Femen, féminisme d'un nouveau style ?

Les Femens s'installent à Paris et tous les journaux en parlent. On se demande pourquoi !

J'ai déja donné mon avis à leur sujet mais je dois dire que de dubitative je suis devenue perplexe. A priori je ne suis guère favorable à l'idée d'utiliser son corps comme moyen de pression politique. Ce fût en effet pendant des siècles le meilleur, et souvent  le seul, argument des femmes pour obtenir des miettes de pouvoir et  toute l'histoire du féminisme vise à redonner à la parole des femmes et la pensée  des femmes la même place qu'à celles des hommes.

Reconnaissons  tout d'abord qu'elles sont drôlement efficaces. 

Dans un monde où pour obtenir l'attention des médias il faut à tout prix se faire remarquer et pour cela ne pas hésiter à provoquer ou choquer, leur mise en scène est une réussite.
Les journlaistes se précipitent, on l'a vu hier, pour prendre une photo. Toujours la même d'ailleurs. Vous pouvez le constater sur les photos ci-dessous qui ont été prises à Paris, Kiev et Tchernobyl, les images sont parfaitement maitrisées : des jeunes et jolies filles aux cheveux longs ceints de fleurs colorées, seins nus, les bras levés en V et portant des slogans.

Le théâtre qui leur a proposé ses locaux ne s'y est pas trompé. Qui avait entendu parler du Lavoir Moderne avant hier ?

En leurs atours, elles sont plutôt sympathiques et contribuent à déconstruire l'image caricaturale des féministes poilues et aigries (voir mon Pinterest sur le sujet) 

A moins que ce ne soit l'inverse et qu'elles ringardisent tous les autres mouvements féministes ? Elles le disent elles-mêmes "Nous avons voulu montrer que les féministes ne sont pas que des vielles femmes cachées derrière leurs bouquins". Sympas pour les vielles femmes, pour celles qui sont plus à l'aise avec des bouquins qu'à faire des happenings dans la rue ou mêmes pour les jeunes militantes d'Osez le féminisme ou La barbe ! Ce n'est pas comme ça qu'on avancera.

Je me demande d'ailleurs si on peut être Femen en étant, vieille, ou moche ou avec les seins qui tombent ?

On doit  aussi leur reconnaitre  un courage certain, en Ukraine, en Russie elles ont été arrêtées, emprisonnées et les risques qu'elles prennent sont réels. Vous pouvez lire l'interview de l'une d'elles dans Libé.

Mais devenir des icônes rebelles en France sera plus difficile qu'en Ukraine Elles arriveront peut être à  déplacer la police , comme ce fut le cas il y a quelques années pour Les tumultueuses qui revendiquaient le droit d'être torses nus à la piscine, de là à être maltraitées ou emprisonnées....

Mais que veulent-elles ?

C'est tout de suite moins clair.

En France elles veulent organiser un camp d'entrainement international pour les féministes, dans lequel les femmes seront entrainées à être des soldates, à mener combat contre le patriarcat. Pour cela les entrainements seront physiques, mentaux et tactiques.

Là j'attends de voir ce que recouvre le vocabulaire ronflant de "sextrémisme" ou "terrorisme pacifique".

Pour l'instant, et pour ce que j'en sais, elles ont manifesté contre le développement de la prostitution à l'occasion des grandes rencontres de foot, contre les intégrismes religieux et contre Vladimir Poutine. On ne peut pas dire que ce soit des thèmes nouveaux, ni qu'ils soient très développés, ni que l'efficacité des actions soient extraordinaire, hormis le fait d'être seins nus et donc d'attirer des nuées de journalistes. On ne voit vraiment pas ce qu'elles vont faire changer.

Pour toutes ces raisons je suis plutôt sceptique et je me continue à me demander si elles ne vont pas à l'encontre des idées qu'elles prônent.

Pourtant quelque chose m'interroge.

L'année dernière une jeune femme égyptienne a posé une photo d'elle nue sur le web "pour la liberté".

Ma 1ere réaction a été de trouver cela complètement stupide. Pour le coup celle là mettait vraiment sa vie en danger d'une façon qui me semblait totalement vaine. Comment pouvait elle penser que poser nue pouvait aboutir faire  avancer d'une quelconque façon la cause des femmes ? Des tas de frustrés allaient être émoustillés et le résultat inverse de l'effet recherché.

