfants du précédent monarque il ne devait son titre qu'au fait d'être un garçon. 

On pouvait, il est vrai,  admettre que depuis sa plus tendre enfance il avait été préparé à cette fonction, ce qui n'avait pas été le cas de ses soeurs. Difficile dans ces conditions de tout remettre en cause à 45 ans. 

J'ai d'ailleurs trouvé des articles évoquant un possible changement de loi, notamment lors de la naissance de la seconde fille de Felipe. Je ne sais pas si cela a abouti.

Même chose pour Albert de Monaco, puisque sa Soeur Caroline est l'ainée.

Mais j'ai eu l'impression de tomber dans une faille temporelle en lisant cet interview donné par Albert de Monaco à Paris Match, qui l'interrogeait sur le sort de ses jumeaux à naitre. Il a déclaré sans rire "En cas de jumelles ou de jumeaux, ce sera la première ou le premier qui verra le jour. Dans le cas d'un garçon et d'une fille, ce sera le garçon. Dans le cas de jumelles, et si un garçon venait agrandir notre famille par la suite, c'est à lui que reviendrait le titre de prince héréditaire».

Voilà ! Mais Monaco n'est évidemment pas un modèle, ni un enjeu fondamental pour l'Europe. La grande Bretagne avait réglé la question au moment de  la naissance du petit Georges , comme cela avait déja été le cas en Belgique, au Danemark et en Suède. 

Notez qu'Albert prend la peine de préciser que l'ainé sera le premier à voir le jour.  C'est que la presse people, toujours à la recherche d'informations croustillantes et de scoop pour tenir en haleine ses lecteurs, s'était interrogée là dessus cet été. Il y a encore des gens pour croire que l'ainé de jumeaux est le second né. Croyance qui provient de représentations proprement moyenâgeuses : le premier bébé conçu serait le premier à s'accrocher dans l'utérus et prendrait la bonne place du fond ! ou alors que le premier entré (sous forme de spermatozoide donc) serait logiquement au fond du réceptacle. Il y a des journalistes, et des journaux comme Le Point pour faire un article à partir de telles inepties. Stéphane Bern avait été appelé à la rescousse et rappelé qu'il s'agissait d'une tradition pas d'une obligation. Il parait  même que les médecins du rocher préfèraient ne pas se prononcer. 

Je ne veux pas discuter ici du bien fondé des monarchies héréditaires. Mais je ne vais pas résister au plaisir d'évoquer cette très récente découverte : l'analyse de l'ADN de Richard III d'angleterre , dont les ossements ont été retrouvés en 2012, a montré que l'actuelle reine n'était pas l'une  de ses descendante directe. Concrètement ;"entre l'époque de Richard III et la notre, l'une des femmes de la famille a choisi pour son enfant un père qui n'était pas son époux" .

On comprend pourquoi tant de précautions sont nécessaires pour contrôler les femmes...

dimanche 7 décembre 2014

Paris des femmes

En 2012 3 femmes du monde de la culture Véronique Olmi, Michèle Fitoussi, Anne Rottenberg ont  décidé de permettre à des femmes autrices de voir leur travail mis en scène.

Parce que personne ne sera surpris d'apprendre que 85% des pièces jouées en France sont écrites par des hommes.

Depuis, chaque année, elles proposent un thème, "la vie mode d'emploi " en 2014,  "le meilleur des mondes" pour cette 4eme édition. 

9 autrices sont sollicitées pour écrire un texte dont elles sont assurées qu'il sera joué, ce qui est rare . Les consignes sont minimalistes : chaque pièce doit durer 30mn, pas plus de 3 personnages, ni décors, ni accessoires. 

Il se trouve par contre que les metteurs en scène sont des hommes, l'objectif pour les créatrices de l'évènement étant de focaliser l'action sur les autrices.

Il est d'ailleurs intéressant de noter que lors de la présentation du programme 2015, à laquelle j'avais été invitée, la féminisation du terme "auteur" a fait l'objet d'une discussion. Le choix a été fait de retenir celui d'"auteure" car le mot "autrice" est souvent accusé d'écorcher les oreilles, alors qu'il semblerait plus conforme aux règles du français. On peut pourtant noter que "spectatrice", "actrice", "lectrice" ou "réalisatrice" ne posent aucun problème. C'est que "autrice" a aussi une connotation militante féministe. Ce n'est certainement pas un hasard. 

