Il s'agissait, comme plusieurs d'entre vous l'ont deviné, des avis rendus par le JDP (Jury de déontologie publicitaire) au cours des derniers mois suite à des plaintes pour publicités jugées sexistes.

Le JDP est une instance indépendante, composée de 9 membres impartiaux nommés par le Conseil d’Administration de l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité).

Ce qui m'étonne le plus c'est le faible nombre de décisions rendues, surtout quand je vois toutes les publicités dénoncées par Emelire.

Pour décider si une image, un texte, un évènement sont sexiste une méthode simple  consiste à mettre du masculin à la place du féminin. Si ça donne une impression de "bizarre" c'est la preuve que le même traitement ne serait pas appliqué au masculin. 

Personnellement j'en arrive ainsi à la conclusion que ces images sont toutes sexistes, mais le JDP n'a considéré que c'était le cas que pour 2 d'entre elles : celle de la tronçonneuse et celle de vérif.com

Galeries Lafayette NON SEXISTE

Le Jury relève que l’image en cause met en scène le corps d’une femme habillé d’un vêtement qui le couvre en entier et dont l’aspect, ainsi que la lumière qui s’y réfléchit, donne l’impression qu’il est de métal. La posture très sophistiquée et figée, donnant une apparence statuaire. Le visage est inexistant. Il résulte de l’ensemble une image désincarnée qui s’inscrit sur un fond épuré créant un univers stylisé et irréel.

Ce visuel qui ne comporte aucun aspect indécent ne réduit pas le corps de la femme à un objet mais l’utilise dans une création symbolique et esthétisante qui ne comporte aucun caractère dégradant.

Symptomatique : aucun publicitaire n'imaginerait faire la même chose avec un corps d'homme. De façon générale les corps d'hommes ne sont guère utilisés pour leur aspect esthétique et on les montre rarement sans tête alors que c'est très fréquent pour les femmes.

Le roi de la capote. NON SEXISTE

 Le Jury constate que la publicité s’adresse tant aux hommes qu’aux femmes dans la mesure où le site internet commercialise des préservatifs masculins mais également féminins, ce qui est mentionné dans la publicité, que la scène qu’elle expose, si elle repose sur certains stéréotypes, est en relation avec les qualités et l’usage des produits qu’elle commercialise, qu’elle ne met pas en scène des personnages dans des postures indécentes, qu’on ne peut en déduire aucune conclusion quant à un rapport dominant-dominé, qu’elle ne constitue pas une incitation à la violence et enfin, qu’elle a été diffusée sur un support destiné aux étudiants.

En conséquence, le Jury considère que la représentation en cause ne contrevient pas aux règles déontologiques rappelées ci-dessus.

Commentaire d'un lecteur : Pourquoi n'est-ce pas l'homme (avachi dans son canapé, en train de lire un compte-rendu, incapable de profiter de la vie si une chaudasse n'est pas à proximité) qui est en string ? pourquoi la libido de tous (hommes comme femmes) devrait-elle être sensible au même stimulus (femme à poil) ? pourquoi la femme est-elle réduite à son corps et l'homme à son cerveau ? Je déteste cette équation stupide : femme libérée = femme à poil.

DEHONDT. SEXISTE

Le Jury relève qu’il n’existe aucun lien entre la représentation de la femme et l’objet visé par la publicité. Tant par sa tenue que par la posture adoptée, cette femme est utilisée comme un faire-valoir pour promouvoir la vente de la tronçonneuse, voire les services offerts par l’entreprise de l’annonceur. Ce procédé constitue une instrumentalisation du corps de la femme la réduisant à la fonction d’objet et contrevient aux dispositions précitées.

Je suis d'accord avec Suzanne, le chien a l'air d'avoir 100 ans et Cultivetonjardin n'a surement pas tort en remarquant que le sexisme populaire est beaucoup plus intolérable que le sexisme chic. 





Verif.com. SEXISTE

Le Jury relève que la conjonction, d’une part, de la photo montrant une jeune femme qualifiée de «collaboratrice;» en compagnie très rapprochée d’un homme d’âge mur, d’autre part, du texte jouant sur deux sens du verbe honorer, dont celui à connotation sexuelle, induit sans aucun doute, et en dépit des dénégations du représentant de la société AGL, une image de la femme traitée comme un objet et comme étant soumise à son employeur.

Cette représentation, dévalorisante, constitue donc une violation des deux alinéas précités de la Recommandation Image de la personne humaine. Cette violation est d’autant plus regrettable que cette société, avertie du problème posé par sa publicité dès le mois de juillet 2010, n’y a mis fin qu’en octobre après avoir été informée de l’existence d’une plainte auprès du JDP.

Le JDP n'avait pas vraiment le choix, cette image est susceptible d'évoquer du harcèlement sexuel au travail qui relève du droit pénal, elle semble donc difficilement utilisable comme argument publicitaire.

Dodo. NON SEXISTE

Le Jury relève que le libellé de l’annonce «deux fois plus de plaisir au lit» pour promouvoir deux produits différents de literie présentés comme étant particulièrement confortables correspond, sans signification indirecte ou cachée, à l’objet du message. La présence pour présenter ces produits de la photo en tête et buste de deux jeunes femmes vêtues de nuisettes, vêtements adaptés à la circonstance représentée, soit celle de se coucher, ne donne pas à ce message la connotation sexuelle dénoncée par le plaignant.

En conséquence, le Jury considère que la représentation en cause ne contrevient pas aux règles déontologiques rappelées ci-dessus.

Là je les trouve vraiment de mauvaise foi ; la phrase "2 fois plus de plaisir" associée à l'image de 2 jeunes femmes en nuisette ça évoque juste une bonne nuit de sommeil ?




Bravo à Clmnc, Zigazou, Gloup, Cultive ton jardin et Pascale. Les autres devront méditer sur les arguments du JDP .

Merci àAnna,TombouctouAnneMtislav, Lucia, Thierry , Polluxe, Marlène, Laetitia,  Suzanne, Anmryn, Sandraantisexisme, Mouche, Ajuga, Aalia,  Solveig, Abadinte, BB pour leur participation éclairée. 

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