Et puis d'autres l'ont fait, et puis sont apparues les Slut walk. A tort ou à raison l'exhibition de son corps devient un moyen de protestation pour nombre de jeunes femmes.

Un phénomène qu'on ne peut plus mettre de coté.

C'est qu'en réalité la question du corps des femmes a toujours été présente dans le féminisme. 

Depuis Eve c'est la femme tentatrice qu'il s'agit d'éradiquer et ce contrôle des hommes sur les femmes, qui vise essentiellement à contrôler leur fécondité (cf Françoise Héritier) passe par le contrôle sur son corps. Un corps dont il faut limiter les mouvements en lui interdisant de se déplacer seule mais aussi en l'enfermant dans divers vêtements des crinolines au corset en passant par le bandage des pieds, un corps  auquel il ne faut surtout pas apprendre le plaisir que ce soit celui du sexe  (la solution ultime étant l'excision) ou celui d'une activité physique intense.

Des femmes ont secoué ce joug. On se souvient que dans les années 20 les "garçonnes" scandalisaient par leurs robes et leurs cheveux courts et par le fait qu'elles ne mettaient pas de corset. Parceque c'est bien de ça qu'il s'agit.

Dans les années 60 la minijupe a précédé de peu mai 68 et le MLF.

A l'époque il s'agissait de réinvestir tout les champs de la société, de sortir du foyer. Il s'agissait de ne plus être considéré comme des objets sexuels mais de redevenir sujet, il s'agissait aussi de reprendre le pouvoir sur  son corps. Au début des années 70 un ouvrage rédigé par un collectif a été un best-seller. (J'en conserve précieusement un exemplaire ) Le titre était à lui seul un programme "Notre corps, nous même" . Tous les aspects étaient abordés et c'était bien de réappropriation qu'il s'agissait.

Aujourd'hui le balancier est reparti dans l'autre sens, et nous sommes gavés d'images de corps féminins étalés partout. La liberté sexuelle parait être devenue une obligation au sexe dans la joie et la bonne humeur et on se demande si trop de liberté ne tue pas la liberté.

Dans ce contexte se montrer nue plutôt qu'essayer de convaincre apparait comme une action faisant le jeu du patriarcat.

Mais une jeune égyptienne, qui revendique de pouvoir se montrer nue retrouve me semble-t-il  une démarche similaire à celle des féministes d'il y a 30 ans. Son corps lui appartient et elle revendique de pouvoir en disposer et de  le montrer comme ça lui chante, de ne pas avoir à supporter les vêtements qu'on lui impose.

La même chose peut elle avoir un sens en France en 2012  ?

J'ai vu sur facebook et twitter pas mal de femmes intéressées par les femens ou les  Slut walk et ce qui me frappe c'est une sorte de jubilation que je sens chez elles à l'idée de se promener dans la rue à moitié nue, en l'assumant totalement et sans crainte de se faire draguer. Cela semble  une provocation assez jouissive. Il y a aussi l'idée de pouvoir assumer une partie de son corps, les seins en l'occurrence, qui est habituellement fortement érotisée,  en dehors de toute idée de sexe et c'est probablement un sentiment de liberté qui ne nous est pas familier  (hormis peut être de ceux qui fréquentent les lieux nudistes ?)*

Et en ce sens c'est bien de réappropriation qu'il s'agit, et qu'on peut considérer que c'est une démarche féministe.

Ce qui ne m'empêche pas de ne pas être d'accord avec les actions elles-mêmes.

Vu comme cela, l'une des affiches des Femens, particulièrement provocante, prend tout son sens

Leur page facebook

* Le sociologue JC Kauffman avait démontré que les seins nus sur les plages étaient loin d'être désérotisés

Commentaires

1. Le 19/09/2012, 13:20 par Schmorgluck

C'est "Slut Walk" pas "Sluk Walk".

2. Le 19/09/2012, 13:56 par Clopine Trouillefou

"
Notre corps nous appartient". Je crois que, derrière toutes les ambiguïtés, c'est ce slogan-là qui relient les mouvements féministes d'hier et d'aujourd'hui.

Olympe, ne te souviens-tu pas de cette affiche : /Users/mariebenoit/Desktop/images.jpeg. Elle est bien seins nus, la belle qui lève le poing, pas vrai ? Et ça date de 1975...

Et ces filles qui brûlaient leurs soutiens-gorge pendant les meetings du maire de Tours, Jean Royer ? t'en souviens-tu ?

