la vision des jeunes pères managers : l'égalité passera aussi par eux

Pour que l'égalité progresse il ne suffit pas que des femmes accèdent aux mêmes postes que les hommes. Il faut aussi que les hommes investissent les activités traditionnellement dévolues aux femmes et notamment ce qui concerne la maison et les enfants.

En effet il ne s'agit pas pour nous de reproduire le modèle masculin du siècle dernier qui incitait l'homme à réserver l'essentiel de son énergie pour les activités extérieures, nous voulons être heureuses et tout concilier.

La problématique de l'équilibre des temps est une des clés qui permettra de faire avancer l'égalité, mais elle est toujours abordée du point de vue des femmes (cf 2 billets plus bas sur les pères ministres).

Or elle concerne aussi les hommes et tout particulièrement ceux qui ont des enfants. De plus, la poser de cette façon, induit l'image d'une femme en entreprise moins disponible, qui voudra partir plus tôt et éventuellement prendre ses mercredis après-midi : pas bon pour l'avancement.

Dans le cadre d’un projet financé entre autres par le Fonds social européen et visant à favoriser l’implication des hommes dans la vie familiale en vue de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, le cabinet Equilibre a mené une étude pour savoir comment les jeunes hommes managers (30 à 40 ans) appréhendent la conciliation vie professionnelle/ vie familiale. (voir l'étude)

Deux enquêtes parallèles ont été menées :

- un sondage sur un échantillon représentatif de 400 pères cadres

- soixante interviews de cadres supérieurs , complétés par les interviews d’une vingtaine de DRH de grandes entreprises

Il en ressort que :

29% des pères interrogés ne sont « pas vraiment satisfaits » ou « pas du tout satisfaits » de leur conciliation vie familiale/ vie professionnelle et 52% considèrent qu’ils ne disposent pas d’assez de temps pour s’occuper de leurs enfants.

qualitemps_carte01.jpg Ils évoquent des blocages de 3 ordres

- les préjugés liés au genre qui les enferment dans des stéréotypes dont ils ne veulent plus

- la culture de l’implication totale version « high tech » qui prend le pas sur la culture du présenteisme

- le fait que les congés parentaux, temps partiels soient encore considérés comme tabous.

Par ailleurs la plupart de ces hommes ont des conjointes dont le bagage scolaire est tout aussi élevé que le leur et qui aspirent donc elles aussi à s’investir dans leur carrière. Avec l’apparition des enfants la gestion paritaire de deux carrières devient un exercice de haute voltige et si dans 41% des cas c’est la femme qui a consenti des compromis professionnels les autres couples se débrouillent. Dans 4% des cas les compromis sont faits par l’homme.

Les DRH, si ils ont conscience de ces aspirations ne semblent pas encore avoir pris leur mesure et les solutions restent à inventer.

En ce qui me concerne cela correspond bien à ce que j'observe dans ma vie professionnelle. les mentalités des hommes ayant de jeunes enfants sont très différentes de celles de la génération précédente et j'y vois l'espoir de grandes avancées pour l'égalité.

Commentaires

1. Le 08/09/2008, 20:56 par mebahel

J'espère aussi .
Merci pour l'info sur cette étude.

2. Le 09/09/2008, 16:16 par celine

Info intérressante.
je vois aussi une grosse différence de mentalité chez les jeunes papas. Les mentalités avancent doucement ...

3. Le 09/09/2008, 19:54 par Viginie

génial, çà va peut-êter enfin bouger dans le bon sens.

Il est à noter aussi qu'il y a 2.5 milions de mères célibataires, combien de pères célibataires ? combien de juges donnent la garde des enfants au père et combien de pères demandent la garde de l'enfant ? 20%.

Il me parait évident que les enfants manquent de présence masculine ou d'un regard différent de la maman plutôt.

deux choses
il faut que les femmes arrêtent de s'imaginer qu'elles sont femmes accomplies uniquement que si elles maternent, que les hommes sont des nuls à la maison. Ils sont différents, c'est tout.
Et il faut que les hommes s'investissent plus dans le rôle du père. là il peut y trouver une forme de virilité, celle que peut-êter la "femme conquérante socialement féministe" ne pourra psa lui voler ....

