Rachida Dati a repris le travail

Cinq jours après son accouchement par césarienne, la ministre de la Justice Rachida Dati reprend ses activités mercredi en assistant notamment au conseil des ministres et àcour_de_cass.jpeg la rentrée solennelle de la Cour de cassation, selon son agenda transmis mardi par la Chancellerie.(AFP)

Le pire des scénarios, Elle ne cherche pas à concilier quoi que ce soit, elle a choisi . Mais quelqu'un (vous voyez qui ?) avait il pris la peine de la rassurer en l'assurant que son poste ne lui serait pas enlevé si elle prenait le temps de se remettre et de faire connaissance avec sa fille ?

Ce n'est même pas du travail pour que les dossiers restent suivis par la ministre en personne, c'est juste montrer qu'elle existe, parceque par exemple l'audience solennelle de la Cour de Cassation ça se résume à discours et petits fours.

Nous toutes qui avons voulu profiter de nos bébés quelques semaines sommes vraiment des feignasses et c'est normal que nous n'ayons pas fait une aussi belle carrière que la sienne. Faut savoir ce qu'on veut dans la vie.

Je ne suis pas certaine que ce soit légal et si quelqu'un pouvait m'indiquer si les ministres sont soumises aux mêmes règles que les autres je lui en serai très reconnaissante.

D'autres blogs qui évoquent le sujet (si il y en a d'autres je mets les liens), il me semble important de montrer que cette situation qui n'est pas que la situation personnelle de Mme Dati nous concerne et nous fait réagir. Buzzons donc.

les hommes aussi donnent leur avis

  • Betapolitique
  • Horizonsdont je retiens la phrase suivante "L’idéologie du cadre dynamique pour seule perspective de civilisation ! "

Rajout : lu sur une nouvelle dépêche de l'AFP "Interrogé sur le très court congé pris par la ministre à l'issue de son accouchement, Luc Chatel ( qui a 4 enfants qui n'ont pas du lui poser de problèmes dans sa carrière) a estimé que la position ministérielle impliquait une présence "de tous les instants".

Pareil que pour un bébé de 5 jours , ça réclame une présence de tous les instants. CQFD. Les 2 ne sont pas compatibles pour ces hommes là.

HS : voyez vous des femmes sur la photo ?

Commentaires

1. Le 07/01/2009, 12:39 par Coralie Marie

5 jours après une césarienne, est-ce que ce n'est pas même dangereux ?? Une société qui oblige une femme à prendre une telle décision devrait se sentir honteuse. Même si, bien sûr, Rachida Dati aurait pu faire un autre choix. J'ai du mal à comprendre...
Soyons optimistes, peut-être que pendant ce temps-là, bébé fera connaissance avec son papa :-/

2. Le 07/01/2009, 13:23 par frieda l'écuyère

Une naissance par césarienne pour cause d'agenda et au boulot 5 jour après, j'en connais une qui va ma digérer ses petits fours. Ce n'est pas à Rachida Dati, qu'on peut jeter la pierre, mais au fait que Maghrébine et femme, elle a dû tant en baver pour en arriver là qu'elle ne veut pas risquer de perdre sa place. Plutôt y laisser sa santé. Entre autres.

3. Le 07/01/2009, 14:28 par Patricia

Il semble que la loi concernant la durée du congé de maternité ne concerne que les salariées. On peut en effet imaginer qu'il est difficile pour une indépendante, par exemple, de prendre un congé de 16 semaines. De 16 semaines à 5 jours, il y a une marge raisonnable néanmoins.

Bien que je conçois que nous sommes victimes de certaines pressions infligées par la société, je ne suis pas d'accord avec le fait de décharger Rachida Dati de sa responsabilité dans cette décision. C'est à la fois lui faire honneur et affront. Honneur parce que c'est dire qu'elle n'a aucun pouvoir de décision dans cette situation (ce n'est pas le cas puisqu'elle pouvait faire un autre choix), affront parce que c'est sous-entendre qu'elle n'est pas capable de prendre et d'assumer une décision. Tout choix crée un renoncement. Vie politique et/ou maternité ?

4. Le 07/01/2009, 15:07 par olympe

PAtricia, je ne suis pas d'accord avec l'idée de renoncement. les hommes n'ont pas à choisir eux. il y a bien une réflexion à avoir pour permettre aux femmes de vivre leur maternité sereinement sans qu'elles aient à sacrifier le reste.

