Gagnez des exemplaires de "Pourquoi les femmes gagnent -elles moins que les hommes ?"

2 exemplaires à gagner.

Pour cela je vous propose de raconter en commentaires un souvenir de votre enfance où, à la réflexion, il vous semble que les choses auraient été différentes si vous aviez été d'un autre sexe (et si vous ne voulez pas parler de votre vie racontez une histoire on ne vérifiera pas).

Le jury, composé de @Zigazou, passion photographe (ses photos sont ici) et @lapoulepondeuse dont l'excellent blog est ici rendra son verdict dans une semaine, c'est à dire lundi prochain.

Quelques avis pour vous motiver

Le Monolecte

Tout à fait intéressant pour des gens peu sensibilisés aux problématiques féministes, un bon bouquin qui démontre clairement et sans détour pourquoi et comment après 40 ans de luttes féministes, on est encore bien loin d'avoir remporté la simple légitimité de notre aspiration à l'égalité entre les sexes 

Crêpe Georgette

Olympe propose enfin de devenir actrices du changement.

Sexisme et sciences humaines

Je pense que c’est typiquement le genre de cadeau qu’on peut offrir à un⋅e ami⋅e sensible au problème des inégalités salariales (et du sexisme en général), mais pas plus impliqué que cela. Il y a de fortes chances que ce livre provoque un électrochoc !

La marmite de Cathy

c’est marrant, mais plein de choses que je ne remarquais pas au boulot me sautent aux yeux maintenant !


Commentaires

1. Le 11/03/2012, 13:27 par Plop

J'ai des souvenirs fantastiques de jeux dans la forêt et de construction de cabanes avec ma meilleure amie. J'adore les maths, les lego, les playmobils. Je voulais devenir exploratrice, ou aventurière, ou éventuellement égyptologue.

Et puis je suis arrivée en 6è dans une nouvelle école. Les filles parlaient de téléréalité, de garçons, de gossip. Elles ne jouaient pas pendant la récré mais restaient dans leur coin. Elles m'ont vertement reprises lorsque je leur parlais de ce que j'aimais.
Enormément de gens de ma classe se sont moqués de mes compétences et de mon intérêt pour les math. Chaque fois que je faisais la meilleure note de la classe et que la prof le disait, j'avais HONTE ! Tout le monde me regardait avec envie et consternation.

Et j'ai fait la seule chose qu'il me semblait censé de faire : je me suis tue. A défaut de pouvoir changer ce que je suis, je peux le cacher. Je cachais mes notes, je ne travaillais pas les maths pour éviter de trop briller, et j'évitais le sujet.

Et j'ai encore honte aujourd'hui, par moments !!! Honte de mon succès, honte d'aimer des trucs "de mec" ! Je déteste les insultes-compliments disant que je ne suis pas une fille "normale" ou que j'ai pas le look d'une geek.
Qu'est-ce que j'aurais aimé pouvoir continuer à courir dans la forêt, jouer dehors, aimer les maths à la vue de tous et vivre ma vie.

(Tout ça pour dire que je fais de la physique de haut niveau maintenant, et que je suis entourée presque que de mecs - au point de croire à certaines de leurs conventions masculines. On s'adapte à qui on peut) ;)

2. Le 11/03/2012, 13:49 par Mme Déjantée

Oh oh!! Ben je crois bien que je vais me laisser tenter, pour le plaisir de recevoir un nouvel exemplaire de ton bouquin mais aussi pour le plaisir de raconter une anecdote qui, en dépit de son extrême banalité, m'a donné la preuve assez tôt que filles et garçons n'étaient bel et bien pas considéré de la même façon... Par ailleurs, cette anecdote met en lumière le fait que les préjugés sexistes sont aussi néfastes pour les uns que pour les autres, ce qui a beaucoup été rappelé, bien à raison (car je suis intimement persuadée que les luttes féministes ont besoin d'hommes!), ces derniers jours...

Alors voilà, je devais avoir 10 ou 11 ans et ma mère m'avait inscrite à la piscine pour y apprendre à nager... J'avais eu quelques années plus tôt des soucis ORL bien classiques chez les enfants, qui avaient conduit à la pose des fameux "yoyo" empêchant absolument de mettre la tête sous l'eau... A l'époque (et peut être encore aujourd'hui), l'immersion totale était considérée par les maîtres nageurs comme un prérequis essentiel à l'apprentissage de la nage, ce qui avait entraîné, qu'à 10 ans passés, je ne savais toujours pas nager...

Pour être même plus précise, à 10 ans passés, non seulement je ne savais pas nager, mais étant persuadée que l'éventualité de voir mes oreilles mouillées me rendrait probablement sourde (personne ne m'avait d'ailleurs détrompée sur ce point), j'avais une peur panique de l'eau... J'entretenais d'ailleurs la superstition selon laquelle: plus le bassin était profond, plus grand étaient mes risques d'y sombrer...

Afin de minimiser les risques d'immersion auriculaire (oui parce que les fameux yoyo avaient finis par tomber, mais laissant la place aux trous qui les avaient hébergés et qui, eux, ne s'étaient pas refermés...), l'ORL m'avait prescrit des bouchons d'oreille spéciaux, moulés sur mesure, en silicone, et qui devaient impérativement être complété par un bonnet de bain, le plus imperméable possible alors même que le règlement de la piscine n'y obligeait pas...

