Olympe et le plafond de verre

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mercredi 15 octobre 2014

Expo : Héroïnes dans la BD

Dans le hall du Conseil Régional du Rhône, j'ai pu voir l'exposition Héroïnes H/F dans la BD . Celle-ci propose de renverser le regard sur les personnages principaux de la bande dessinée : et si le personnage principal n’était pas Gaston, mais Mademoiselle Jeanne ? Si Tintin ou Astérix étaient des femmes ? Laissant carte blanche à 30 auteurs de bandes dessinées, l’exposition montre des planches uniques (vous pouvez les voir ICI), auxquelles sont associés les commentaires et analyses d'universitaires (qui sont ICI). C'est très intéressant et j'ai sélectionné quelques passages.
(morceaux choisis, les textes ne sont donc pas de moi)

1/ La femme dans le frigo

Dans la BD (tout comme dans les films ou les romans), la présence des femmes, leur importance et la façon dont elles sont présentées dépendent avant tout du type d’histoire que le scénariste désire raconter. Tous les personnages étant au service de l’intrigue, ils ont une fonction narrative et n’existent pas simplement pour eux-mêmes : il serait donc absurde (et néfaste pour la liberté artistique des auteurs) d’exiger la parité absolue au sein de chaque album. Ce qui pose problème, ce n’est pas tel ou tel scénario en particulier ; c’est plutôt l’existence d’habitudes tenaces et souvent inconscientes dans l’écriture, qui font que les mêmes schémas d’interaction homme/femme vont se reproduire d’une œuvre à l’autre et, de façon plus générale, influencer notre perception du rôle des femmes. Pour lutter contre cela, il est nécessaire d’identifier ces schémas récurrents. Le plus connu d’entre eux est celui de la demoiselle en détresse dans lequel le fait de porter secours à une femme devient l’objectif de la quête c’est une manière simple et efficace de justifier le fait que le héros parte à l’aventure. Tout irait bien si ce schéma affectait indifféremment les deux sexes mais, sauf cas exceptionnel, ce sont bien les femmes qui se voient attribuer ce rôle passif de second plan.

Un autres schéma, moins connu mais tout aussi présent, est celui de la «femme dans le frigo». L’expression women in refrigerators a été inventé en 1999 par Gail Simone, scénariste de comics américaine, pour dénoncer le fait que les personnages féminins sont souvent tués, torturés ou privés de leurs pouvoirs dans le seul but de faire avancer l’intrigue. Le terme fait référence à un épisode de Green Lantern dans lequel le personnage principal retrouve sa petite amie découpée en morceaux et placée au réfrigérateur par le méchant de l’histoire ; la perte de celle-ci va ensuite servir de motivation pour le héros qui trouvera dans son désir de vengeance les ressources nécessaires à la victoire.

2/ Les ciseaux de Seccotine

Les frasques du Petit Spirou nous paraissent bien innocentes (suffisamment, en tous cas, pour apparaître en tête de gondole des rayons jeunesse), même lorsque le jeune garnement s’apprête à couper aux ciseaux, par surprise, le maillot de bain d’une inconnue. Mais que se passerait-il si une petite fille en faisait de même pour un homme ?

Ce que nous montre cette inversion, c’est le fait que la société ne considère pas de la même façon la sexualité des jeunes garçons et celle des jeunes filles la curiosité des premiers semble naturelle, en rapport avec l’idée que les hommes ont «naturellement» plus d’appétit sexuel et sont incapables de se contrôler . Au contraire, on estime que les petites filles doivent être protégées, que leur rôle est toujours celui d’une proie potentielle il est donc dérangeant de les voir endosser un rôle de prédateur.

3/ Pourquoi si peu de femmes dans la bande dessinée humoristique ?