5. Le 07/01/2009, 15:23 par Audine

Le code du travail ne s'applique qu'au salarié (de droit privé). Cependant, les règles de la Fonction Publique d'Etat sont édictées par le Statut général de la FP et en ce qui concerne le congé maternité, c'est la même chose, que l'on soit salarié ou fonctionnaire. Schématiquement, c'est 6 semaines avant date prévue de l'accouchement et 10 semaines après avec une interdiction d'emploi 2 semaines avant et 6 semaines après.
Rachida ne s'applique donc pas à elle même ce qui est obligatoire pour toutes les salariées, et tous les employeurs (privé et Etat).

6. Le 07/01/2009, 16:07 par Bulles d'infos

Merci d'avoir relayé l'info Olympe.
Tout à fait d'accord avec toi avec cette idée de renoncement, je crois que c'est le fond du problème : pourquoi devrions-nous renoncer en faisant des choix ?

En outre, on ne nous reconnaît pas la possibilité d'avoir l'égalité professionnelle puisque nous sommes des femmes mais en revanche, on devrait mettre de côté l'une de nos différences fondamentales. Je caricature mais en gros : "trop femme" pour avoir un salaire équivalent à celui de nos collègues masculins, en revanche ce serait bien d'être moins "femme" lorsque la maternité s'annonce. C'est à devenir complètement schizo...

7. Le 07/01/2009, 16:59 par Coralie Marie

Ségolène Royal avait connu une situation similaire il me semble, enceinte et ministre, non ? Il serait intéressant de savoir ce qu'elle avait fait à l'époque, j'étais jeune et je ne m'en souviens pas !

8. Le 07/01/2009, 16:59 par marie laure

Patricia a dit mieux que moi ce que j'essayais toute à l'heure d'écrire. Si je crois que c'est important de lutter pour que les femmes puissent avoir les mêmes droits que les hommes et une égalité de traitement dans tous les domaines, ça me semble pour le coup un peu ridicule d'aller prendre madame Dati comme emblème de je ne sais quelle inégalité.
Il se trouve que nous, les femmes, portons les enfants. Ce n'est pas un choix, c'est Dame Nature qui le décide ainsi. Il se trouve aussi que beaucoup d'hommes aimeraient pouvoir donner la vie mais qu'ils ne peuvent pas !

Cet incontournable fait (la maternité) n'est pas une fatalité : chacune peut très bien en France choisir ou non d'avoir des enfants.

Mais à partir du moment où on décide d'en avoir un, cela ne me semble pas injuste de devoir mettre entre parenthèses et pour quelques semaines seulement, nos vies professionnelles en stand-by au regard du bonheur d'être mère, bonheur de l'enfantement qui je le rappelle encore est INTERDIT aux hommes.
Il ne s'agit pas donc pour moi de renoncement, mais d'un choix que les hommes n'ont pas. L'égalité sur ce sujet est une notion que je trouve absurde.

Ce qui me semble injuste c'est la condition des mères actives qui jonglent avec de petits moyens et ne peuvent pas prendre de nounous quand le petit est malade.
Ce qui me semble injuste c'est "l'image" de l'absentéisme que l'on colle aux femmes susceptibles d'être mères et qui les freinent dans leur carrière.
Ce qui me semble injuste c'est qu'à responsabilités égales, les femmes soient moins payées que les hommes.
Bref, il existe de vrais combats essentiels, bien loin des péripéties de Madame Dati (à titre personnel, ce qui me semble par contre injuste dans cette histoire, c'est d'imposer à un nouveau-né qui n'a rien demandé, une séparation si rapide et si brutale pour cause de petits fours et de dents qui raillent le parquet (sans jeu de mots).

9. Le 07/01/2009, 17:17 par mebahel

Hop, j'avais mis le post précédent en lien chez @si ,je mets aussi celui-ci.
Zou.
Comme dit bulle d'infos 'C'est à devenir complètement schizo...', en effet, les injonctions paradoxales faites aux femmes deviennent de plus en plus lourdes.

10. Le 07/01/2009, 18:22 par Dom

Bah quoi ? être enceinte c'est pas une maladie, non ?
Ce n'est pas moi qui le dis.

Qu'elle ait ou pas le choix finalement, le résultat sera le même, montrer que quand on veut, on peut et faire passer ainsi toutes les femmes souhaitant profiter pleinement de leur congé maternité pour des feignantes.

Tu as raison de le souligner, est ce seulement légal ?

Quand j'ai accouché de mon second, j'ai fait le choix de retourner dans mon entreprise le plus vite possible, mais c'était mon choix, mon entreprise, je l'ai fait parce que je l'ai voulu. Là on se demande quelle est la part de choix, d'imposé, bref, où est passé le droit ?