Enfin, il ya beaucoup de choses à dire

merci Olympe pour votre article

4. Le 09/09/2008, 20:29 par Chouyo

Un des problèmes principaux que tu soulignes est effectivement le présentéisme ou "face work" plus accentué pour les hommes que pour les femmes ; dans certaines branches d'activité (je parle ici de la finance par exemple), il faut rester tard au boulot parce que... parce qu'il le faut. Voilà. Le regard sera un peu plus clément pour une femme partant plus "tôt" (19h30 ou 20h) tandis que pour les hommes, il ne faut pas partir avant 20h30 voire 21h.
De ce fait, un homme qui voudrait rentrer à une heure décente pour au moins voir ses enfants à leur coucher mais aussi décharger sa conjointe de certaines tâches ou se charger de choses qu'il aurait envie d'accomplir en tant que père ou conjoint, ne peut le faire sans se mettre à dos ses managers...
Bizarrement, après six ans d'expérience, les managers femmes sembleraient plus avides de "face work" pour leurs subordonnés masculins : as-tu une idée du pourquoi ? J'ai réfléchi à la question (posée par mon conjoint) mais je n'ai pas vraiment de réponse claire à lui soumettre...

Je pense aussi que les mentalités masculines de ce point de vue changent, mais aussi celles des femmes (savoir imposer ses choix de vie, savoir déléguer...).

5. Le 09/09/2008, 22:26 par Chouyo

Tiens, un théma intéressant sur Arte ce soir ! "Où sont les femmes ?"...

6. Le 09/09/2008, 22:33 par olympe

oui, Chouyo mais sur la 6 il y a Desperate Housewives !!!

7. Le 10/09/2008, 07:09 par Chouyo

Héhéhéhé, j'ai zappé de l'un à l'autre (ou comment mélanger les deux après et ne plus rien comprendre)...

8. Le 10/09/2008, 09:09 par netdruide

Bon j'ai vu le théma et je médite la dessus, cerveau lent, n'est ce pas!
Ha oui, je voulais dire:
Pendant 15 ans j'ai choisi de privilégier la maison et les enfants.
Résultat, éjecté en 2005 du monde du travail à la deuxième délocalisation imaginée par le donneur d'ordre de la toute petite usine sous-traitante où je travaillais.
La première, en 2000, j'avais résisté en travaillant la nuit pendant que les autres dormaient, triple journée, presque.
L'usine n'est pas adaptée au partage des tâches et les hommes qui prennent leur mercredi font tâche.

9. Le 10/09/2008, 13:17 par alice

Bonjour! Je découvre ton blog par l'intermédiaire d'Emelire.
J'espère aussi que cette nouvelle génération de père va se battre pour son droit à la paternité. Dans ce cas se sont plus les stéréotypes et préjugés que la mentalité des pères qui freine une avancée. Cela doit changer!

10. Le 11/09/2008, 17:14 par Marta

Merci Olympe pour cette étude, tellement attendue pour ma part, et qui mérite d'être très largement diffusée.
On assiste aujourd'hui à une situation paradoxale où les femmes continuent de sacrifier leur carrière non plus sous la pression de leur conjoint mais simplement parce qu'encore il n'est pas admis qu'un homme (et qui plus est un cadre sup) fasse une demande de temps partiel (une réfuser une réunion tardive et manquer 1 fois par an pour cause de maladie du petit est déjà suffisamment suicidaire).
Je ne rêve que d'une chose : la généralisation du 90% homme/femme qui permettraient aux deux de s'occupe des enfants le mercredi, ou de faire la sortie de l'école 1 ou 2 jours par semaine. Une absence qui passe quasiment inaperçue au sein d'un service, qui apporterait tellement d'air à la vie familiale. Et fini les carrières arrêtées à 35 ans. Ne restera "plus qu'à" s'attaquer au plafond de verre !!