Pourquoi cette relative absence des femmes dans la bande dessinée humoristique ? Cela tient à l’un des grands paradoxes de la pratique humoristique on évoque souvent le rôle que peut jouer l’humour dans la lutte politique, tout en remarquant qu’il peut parallèlement renforcer les rapports de domination sociale en recourant à des stéréotypes. L’humour des dominés est en soi une réalité complexe il est difficile de prendre pour cible les dominants car ce sont eux qui fixent les règles du comique il faut alors respecter celles-ci et donc rire des mêmes cibles que les dominants, c’est-à-dire de soi-même.

On a souvent remarqué que l’humour féminin était essentiellement une forme d’autodérision, reconduisant les codes comiques masculins pour se les appliquer soi-même et ainsi tenter de récupérer la maîtrise de sa propre image. Si une femme se risque à rire des hommes, son discours sera dit féministe, toute mise en question du pouvoir du dominant étant ainsi neutralisée en lui donnant l’apparence d’une idéologie portée par quelques empêcheuses de tourner en rond vindicatives.

Une héroïne de bande dessinée humoristique se trouverait donc, en l’état des choses, dans une situation intenable soit elle accepte de rire d’elle-même et donc de se nier en apparaissant sous les traits d’un stéréotype, soit elle rit des autres mais revendique alors une idéologie et prend le risque de ne toucher qu’un public de converti.e.s. Sur des espace plus libres, tels qu’Internet, les blogueuses parviennent à faire de la bande dessinée humoristique et annoncent une réelle évolution des pratiques, mais que faire dans les grands circuits de distribution, contraints de respecter des attentes qu’ils n’ont pas conscience de fixer eux-mêmes ?

4/ Le syndrome de la Schtroumpfette

Certaines notions ont été forgées de façon très anodine, sur un site ou dans un journal, avant d’être récupérées par toute la communauté internet et d’accéder au rang d’outil critique courant. Par exemple, on entend parfois parler du « syndrome de la Schtroumpfette » (the Smurfette principle), qui est employé de nos jours pour désigner le fait que la présence d’une seule femme dans un groupe (notamment professionnel) sert d’alibi pour ne pas avoir à pousser plus loin la réflexion sur la parité. Dans ce type de cas, les femmes sont finalement perçues comme une minorité qui doit avoir sa représentante, mais pas vraiment comme des collaboratrices dont la présence serait banale et normale. C’est donc une bonne intention qui aboutit à un résultat mitigé.

La paternité (ou la maternité ?) du terme revient à Katha Pollitt qui l’a employé en 1991 dans les pages du New York Times. Elle y critique spécifiquement les dessins animés et les livres pour enfants, dans lesquels des groupes de garçons sont fréquemment flanqués d’un unique membre féminin fortement stéréotypé (du Muppet Show aux Tortues Ninja), véhiculant l’idée que les femmes sont minoritaires, subalternes, et définies par leur genre plus que par leur personnalité.


Notons au passage que la Schtroumpfette est ici licenciée, car elle est trop sexy Sa robe est courte ! Mais que dire de tous les autres schtroumpfs qui se baladent torse nu… et dont on voit la queue ?

5/ Le Bechdel

 C’est encore une dessinatrice de BD américaine, Alison Bechdel, que l’on doit le fameux test qui porte son nom. Le Test de Bechdel permet de déterminer si un scénario laisse une vraie place aux femmes, ou si celles-ci ont seulement un rôle mineur il faut 1) que les films, les BDs ou les romans concernés contiennent au moins deux personnages féminins et 2) qu’ils dépeignent au moins une scène dans laquelle ces femmes, entre elles, parlent d’autre chose que d’un homme. Ce test provient en fait de la BD humoristique de Bechdel Dykes to Watch Out For, où un des personnages explique à l’autre que ce test lui sert de guide pour décider quel film elle ira voir au cinéma. Ce qui était initialement une simple plaisanterie est donc devenu, en l’espace de quelques années, un véritable outil d’analyse ; et même s’il n’est pas pertinent dans 100% des cas, il permet tout de même la mise en lumière d’une véritable inégalité de traitement dans le paysage culturel mondial.