11. Le 07/01/2009, 19:23 par Marlène

coucou,

on en parle aussi ici: http://mamantravaille.typepad.fr

je partage l'avis de Dom: à cause de Rachida Dati on va faire passer toutes les mères qui prennent plus de 5 jours pour des feignasses !

moi à J+5 de mon accouchement j'avais encore des fils d'épisio, ne pouvais pas m'asseoir, était sous perfusion et ma fille tetait toutes les 3 heures :/

12. Le 07/01/2009, 19:31 par lucia mel

je lis que c'est justement aujourd'hui que Sarkozy décide d'annoncer sa réforme "spectaculaire" du système judiciaire : suppression des juges d'instruction... pouvait-elle vraiment s'absenter du Conseil des Ministres ? Rien ne l'oblige à retourner au boulot demain... Oui, une femme est souvent un "sur-humain", oui, ça fait des siècles qu'on nous le demande, pourquoi ? pour nous faire payer, très cher, notre suprématie biologique, celle d'enfanter, celle d'être des êtres supérieurs, biologiquement parlant jusqu'à la ménopause, pour favoriser la reproduction de l'espèce (de même que les hommes peuvent être fertiles très tard).

N'en faisons pas une "cause" : elle fait maintenant partie des privilégiés, des nantis, des hors classe... des hors sexe... Elle est différente de nous : le commun des mortels. Je suis d'accord qu'en même temps elle est un symbole, et sa grossesse tardive, son choix d'être mère sans compagnon officiel, d'être battante, ça n'est pas anodin par rapport à l'imaginaire collectif, par rapport aux valeurs sociales érigées en haut lieu. Soit. Mais, voyez le Président, les valeurs qu'il érige en haut-lieu avec sa top model... ça glisse comme de l'eau sur nos plumes de misère.

13. Le 07/01/2009, 20:08 par olympe

@mebahel merci, j'ai effectivement eu quelques visites en provenance dasi.
@Coralie Marie, je crois me souvenir, car j'étais moi même enceinte à cette époque que Ségolène Royal avait continué à bosser ses dossiers mais en se dispensant des manifestations officielles. a vérifier
@Audine, si c'est vrai c'est quand même un comble. Les lois s'appliquent à tous, sauf à ceux qui les font
@MArie LAure, nous sommes d'accord, sauf sur le caractère emblématique de Mme Dati. il faudra suivre ce qui se dit dans les jours avenirs (qui va louer son attitude, il y a déja Luc Chatel qui s'est prononcé)
@marlène, comme promis j'ai mis le lien
@Lucia mel Sarkozy était il obligé d'annoncer sa réforme aujourd'hui ? ça ne pouvait pas attendre 8 semaines ?

14. Le 08/01/2009, 07:37 par isabelle

bonjour,
merci Olympe de relayer le débat. Je signale donc un post sur durosedansle gris. Comme je sors un bouquin sur un thème proche, je suis invitée, - hier sur Europe 1, aujourd'hui sur LCI- à débattre sur cette question. C'est très délicat. Si on la critique on conforte l'idée selon laquelle la mère seule est indispensable auprès du bébé et donc que sa vie professionnelle doit passer au second plan. Si on l'approuve on prend le risque de faire passer un message subliminal sur l'inutilité du congé maternité. J'essaie d'expliquer qu'il faut changer les règles du jeu et créer de véritables politiques de conciliation, mais je rame...

15. Le 08/01/2009, 09:04 par Marlène

Merci Olympe ! C'est adorable

Isabelle, à mon humble avis, bien sur que la mère seule n'est pas indispensable, mais ce petit bébé n'a déjà pas de père auprès de lui, puisque le "courageux" monsieur se cache, si en plus on le prive de sa mère... l'argument que je donne est que même à un chaton on ne fait pas ça, le séparer de sa mère si tôt ! la naissance est un traumatisme en soi pour un nouveau-né, la moindre des choses c'est de l'accompagner dans son entrée dans la vie, selon moi...
Et encore une fois RD fait ce qu'elle veut, le débat c'est surtout que dans la foulée, ils vont essayer de nous sucrer le congé maternité pour nous "le commun des mortels"... avec l'argument: si Rachida le fait, vous pouvez le faire.
C'est anti-conciliation, elle ne concilie rien du tout, elle fait une croix sur la maternité..
ps: Isabelle je file sur ton blog voir tes billets