C'étaient de joyeuses provocations, mais aussi ambigües, finalement, que femen... Tu vas me dire qu'à l'époque, ces provocations étaient bien utiles pour attirer l'attention sur le véritable "continent noir" qu'était la condition féminine, car elles étaient "novatrices", soulevant un problème dont on n'avait pas encore levé le couvercle (encore que : ton prénom même prouve le contraire, et certains écrits d'un Condorcet aussi, bref). . Mais voilà : ces provocations ambigües étaient plus efficaces que le reste, pour 'interpeller les masses", bien plus visibles et vues, par exemple, que la magnifique affiche "nous aurons un enfant si nous le voulons", qui juxtaposait trois profils de femmes, à trois âges de la vie. t'en souviens-tu aussi, de celle-là ?

Hélas, nous en sommes encore au stade où la provocation est nécessaire pour attirer l'attention. Plus que jamais, même, parce que les attaques sont encore exacerbées par les conquêtes : la condition féminine occidentale, avec ses avancées, est ainsi, paradoxalement, impliquée dans le durcissement du radicalisme religieux qui s'abat, telle une burqa, sur les corps des femmes musulmanes. Le succès, les avancées incontestables (même si point encore abouties) des revendications féministes ont causé comme une réaction encore plus rigide.

Dans l'histoire, un truc comme la contre-réforme est l'exemple type du phénomène : devant le succès des religions protestantes, l'église catholique, jusque là permissive relativement, devient hystérique dans la répression.

La lutte est donc toujours et encore plus nécessaire pour emporter le morceau de telle manière qu'on ne tente même plus de revenir dessus...

Alors, bon, l'image d'une provocation joyeuse, jeune et débridée est parfaitement acceptable, si elle soutient ce prédicat qu'il faudrait réussir à faire rentrer, si besoin à force de coups de pied, dans les couilles de tous les intégristes, religieux, machistes et phallocrates de ce pauvre monde : NOTRE CORPS NOUS APPARTIENT.

(mais, comme toi, j'en suis à l'âge où le coup de pied dans les couilles m'apparaît finalement comme plus jouissif qu'une exhibition. Et puis "notre corps nous appartient", concept fondamental car combien de femmes peuvent-elles s'en prévaloir si tu regardes la situation globale de ce monde ? cache une autre petite question bien pourrie : "ah bon, donc j'ai le droit de le VENDRE ?".... si tu vois ce que je veux dire. )

3. Le 19/09/2012, 14:20 par Thaliane

Leur action m'interroge aussi.
Mais
a. je n'aime pas opposer les féminismes, a fortiori pas sur leurs moyens d'actions. On peut débattre sur les fins, mais je trouve contre-productif qu'entre nous on débatte sur les moyens : chacune utilise celles qui lui paraissent, en son for intérieur, les plus pertinents
b. comme tu le dis à la fin de ton billet, faire des seins un "objet désérotisé" est une démarche que je trouve intéressante. Ok c'est l'une des spécificités les plus immédiatement visibles du corps féminin vs masculin mais pourquoi faut-il que ça fasse automatiquement baver ces messieurs ? Casser cet automatisme (qui est bien sûr très culturel) me parait très libératoire pour les femmes.
Si elles y parviennent, alors sans doute les journalistes se déplaceront moins. Mais on verra des Femen aux seins qui tombent ou aux corps n'entrant pas dans les canons du mannequinat... Et on pourra discuter véritablement avec un homme même avec un grand décolleté sans que les 3/4 de son cerveau ne déconnecte de ce qu'on raconte...

J'avais vu une interview de la leader et mon interprétation est que, justement, elle voulait arrêter d'être vue comme une bimbo putassière, montrer aux hommes qu'elle existe ET qu'ils n'ont pas le droit de l'acheter, de la toucher parce qu'elle a un cerveau, parce qu'elle est une personne au delà d'un corps érotisé dans le cerveau des hommes. Et s'ils sont assez cons pour la désirer quand elle fait ces actions, c'est bien eux qui démontrent leur bêtise. Est-ce qu'elle atteint son but ? Est-ce que certains hommes, après l'avoir trouvé bandante, réalisent combien leur vision est sexiste et méprisante ? Je ne sais pas. Je l'espère...