Cette absence chronique d’une interaction réelle entre femmes ne date pas d’hier. Elle est liée au fait que dans les représentations collectives, l’amitié féminine n’existe pas, sauf pour former un groupe de bonnes copines qui ne s’intéressent qu’aux hommes et aux façons de leur plaire. Le reste du temps, les femmes, individus socialement désavantagés, n’auraient que haine et mépris pour celles qui les entourent dans leur vie professionnelle et qui seraient toujours perçues comme des rivales venues usurper leur place chèrement acquise, dans un monde hostile à leur réussite.

jeudi 25 septembre 2014

Femmes dans la guerre

Le dossier du numéro de septembre de la revue L'Histoire porte sur les femmes dans le système nazi.

Je ne peux pas résumer ces 24 pages en quelques lignes, mais je veux partager des réflexions qu'il m'a inspirées.

On savait déjà que la place des femmes dans les guerres n'avait, jusqu'à une période récente, pas été étudiée et elles ne sont généralement décrites, quand elles le sont, uniquement en tant que victimes.

Pourtant, si les soldats étaient des hommes de nombreuses femmes se déplaçaient avec les armées, cantinières, prostituées, voire épouses. 

Et quand on cherche, on trouve. Récemment, par exemple, l'étude de restes vikings en Angleterre a montré que des femmes y étaient bien présentes (lien en anglais),  confirmant ainsi d'autres études sur ce thème (lien en français) : il y avait bien des guerrières Vikings ! De quoi remettre en cause l'image de hordes de grands blonds barbus envahissant le Nord de l'Europe. 

Le rôle des femmes dans l'Allemagne nazi n'avait donc jamais été étudié. On en connaissait quelques unes jugées après guerre mais elles faisaient figure d'exceptions perverses et on n'avait pas manqué d'insister sur leur éventuelle beauté en opposition totale avec la noirceur de leur âme où  leurs comportements sexuels dépravés. Le porno nazi fut d'ailleurs un genre florissant dans les années 70 mettant en scène des gardiennes de camp de concentration encore plus souvent que des gardiens.

Et pour ce qui est du rôle de victimes j'ai été surprise d'apprendre  que la question des viols commis par des soldats soviétiques sur les allemandes n'a jamais été étudiée.  On ne sait même pas combien sont concernées puisque les chiffres oscillent entre 100 000 et 800 000 femmes violées rien qu'à Berlin !

C'est grâce aux archives récupérées en Allemagne de l'Est que les historiens ont pu s'intéresser au rôle des femmes dans le nazisme. 

Les femmes gardiennes des camps

Elles sont peu nombreuses à avoir joué un rôle actif dans le système :  35 000 à participer aux institutions des pays occupés , 3 500 surveillantes SS dans les camps de concentrations, 500 000 si on y ajoute les femmes des  colons installés à l'Est. 

Le dossier s'attache plus spécifiquement aux femmes surveillantes dans les camps. Elles s'y sont montrées tout aussi cruelles que les hommes. Quelques particularités sont notables :

- toutes n'étaient pas volontaires, une partie d'entre elles étaient là au titre du service du travail obligatoire (le pendant du service militaire des hommes). 

- les femmes cultivées étaient employées dans l'administration, les SS ciblaient pour les postes de surveillantes des femmes, plutôt jeunes, de milieux modestes et n'ayant pas dépassé le stade de l'école obligatoire. Leur salaire était bien supérieur à ce qu'elles pouvaient espérer dans une usine et elles bénéficiaient subitement d'une position sociale  puissante, confortée par le port de l'uniforme. "Membres de classes populaires dominées elles se voyaient incluses dans une élite politique établie selon des critères raciaux" nous dit-on. De quoi faciliter leur adhésion. 