C'est donc ainsi vêtue que je me présentais au cours de natation... Les premières séances furent assez agréables je dois dire: pataugeant dans le petit bassin, avec des apprentis nageurs ayant tous entre 2 et 4 ans de moins que moi.... je dois dire que JE BRILLAIS D'EXCELLENCE!!! Et le maître nageur ne tarissait pas d'éloges sur moi!!

Jusqu'à ce jour où nous avons du quitter les presque 30°C du petit bassin pour les seulement 24 ou 25 du grand et ses profondeurs quasiment abyssales... Là, j'ai commencé à paniquer, persuadée que j'allais me faire entraîner dans les profondeurs glacées sans que personne ne puisse l'en empêcher... J'AI FONDU EN LARMES...

A ce moment là, le maître nageur si fier et si complice d'habitude, commença à me secouer sans ménagement:
AH NON!!! CA C'EST HORS DE QUESTION!!! NON MAIS FRANCHEMENT!!! TU NE VAS QUAND MEME PAS PLEURER...

(Avant de me lâcher ce qui se révéla finalement être la meilleure explication à son comportement soudain)
..... COMME UNE FILLE!!!!!!

Et moi, d'avouer honteusement: "Mais.... je SUIS une fille!!"

L'humiliation m'a poussée à quitter le bassin... je n'étais aux yeux de la société ni une fille acceptable (car incapable alors coiffée d'un bonnet dissimulant les longs cheveux de me différencier d'un garçon, ce qui au passage me sembla une cruelle insulte pour les embryons de seins qui faisaient jusque là ma fierté...), ni un garçon acceptable (car incapable de retenir mes larmes)... J'avais honte d'être fille, d'appartenir au sexe pour qui on n'aurait jamais d'ambition... aussi sûrement que j'étais triste pour ces pauvres garçons à qui on ne permettait pas de donner libre cours à leurs peurs, à leurs paniques et en définitive, pour qui on n'aurait jamais non plus de respect...

3. Le 11/03/2012, 13:53 par estelle

Devant ma réticence à aller au catéchisme, ma grand-mère m'avait dit que si je ne faisais pas ma première communion, je ne trouverais pas de mari !
Je me rappelle avoir pensé très fort "mais pourquoi est-ce que je voudrais un mari et quel rapport avec la communion ? " et le lui avoir dit...
Je ne sais pas pourquoi j'ai jamais réussi à intégrer ce genre de vision sexiste ni même à me conformer à ce que l'on attend d'une femme...
Aujourd'hui je travaille dans l'informatique dans une boîte où il règne un climat relativement sexiste ce qui est plutôt dur au quotidien et me laisse entrevoir que je n'aurai jamais les mêmes opportunités ni la même considération qu'un homme...
Plus le temps passe, plus la petite fille qui s'est indignée spontanément il y a 20 ans disparaît et plus je me sens résignée à accepter cette société sexiste, à devenir aigrie de ne pas être considérée à égalité avec d'autres, juste parce qu'ils ont un chromosome Y.

4. Le 11/03/2012, 15:20 par marie

"Pourquoi les femmes gagnent -elles moins que les hommes ?"

Parce que les hommes se vengent des femmes qui sont + intélligentes qu'eux !

ps : ''raconter en commentaires .... d'un autre sexe '' : suis-je hors sujet ?

5. Le 11/03/2012, 17:28 par Nathalie

Des histoires "ah, si j'avais été un garçon, ça se serait pas passé comme ça !", j'en ai plein les tiroirs... En fait, plus que d'en raconter une, c'est d'en choisir une qui est le plus difficile. Le coup de l'imprimerie :
"- Pourquoi il n'y a pas de femme qui travaille ici ?
- Pourquoi ça t'intéresse, tu voudrais travailler là, toi ?!".
Le coup du tabassage en règles en 6e.
Le coup d'être obligée de présenter des excuses à un garçon que j'avais giflé alors qu'il avait passé 10 minutes de récré à me donner des coups de pied.
Le coup des petites sandales (jamais mises finalement) alors que je ne portais que des baskets.
La fille qui essaie de dégrafer mon soutien-gorge au CM2 (comment survivre quand tu es la seule à en porter un ?) ou le gars qui me dit "Marie-Laure a dit que tu en portais, c'est vrai ???"
...

Au collège, en 3e, il y a ce "stage" des 3 jours en entreprise pour "voir comment c'est". Je voulais aller au garage auto, me salir les mains et bricoler des voitures. Mon père (oui, bon, on ne commente pas, je suis fille unique et mes parents ont toujours eu tendance à tout faire à ma place sans me demander mon avis) va donc s'enquérir d'une petite place chez son pote garagiste.
J'arrive le lundi matin, la bouche en coeur, en bleu de travail - enfin, jeans, baskets et chemise de bucheron puisque je n'avais pas de bleu de travail à proprement parler - et je découvre qu'il y a un autre stagiaire, mâle lui, avec un vrai bleu de travail. Et là, surprise (ou pas) : je me retrouve reléguée avec la femme du patron dans le coin secrétariat à répondre à des questions inappropriées concernant ma (non-)vie amoureuse alors que l'autre stagiaire a les mains dans le cambouis.
Et, comme d'habitude, je n'ai pas eu le courage de dire que je ne voulais pas être là mais dans la partie mécanique.

Je me souviens encore de la honte et du rire forcé quand mon professeur principal est venu me voir et qu'il m'a dit qu'il était déçu, croyant qu'il allait pouvoir me laisser réparer sa voiture à partir de ce moment-là et encore plus quand il a fallu parler de mon expérience devant toute la classe.

