Femmes et sciences

Chaque année l’Oréal France remet à 10 jeunes doctorantes une bourse pour la qualité de leurs recherches.

Le programme "Pour les Femmes et la Science" vise à favoriser et à soutenir l’accession des femmes aux carrières scientifiques. Dans un monde idéal il n'y aurait pas besoin de prix exclusivement réservées à des femmes, ni de lois sur la parité ou sur l'égalité professionnelle. Mais le monde étant ce qu'il est si on veut que les filles s'engagent dans ces carrières, si on veut que leurs travaux soient aussi visibles que ceux de leurs congénères masculins des coups de pouces sont nécessaires.

Pour plusieurs raisons :
 
1/ que les filles  se rendent compte qu'elles ont le niveau pour suivre ces études et y réussir

Un sondage, réalisé pour l'occasion,  montre en effet que la première raison qui aurait pu inciter les jeunes filles interrogées à choisir des études scientifiques aurait été l'obtention de meilleurs résultats scolaires dans les matières scientifiques.

Or il y a presque autant de filles que de garçons qui passent un bac scientifique (46,4%) et elles sont plus nombreuses à obtenir des mentions Bien/Très Bien.  Si elles ne sont plus que 30,5% dans les prépas scientifiques c'est parceque ces études les attirent moins mais c'est aussi parcequ'elles n'ont pas assez confiance dans leurs capacités à y réussir. 

Car l'idée que les filles puissent avoir autant d'esprit scientifique que les garçons n'a guère qu'une vingtaine d'années. Et les stéréotypes ont la vie dure et on continue communément de penser que en mathématiques, les filles réussissent en travaillant beaucoup, alors que les garçons n'exploitent pas toutes leurs possibilités, pourraient mieux faire et donc ont encore "de la marge".

2/ que l'image d'une femme scientifique devienne plus courante et se banalise.

Dans l'imaginaire collectif un scientifique ressemble à ça

 un modèle lointain pour des jeunes et encore plus pour des filles qui elles sont comme ça.

 

Ces bourses sont aussi l'occasion de mettre en avant des disciplines et des métiers que les jeunes ne connaissent pas. Parmi les primées (de cette année et des précédentes) beaucoup travaillent dans des domaines ayant à voir avec la santé "contrôle du cylcle cellulaire et cancer", "chimie antipaludique", "mutation des virus ARN" mais d'autres sur les cellules photovoltaïques ou la géométrie algébrique.

J'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs d'entre elles un soir de la semaine dernière. J' ai été séduite par leur enthousiasme, leur volonté de vivre une vie passionnante,  de faire progresser la science mais aussi de faire partager leurs connaissances. Certaines se sont lancées en parallèle dans des cursus de "médiation des sciences" qui consistent à apprendre à expliquer au grand public des choses complexes. J'ignorais que ça existait. 

J'ai aussi constaté leur souci de bien montrer qu'elles "ne font pas peur et restent des femmes" comme si les 2 restaient quelque part incompatibles. Comme si aussi elles devaient absolument être très féminines pour excuser leur incursion sur ce terrain.

Commentaires

1. Le 12/10/2011, 01:17 par Batou

Aucune allusion au Ada Lovelace Day, qui se déroulait il y a moins d'une semaine ? C'était pourtant l'occasion idéale...

2. Le 12/10/2011, 06:16 par Vero

Merci de ce post! Clairment, quand j'ai dû choisir des études il y a 35 ans, il n'était pas envisageable d'aller vers les sciences, ni pour mes parents, ni pour mes profs. En revanche, une des mes filles a bac +7 en biotechnologie. Au moins dans le cadre familiale, il y a eu du changement... Et elle est féminine.