16. Le 08/01/2009, 09:23 par marie laure

Ce qui est quand même cocasse quand on y réfléchit deux secondes, c'est que lors de l'enlèvement récent d'un nouveau né dans une maternité (bébé ensuite rapidement retrouvé), les radios y sont allées en long en large et en travers sur le traumatisme d'un nourrisson si vite séparé de sa mère (même quelques heures)...Point de tamtam aussi définitifs pour la petite Zohra...L'enfant serait-il déjà aussi "battant" que maman ?
@OLympe, Pour répondre à ta question "sarkozy était il obligé d'annoncer sa réforme aujourd'hui ? ça ne pouvait pas attendre 8 semaines ?", je dirais juste que l'on pourrait prétexter une raison d'Etat quelconque qui justifie cet empressement..Je rajoute plutôt une autre question "Quand ton boss fait ton job, y-a-t-il urgence à rentrer récupérer tes dossiers ?" Autre question "Quand toute la famille de ton boss te couvre de visites à la maternité, n'y a-t-il pas un moyen de "négocier" quand tu le souhaites ?" Troisième question "Rachida Dati à son poste n'était-elle pas déjà remise en question bien avant sa grossesse ?".

17. Le 08/01/2009, 10:08 par Dodue

La question est peut-être pourquoi Rachida a t'elle voulu un enfant ?
C'est un peu provocateur de ma part, mais je suis tout à fait d'accord avec les arguments qui disent que 1: la femme doit pouvoir choisir (travailler ou s'arrêter, ce n'est pas une question d'être feignante), 2 : certains hommes aimeraient s'arrêter mais pour eux la pression sociale est encore plus forte et 3 : c'est le bébé qui pâtit de la situation. Les congés de maternité posent parfois des problèmes aux femmes qui doivent faire rentrer de l'argent (parce que à leur compte) ou ont peur de perdre leur boulot (je pense que c'est le cas de Rachida). Alors que faire ? Ce que je peux dire c'est que si elle ne se repose pas, elle va en baver physiquement car un accouchement à son âge ça ne passe pas comme une lettre à la Poste. La réussite est-elle à ce prix ? La vie est une question de choix.

18. Le 08/01/2009, 10:09 par Marta

Le modèle de la réussite, c'est encore et toujours le modèle masculin. Pour les femmes d'aujourd'hui, le meilleur moyen de réussir c'est donc de copier les hommes. Ce que fait RD, ce que font certaines femmes cadres sup autour de moi. La grossesse, le maternage, l'allaitement, c'est pas masculin, il faut donc effacer tout ça au plus vite, montrer que cela ne compte pas. Travailler jusqu'au bout avec un ventre de 9 mois et revenir toute suite après, malgré une opération pas si anodine que cela et un état psychologique très fragile.
Je suis ravie de voir une femme, jeune, fille d'immigrés maghrébin, enceinte et officiellement célibataire au gouvernement -et pan, sur tous les clichés ! - , mais j'attends encore celle qui montrera que l'on peut exercer une profession de haut niveau et assumer sa féminité.

19. Le 08/01/2009, 11:32 par Georgia

Bonjour !
C'est la première fois que je poste un commentaire sur ce blog, que j'ai découvert il y a quelques semaines et qui me plait beaucoup.
En ce qui concerne S. Royal et sa grossesse, j'étais bien trop jeune à l'époque pour simplement connaître son existence, mais j'ai appris dans un cours de socio consacré aux femmes au travail (où l'on parlait différences de salaires, freins à la carrière etc) que Royal se savait déjà enceinte quand on lui a proposé le poste de Ministre, mais l'a délibérément caché pour réussir à l'obtenir...
Quand la société parviendra-t-elle à accepter comme "normal" et non comme "gênant pour les affaires" que les femmes soient enceintes, aient besoin d'un peu de temps pour se remettre physiquement et prendre un peu de temps avec le bébé avant de retourner au charbon ?

20. Le 08/01/2009, 12:45 par fleche

Parce que la société est un monde essentiellement masculin, que les hommes n'ont jamais accouché sinon ça se saurait et qu'ils sont donc dans l'incapacité d'imaginer l'épreuve physique que ça représente même elle est intimement liée au bonheur.

Il faudra encore du temps pour sortir de cette société menée par les hommes pour les hommes.

Ca n'engage que moi cette réponse.