-  elles se retrouvaient en fait  souvent dans une position précaire puisqu'elles pouvaient n'être que quelques dizaines pour plusieurs milliers de prisonnières. Pour tout individu, la violence devient rapidement dans ce cas le moyen de conforter sa suprématie.

- cette violence permet également d'affirmer sa place au sein même du personnel, par rapport aux autres surveillantes et vis à vis des cadres, qui eux sont  masculins. Il semblerait même que les surveillants hommes et femmes ont systématiquement augmenté leurs violences en présence de collègues de sexe opposé. Il s'agissait non seulement d'intimider les détenus, d'impressioner ses collègues, mais aussi de légitimer sa place envers ceux de l'autre sexe. C'est à dire pour les hommes de prouver leur virilité, et pour les femmes de démontrer qu'elles pouvaient faire preuve d'autorité.

Les autres femmes 

Mais il est tout aussi important d'étudier le rôle joué par toutes les autres femmes, celles qui sont restées sur place. Parce qu'un peuple est composé moitié d'hommes et moitié de femmes et si les hommes sont aux commandes, exerçant souvent une violence sur les femmes, elles sont aussi leurs mères, leurs épouses, leurs filles et participent à l'idéologie ambiante. Elles sont un peu évoquées dans ce dossier.

Les femmes avaient le droit de voter en Allemagne depuis 1919, et contrairement à ce qui est souvent observé (un vote sensiblement différent) elles ont voté pour les nazis dans la même proportion que les hommes et en tant qu'institutrices, puéricultrices, infirmières, secrétaires etc... elles sont devenues tout autant que les hommes des vecteurs de l'idéologie nazie.

Il se trouve que j'ai suivi récemment un MOOC (Cours en ligne) de l'Université de Princeton  dont le thème est "Les paradoxes de la guerre"   (que je vous recommande vivement, en plus ça permet de faire de gros progrès en anglais). Un chapitre est consacré au rôle des femmes.

Selon le professeur Miguel A Centeno;  la guerre est évidemment une activité masculine. L'hypothèse biologique voudrait que la testostérone, beaucoup plus présente chez les hommes, engendre naturellemnt  cette violence, mais si l'on considère la guerre comme un acte social on observe qu'elle est en parfaite coïncidence avec ce qui est attendu des 2 genres. La virilité passe par la démonstration qu'on est capable de se battre, alors que la violence des femmes est un sujet tabou. Lorsque des femmes sont engagées dans des guerres elles sont confinées dans la marginalité.

Certaines théories font même l'hypothèse que si ce sont les hommes qui font la guerre c'est parce qu'ils sont moins indispensables à la reproduction de l'espèce puisqu'ils suffit qu'il en reste quelques uns. (C'est un professeur de Princeton qui le dit).

Mais les femmes se voient assignés différents rôles dans la guerre, qu'en général elles assument

Celui d'envoyer les hommes au front 

Celui de représenter ce pour quoi l'on se bat, elles deviennent en quelque sorte la justification de la guerre.

Celui de les soutenir

Pour savoir comment les femmes qui vont au front le vivent vous pouvez lire ce magnifique livre dont j'ai déjà parlé "La guerre n'a pas un visage de femme"

dimanche 21 septembre 2014

Des liens pour le week end #7

1/ Dans la suite d'un précédent billet. Un article qui explique pourquoi les garçons doivent faire pipi assis. Notamment parceque quand on analyse l'environnement des WC on s'aperçoit que tout est aspergé, y compris les chaussures.

2/ un livre qui a l'air bien intéressant," Les furies d'Hitler"  dommage que le titre soit aussi sexiste. D'ailleurs je ne vois pas quel est l'équivalent masculin de furies.

3/ La Fédération des Eglises protestantes de Suisse a organisé le premier concours de prédication. Les trois vainqueurs sont désormais connus. Ce sont tous des femmes. Il n'est probablement pas anodin de préciser que les contributions étaient anonymes pour le jury.

