Libération a consacré la semaine dernière une série d'articles très intéressants au modèle suédois

Extraits :

45 % de femmes au Parlement, un gouvernement paritaire depuis belle lurette.fifi.jpg

En Suède, il n’y aurait pas de Rachida Dati retournant en talons aiguilles à son ministère cinq jours seulement après avoir accouché. Là-bas, femmes et hommes sont estomaqués par cette histoire. «Cinq jours, c’est bien trop court», soupire un père réprobateur, lui-même en congé après la naissance de son deuxième enfant. Il faut dire que la loi suédoise prévoit depuis 1974 un congé parental XXL : seize mois en tout pour le couple à se partager (contre seize semaines pour les mères et deux pour les pères en France). Les hommes et femmes engagés en politique n’y échappent pas. A l’heure actuelle, quatre députés du parlement suédois (dont trois femmes) en bénéficient.

Plus qu’une loi contraignante, c’est devenu une norme à laquelle la société adhère. Ici, chacun a intégré que la vie de famille fait partie de la vie. Même ceux et celles qui occupent les plus hautes fonctions. «Si un homme politique ne prend pas son congé de parenté, ici c’est plutôt mal vu. Les hommes sont jugés là-dessus aussi. Il n’y a pas de cynisme, tout le monde y croit»,

Très généreux, mais pas toujours égalitaire, le congé parental en Suède. Il peut s’étaler sur seize mois au total pour un couple, soit 480 jours dont 390 payés à 80 % du salaire, avec un plafond de 2 800 euros mensuels. Deux mois sont réservés au père. Seuls 22 % des hommes restent à la maison au-delà de cette période. Aujourd’hui, certains voudraient aller encore plus loin et instaurer un quota : un tiers pour la mère, un tiers pour le père, un tiers à se partager.

Il semble par contre que la question des taches ménagères ne soit pas réglée.