Des chercheurs des Universités de Bonn et Berkeley, ont entrepris une étude de grande envergure sur la façon dont le développement économique et l'égalité entre les sexes influent sur les choix comportementaux que font les hommes et les femmes.

L'étude, de grande ampleur puisqu'elle portait sur 80 000 personnes, a montré qu'une richesse nationale plus élevée ou une meilleure égalité entre les sexes étaient liées à des différences plus grandes entre les préférences comportementales des hommes et des femmes plutôt qu'à plus de similitudes. 

Vous pouvez trouver un article complet sur cette étude dans Cerveau et Psycho.

Pour ce faire, ils ont croisé le PIB par habitant de chaque pays, ainsi qu'un indice d'égalité avec les réponses à des enquêtes qui demandaient aux participants comment ils réagiraient dans différents scénarios impliquant six facteurs sociaux : la prise de risque, la patience, l'altruisme, la confiance et la réponse à des  interactions positives ou négative . 

Ils ont constaté que plus le PIB ou l'indice d'égalité est élevé plus il y a  de différences dans les préférences comportementales des hommes et des femmes .

Intuitivement on s'attend à un résultat inverse.

On pense qu'avec des ressources et possibilités d'agir identiques les comportements vont s'harmoniser. C'est même l'un des objectifs de toutes les actions en faveur de l'égalité. Or c'est l'inverse qui est observé.

L'explication qui vient à l'esprit serait que de bonnes conditions matérielle et l'égalité donnent aux hommes et aux femmes "plus de liberté pour exprimer des comportements différents, liés à leur genre, sans être contraints par des difficultés économique ou sociales qui les obligeraient à se conduire différemment de leurs aspirations. Dans ce scénario, une femme qui travaillait dans un domaine dominé par les hommes il y a 50 ans pouvait se sentir obligée de se comporter comme un homme. Mais avec une représentation plus égalitaire des sexes dans l’entreprise, ces contraintes s'estomperaient, ce qui lui laisserait plus de liberté pour exprimer des préférences plus sexuées si elle le souhaite".

Les auteurs insistent cependant sur le fait qu'on ne peut pas en conclure que ces préférences sexuées seraient innées ou biologiquement déterminées.;

En réalité cette étude ne tient pas compte de l'âge, or il serait particulièrement interessant et utile de savoir si les réponses varient selon les générations, car c'est  peut-être bien plutôt la façon dont les personnes ont été éduquées qu'elle mesure.