Je crois aussi que ça n'a pas changé grand-chose, je ne suis pas devenue bravache après coup et je me fais encore avoir, à plus de 30 ans, parce que j'ai la trouille, la peur au ventre de dire quoi que ce soit parce que je ne sais pas argumenter (j'y travaille, doucement mais sûrement).

***

J'en profite, hors-concours pour vous remercier pour votre blog.

6. Le 11/03/2012, 23:49 par Chocophile

Je vais essayer de me souvenir...
De l'enfance je n'ai pas un souvenir en particulier, j'ai peut être inconsciemment occulté , quand j'y pense j'ai tout de même cette impression globale d'avoir bien intégré que je faisais partie de la catégorie des "faibles", le sexe faible, et pour une petite fille timide, réservée ça n'aide pas à prendre confiance, comme quoi j'ai du emmagasiner tout de même pas mal de choses!
Mais j'ai par contre un souvenir précis de ma prof de sport au lycée! Cette "adorable" femme n'en avait que pour les garçons qui eux étaient bons en sport. Moi j'étais nulle en athlétisme, je détestais ça, nulle en volley forcément pour un sport collectif quand on t'ignore sur le terrain parce que tu ne fais pas partie des forts et que la prof ne fait rien pour que ça change (d'ailleurs peut on appeler prof quelqu'un qui se contente de vous regardez faire et vous note sans jamais vous avoir appris quoi que ce soit? pardon je m'égare..), j'étais nulle ou moyenne en à peu près tout ce qu'on devait se coltiner pour espérer avoir une note correcte au bac, et ça importait peu à cette prof, j'étais dans la case des nases.. Et pour l'avoir entendu discuter avec sa collègue de nous, leurs élèves, j'ai vite compris que tous les efforts que je pourrai fournir étaient vains "heureusement qu'il y a plus de garçons dans les classes" disaient elles!
J'ai pu me rendre compte de l'énormité de la chose, un peu plus tard, pour une fois mon sport de prédilection le tennis de table, celui que je pratiquais en dehors, était au programme. J'ai sauté sur l'occasion, pleine d'enthousiasme. A ma grande déception, au lieu de faire jouer les élèves en fonction de leur niveau, on faisait jouer les filles contre les filles, les garçons contre les garçons... What?? Peu m'importait le sexe de mon adversaire, mais je me retrouvais à jouer avec, hasard de la vie uniquement, des filles qui n'en avaient jamais fait, très enrichissant! Pour attribuer une note, la prof avait décidé de faire des matchs, filles d'un côté, garçons de l'autre... Quand elle s'est rendu compte que j'avais battu toutes les filles, même celles qui se débrouillaient, elle trouvait ça curieux.. Comment était-ce possible que j'ai zéro défaite?! N'étais je pas nulle comme toutes les filles? Elle ne savait donc pas comment me noter... La voilà donc qui décide de me faire rencontrer le vainqueur des garçons, et quand elle s'est aperçu que je l'avais battu lui aussi, j'ai du me confronter à elle... Que j'ai battu aussi! Je n'ai eu droit à mon 20/20 qu'à ce moment là!
Je n'ai retiré aucune fierté d'avoir gagné tous ces matchs, curieusement je n'ai retenu que sa mise en doute de mes capacités à pouvoir être la gagnante!
Venant d'une femme c'est tout de même un comble?!
Et là à bien y réfléchir des choses comme ça, c'est à peu près tous les jours... Grrrrr!!

Merci pour ce concours!

7. Le 12/03/2012, 01:28 par ag.

J'ai été élevée de façon très traditionnelle - limite rigide XIXème siècle - bien que ma mère se soit glorifié à tout bout de champ d'être fé-mi-niste (haha je glousse). C'est vrai qu'elle travaillait, en tant que cadre, dans un milieu et à une époque où c'était encore peu courant.

Premier exemple de "traitement de faveur" : j'ai deux frères aînés ; pour l'un comme pour l'autre, à peine fêté leurs dix-huit ans, ils ont passé le permis de conduire ; ils avaient eu les leçons de conduite adéquates les mois précédents.

L'année de la terminale, quand j'ai vu approcher la date de mon anniversaire, j'ai attendu mon inscription à l'auto-école... Ben j'ai attendu longtemps... Tellement longtemps que deux ans plus tard, j'avais travaillé tout l'été pour, je me suis inscrite toute seule comme une grande et j'ai passé et eu le permis. Du premier coup. Alors que les frangins avaient ramé deux fois pour l'aîné, et cinq fois (!) pour le second...

Et ce n'est qu'un exemple, mineur mais pas tant que ça - j'étais triste et frustrée, je ne l'oublie pas... - des différences d'éducation qu'il y eut entre mes frères et moi.

Beaucoup plus sérieusement, mon frère aîné "n'accrochait pas" (euphémisme...) aux études. Il a repassé le bac trois années de suite, mais à une époque (oui c'est loin) où il y avait une session en septembre. Donc en gros il l'a passé 6 fois !!! avec à la clé cours particuliers, séjours en Angleterre et tout le toutim. La suite ne fut guère plus brillante, et il n'a décroché un déplôme que sur le coup de 27 ans, après avoir été poussé, tiré, soutenu de toutes les façons possibles par mes parents, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes évidemment.