3. Le 12/10/2011, 10:26 par aalia

J’en suis !
Je me souviens qu’en terminale S, nous étions effectivement à peu près moitié de filles. J’ai passé mon bac en 2002 donc ce n’est pas si vieux. Après en prépa ça a chuté un peu, sur 18 nous étions 5 filles. C’était la filière MP, la math sup math spé la plus tournée vers les mathématiques, mais je crois me souvenir que dans la branche plutôt physique il y avait plus de filles. Et chez les prépas commerce en face c’était carrément paritaire.
Arrivée en école d’ingénieur, patatras : ma filière, le bâtiment, n’a attiré que 15% de filles. Mais, même en minorité, je n’ai jamais ressenti cette différence : je ne crois pas que personne n’ait cru, ni mes parents, ni les profs, ni les autres élèves, que les filles étaient de grosses bosseuses au max de leur capacité tandis que les garçons se la coulaient douce grâce à leur cerveau scientifique. Non, cette idée là n’existe plus, et les « femmes savantes » de Molière sont heureusement loin derrière nous.
La première fois que j’ai ressenti le machisme, c’est quand j’ai…commencé à travailler ! C’est un clash inter-générationnel et inter-mentalités qui se met en route quand on sort de sa bulle (= quand on termine ses études), et c’est difficile ! Mais je tiens à préciser : le machisme porte sur le comportement, sur la façon dont on s’adresse à moi, sur ce qu’on s’imagine sur mes émotions, mes loisirs, bref, les clichés féminins classiques. Mais je n’entends jamais personne remettre en doute les capacités intellectuelles des femmes.
Mais j’aimerais bien que, si j’ai une fille un jour, elle grandisse avec quelques modèles de grandes femmes scientifiques.

4. Le 12/10/2011, 10:37 par Jaaku

Moi aussi je suis doctorante en sciences et j'en suis très fière ! Ici à l'université, pas de remarques sexistes au niveau des compétences, ça fait plaisir ! Il y a parfois des remarques désagréables typique des univers assez masculins (on ne dit pas "on révise quand l'oral avec la stagiaire de M1 ?", on dit "On s'la fait quand la petite ?"), mais ça ne s'accompagne ni de mise au placard, ni de dévalorisation des capacités ou autre.

Pour ma part, ce qui m'effrayait, c'était l'investissement demandé. La recherche est un monde très particulier (je parle en milieu universitaire) où je me suis posée des questions avant d'être rassurée sur ma place. En effet, de nombreux chercheurs sont complètement obsédés par leurs sujets de recherche, travaillent jusqu'à 22h et/ou le week end... et attendent la même chose de leurs étudiants. Il faut aller se rassurer auprès des chercheuses et de certains hommes qui s'occupent un minimum de leur famille pour comprendre que oui, c'est possible de faire de la recherche en ayant une vie, une famille et des enfants. Sans être wonderwoman.

5. Le 12/10/2011, 10:38 par crabe69

Désolé de vous contredire, mais depuis 30 ans que je suis chercheur, j'ai nettement vu les choses changées; en France comme dans de nombreux pays, dans le public comme dans le privé, la représentation féminine n'est pas loin d'être majoritaire même chez les cadres. L'image de la recherche que vous avez est le fait des vieux barons de la science qui hantent encore les couloirs de l'Académie et autres hauts instituts. En réalité, ce à quoi on assiste procède plus de l'abandon des carrières scientifiques par les hommes que d'un autre phénomène: on ne peut pas parler d'une logique de parité. La nature ayant horreur du vide, les femmes profitent de la désaffection des hommes pour la recherche et cela même dans les sciences dures. Dans le public, ce rééquilibrage est le fait de l'évolution des métiers scientifiques. En caricaturant à peine, je dirai que le chercheur est passé d'un système simple où il n'avait que sa recherche à gérer à un système complexe de gestion globalisée: dans ce cadre, la tendance "mono-directionnelle" de l'homme plus la dilution de la spécificité scientifique ne peut qu'avantager la femme.