21. Le 08/01/2009, 14:10 par ecohumanist

sincèrement, je ne m'attendait pas à que cela se passe autrement... je veux dire que j'étais sure qu'elle n'allait pas prendre des mois de congé... mais 5 jours! franchement ça frôle le suicide!

et oui, c'est un message bien clair à toutes les femmes : "si vous voulez réussir, il faut dire adieu à la maternité"

c'est du "féminisme" primaire, libéral, homogénisateur et anti-humaniste, le type de message qui détourne tellement de femmes (et d'hommes) d'un féminisme porteur d'un vrai changement.

on veut surtout rien changer! laissez ce modèle intact! on veut changer les gens, les obliger à entrer dans un moule... au lieu de changer une société et un système de travail déshumanisés: on prône le conformisme!

et je rejoins Dodue : pourquoi avoir voulu d'enfant, alors? et à ce moment-ci!!??? si elle adhère à ce point aux dictats de la réussite masculine, pourquoi avoir un enfant? je ne comprends pas...

je pense que les maigres espoirs pour que le congé de maternité soit allongé (cf. le projet Spidla pour accorder 18 semaines dans l'UE) et renforcé en prendront un sacré coup!

merci Rachida! :-(

22. Le 08/01/2009, 14:41 par muse

Elle a voulu un enfant parce qu'enfin, elle s'est sentie suffisamment épanouie et arrivée professionnellement, sécurisée affectivement pour s'autoriser à penser à procréer.

Malheureusement, elle se trouve dans une situation professionnelle ni dans un milieu qui ne lui permettent pas de choisir d'être mère comme elle serait en droit de le revendiquer.
Donc si elle veut garder son job, elle a pas le choix.
C'était déjà dur pour sa crédibilité professionnelle avant, ça aurait été sa mort si elle s'était arrêtée.

La question n'est pas la réussite. Simplement un épanouissement personnel dans le travail. Pourquoi faudrait-il qu'une femme ne s'accorde pas le choix d'être heureuse dans le travail alors que ça contribue justement à son bien-être identitaire?

Ce qui est regrettable de constater c'est qu'encore aujourd'hui, une femme ne peut pas vivre une maternité normale dès lors qu'elle aime son travail et occupe des responsabilités ou vit d'une façon précaire.

C'est ce que je retiens de cette affaire.
Et c'est ça qu'il faut changer.

Peut-être justement cette médiatisation sur Dati pourrait ouvrir un champ de réflexion féministe sur comment légiférer afin que toutes les femmes et pas seulement les fonctionnaires et salariées en CDI puissent prende un congé maternité sans être éjectées de leur job.

PS: Olympe, je crois qu'il y a une dame sur la photo mais qui fait pas très féminine. Presque au centre, un peu à gauche.

23. Le 08/01/2009, 15:02 par delph94

Je suis outrée par cette actualité et ce modèle que les medias donnent en exemple, mon premier click après avoir redigé mon billet est d'être allé sur ton blog, et je ne suis pas decue de la visite, très en accord avec la lecture de tes billets et les blogs des collègues citées.

Bon Vent Tout Neuf
Delphine, jeune maman de Lola

24. Le 08/01/2009, 15:47 par tatamobile

Le plus important c'est que chacun soit libre.
Toutes les mères ne sont pas identiques, tous les enfants ne réclament pas les mêmes soins, et dans tous les cas, les parents seuls sont responsables de l'éducation.
S'il s'agit de son choix, que c'est un choix libre, je ne vois aucune raison de l'empêcher de le faire, c'est elle qui assume.

25. Le 08/01/2009, 17:19 par Malakine

Bonjour Olympe, Pour répondre à ta question, je crois me souvenir qu'il y a quelques semaines Olivier Duhamel dans sa chronique matinale sur Culture s'était lui même posé la question en ce qui concerne Rachida Dati sur le point de savoir si elle pouvait être virée à la faveur d'un remaniement en état de grossesse alors que le code du travail l'interdit. Le fait même que cet éminent constitutionaliste se pose la question indique qu'il y a une incertitude sur le droit applicable aux ministres. Le code du travail n'est certainement pas applicable en l'état (il n'y a pas de contrat de travail) néanmoins on peut considérer que la protection de la femme enceinte fait partie des "principes généraux du droit" qui peuvent s'appliquer aux ministres même en l'absence de texte.

Je crois d'ailleurs que O.Duhamel penchait en faveur d'une réponse négative à la question et donc en faveur d'une application aux ministres des protections attachées à l"état de grossesse.

PS : Ce sujet sera l'objet de mon article de ce soir.

26. Le 08/01/2009, 19:07 par Bulles d'infos

Olympe, voici une réponse, un peu tardive certes, sur tes interrogations concernant l'obligation ou non de prendre un congé maternité pour les ministres. C'est paru dans un article de Libération.fr (http://www.liberation.fr/politiques...)

"Le congé de maternité, pour un salarié, est en France de seize semaines, généralement six avant la naissance et dix après. Mais étant ministre, Rachida Dati n’est pas soumise au code du travail, recevant non un salaire mais une indemnité."