4/ Un long article, particulièrement étayé, comme c'est toujours le cas sur Allodoxia pour expliquer pourquoi les études qui montreraient, soi disant, que les animaux femelles préfèrent jouer avec des poupées et les mâles avec des objets techniques vulgarisées de façons fantaisistes.

5/ On le savait déjà, mais ça fait toujours un peu mal : la paternité est un accélérateur de carrière pour les hommes, pas pour les femmes comme vous le savez. Car, les hommes avec enfant sont considérés comme des employés sérieux et responsables par les entreprises, contrairement aux mères jugées plus susceptibles de se laisser distraire par leurs préoccupations familiales.

1940 Ronald Reagan pose pour une classe de sculpture

vendredi 5 septembre 2014

Des liens pour le week end #6

Tout l'été j'ai mis des liens en favoris (j'ai essayé pocket que je trouve très ergonomique) . Certains sont donc déjà un peu anciens, mais ça ne leur enlève pas leur intérêt.

- Que se passerait-il si les hommes et les femmes courraient le 100m ensemble?

- Ce très étonnant billet d'Agnès Giard qui cite des études d'anthropologie, et notamment les observations faites sur Victor l'enfant sauvage de l'Aveyron, tendant à démontrer que les comportements sexuels doivent être appris

- Une étude qui s'élève contre le stéréotype de la femme potiche qui voudrait que les femmes séduisantes épousent des hommes riches. Une chercheuse est allée plus loin et selon elle, en vertu du principe qui se ressemble s'assemble, les hommes beaux se mettent avec des femmes belles (et réciproquement). Or, en moyenne les hommes de statut social élevé sont considérés comme plus beaux. Peut être d'après elle parcequ'ils ont les moyens de s'entretenir et d'avoir de belles dents !

- Fille d'album, Le blog d'une bibliothécaire qui décrypte les stéréotypes des livres pour enfants.

- une analyse érudite de cette très célèbre affiche 

et d'ailleurs sur twiiter j'ai trouvé ça (merci Corinne)

jeudi 4 septembre 2014

Le droit de pisser est-il un droit de l'homme ?

L'expression "le droit de pisser" ou le "droit de se soulager" est de Julien Damon, sociologue, professeur associé à Sciences Po, dans un article de la très sérieuse revue Droit Social (2009).

Il y rappelle que l'installation de toilettes publiques, loin d'être une question marginale est au contraire un thème important de notre vie quotidienne. Et encore plus dans une société où les mobilités se multiplient, nous amenant à utiliser de plus en plus souvent des installations publiques.

Les conséquences dramatiques de l'absence de toilettes

Un million d’enfants meurent chaque année en raison de l'absence de connexion à un  réseau d’eau potable et d’assainissement. Outre la santé, l’absence de toilettes a des conséquences en matière de sécurité : femmes et enfants sont exposés au harcèlement ou aux agressions s’ils doivent sortir la nuit en quête d’un endroit isolé.

Cette problématique fait actuellement l'objet d'une vive polémique en Inde suite au viol et au meurtre de 2 jeunes filles de 12 et 14 ans qui étaient sorties de chez elles en pleine nuit en quête d'un endroit pour faire leurs besoins ne disposant pas de sanitaires chez elles. Une préoccupation que les femmes connaissent dans de nombreux pays, quelqu'un a même calculé que les femmes et les filles sans accès aux toilettes passent plus de temps à chercher un endroit approprié que le monde entier ne passe de temps sur youtube chaque année.

L'accès a des toilettes fait partie des engagements qu'a pris le nouveau premier ministre indien

(Toilettes dans un quartier populaire d'OSLO 1880/ norsk folke museum Oslo

Des toilettes publiques dans les villes

En Europe, jusqu'au début du 18eme siècle la saleté et les odeurs ne semblait pas rebuter les gens. Avec le développement des villes et l'apparition de préoccupations hygiénistes sont mis en place les premiers barils d'aisance, puis, à Paris, les colonnes contenant un urinoir. Uniquement destinés aux hommes.

