Déja cité par Du rose dans le gris, un article d'Annick Cojean dans le Monde à propos de l'expression Droits de l'Homme.

unesco.jpg"En 1990, le Conseil de l'Europe réclamait déjà officiellement "l'élimination du sexisme dans la langue". La conférence générale de l'Unesco exigeait, en 1991 et 1993, l'emploi de formulations visant clairement les deux sexes. Et le Forum des ONG, réuni à Vienne en 1993, appelait à supprimer toute partialité à l'égard de l'un ou l'autre sexe...

Seulement voilà : la France résiste. La France s'obstine. La France remet un "prix des droits de l'homme" ; organise un "colloque sur les droits de l'homme" ; exige, malgré les protestations du monde entier et la pétition du réseau Encore féministes !, que le nouvel organisme créé à l'ONU en 2006 soit intitulé Conseil des droits de l'homme. De plus en plus isolée dans le concert des nations. Et moquée par la plupart des pays francophones qui, les uns après les autres, y compris en Afrique, ont adopté les expressions "droits humains", "droits de la personne" ou "droits des êtres humains". Il est vrai que parmi les langues utilisées officiellement aux Nations unies, le français est la seule où le mot "homme" prête à confusion (les Anglo-Saxons ont depuis belle lurette abandonné l'expression "The rights of the man"), l'anglais, l'espagnol, le russe et l'arabe employant l'équivalent de "droits humains", l'expression chinoise correspondant, elle, à "droits de la personne".

Je rappelle que la commission française consultative des droits de l'homme a réfuté l'utilité du changement de terme dans un avis daté du 19 décembre 1998. Je vous en conseille la lecture, elle vaut son pesant de cacahuètes . Quelques uns de ses arguments :

"On doit aussi relever que l'on ne saurait ignorer la portée des constructions culturelles et de leur représentation sémantique. Il reste que réaliser concrètement l'égalité entre les femmes et les hommes, en France comme ailleurs, implique un effort sans commune mesure avec celui que requiert un changement de mots. La discrimination et les violences qui frappent les femmes, la nécessité d'y mettre un terme, nous entraînent bien au delà d'une querelle linguistique. L'effectivité des Droits ne dépend pas d'une terminologie."

"On peut, enfin, se demander s'il appartient à la communauté internationale de s'immiscer dans la vie des langues et d'imposer une norme en cette matière."

"L'expression "Droits de la Personne Humaine" intègre difficilement la dimension économique et sociale des droits. On doit observer qu'elle ne rend pas compte de la dimension citoyenne garante essentielle des droits de l'homme depuis 1789.

L'expression "Droits Humains" est d'une telle généralité qu'elle conduit à englober des domaines qui ne concernent pas les droits fondamentaux définis par les instruments internationaux."

Elles en ont parlé : Féminin overblog, trublyonne,


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blogs de femmes (ou fête du link comme dit Frieda) un jour une photo, ultima verba, les femmes en disent