27. Le 08/01/2009, 19:18 par Laurence

Sans compter que cela va apporter de l'eau au moulin à ceux qui veulent supprimer l'attribution des trimestres supplémentaires pour la retraite des femmes ayant élevé des enfants : la législation européenne et la HALDE, qui elle juge que c'est une discrimination sexiste !!! Alors que c'est une petite compensation à toutes les inégalités criantes en défaveur des femmes dans le monde du travail et au foyer. Avez-vous lu le rapport du COR (Conseil d'Orientation des Retraites) ? Il est super intéressant, je vous en recommande la lecture. Il a été adopté le 17 décembre dernier.

28. Le 08/01/2009, 21:45 par mebahel

"la législation européenne et la HALDE, qui elle juge que c'est une discrimination sexiste !!! "
=> devinez de qui viennent ces 'avancées'?
Des masculinistes du type sospapa (et j'espère que vous savez de quelle tendance politique leurs dirigeants viennent et la puissance de leurs réseaux) : ils utilisent les quelques avantages accordés aux femmes/mères en retournant l'argument à leur avantage.
Pourtant, comment faire prendre en compte les différences réelles de fonctionnement (tant économiques et sociales que d'ordre privé) sans en appeler au vécu particulier dévolu aux femmes dans nos systèmes sociaux?
Ils arrivent à le retourner en arguant du fait que puisque les femmes veulent l'égalité elles doivent considérer que la différence biologique n'en est pas une suffisante pour justifier des aides plus à un sexe qu'à l'autre.
C'est en lisant Mac Kinnon http://sisyphe.org/spip.php?article... que j'ai un peu pigé le truc, j'ai du mal à le restituer là, car déesse sait que je capte pas grand chose en droit, et moins encore en droit US qui d'ailleurs est posé sur le droit à la différence et sur la liberté individuelle, mais je vous en conseille la lecture du coup.
A contrario, la france est censée se baser sur le droit à l'indifférence (comme pour notre laïcité, quoi) mais ça ne marche pas non plus du coup, puisque dans les 2 cas, ça évacue la question du genre et des rôles qui y sont assignés.
Pile on perd et face on gagne pas.
Youpi.
(merci pour le lien Olympe, j'avais pas vu)

29. Le 08/01/2009, 22:07 par olympe

pour ce qui est de Rachida Dati, merci à toutes et tous pour la qualité de vos commentaires. Je crois que nous avons fait un bon tour de la question. J'ai rajouté les liens des nouveaux articles (en tout cas que je viens de découvrir) sur le sujet. Globalement je n'ai pas trouvé grand monde, à part Luc Chatel pour se réjouir de cette rerpise du travail précipitée.
et j'aime beaucoup la phrase de Malakine "L’idéologie du cadre dynamique pour seule perspective de civilisation !" .

pour ce qui est
- du COR et de la Halde il faudra effectivment que nous en parlions
- des réseaux masculinistes peut être aussi ??

30. Le 08/01/2009, 22:56 par frieda l'écuyère

Je rajoute un truc, Olympe, à ce qu'a retrouvé Bulles d'Infos, personne ne semble avoir tilté, pourtant, ça en dit long :

"Le congé de maternité, pour UN salarié, est en France de seize semaines, généralement six avant la naissance et dix après. "

Ah ouais ?

31. Le 08/01/2009, 23:08 par Patricia

@Olympe: Une réflexion pour permettre aux femmes de vivre leur maternité doit effectivement être menée. Comment imaginer qu'elle le sera quand une femme politique prend une décision qui revient à dire que vivre sa maternité n'est pas compatible avec le professionnalisme ?

Je n'ai pas nié la pression de la société sur les femmes. Bien que je ne sois pas ministre, je la vis au quotidien. Avec suffisamment de conscience pour affirmer que cette pression n'est pas le fait des hommes uniquement. En posant ce choix, Rachida Dati participe à ce système. Les femmes de pouvoir ont davantage de possibilités de s'y opposer, de se battre pour le droit des femmes. Quand elles ne le font pas, elles sont également opprimantes pour les femmes, elles participent au système. Il s'agissait ici d'une décision à prendre sur le plan personnel (qui influence l'opinion publique). Je n'ose imaginer quelle serait sa position sur une question liée au droit des femmes sur le plan collectif. De telles femmes politiques ne font pas avancer la cause féministe selon moi. Au contraire.