Pour ma part, ma scolarité avait été un peu chaotique - excellente dans certaines matières, totalement absente dans d'autres, mais j'ai quand même décroché le bac dès la première année.

Ensuite, il était tout à fait entendu que je fasse des études. Sauf qu'il n'a pas été question que je me dirige vers ce que je souhaitais. Je me suis donc inscrite en fac tant bien que mal - sans aucun soutien ni accompagnement, déjà à l'époque, cela n'était pas facile. Et l'année de la licence, j'ai décroché.

Et c'est bien là que les choses auraient été différentes si j'avais été un garçon, j'en suis certaine. Je n'ai eu aucun soutien ni encouragement d'aucune sorte. On m'a dit que ce n'était pas grave, un peu ennuyeux certes, mais sans plus. J'ai trouvé un job dans les semaines qui ont suivi, et basta. Bien entendu, je me suis mariée dans l'année, et tout était pour le mieux... (elle est "casée", on va pouvoir souffler, elle nous en a fait voir !) Edifiant, non ?

8. Le 12/03/2012, 09:56 par Daria

Je n'ai pas beaucoup d'anecdote flagrante de l'enfance à ce sujet, je pense avoir plutôt eu de la chance de ne pas avoir ressentis de freins dans mes goûts parfois plutot masculins. Bon évidemment pour ce qui est de mon éducation, j'ai bien ressenti la différence entre moi et mes soeurs d'un coté et mes frères de l'autres, ne serait ce que concernant le fait que quand mes parents n'étaient pas la, c'était à moi ou ma grande soeur de faire la cuisine pour les autres quand bien même un frère plus agé était présent. Et mon père n'embêtait que mes frères à propos des travaux de jardinage, moi j'avais la paix de ce coté là ...
Bref pour en revenir à mon anecdote la plus marquante. J'étais une jeune adolescente de 13 ans disons, et mes relations avec mes frères et soeurs plus agés étaient plus que tendues, et un jour, j'ai eu le courage de pousser ma gueulante quand à leur attitude envers moi (3 contre 1, au bout d'un moment, c'est intolérable). Tout ce que j'ai pris en retour comme remarque, de la part de ma grande soeur qui plus est, c'est "qu'est ce qui se passe, t'as tes règles ou quoi ?", ce qui a évidemment fait beaucoup rire mes frangins. J'étais sidérée de réaliser que, sous prétexte que j'étais une fille, je n'avais pas le droit de m'énerver sans qu'on mette ça sur le compte de mes hormones, et qu'en plus la personne qui me dise ça soit elle-même une fille.

9. Le 12/03/2012, 10:24 par thaliane

J'ai passé mes années de petite enfance dans un tout petit village sans école maternelle. Du coup, je n'y suis entrée qu'en déménageant en banlieue parisienne en grande section à 4 ans et demi. J'avais vécu un peu en sauvageonne jusque là, pas mal en autarcie et dans une éducation peu genrée (parce que je suis l'aînée et parce que mes parents étaient très soixante-huitars plus père ayant fait psycho).
Et, donc, à 4 ans et demi, je débarque dans une cour d'école comme un chien dans un jeu de quilles, absolument pas au courant des us et coutumes du lieu et du groupe. Sonne la cloche, je vois les autres enfants se mettre en rang par deux. J'en déduis que je suis censée faire pareil et me met à côté d'un autre enfant, le plus proche de moi. Et là, le rang commence à bruisser, les enfants se retournent vers moi, me pointent du doigt, rigolent, l'enfant à côté de moi s'éloigne en me regardant avec horreur et les 2 du premier rang rit encore plus fort que les autres : "ououououh ! Elle s'est mise avec un garçon !!!!". Ce n'est qu'à ce moment-là que j'ai vu que tous les autres s'étaient regroupés par sexe, fille avec fille, garçon avec garçon, j'avais effectivement fait une paire mixte. Et c'est aussi ce jour-là que j'ai compris qu'il y avait 2 mondes : le monde des filles et le monde des garçons. Je crois que jusqu'à ce jour-là, pour moi, le monde n'était divisé qu'entre enfants et adultes, je ne pouvais pas avoir vu ce regroupement "spontané" par sexe parce que ça ne correspondait à rien mentalement pour moi. Et, à vrai dire, près de 40 ans plus tard, je n'ai toujours pas compris le sens de cette séparation.
Toute cette année-là, je suis restée "la fille qui ne savait pas qu'elle était une fille"... Et d'ailleurs, je continue à refuser de savoir ce que je suis censée être ou faire "en tant que femme", je suis une personne, unique, pas un sexe ni un genre.

10. Le 12/03/2012, 10:24 par Simone

Je m'en souviens encore très bien .... C'était pendant l'année scolaire 1953/1954, en classe de CE2. Nous avions un instituteur sadique ... surtout avec les filles. Son habitude : il tirait les joues des filles pour les inviter à venir réciter la leçon. Il est venu plusieurs fois me chercher à ma place, me tirait la joue pour que je me lève et m'accompagnait ainsi jusqu'au tableau. J'ai du réciter le verbe être , debout à côté de ma place, lui à côté de moi me pinçant les lèvres afin que aucun son ne puisse sortir de ma bouche.
Mais la situation la plus humiliante, si je puis dire, fut celle où un jour il s'est mis en tête de nous expliquer une règle de grammaire. Il est venu me chercher à ma place, ainsi que le garçon assis à mes côtés. Nous voilà face à la classe devant le tableau. L'instituteur se met derrière moi, me signifie de mettre les mains derrière mon dos , les attrape et les maintient avec force. Ensuite il demande à mon camarade garçon de me donner une gifle. Je crois qu'il a un peu hésité, puis s'est exécuté (heureusement pas fortement !). Bien sur quasiment ligotée je ne risquais pas de lui rendre la pareille. Ensuite il s'est tourné vers les élèves (me maintenant toujours) et a expliqué sa démonstration : le masculin qui l'emporte toujours sur le féminin. Je n'ai jamais digéré cette humiliation.
Voici peu de temps, j'ai lu sur un blog féministe, que , des féministes demandaient à ce qu'on modifie cette règle de grammaire. Je suis de tout coeur d'accord.