6. Le 12/10/2011, 11:47 par Oelita

"l'idée que les filles puissent avoir autant d'esprit scientifique que les garçons n'a guère qu'une vingtaine d'années"
Ah bon ? perso, je ne vois aucune différence entre aujourd'hui et il y a 28 ans, quand j'ai eu mon bac C et que j'ai choisi d'aller en prépa et de devenir ingénieure. Et que ça n'a gêné personne, ni entourage, ni profs ni camarades (filles ou garçons).
C'est plutôt quand je demandais à avoir des Meccano et des livres de casse-tête logique pour Noël au lieu de poupées, que ça a dérouté mes parents. Après, ils se sont habitués. Arrivés au bac, ils savaient depuis longtemps que j'aimais les sciences (et m'ont offert un des premiers ordis pour apprendre le Basic pour fêter çà, topissime) !
La chose qui me gêne le plus dans le monde d'aujourd'hui, ce n'est pas la dévalorisation de la Recherche ou des études scientifiques pour les filles, ce sont ces rayons rose girly PARTOUT, ce sont ces poupées Barbie obligatoires, l'obsession des "princesses", etc.

7. Le 12/10/2011, 14:34 par Venise

Le système de notation au bac est beaucoup trop écrasé en haut pour permettre aux excellents élèves de se distinguer.

Un élève moyen et bosseur en maths aura 18-20, comme l’élève brillant qui a le potentiel pour intégrer une école prestigieuse. C’est beaucoup trop facile pour ce dernier. Il s'emmerde.

C’est un système qui favorise les filles, puisqu’elles sont plus moyennes et bosseuses, alors que les talents naturels sont plutôt chez les garçons.

On impose un plafond de verre aux génies masculins pour les empêcher de trop ridiculiser les filles sages. Ils se vengeront deux ans plus tard, au moment de passer les concours très sélectifs des grandes écoles.

Les épreuves du bac S récompensent la besogne, l’esprit de discipline, la peur de la mauvaise note. Avoir son bac S avec les félicitations du jury ne permet même pas de savoir si l’on a affaire à un élève vraiment fort en sciences. Si ça se trouve il a juste bossé sérieusement.

Pour faire apparaître les talents, il faut inverser l’échelle de notation : une majorité de gamelles et quelques élèves qui sortent du lot, parfois des génies en herbe. Il faut que ce soit très dur pour que la sélection se fasse, comme dans les étapes de montagne au tour de France.

C’est le principe du concours général. Le bac, c'est une étape de plaine. Le rouleur, le sprinteur et le grimpeur terminent ensemble dans le même peloton. Le concours général, c'est la grande étape des Alpes avec arrivée au sommet de L'Alpe d'Huez. C'est là qu'on voit celui qui s'est le mieux dopé.

Plus de filles que de garçons à avoir des mentions B/TB au bac S, on s’en serait doutés. Elles sont plus sages.

Au concours général, ça donne ça :

Maths :
2009 : 10 récompenses, que des barbus.
2010 : 10 récompenses, une demoiselle.
2011 : 8 récompenses, une demoiselle.

Physique-chimie :
2009 : 18 récompenses, 4 demoiselles (un bon cru)
2010 : 18 récompense, une demoiselle
2011 : 18 récompenses, pas le moindre soutien-gorge.

http://eduscol.education.fr/cid4788...

8. Le 12/10/2011, 15:27 par natsumemaya

Vous me donnez la nausée : votre discours transpire le machisme de base qui se pense intelligent en s'appuyant sur bcp de clichés et sur qq données statistiques chiffrées... Comme le disait mon prof d'éco au lycée, les statistiques, c'est comme les mini-jupes, ça montre bcp de choses mais ça cache l'essentiel (certes vrai, mais machiste de le formuler ainsi)
==> vos taux de réussite cachent l'essentiel : on ne propose pas aux filles de préparer le concours général, ou alors bcp moins ; le CG se fait par filière, regardez bien la répartition par filières et osez encore soutenir qu'il n'y a aucun plafond de verre, déjà là ; regardez les lycées d'appartenance des élèves primés (et qui l'ont présenté aussi je suppose) et osez me dire que sur la discrimination de genre ne vient pas s'ajouter une discrimination par catégorie socio-professionnelle....

C'est tragique à dire mais ce sont les gens comme vous qui m'ont fait penser quand j'ai appris que j'attendais un fils que c'était une bonne chose pour lui qu'il soit un garçon car il ne rencontrerait pas les difficultés que j'avais rencontrées et que je rencontre encore largement aujourd'hui...