4. Le 19/09/2012, 15:06 par Mme Plop

"c'est une sorte de jubilation que je sens chez elles à l'idée de se promener dans la rue à moitié nue, en l'assumant totalement et sans crainte de se faire draguer. "

Le Slut Walk a pour but de provoquer une réflexion, parce que ce qui est "acceptable" est toujours mis sous pression par des penseurs bien-pensants.
Savoir que je peux mettre une jolie robe, passer une soirée entre copines et rentrer tard en train sans devoir tenir le bavoir à des mâles en manque. Oui, ça me botte !
Lorsque je sors, je me pose toujours la question de la quantité d'attention que je veux supporter au moment de rentrer seule.

5. Le 19/09/2012, 16:24 par javi

septique => sCeptique

;-)

6. Le 19/09/2012, 19:02 par la sorcière

Hum, elles sont bien jolies. Je trouve ça triste quand en essayant de devenir autre chose qu'un objet sexuel, on en devient un puissance mille.

Elles sont minces, jolies, sexy et seins nus. Et elles ont conscience de l'érotisme de leurs sein. Elles savent que ça va attirer l'attention. C'est une pirouette intellectuelle que de dire que c'est une désérotisation.

C'est comme quand on dit "non à la maitrise de mon corps, j'en fais ce que je veux, oui à la prostitution"... Super. Donc on veut libérer notre corps pour en faire une marchandise.

Je suis plutôt comme toi pour le sujet. Je suis méga sceptique. Voir je secoue la tête. Leur idée est séduisante, mais pas intelligente.

7. Le 19/09/2012, 20:15 par Thaliane

En l'occurrence, elles sont abolitionnistes hein : la lutte contre la prostitution (contre les clients) est leur 1er objectif.

Ca me gêne vraiment l'attitude limite "slut shaming" à leur égard...

8. Le 20/09/2012, 13:13 par apb

bonjour,
en réaction à ce billet, je proposerais volontiers à celles ou ceux qui s'en sentent le courage et peut-être de formation anthropologique de faire sur le sujet des torses féminins "naturellement" nus une étude ethnologique internationale ; histoire de nous décentrer un peu quant aux actions tabous.
Je me demande ce que vous penseriez de l'idée d'une manifestation de femmes et d'hommes pourquoi pas- torses nus et voilés ; comme pour reconnaître aussi que le visage peut devenir plus sacré qu'une poitrine ; simples mamelles quand elle est protubérante ?
(pas si simple... j'en conviens)

9. Le 20/09/2012, 13:19 par carole

Bof. Elles attirent l'attention grâce à leur plastique, en jouant à fond le jeu de l'apparence, en rédimant la femme à sa seule beauté. On est en pleine pub.

Parce que, pour leurs messages (quand même très niais, faut le dire), qui s'en soucie ? Qui les écoute ?

Quand elles défendent les Pussy Riots, où est la lutte contre le patriarcat ? Croient-elles que ces artistes ont été enfermées parce qu'elles étaient des femmes et qu'un homme n'aurait pas eu le même sort (voir la Chine récemment) ? Ou qu'un tyran femme ne les aurait pas enfermées ?

C'est sûr : ce serait autrement plus difficile d'attirer l'attention et d'impliquer les gens sur des questions graves sans cette facilité de se mettre les seins nus, comme le font des millions de personnes qui essaient de réveiller des consciences et de défendre leurs idées. Bref, c'est un tour de passe-passe qui leur donne une visibilité, mais pour ce qui est du résultat... À part développer leur égo...

10. Le 20/09/2012, 15:51 par Diké

L'activisme des Femen rejoint un peu celui de La Barbe : il vise à occuper l'espace public, confisqué par les hommes, en parodiant les codes du patriarcat, pour mieux montrer son incongruité. Les Barbues parodient le corps masculin avec leurs postiches, tandis que les Femen parodient le corps-objet féminin.

La différence, c'est que les photos de Barbues en action ne sont pas ambivalentes comme celles ces Femen nues, et ne risquent donc pas d'être utilisées à l'encontre de leurs intentions. C'est une ambivalence propre à la représentation du corps des femmes. Les Femen doivent donc développer leur discours, et ont tout à gagner à utiliser l'ironie comme le font si bien les Barbues.