Donc, si vous aimez le théâtre, et si vous habitez Paris, car pour l'instant ces spectacles ne sont joués qu'une seule fois, au Théatre des Mathurins, ce qui est bien dommage, vous pouvez réserver vos soirées des 9/10/11 janvier 2015 . Plus d'infos sur le site Paris des femmes

samedi 29 novembre 2014

De la facilité d'être serein quand on est du bon côté

Il y a quelques semaines 140 députés ont interpellé le Président de l'Assemblée suite à la sanction infligée par Mme Mazetier à un collègue qui s'obstinait à l'appeler "Madame Le président" .

Je ne vais pas revenir ici sur la question du langage, mais sur l'impression générale que cherche à donner cette lettre. Le vocabulaire utilisé oppose en effet le "ridicule" de cette affaire "risible" à la "sérénité", "la bonne entente" et le "respect mutuel" dont a besoin l'Assemblée pour ses débats.

Une expérience simple, récemment remise au gout du jour sur Le démotivateur, m'a parue tout à fait en rapport avec cette histoire. 

L'expérience

Une fois les élèves assis à leur place, le professeur pose une corbeille juste devant le tableau et demande à chacun d'y lancer une boule de papier. Il pourrait proposer que cet exercice soit noté.

Evidemment, ceux qui sont assis au premier rang, juste en face de la corbeille sont largement avantagés.

En conséquence, plus les élèves sont mal placés, plus ils doivent se lever, se déhancher, s'agiter pour mieux viser.

Et plus ils protestent et se plaignent de l'injustice de l'exercice, car ceux du 1er rang, même si ils s'en rendent compte, mesurent assez mal la difficulté rencontrée par leurs camarades.

Il est bien plus facile de rester calme et serein lorsqu'on est en position de réussir et, pour en revenir à l'Assemblée (ou à tout autre lieu) il est bien plus facile d'évoquer la sérénité et le respect mutuel  lorsqu'on se sait légitime, et considéré comme tel, que lorsqu'on se sent sans cesse remis-e en question et dans l'obligation permanente de se justifier.

Bref, et en caricaturant à peine tant cette affaire est exemplaire, on en arrive facilement à considérer comme risibles et ridicules (on pourrait dire féministes hystériques) des femmes qui revendiquent le "respect mutuel" qui ne leur est pas accordé d'emblée

Le dessin a été réalisé spécialement pour mon blog par Sean .  Tous droits réservés

mardi 18 novembre 2014

Monotonie vestimentaire

Les Nouvelles News reviennent sur ce présentateur Australien qui a porté le même costume (enfin on espère qu'il en avait au moins deux identiques)  à l'antenne pendant 1 an sans susciter la moindre remarque. Il voulait ainsi montrer, et ce fut probant, qu'à la différence de ses consœurs dont les tenues ou les coiffures étaient sans cesse commentées, il n'était jugé que sur son travail.

On peut mettre cette histoire en parallèle avec les récents propos du patron de Facebook expliquant son éternelle tenue jean, t-shirt gris et sweat «Je veux simplifier ma vie afin d’avoir le moins de décisions possibles à prendre en dehors de mon service à la communauté».  J'aime assez l'analyse de Slate sur ces propos.

On se demande bien pourquoi les femmes ne font pas la même chose, c'est à dire adopter une tenue neutre pour aller au travail, et s'y tenir. Cela leur éviterait de subir des commentaires et leur épargnerait le soupçon de futilité, puisque pendant qu'elles choisissent le foulard qui ira bien, Mark Zuckerberg est probablement déjà en train de changer le monde.

Oui, mais non. ça ne marcherait pas de toute façon.

1ere raison : les femmes ne peuvent pas impunément se comporter comme les hommes

C'est vrai dan tous les domaines, j'en ai souvent parlé ici, quand un homme tape du poing sur la table on dit qu'il fait preuve d'autorité, si c'est une femme qu'elle perd les nerfs, quand un homme montre une ambition c'est bien légitime une femme est arrogante etc etc.

Alors une femme qui s'habillerait habituellement d'une tenue masculine comme un costume sombre avec cravate, ou d'un jean et t-shirt gris n'échapperait certainement pas aux commentaires sur ses vêtements, et ce ne serait pas à son avantage.  Elle apparaitrait comme peu féminine, rigoriste ou au contraire négligée. On se souvient d'ailleurs qu'il n'y a pas si longtemps que c'est autorisé.