En conclusion : y a encore du chemin à faire pour vous et du boulot pour nous

9. Le 12/10/2011, 15:43 par pat

J'apprécie a sa juste valeur l'unanimité des celles qui ont fait des études supérieures et qui reconnaissent explicitement n'avoir pas connu le fameux plafond de verre, mais plutôt quelques réflexions stupides. Les femmes qui osent et qui ont les capacités réussisent. Marie Curie en donne un bel exemple.

10. Le 12/10/2011, 15:57 par aalia

Merci Venise, mais en terminale, je m'ennuyais à mourir en maths hein, et j'avais 18-20 en baillant. d'ailleurs en prépa j'ai continué d'avoir 14-15 de moyenne et j'ai intégré une bonne école. Donc vous pourrez revenir nous faire des cours sur les talents naturels quand les filles cesseront d'être conditionnées à se diriger toujours vers les mêmes voies, et qu'on aura autant de filles que de garçons en prépa. D'ailleurs en école d'ingénieur les filles étaient nettement dans la première moitié du classement, du peu qu'elles étaient : ce qui prouve bien que pour casser le plafond de verre, il faut plus de talent que la moyenne des garçons.

11. Le 12/10/2011, 17:35 par pat

aalia, j'ai bien relu votre intervention et je n'y vois pas trace de ce plafond de verre dont vous parlez ensuite et que vous semblez avoir franchi sans rien voir...
Vous ne dénoncez que des reflexions de vieux croutons bousculés dans leurs habitudes mais vous reconnaissez que personne ne vous a mis de batons dans les roues.
Je connais peu de femmes capable de me décrire précisément comment elles ont vécu personnellement ce plafond alors qu'il y en a toujours pour m'expliquer les statistiques???

12. Le 12/10/2011, 18:14 par aalia

Pat : effectivement personne ne m'a jamais mis de bâtons dans les roues quand j'étais étudiante. Mais nous les filles, nous étions quand même en minorité, parce que les filles, avec la société, l'éducation, etc, ne se dirigent pas vers les études scientifiques alors qu'elles en sont très bien capables. Le plafond de verre n'est pas forcément quelque chose de direct. La principale cause de "plafond de verrisme" des femmes est un état d'esprit qu'on leur inculque dés la naissance. parce qu'étant donné que nos cerveaux sont les mêmes, je ne vois pas d'autre explication à ce phénomène.

13. Le 12/10/2011, 20:54 par ajuga

Il n'y a pas d'autre explication qu'un conditionnement social forcené et bien intégré, par tous et toutes. Quand l'une de mes filles a voulu faire en seconde une seconde technologique, on lui a dit que les machines outils ce n'était pas pour les filles. Il a fallu insister pour qu'elle soit admise !
Elle a fait une petite Mine (l'école, hein !) où il y avait une énorme proportion de femmes, c'est à dire quelques 15 % si je me souviens bien.

14. Le 12/10/2011, 23:38 par Venise

@natsumemaya

Un garçon ? Félicitations. Le plus dur est fait.

Il faut juste pas oublier de lui donner sa ration quotidienne de calories (des Petits filous de préférence) et d’ici quelques années, il sera président de quelque chose, c’est sûr.

@ aalia
Tu dessines bien.

Je viens de découvrir cette chanson :
http://www.youtube.com/watch?v=8UVN...

15. Le 13/10/2011, 00:10 par pat

quand on croit tres fort au plafond de verre on le voit partout. Mais beaucoup de celles qui s'en plaignent ne l'ont pas rencontré.

16. Le 13/10/2011, 00:47 par Marie

Il n'est pas nécessaire de l'avoir rencontré pour s'en plaindre, le fameux plafond. C'est une injustice, dont on peut s'indigner, comme une autre. Non? A chacun sa cause (pas nécessaire d'avoir faim pour lutter contre la faim dans le monde, si vous me permettez d'exagérer). Pour nous, les femmes, en sciences: pas de réel plafond de verre comme on l'entend peut-être ailleurs. Effectivement, peut être pas de différence au niveau du salaire, mais quand le salaire est maigrichon, on est tous traités pareil (mais ceci est un autre débat). Quelques blagues lourdes et déplacées, comme on en entend ailleurs (encore un autre débat).
Mais quand même, à une table autour de laquelle je me suis assise, où différentes équipes de recherche parlaient science, tout le monde pouvait donner son avis, mais les décideurs n'étaient que les chefs d'équipe (normal), les hommes (normal??). Je n'ai rien contre eux, mais plutôt contre le fait que quand j'en parle aux femmes, elles ne se "sentent pas" l'âme d'un "chef". Qu'on ne me dise pas que c'est inné. Et qu'on ne me dise pas de ne pas m'indigner parce qu'il y aurait pire ailleurs.