11. Le 20/09/2012, 19:04 par Michaël

Je comprends l'inquiétude devant l'ambivalence du message que peuvent vouloir colporter les médias. Cette forme de propagande devrait cependant être jugée, non pas au dévoiement que les médias semblent opérer au niveau de son sens, ou de ses motivations, mais à l'aune des effets qu'elle produit effectivement sur les hommes et les femmes. Or en l'occurence, si les FEMEN semblent démoraliser les femmes, et en particulier les féministes, elles peuvent à mon sens susciter une réelle réflexion pour bien des hommes quant au sujet du féminisme. A mon sentiment, si la nudité surprend, la posture militante (bras levés) m'apparaît très positive, tant elle évoque une culture révolutionnaire et un passé historique de luttes, et fait en cela travailler un imaginaire collectif qui peut créer l'engouement. D'un côté FEMEN est La Liberté guidant le peuple. D'un autre côté, la figure de la passionaria est cependant peut-être inopportune. Mais si bien sûr une énorme majorité des machos n'y verra que du feu, certains prendront l'occasion de réfléchir, je le crois, à ce qu'est le féminisme. Enfermés dans la domination masculine dont ils paient aussi moralement le prix, les hommes voient souvent le féminisme comme un androgynat. Or célébrer ainsi fièrement la liberté du corps des femmes dans un acte militant est une démonstration très positive (sans équivoque!), dans le sens où les hommes peuvent prendre acte de l'effectivité des droits des femmes et de leur bienfondé. C'est une belle invitation à l'Egalité. A moins que je me trompe...

12. Le 20/09/2012, 19:08 par Michaël

J'ai tapé un mot de travers. Les hommes voient dans le féminisme non pas un androgynat, mais de la misandrie, bien sûr.

13. Le 20/09/2012, 23:16 par Javi

Sur un autre sujet: on sait que le cumul des mandats ne favorise pas le renouvellement du personnel politique, et en particulier l'ascension des femmes à des postes de responsabilité.
Les élus PS avaient promis de démissionner de leurs mandats locaux si élus députés avant le 30 septembre 2012. On y est. Il faut (tenter de) faire pression pour le leur rappeler.

http://www.cumul-info-service.fr/
http://www.stop-cumul.fr/
courrier écrit à votre député...

Encouragez les!

14. Le 21/09/2012, 11:58 par ajuga

Ce qui me gène dans c e groupe c'est qu'effectivement on dirait qu'il n'y a que de jeunes et jolies femmes.
Même leur affiche "françaises déshabillez-vous" illustre bien ce choix (si c'en est un).

Et alors si on a 60 ans ? ou si on en a 20 mais qu'on ne correspond pas aux canons actuels de la beauté féminine ?

je me demande du coup si leur visibilité réelle va jusqu'à faire entendre un message clair, qui ne soit pas noyé dans l'apparence. Pas sûr du tout qu'il soit audible et qu'il amène à une quelconque réflexion.

15. Le 21/09/2012, 16:46 par Mme Raoul

J'avoue ne pas comprendre ce qu'on leur reproche. Le désir à l'égard des femmes n'est pas incompatible avec le féminisme. Le désir n'est pas synonyme de reification du corps.
Avec leur posture, elles sont à la fois attirantes et drôles. Elles sont séduisantes physiquement ET intellectuellement, parce qu'elles sont des êtres à identité, qui apparaîssent libres et mouvantes (elles sont des être mouvants, et toutes les photos les montrent en train de crier ou de bouger).
Un corps nu n'est pas forcément un objet. Un corps habillé peut être mis en scène comme un objet inhabité et abandonné.
Elles retournent les codes et suscitent le désir, ce qui est une démonstration de liberté. Ce n'est pour moi pas du tout ambigu.

16. Le 21/09/2012, 16:46 par Mme Raoul

J'avoue ne pas comprendre ce qu'on leur reproche. Le désir à l'égard des femmes n'est pas incompatible avec le féminisme. Le désir n'est pas synonyme de reification du corps.
Avec leur posture, elles sont à la fois attirantes et drôles. Elles sont séduisantes physiquement ET intellectuellement, parce qu'elles sont des êtres à identité, qui apparaîssent libres et mouvantes (elles sont des être mouvants, et toutes les photos les montrent en train de crier ou de bouger).
Un corps nu n'est pas forcément un objet. Un corps habillé peut être mis en scène comme un objet inhabité et abandonné.
Elles retournent les codes et suscitent le désir, ce qui est une démonstration de liberté. Ce n'est pour moi pas du tout ambigu.