11. Le 12/03/2012, 10:24 par thaliane

J'ai passé mes années de petite enfance dans un tout petit village sans école maternelle. Du coup, je n'y suis entrée qu'en déménageant en banlieue parisienne en grande section à 4 ans et demi. J'avais vécu un peu en sauvageonne jusque là, pas mal en autarcie et dans une éducation peu genrée (parce que je suis l'aînée et parce que mes parents étaient très soixante-huitars plus père ayant fait psycho).
Et, donc, à 4 ans et demi, je débarque dans une cour d'école comme un chien dans un jeu de quilles, absolument pas au courant des us et coutumes du lieu et du groupe. Sonne la cloche, je vois les autres enfants se mettre en rang par deux. J'en déduis que je suis censée faire pareil et me met à côté d'un autre enfant, le plus proche de moi. Et là, le rang commence à bruisser, les enfants se retournent vers moi, me pointent du doigt, rigolent, l'enfant à côté de moi s'éloigne en me regardant avec horreur et les 2 du premier rang rit encore plus fort que les autres : "ououououh ! Elle s'est mise avec un garçon !!!!". Ce n'est qu'à ce moment-là que j'ai vu que tous les autres s'étaient regroupés par sexe, fille avec fille, garçon avec garçon, j'avais effectivement fait une paire mixte. Et c'est aussi ce jour-là que j'ai compris qu'il y avait 2 mondes : le monde des filles et le monde des garçons. Je crois que jusqu'à ce jour-là, pour moi, le monde n'était divisé qu'entre enfants et adultes, je ne pouvais pas avoir vu ce regroupement "spontané" par sexe parce que ça ne correspondait à rien mentalement pour moi. Et, à vrai dire, près de 40 ans plus tard, je n'ai toujours pas compris le sens de cette séparation.
Toute cette année-là, je suis restée "la fille qui ne savait pas qu'elle était une fille"... Et d'ailleurs, je continue à refuser de savoir ce que je suis censée être ou faire "en tant que femme", je suis une personne, unique, pas un sexe ni un genre.

12. Le 12/03/2012, 11:18 par Chofie

Après 2-3 ans de prépa scientifique, on se retrouve chez les parents d'une amie entre copains ex-taupins et maintenant tous casés dans diverses grandes écoles pour aller ensemble au bal de l'X (un vieux pari de prépa).

Les garçons mettent leur beau costume, les filles leur jolie robe de bal, les parents de mon amie et un invité à eux nous regardent amusés en train de nous pomponner.

Et puis l'invité en question part dans une tirade sur le fait que quand même, les filles réussissent moins bien les études scientifiques que les garçons, y'a rien à faire hein, d'ailleurs ça se voit bien dans les résultats au concours de l'X... Au moment de conclure il se tourne plein de sollicitude vers moi (qu'il ne connait ni d'Eve ni d'Adam):
"Et vous mademoiselle, pourquoi ça n'a pas marché Polytechnique ?"

"Ah ben moi ça a très bien marché, c'est juste que comme j'étais également reçue à l'ENS j'ai préféré démissionner de l'X pour aller plutôt à Ulm..."
(et comme j'étais une jeune fille polie, je n'ai pas ajouté "et je t'emmerde connard", pourtant le cœur y était).

Pour info, ce soir là sur les deux polytechnicien de notre petit groupe, il y avait une fille et un garçon...

13. Le 12/03/2012, 11:18 par Aurélie

Je me souviens qu'enfant, j'adorais les jeux de construction, du genre mecano ou lego. Je préférais même cela aux barbies, ou, à la limite, je faisais habiter mes barbies dans des maisons construites par mes soins (et qui n'étaient pas roses, bizarrement).
Or, je ne me rappelle pas avoir jamais possédé en propre un de ces jeux de construction. C'était toujours ceux de mon frère, que je lui empruntais.
Il ne serait venu à l'esprit de personne de m'en offrir, à moi. Mais je pense que le pire, c'est que je n'ai jamais pensé non plus à réclamer, puisque c'était "pour les garçons". Il était acceptable de jouer avec les jouets "de garçon" de mon frère, mais pas que ce soit les miens.

Dans l'ensemble, quand j'y repense, personne n'a cherché à me frustrer volontairement, puisque je n'ai pas exprimé cette envie. Mais quand j'entends encore aujourd'hui, dans la bouche de gens intelligents et jeunes (et pas sexistes, en tout cas pas dans le milieu professionnel !) "les jeux de construction, c'est plutôt pour les garçons", cela me renvoie toujours à ces souvenirs-là... Et je me dis que c'est ce genre de préjugé fermement ancré qui nous empêche d'avancer...