17. Le 13/10/2011, 09:54 par pat

Ce que je veux dire c'est qu'il est peut être facile de mettre sur le dos du plafond de verre une insatisfaction fréquente qu'un homme ne peut attribuer qu'à ses (manque de?) qualités propres ou a l'aveuglement de sa hiérarchie sur celles ci.
De ce que je vois par chez moi, on ne refuse jamais une promotion pour des raisons de sexe, peut être cela a t il lieu ailleurs mais je n'en ai pas de preuve je pense que beaucoup d'exemples que l'on peut citer ne résultent pas d'un barrage anti femmes mais d'une continuité décroissante de faits historiques. Aujourd'hui il est largement reconnu que les filles réussissent mieux dans les études, qu'elles investissent progressivement les métiers scientifiques et ceux qui jusque la étaient "hyper masculinisés" , on vient même d'admettre il y a peu que les femmes pouvaient être exposée en première ligne dans les conflits armés dans je ne sais plus quel pays ....

18. Le 13/10/2011, 11:52 par Venise

Rachida Dati se demande si François Fillon a quelque chose dans son froc:

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2...

Ce qui laisse penser qu'elle n'aurait pas couché avec lui, sinon elle poserait pas la question.

19. Le 13/10/2011, 16:48 par Olympe

Merci de ne pas répondre aux trolls.

20. Le 14/10/2011, 13:40 par Shane

Si on pouvait un peu plus montrer Marie Curie en exemple... Et je dois dire que la féminisation de la recherche est sans doute en partie malheureusement due à sa dévaluation, précarisation etc. Les postes les plus prestigieux restant encore majoritairement masculins (Président d'Université, Professeur, alors que les femmes ont des CDD ou restent Maître de Conférences plus longtemps avant d'obtenir un poste de Prof.)

21. Le 14/10/2011, 21:37 par nathalie

Il y a énormément de femmes qui s'engagent dans le domaine santé/biologie, donc on ne peut pas dire que l'accession aux études scientifiques soit limitée dans ces domaines. Il aurait été plus surprenant de trouver une matheuse ou une informaticienne (il y en a de moins en moins) dans ce palmarès.

Shane, on parle vraiment sans arrêt de Marie Curie. Je me demande même parfois si ce type de modèle n'est pas plus écrasant qu'autre chose? LE modèle de la scientifique féminine, c'est justement Marie Curie et comme en général on ne se sent pas vraiment à la hauteur, on peut se dire qu'on ferait tout aussi bien de se lancer dans une autre voie !
J'ai un peu la même impression en lisant le CV des lauréates : en général, les normaliennes et les polytechniciennes n'ont pas trop de souci à se faire (on le savait déjà!), mais ça place la barre très très haut.
Est ce qu'il ne faudrait pas au contraire parvenir à sortir de ce cliché excellence/passion/superwoman/bac+8 et à promouvoir des carrières scientifiques qui paraissent accessibles à un plus grand nombre de jeunes femmes ?

22. Le 18/10/2011, 13:19 par Elisabeth

Ton dernier paragraphe soulève une posture intéressante et lorsque je regarde les photos, le 1er truc qui me saute aux yeux c'est qu'elles portent pratiquement toutes des jupes!

23. Le 20/10/2011, 11:00 par Jolune

Moi, ce qui me choque, c'est que ça vienne de l'Oréal, qui n'est pas pour rien dans l'abrutisation et la pigeonnisation des femmes. Alors, bien sûr c'est mieux que ça existe plutôt que ça n'existe pas, mais c'est un peu "regardez ma main gauche pour ne pas voir ce que fait ma main droite".