32. Le 09/01/2009, 07:47 par delph94

Pour ceux et celles que ca interesse, j'ai crée un groupe sur Face Book avec quelques billets de blogs en lien plus des vidéos dans le but comme l'a ecrit Ollympe de relayer notre opinion
il suffit de taper dans la recherche de groupe "pour que Rachida Dati pouponne comme toutes les jeunes mamans"
Au plaisir de vous y retrouver

33. Le 09/01/2009, 10:43 par tatamobile

Vous en avez parlé avec l'interessée directement ?
Sinon, tout cela c'est du vent !

34. Le 09/01/2009, 10:44 par Daud

Un message droitiste en provenance d'une ministre de droite appartenant à un grouvernement dirigé par un despote ploutocrate ayant fait du travail le symbole de son message comme une libération, n'a rien de vraiment surprenant.

L'enfermement dans une idéologie conduit à une violence qui ne s'exprimera dans la bouche de l'enfant que dans quelques années, j'imagine. Quel rôle se propose de tenir le père dans cette histoire sciemment médiatisée ? La liberté des femmes passe aussi par l'investissement des pères dans leur paternité, me semble-t-il ? La France régresse.

Par le passé des régimes totalitaires ont utilisé les membres des communautés qu'ils voulaient détruire ou étouffer comme exécuteurs des basses besognes. Sans être outrancier, le choix de Madame Dati au poste qu'elle occupe est-il innocent ? Je ne le crois pas. Alors pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups et saper les acquis des femmes ?

35. Le 09/01/2009, 15:53 par Bob

J'avoue que ce débat au sein de la sphère des blogs féministes me rend perplexe.
Certes Rachida Dati n'est pas légalement couverte par les x semaines de congés maternité, mais vous semblez tous croire que si elle avait prit ce congé, on lui en aurait tenu rigueur. Si le président N. Sarkozy en avait profité pour la virer, vous ne pensez pas qu'il aurait toutes les associations familiales de droite sur le dos ?

Au contraire, il me semble que cette grossesse la « protège », bien qu'elle soit très décriée au sein de son propre ministère, que M. Sarkozy lui ait envoyé un conseiller de l'Élysée suite à la nouvelle démission de son chef de cabinet, il serait très risqué pour lui de la virer vis-à-vis de l'opinion publique. (D'autre part, Mme Dati et M. Sarkozy sont censés être amis au point de passer le Noël 2007 dans la famille de M. Sarkozy).

Il me semble donc que ce soit donc une décision personnelle de Mme le ministre.
Faut-il donc forcer toutes les femmes qui enfantent à prendre leur congé maternité complètement ? Ce n'est plus un droit si durement acquis mais un devoir que l'on doit imposer ? Mme Dati ne correspond pas au stéréotype de la mère aimante, ne se soucie guère de lien « mère-enfant », mais n'a-t-elle pas aussi le droit d'éléver sa fille comme elle l'entend ? Après tout, n'est-ce pas là la vraie indépendance de l'esprit, être capable d'assumer ses choix, peu importe ce que les autres en pensent.

36. Le 09/01/2009, 17:19 par marie laure

Un billet que j'ai trouvé excellent de pondération chez Diner's room et qui a le mérite de remettre les choses en perspective et finalement chacun à sa place. : http://dinersroom.free.fr/index.php...

37. Le 09/01/2009, 20:13 par muse

Bob,

Les associations de droite familiales (pour ne pas dire d'extrême-droite) n'ont pas le même regard sur une femme politique que sur une femme lambda.

Prenons l'exemple de Clara Gaymard Lejeune qui a fait 8 gosses. C'est pas elle qui les a élevés et les élève car sa carrière politique était et est toujours prioritaire. Pour autant à l'Opus Dei et à la fondation de son père, franchement pétainiste, intégriste et machiste, elle sera la première à dire que les femmes doivent rester à la maison pour élever leur progéniture. Deux poids deux mesures.

La femme politique doit se débrouiller si elle veut conserver son poste. Point barre. La politique ne connaît pas les droits sociaux des femmes. Y a qu'à voir ce que se prennent comme insultes les députées à l'Assemblée Nationale de quelque bord politiques soient-elles. En politique il y a un profond mépris des femmes. Donc à partir de là, soient elles assurent dans leur poste quelles que soient les circonstances, soit elles sont mortes politiquement parlant. C'est aussi simple que ça.

Les relations familiales ou amicales n'ont rien à voir là-dedans. Y a qu'à voir le nombre de trahisons au sein d'un même camp et de soit-disant amis de 30 ans et plus.