14. Le 12/03/2012, 11:59 par aalia

C'est incroyable, je fouille et je ne trouve rien dans ma mémoire.
Merci à mes parents de ne pas avoir genré mon éducation. Mes amis, mon entourage, jusqu'à la fin de mes études je n'ai rencontré que des gens qui ne faisaient pas de distinction, ni de généralité. J'ai vécu 23 ans pensant que les combats féministes étaient gagnés et derrière nous.
Je n'ai découvert le machisme qu'en commencant à travailler. C'est là que j'ai découvert que jusqu'à présent, je vivais dans une bulle. Et ça a été d'autant plus difficile que je n'étais pas rompue à l'exercice de la répartie anti-macho.

15. Le 12/03/2012, 14:29 par Clmnc

Je me reconnais personnellement dans deux anecdotes, celle de Simone (11, mais en moins pire) et celle de Thaliane (12) : ma stupéfaction à la découverte de la règle selon laquelle "le masculin l'emporte" (et plus particulièrement du cri viril de joie et de guerre poussé par les garçons de ma classe de CE1 à l'annonce de cette nouvelle) et aux moqueries de mes camardes de maternelle le jour où je me suis mis dans la file des garçons quand l'instit' avait simplement demandé de constituer deux files sans distinction particulière.

Issue d'une famille très traditionnelle, je pense avoir reçu une éducation très différente de mes frères à beaucoup de points de vue.
Mais le pire a été à l'adolescence où, contrairement à mes frères, ma famille (y compris élargie) a entrepris de se mêler de ma vie sexuelle de manière très intrusive : se sont alors abattus de manière complètement hors-sujet des leçons sur la contraception (qui pousse immanquablement à coucher avec n'importe qui, d'ailleurs toutes les femmes sous pilules sont des traînées), des remarques sur mon habillement (toujours trop court, toujours trop moulant, avec un très préoccupé "tu es jolie, il faut que tu fasses attention"), des questions complètement déplacées sur mes copains ("tu as des relations sexuelles avec lui ?" demandé de but en blanc alors que j'évoquais un bon ami au cours d'un repas de Noël) et autres articles tirés de journaux catholiques fondamentalistes posés régulièrement sur mon bureau et répondant aux titres bucoliques tels que "à partir de quel âge une jeune fille peut-elle faire l'amour ?" et autres "ma fille a un petit ami, que dois-je faire ?".
Bouquet final : le jour où, à 23 ans, j'ai déclenché le papillomavirus, virus qui peut ne se contracter que lorsqu'on est sexuellement active. Une tante, infirmière de son état, m'a ainsi expliqué le plus naturellement du monde que c'était de ma faute et que les femmes, de par leur fragilité physique, se devaient de pratiquer l'abstinence afin d'éviter de s'attirer des problèmes gynécologiques... (au passage, toujours réconfortant lorsqu'on vient d'apprendre qu'on avait des cellules pré-cancereuses)

Aujourd'hui, j'ai vingt-six ans et j'évoque ma vie amoureuse au strict minimum en famille. Mais si mes parents se sont calmés sur leur peur de ma sexualité, depuis qu'ils savent que j'ai un petit ami depuis plusieurs années, je ne semble exister qu'à travers lui : "tu es allée au cinéma? Qu'est-ce que M. a pensé du film ?" ou "comment va le travail de M. ?" (par contre le mien apparemment on s'en fout) et autres "si vous voulez, on prête la voiture à M. pour vos vacances" (moi aussi j'ai le permis !!!).

Pour moi, faire accepter que je suis davantage que "soeur de", "fille de" et maintenant "femme de" (avant, sans doute "mère de") est donc un problème depuis longtemps....

Merci pour ton blog que je suis depuis un moment, et peut-être à bientôt au prochain MDB !

16. Le 12/03/2012, 14:58 par Pouz

J'ai eu beaucoup de chance de ne pas avoir subi de discrimination dans ma famille tres proche.
C'est mon grand pere qui est à l'origine de la quasi totalité des situations pénibles que j'ai connues.

Je ne m'en suis pas tellement rendue compte toute jeune, mais un plus plus tard.

Vers l'age de 16 ans, ma cousine (du meme age) et moi avions decidé de sortir trainer tranquillement sur la plage, dans la soirée, pendant les vacances d'été. Nos meres ont debarqué quelques dixaines de minutes apres notre arrivée, toutes paniquées, en nous demandant de rentrer, parce qu'on était trop jeunes pour trainer sur la plage (durant l'année, dans ma ville natale, je pouvais sans problemes sortir seule le week end).
Mon grand pere leur avait monté la tete en les faisant psychoter!!
En effet, le lendemain, pour illustrer son propos, notre grand pere nous a lu une breve dans le journal sur une jeune fille qui s'était fait violer la nuit precedante en ajoutant: "Ben voila, à sortir toute seule, elle l'a cherché"...

Bon, à part ca, ses attitudes restent plus mesurées, mais, encore maintenant, son attitude est tres differente vis à vis des hommes et des femmes...
A table, il ne sert de vin que les hommes, puis repose la bouteille (c'est à nous de servir apres, entre nous)

Il est tres gentil, mais je me méfie toujours et, à 90 ans, je ne sais pas trop comment le faire evoluer...