Au 20eme siècles ces équipements, jouissant d'une fort mauvaise réputation, sont tombés en désuétude avant de renaitre sous la forme des sanisettes Decaux dans les années 1980. Mais, payant, ces équipements ne remplissaient pas correctement leurs fonctions. Le fait qu'ils soient payant est en effet source d'inégalité et interdit leur utilisation par ceux qui en auraient le plus besoin : les SDF. Par ailleurs, nombre d'hommes préféraient, plutôt que payer, continuer à se soulager contre les murs.

Empêcher les hommes de faire n'importe où reste une préoccupation importante. En Inde, à nouveau, certains activistes n'hésitent pas à utiliser le karcher pour les en dissuader. En France, les règlements sanitaires départementaux, ainsi que le Code pénal permettent d'infliger des amendes aux personnes coupables d'exhibitions impudiques, d'offenses à la pudeur ou du « simple manque de précaution pris pour uriner sur la voie publique »

Depuis 2006 les sanisettes sont gratuites à Paris et c'est une bonne chose, mais elles restent très insuffisantes. Julien Damon suggère, entre autres pistes, de subventionner bars, cafés et fastfood qui s'engageraient en contrepartie à offrir à tous, et pas seulement leurs clients, des toilettes publiques gratuites et propres.

L'inégalité hommes/femmes

Il reste cependant une inégalité manifeste, que nous pouvons tous constater quasi quotidiennement c'est celle de l'inégalité d'accès entre les hommes et les femmes. Des normes égalitaires, qui affectent le même nombre de toilettes aux uns et aux autres aboutissent à des temps d'attentes très différents.

D'une part les femmes passeraient 2,3 fois plus de temps aux toilettes, et d'autres part les hommes disposent d'urinoirs qui permettent d'agir plus vite.

2 solutions peuvent être envisagées. La première consiste à laisser davantage de place pour les toilettes femmes. C'est ce ce qu'ont fait certaines universités Nord Américaines qui, sous la pression des étudiantes, et par crainte de procès pour discrimination, ont opté pour un ratio de deux toilettes femmes pour 1 hommes.

Une autre solution pourrait être de ne plus séparer les toilettes des hommes et des femmes. Il semblerait que la justification de cette séparation vienne à l'origine d'un souci de protéger les femmes pour leur éviter d'être agressées ou harcelées (le même sujet qu'en Inde de nos jours). 

Une autre raison est hygiénique, le fait d'uriner debout salit la lunette des toilettes,quelle que soit la technique utilisée. Des toilettes communes impliquent donc que tout le monde s'asseoit. D'après Julien Damon, dans les pays nordiques hommes et femmes sont conduits à se comporter de la même façon.

Cela ne présente pas de danger pour la santé !

Quelques articles sur un sujet qui ne date pas d'hier mais à propos duquel on ne voit pas d'évolutions : Pour une parité des WC 2011, billet de Philippe Fremaux (2003) Pour la parité dans les toilettes

lundi 14 juillet 2014

Les pays dirigés par une femme sont meilleurs au foot

Evidemment, c'est une conclusion tout à fait hâtive et fantaisiste.

Mais pas plus que beaucoup d'études qu'on nous sert comme vérités vraies.

Il ne vous aura pas échappé en effet que, alors que seulement 11,7% des pays sont dirigés par des femmes, c'est le cas des 2 pays finalistes et même de 3 pays sur 4 qui ont joué les 1/2 finales.

