Bravo !!!

Voici donc ce qui est arrivée à ces messieurs du Sénat.(voir 4 post plus bas)

Je recopie le communiqué des Barbes.

Miroir, miroir, suis-je toujours la plus belle? Le 15 mai 2008, le groupe d’action féministe a investi un colloque organisé par le Sénat avec le Comité d’Histoire Parlementaire et Politique (CHPP) ayant pour titre « La Ve République au Parlement ».

A l’annonce de la table ronde présidée par Mr E. Balladur et pompeusement intitulée « L’Assemblée Nationale, miroir de la Société Française », 20 femmes à barbes se sont levées devant l’estrade. Drôle de reflet pour une assemblée en l’occurrence exclusivement masculine, qui se trouva prise d’un malaise palpable.

Dans la Salle Clémenceau, au cadre prestigieux, le programme du jour prévoyait en effet que se succèdent à la tribune de nombreux énarques et anciens ministres … tous des hommes. Une femme, Mme Catherine Proaccia, fut rajoutée in extremis sans qu’elle puisse figurer sur le programme, suite aux protestations de Laurence Rossignol, secrétaire nationale du Parti socialiste, chargée du droit des femmes, dans une lettre ouverte à Christian Poncelet, le président du Sénat. Au côté de M. Edouard Balladur, ancien premier ministre, M. Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, M. Claude Estier, ancien président du groupe socialiste du Sénat, M. Gérard Longuet, ancien ministre, sénateur de la Meuse, n’ont pu que subir passivement l’initiative. Difficile de trouver la réplique qui s’impose face à un banc de postiches impassible, qui pris garde de rester digne tout au long des deux heures d’intervention des énarques. Aux questions de l’assistance, le tract diffusé à l’occasion répondait par l’ironie :

« L’Assemblée Nationale compte déjà 18% de femmes en 2008, les menaces sont réelles de voir les lieux de pouvoir contaminés par une féminisation rampante de la société. Les défis aux institutions politiques françaises sont nombreux, et nous sommes rassérénées de voir que nos hommes politiques savent créer les conditions d’une réflexion sur notre Histoire qui ne s’embarrasse pas de froufrou. Les rênes d’une société bien gouvernée doivent être tenues dans la main d’hommes, sûrs et entiers ; eux seuls sont à même de porter et transmettre les valeurs qui nous sont chères – Justice, Egalité, Universalisme».

Le groupe La Barbe a déclaré vouloir ainsi investir chaque mois un des hémicycles du pouvoir patriarcal en France – fut-il industriel, médiatique, culturel ou politique. Le 8 mars, les femmes de La Barbe avaient posé sous la statue de la République à Paris, qu’elles avaient pour l’occasion affublée d’une barbe postiche. Elles sont également intervenues à plusieurs reprises dans les conseils d’administration d’entreprises de la grande distribution pour dénoncer la quasi-éviction des femmes dans la direction d’un secteur dont la main d’oeuvre est presque exclusivement féminine.

En introduction du Colloque, avant l’action de la Barbe, Pierre Mazeaud se permettait de regretter que la Constitution évoque dans son préambule la nécessaire représentation égalitaire des femmes dans les Assemblées de la République. Cet ancien président du Conseil Constitutionnel alla jusqu’à suggérer “pour le bien des femmes elles-mêmes” qu’une telle ambition qui relevait du “communautarisme” constituerait, si elle était applicable, une “dangereuse brèche dans laquelle d’autres pourraient vouloir s’engouffrer”. J.P. Raffarin quant à lui se félicita sans vergogne de la quantité de femmes présentes... dans l’auditoire. Mais la barbe d’or fut décernée à M. Gérard Longuet, qui se défendit de l’attaque féministes en clamant “je suis marié, avec une femme, ce qui est encore assez fréquent, j’ai quatre filles, une mère, et quand j’ai un chien c’est une chienne.” Mais que voulait-t-il dire par là?

L’invitée de dernière minute eu finalement l’occasion d’un long plaidoyer en faveur de la place des femmes dans les institutions républicaines. “Nous avons eu une femme Premier Ministre, Edith Cresson, aucune autre depuis lors. Et on pensera ce que l’on voudra, mais la première chose qui lui fut reprochée fut d’être une femme. Nombre de femmes ont été humiliées, avec l’affaire des “jupettes” à l’époque. Les sénateurs comme les députés ne veulent pas laisser leurs places à des femmes. Est-ce que notre Parlement est véritablement démocratique ?” En France, après les dernières élections municipales, on ne trouve que 9% de femmes Maires des villes de plus de 35 000 habitants. Au Sénat, les femmes représentent 16, 9% des élus. Le pourcentage des femmes à l'assemblée est 18,2% et la France en 62e position dans le monde pour les femmes dans son Parlement.

www.labarbelabarbe.org

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Commentaires

1. Le 01/06/2008, 23:39 par CarolineIDF

Le pire c'est que l'auteur du titre « L’Assemblée Nationale, miroir de la Société Française » n'est pas eu conscience de l'énormité de son propos. Tant au regard des femmes qu'au regard de l'âge moyen de notre vieille Assemblée qui la aussi bat des records.
Cordialement

2. Le 22/12/2009, 01:09 par lalaloti

Bonjour, je vous felicite pour votre blog