17. Le 12/03/2012, 15:15 par Elizabeth

J'ai beau chercher, je ne vois pas tellement de différence d'éducation entre mes frères et moi (je suis l'ainée), et en terme de réussite scolaire puis professionnel, ce qui a plus perturbé mes parents, c'était le fait que je sois la seule littéraire d'une famille de scientifique (comment orienter correctement son enfant dans un univers qu'on ne connait guère ? surtout quand ladite enfant ne sait pas ce qu'elle veut faire ?). Ma mère a toujours insisté pour qu'on réussisse notre vie professionnelle, afin de ne surtout pas dépendre de son conjoint (plus facile à dire qu'à faire).
Le seul souvenir que j'ai est assez proche de celui de Thaliane : en rentrant en 6ème, après une école primaire dans une école de fille (difficile à vivre pour le "garçon manqué" que j'étais !), je propose aux garçons de jouer au foot. Et là, toutes les filles se sont moquées de moi parce qu'on joue pas avec les garçons... Belle douche froide !

18. Le 12/03/2012, 15:19 par Ga

Bonjour Olympe !

Enfant, à 5 ans, j'avais l'habitude d'apporter mon goûter à l'école, comme tous les autres enfants : j'apportais une banane. Et ne comprenait pourquoi les institutrices (il n'y avait que des femmes) se moquaient systématiquement de moi, quand je mangeais ma banane.
25 ans plus tard, j'ai peur de comprendre l'objet de leur moquerie... Et j'ai la certitude qu'elles ne se seraient pas moquées d'un petit garçon en train de manger une banane.
C'est bête, non ?
Hé bien j'ai fini par changer de goûter, pour éviter leurs moqueries systématiques. Pfff !

19. Le 12/03/2012, 16:56 par olympe

merci pour ces témoignages. la réalité est quelquefois pire que la fiction ! la tache du jury ne va pas être facile

20. Le 12/03/2012, 20:43 par Morgause

Oh j'aimerais beaucoup avec ton livre, je cherche désespérément des livres féministes ds ma ville mais je pense me résigner à les acheter sur le net.

Mon plus gros souvenir sexiste :

J'avais 12 ans et j'étais en vacances dans le sud de la France avec ma famille et des amis de mes parents avec leurs enfants. J'étais habillée en short et débardeur et j'ai dû lever les bras à un moment pour m'étirer, quand un mec de peut-être 15 ans à l'époque m'a jeté un regard dégoûté et m'a lancé que je devrais me raser les aisselles. Je suis devenue rouge de honte des 3 poils qui se promenaient sous mes bras et j'ai de suite demandé à ma mère de me les enlever... Voilà, je regrette amèrement de ne pas être plus forte afin de ne pas me plier à ce diktat stupide sommant les femmes d'être lisses. Si j'avais été un garçon, je n'aurais pas eu ce genre de remarques, et au contraire on m'aurait peut-être même félicité(e) de "devenir un homme" avec des poils.

21. Le 12/03/2012, 23:37 par Placardobalais

Pour le plaisir de partager cette anecdote (je crois qu'il est trop tard ?)…

Quand j'étais enfant, durant tout mon primaire, j'étais "garçon manqué" : j'aimais la boue, les activités extérieures et crier. J'écrivais "comme un cochon". Un jour, en CM1, mon instit à qui je montrais je ne sais plus quel dessin me gronde : "Tu ne sais vraiment pas colorier sans déborder ? Pourtant tu es une fille ! Je te donne une nouvelle feuille et tu essaies encore."
Puisque j'étais une fille je me devais de savoir bien colorier. Suite à ça, pour entrer dans le rang et surtout pour ne plus jamais essuyer de telles remarques, je me suis "lissée" : en un été, j'ai appris à bien écrire, à bien colorier, à lire plus vite, à désaimer la boue.
Je pense encore qu'au lieu de m'engueuler de ne pas savoir colorier "parce uqe j'étais une fille" on aurait pu me féliciter de mes excellents résultats partout ailleurs. Merde quoi.

22. Le 12/03/2012, 23:42 par Rebecca

C'est vrai que des histoires de ce genre, j'ai presque envie de dire qu'il y en a tellement qu'il est difficile de sélectionner... Que ça vienne de la famille, des professeurs ou des autres élèves, lorsqu'on est enfant, ou alors tout jeune adolescent, il y a parfois des choses compliquées...

J'ai souvenir, lorsque j'avais 12 ans (j'étais en 5ème) d'avoir empêché des garçons de ma classe de tripoter l'une de mes camarades qui avait des formes assez pulpeuses.
Lorsque l'un deux à tendu la main pour lui toucher les fesses, je n'y suis pas allée par quatre chemin et j'ai viré sa main aussi fort que j'ai pu.
Surpris, la première chose qu'il a faite, c'est me retourner une gifle avant que j'ai le temps de réagir, puis ses camarades m'ont jetée par terre avant de me rouer de coups de pied.
J'ai eu droit à tout ce jour là : j'ai pris des coups incroyables de la part de trois garçons plus âgés que moi (14 ans pour deux d'entre eux, et 15 ans pour le dernier), plus grands que moi (quand on mesure 1m30, ça n'est pas bien difficile), et ils m'ont agoni d'injures plus infâmes les unes que les autres :
"Tu n'es pas une vraie fille, tu es bien trop moche pour ça"
"Les filles n'ont pas le droit d'aller contre les envies des garçons"
"Prends ça, ça t'appendra à ouvrir ta gueule. Tu devrais la fermer et retourner faire la cuisine, c'est là où est ta place"
"De toutes façons, on pourrait tout aussi bien te tuer maintenant, vu que tu vas mourir seule, moche, sans mari, sans enfant..."
La plupart de ces phrases rassemblent des clichés suffisamment énormes pour que je ne m'amuse pas à les décortiquer.
Le pire dans cette histoire, c'est la chute : quand je suis rentrée chez moi avec une dent en moins (l'une de mes dernières dents de lait, chance dans mon malheur !), des bleus partout et l'arcade éclatée, c'est que ma mère, mes professeurs, et la copine que j'ai défendue m'ont expliqué avec toute la bienveillance du monde que je l'avais bien cherché, et qu'une fille ne doit pas avoir ce genre de gestes...

