...et ce n'est certainement pas fini.

Non je n'ai toujours pas lu son livre (que j'ai bien reçu), mais avec du recul, après avoir constaté que durant ces 3 jours les visites sur ce blog ont plus que doublé par rapport à d'habitude (E Badinter fait mieux qu'Orelsan !) , après avoir lu de multiples réactions, billets et commentaires..... c'est de la colère que je ressens.

Parceque depuis jeudi le débat semble se résumer  à savoir si la maternité et l'allaitement sont ou non une régression. Alors que les jeunes générations tout en reconnaissant ce que leur ont apporté les combats de leurs mères et grand mères expriment plutôt un rejet du féminisme, avec cette phrase si souvent lue ou entendue "je suis pour l'égalité, mais je ne suis pas féministe " on leur présente le combat féministe comme le dernier rempart contre une maternité trop épanouie .
Sur un sujet aussi personnel, aussi important dans notre choix de vie les réactions sont naturellement passionnées et chacune  juge selon sa propre expérience. Même Nicolas qui doit pourtant s'y connaitre davantage en sein qu'en biberon a un avis !

Ce n'est pas en réduisant ainsi le débat, en expliquant à toutes celles qui ont choisi d'avoir des enfants, qu'elles n'ont en fait pas vraiment choisi mais succombé à une pression qu'on va les gagner à la cause. Elles qui voudraient justement que la société soit mieux organisée pour qu'elles puissent à la fois s'occuper de leurs enfants comme elles l'entendent sans pour autant tomber dans le dénuement ou rester dépendantes pour le restant de leur jour des revenus d'un conjoint.

Et des revendications de la manifestation du 17 octobre qui a pourtant rassemblé des milliers de personnes et montré que le féminisme est bien vivant Il n'est plus question .

Haro donc contre l'allaitement et les couches lavables plutôt que contre :

- le temps partiel imposé qui oblige même celles qui ne le souhaitent pas à rester à la maison
- les inégalités salariales, qui expliquent quand même en partie que ce soient  les femmes qui prennent les congés parentaux puisque la perte de revenu est moindre
- les préjugés et stéréoytpes sexistes qui nous enferment dans des rôles de ménagères ou de bel objet ( et qui sont entre autres largement véhiculés par la pub )
- les violences faites aux femmes
- leplafond de verre qui fait que tous les postes de pouvoir sont squattés par des hommes (Mme Badinter étant contre les lois sur la parité)

Je pense comme Agnès, qu'avec des soutiens comme celui-ci le féminisme n'a plus besoin d'ennemis.

Quelques billets parmi les innombrables publiés.

- celui de Vogelsong, de loin le plus féroce
- celui de Nathalie Kosciusko Morizet, mise en cause par E Badinter. On peut d'ailleurs s'interroger sur le fait que ce soient 2 femmes qui ait fait l'objet de critiques virulentes, d'une catégorie professionnelle certes peu représentative, mais qui toutes les 2 sont justement des exemples de femmes qui bien qu'ayant de jeunes enfants n'en continuent pas moins d'avoir une intense activité professionnelle et militante.
- celui d'Otir parcequ'il est mesuré
- celui de Valérie parcequ'il défend l'avis opposé à celui d'Agnès

et  pour un prendre un peu de recul sur le dogme selon lequel l'instinct maternel n'existerait pas, cet interview  dans le nouvel obs d'une anthropologue et primatologue américaine