Un bon exemple est celui d'Angela Merkel qui a habilement résolu la question en portant quelque chose qui ressemble à un uniforme masculin : pantalon veste mais sans cravate (faut pas exagérer quand même, la cravate est une représentation trop phallique) et en y mettant de la couleur. 

Eh bien ce choix fait régulièrement l'objet d'articles dans la presse allemande.


veste_merkel.JPG

Et cela fait, en principe, partie des compétences des femmes que de savoir s'habiller et se coiffer,   dans le style adapté aux circonstances. Comme pour les hommes les codes existent, on ne s'habille pas de la même façon si on travaille dans un ministère, dans la pub ou dans une usine, mais ils sont infiniment plus complexes. Tout écart est largement interrogé voire sanctionné : que l'on pense à la robe de Cécile Dufflot ou à la coiffure de NKM .


2eme raison : beaucoup de femmes y tiennent

Les petites filles et les petits garçons n'apprennent pas les mêmes comportements vestimentaires. S'habiller selon les règles de son groupe est un élément de socialisation et nous trouvons du plaisir à partager avec nos pairs des jeux, des conseils, des barrettes ou des billes, nous aimons aussi nous comparer avec eux.p

A l'âge adulte beaucoup de femmes continuent à apprécier les activités qui consistent à soigner son apparence, à jouer avec des vêtements pour affirmer , ou cacher, une personnalité, à essayer de nouvelles coupes ou de nouvelles couleurs.

Pour d'autres c'est une corvée, ou cela les indiffère

3eme raison : c'est une façon de revendiquer sa différence

Les femmes, et c'est très visible chez les femmes politiques, portent de plus en plus des tenues féminines : c'est à dire colorées, avec des chaussures à talons, des styles et des coupes variées. Dans les années 70/80 elles semblaient plutôt vouloir se fondre dans la masse

On pourrait y voir l'équivalent de l'exigence de féminisation des titres et du vocabulaire :  la demande d'être reconnue dans ce qu'elles sont, c'est à dire pas des hommes. 

Et ça c'est un enjeu de taille.

vendredi 7 novembre 2014

Et pendant ce temps Simone Veille

J'avais été invitée à l'avant première de cette pièce pièce qui est actuellement jouée à la Comédie Bastille.

Et je dois dire que j'ai beaucoup ri. C'est du café théâtre de bonne facture, féministe militant, vraiment militant, sans prise de tête. 

3 femmes se retrouvent et parlent de leur vie dans les années 50, puis ce sont leurs filles, leurs petites filles .... Un voyage à travers les décennies qui permet de  mesurer les évolutions dans la vie des femmes depuis 60 ans.

Le tout commenté et dirigé  par une maitresse de cérémonie qui semble être une Coluche en jupon et que j'ai trouvée désopilante.

N'attendez pas d'y apprendre avec précision l'histoire du féminisme car certains évènements sont quelque peu amalgamés, mais vous pourrez en ressortir avec le sentiment de participer à une course de relais et d'avoir un témoin à faire passer

MHF aussi a bien aimé

 

Des liens pour le week end #8

Cette semaine, des liens en rapport avec des objets ou des vêtements

- l'histoire des Tampax. Je ne connaissais pas ce blog qui mérite d'atterrir dans votre reader.

- le soutien gorge a officiellement 100 ans

- pourquoi les écossais portent des kilts

- le top de 10 blogs féminsites choisis par le magazine Marie-France . En réalité il y en a désormais beaucoup plus

je vous invite aussi, si vous êtes sur  twitter, à consulter  le hashtag #agressionnondenoncee

 qui a généré depuis mercredi plusieurs milliers de tweets au Canada. Lancé par la Fédération des femmes du Québec il reprend un hashtag en anglais #BeenRapeNeverReported (littéralement avoir été violée et n'avoir jamais dénoncé). Il faisait suite à des plaintes concernant un animateur de radio très connu au Canada et accusé d'avoir violentées plusieurs femmes

Parmi les milliers de témoignage ainsi recueillis celui de la journaliste Michèle OUIMET  est particulièrement fort. Elle y explique non seulement pourquoi elle n'a pas porté plainte, mais aussi,  ce que beaucoup de gens ne comprennent pas,  pourquoi elle ne s'est pas défendue.

Image Eugénia Lolli, trouvée sur La boite verte

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