Sa grossesse a bien ennuyé le gouvernement et Sarko qui auraient aimé la virer et que là, c'était un peu risqué médiatiquement, y aurait eu un tollé. Mais maintenant le fait que le bébé soit né leur donne une raison de plus de la virer.
Elle est rentrée dans un positionnement biologique donc considérée politiquement comme inférieure donc virable. D'ailleurs ses collègues masculins n'attendaient que cet accouchement qui allait les libérer enfin de cette ministre qui leur piquait leur place.
La politique c'est un combat de fauves. Pas de place pour les sentiments et pour le droit. C'est tu marches ou tu crèves. Si Dati voulait conserver son poste et avoir un avenir politique, il fallait à tous prix qu'elle reprenne le plus vite possible. Sinon, c'était sa mort politique et professionnelle.

Donc elle n'a pas eu le choix.

38. Le 09/01/2009, 20:47 par mebahel

Ce qui prouve une fois de plus s'il était besoin que le pouvoir est bien une question de genre: en avoir ou faire comme si on en avait.

Mais qu'elle soit plus 'virable' maintenant, je ne suis pas sûre.
Pas d'ici les européennes.Mais bon c'est juste un avis.

Et d'accord avec Muse: les assoces familiales de droite -leurs motivations surtout- ne transcendent pas le pbme des classes.

Le féminisme, si :-)

39. Le 09/01/2009, 22:00 par peuples

merci olympe pour ton com', je savais bien que je ne me reposerais pas...maintenant j'ai repris les billets.

40. Le 10/01/2009, 00:27 par frieda l'écuyère

Jean-Marie Le Pen n'a pas eu de fils, c'est pourquoi il condescend à passer les rênes à sa fille. Suis une fois de plus en accord avec Muse quant aux assoces familiales très à droite. Rachida Dati n'avait pas le choix, sans le sacrifice des premières semaines de sa maternité, elle devait faire le sacrifice de tous les sacrifices consentis auparavant pour accéder à son poste.

41. Le 10/01/2009, 14:18 par Kamizole

Que veut nous prouver la Dati ? que la grossesse n'est pas une maladie ? Antienne connue... pour limiter le congé maternité... mais qu'elle se méfie : foi d'ex-inifrmière, elle risque une "éventration", et ça, ce n'est pas de la tarte ! Que sa réapparition, au 5ème jour se accouchement ait fair réagir non seulement les féministes mais toutes personnes à gauche... et les syndicalistes.

De toutes façons, la Dati, elle ne perdra rien sr son plus que confortable salaire... 10.ooo euros par mois, plus tous les avantages annexes - la preuve étant qu'elle a littéralement "explosé" son budger "réception"... d'enfanr ?

Attention ! les nanas ! du "plafond de vere"... tout ce que vous allez gagner, c'est d'être référencées sur la liste mensuelle des bogs de la très féministe mémé Kamizole : qui me cherche me trouve !

42. Le 10/01/2009, 19:42 par une grosse feignasse...

5 jours après une césarienne, Mme Dati sur des stilletos !!!??? ... 5 jours après ma césarienne, moi (je ne suis pas une petite nature) je me traînais péniblement en me soutenant le ventre, j'ai failli tomber dans les pommes, j'ai attrapé une légère infection au bout d'une semaine. Pour la manucure et le coiffeur, je peux toujours courir ! ... Mon retour au travail ne s'était fait qu'au 3e mois, j'ai concilié allaitement et retour au travail à temps plein (et 2h30 de RER A par jour svp !!) pendant 4 mois....
Pour la pression que la décision personnelle de Mme Dati va engendrer pour toutes les autres mamans (qui n'ont peut être pas le choix ni le même confort matériel qu'elle), je ne lui dis pas merci !
Une grosse feignasse ...

43. Le 11/01/2009, 19:46 par catherine

Pour Rachida, plusieurs remarques:
- c'est son choix, on n'est pas ministre tous les jours... mais à plus de 40 ans est-on maman tous les jours...
- elle pouvait bosser et étre efficace de chez elle, mais ça ne se voyait pas.....
- on ne parle pas du père: ça aurait pu étre l'occasion de valoriser le role des hommes auprès des nouveaux-nés

Bref j'ai beau ressasser ça dans tous les sens, en tant que femme publique Rachida donne un exemple détestable à la société. Elle pense carrière, prestige personnel, elle est une super woman, mais assume-t-ele vraiment sa maternité, et pour les femmes, les employeurs, que va-t-on retenir de tout ce cinéma...

44. Le 19/01/2009, 14:06 par Mona

Tiens... mon com' n'est point apparu...:/

45. Le 19/01/2009, 20:37 par olympe

@Mona, je ne sais pas je n'ai pas enlevé de commentaires. une mauvaise manip peut être