Concluez comme vous voulez.

dimanche 6 avril 2014

1993, action du Front de Libération des Barbies

C'est une histoire que j'ai apprise en regardant un documentaire sur la voix.  Je n'ai pas trouvé d'article en français sur le sujet.  Si ça vous intéresse,il y a quelques infos en Anglais sur wikipedia 

L' Organisation de libération de Barbie, un groupe d'artistes et de militants spécialistes de la "Culture du brouillage" s'est emparé, en 1993 de 300 à 500 poupées Barbie et Joe (en fait le nombre exact n'est pas connu il est possible qu'il soit très inférieur) et ont interverti les boites vocales des poupées avant de les remettre sur les étagères des magasins. 

Les petites filles ont été bien étonnées d'entendre leur Barbie dire avec une voix mâle que "la vengeance est à moi" ou Joe avec une voix féminine que "la plage est l'endroit idéal pour l'été" ou que "les mathématiques c'est trop difficile".

Enorme succès de cette opération qui a fait l'objet d'une importante couverture média

Le petit reportage suivant est en Anglais, assez facile à comprendre si vous avez quelques rudiments et même si vous ne comprenez pas c'est troublant d'entendre les poupées parler avec une voix qui n'est pas celle attendue.
Si vous n'arrivez pas à la voir la vidéo est ICI

Et si vous cherchez de la lecture pour ce dimanche je vous conseille vivement cet article du blog "Le cinéma est politique" qui explique avec force détails et exemples comment les héros de cinéma hommes sont de plus en plus musclés et bodybuildés. 

samedi 22 mars 2014

Des liens pour le week end #6

1/ Une interview de Simone de Beauvoir en 1975, toujours émouvant et revigorant

2/ Une vidéo avec des publicités dans lesquelles les hommes 

remplacent les femmes dans des poses lascives. on a beau le savoir ça fait toujours de l'effet

 

3/ La naissance d'un empire est dangereux pour la santé des hommes.

Un article sur Slate qui évoque les troubles alimentaires masculins et l'effet des images vues au cinéma

4/ Une étude scientifique sur la taille des testicules et l'évolution de l'espèce

5/ Incontinence urinaire chez les femmes sportives. Sur un blog consacré à ce sujet pour les femmes comme pour les hommes

Même chez les jeunes femmes. L'étude est ancienne mais si quelqu'un en a entendu parler depuis, qu'il le dise. Cela reste un tabou.

jeudi 20 mars 2014

Affiches concours égalité

C'est cette affiche qui a gagné le concours organisé par le Ministère. 

J'aime beaucoup

Les autres oeuvres gagnantes sont ICI.

Il y en a beaucoup d'autres . Voici un petit échantillon. (Dommage quand même que le site ou elles se trouvent soit aussi long à charger). Avis aux blogueurs et blogueuses qui sont probablement comme moi toujours à la recherche d'images.

Il y a aussi des textes, et des vidéos, que je n'ai pas eu le temps de regarder.







mercredi 19 mars 2014

Soutenir un projet de web documentaire sur la polyandrie

La polyandrie est l’union d’une femme avec plusieurs hommes.
Mais contrairement à ce qu'on pourrait imaginer il ne s'agit pas du tout d'un pouvoir exercé sur les hommes par des femmes. 
C'est un modèle familial que l'on trouve dans l'Himalaya et on pourrait dire qu'une femme est partagée entre plusieurs hommes, souvent des frères.

Anne Julie Martin et Andrada Noaghiu sont allées voir de plus près. Elles en ont ramené des images, des films, des dessins qu'elles aimeraient transformer en documentaire sur le web 

Pour cela elles ont besoin, devinez ... d'argent.

Elles ont déja trouvé pas mal de soutiens, dont celui du FIGRA 2014 (Festival international du grand reportage d'actualité et du documentaire de société) qui les aide à promouvoir leur dossier sur Kiss Kiss Bank Bank un site de financement participatif. Il leur manque encore 3 000 €. Si vous avez envie de voir ce projet aboutir vous pouvez y mettre quelques sous, pas forcément beaucoup. C'est ICI . Et votre nom apparaitra au générique !

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