Depuis, je fais du karaté, et ça va faire 10 ans maintenant. Le premier ou la première qui s'amuse à lever la main sur moi ou l'un de mes proches le paie cher, peu importe ma taille ou mon sexe.

23. Le 13/03/2012, 10:56 par Julie

Bonjour Olympe,

Merci beaucoup pour ton blog très intéressant.

Pour moi aussi, les anecdotes sont légions, on ne sait que choisir !

Je pourrais parler de mon grand-père, qui m’a blessée en refusant que je joue au tarot à Noël, parce qu’il « ne voulait pas de femme à sa table ». Ou bien de mes poils, que j’ai toujours rechigné à éliminer, mais qui m’ont causé pas mal de tort à l’adolescence.
Ou encore des vendanges à 18 ans, et du refus du vigneron chez qui je travaillais de m’envoyer réceptionner le raisin à la cuverie (alors que les garçons y allaient chacun leur tour) au motif que « les filles, ça fait tourner le vin » (je m’intéressais alors beaucoup à la viticulture, et aurait bien voulu en faire mon métier, mais des remarques de cet acabit m’ont un peu refroidie).
Mais je pense que finalement, le souvenir qui me revient avec le plus de force est le premier. Je devais avoir 5 ans, j’étais à l’école maternelle et je discutais avec ma meilleure amie sur le fait d’être une fille. Elle me disait, « moi j’aime bien être une fille parce qu’on peut porter des robes ». J’étais restée silencieuse un moment, je me rappelle bien avoir réfléchi à la question : « moi j’aime être une fille parce que… », parce que rien, en fait. Tout ce que j’aime faire, sauter dans les flaques, courir dans les chemins, monter de grands projets, emmener les autres en criant « en avant les gars ! » (ce qui faisait bien rire mon institutrice, mais je ne connaissais pas de féminin pour « gars »), tout ça n’était guère associé à l’image que même moi avait d’une petite fille. On me qualifiait plutôt de garçon manqué.
Après 30 ans de réflexion, j’ai trouvé de bonnes raisons d’aimer être une femme (ce qui ne s’est pas fait sans mal), mais je ne démordrai pas que non, vraiment, on peut très bien faire tout cela sans être un garçon manqué, mais au contraire une fille réussie !

24. Le 13/03/2012, 14:34 par LaVencoise

J'ai grandi aux Antilles où même si ce sont des départements d'Outre-Mer l'enseignement peut partiellement diverger.
Du haut de ma trentaine j'ai connu les réprimandes aux enfants à coups de ceintures par les instit'... et une division de la classe par sexe pour certaines matières; je me souviens de ma frustration lorsque mon genre féminin m'a inscrite d'office dans le cours de couture et non de mécanique avec les garçons! Je ne sais toujours pas coudre un bouton...

25. Le 14/03/2012, 06:42 par Elisa

Bonjour Olympe,

j'adore ton blog et j'ai lu ton livre avec beaucoup d'intérêt même si il est malheureusment le reflet da la réalité.
Mes souvenirs sexistes d'enfants et d'ado, il y en a pas mal. J'ai eu la chance de ne pas avoir de frère car je viens d'une famille catho tradi.
Comme tout le monde à l'école je n'ai appris que l'histoire des hommes pas l'histoire des femmes mais l'histoire des hommes était présentée comme universelle. En littérature je n'ai étudié que et exclusivment des livres écrits par des hommes du primaire jusqu'aux classes préparatoires ( je n'a pas eu droit aux 2 ou 3 femmes du programme, George Sand ou la princesse de Clèves). Cette vision du monde qui m'était présentée m'a conduit à m'identifier aux seuls êtres humains dont on me parlait puisque je n'avais pas compris qu'on ne s'adressait pas à moi, donc je me suis pensée avec un destin d'homme, j'ai été très déçue à l'age adulte on m'a bien signifié que j'étais une femme et que le gateau était pour les hommes. Je m'en suis rendu compte en relisant à 30 ans un bouquin que j'avais adoré à 17, il s'agit de Flamand des vagues. Dans ce livre qui raconte l'enfance, l'age adulte et l'age mur d'un homme, les femmes sont totalement exclues ( sa mère est morte, il est élévé par son père et par un vieux marin, il se marie donc l'auteur ne peut éliminer cette femme, il a des enfants ses filles ne sont nommées et meurent tout de suite, il ne raconte que l'histoire des fils), je ne m'en était pas rendu compte à la première lecture j'ai donc bien été endoctrinée. Sinon dans mon enfance j'ai eu droit aux légions de remarques sexistes de mon grand père maternel particulièrement. A chaque fois qu'une femme dans le monde accédait à un poste de dirigeant ce n'était grâce à elle, c'étaient des hommes en réalité qui dirigeaient. Mon grand père qui a eu 7 enfants, 3 filles et 4 garçons parlaient de ses 4 enfants. Lorsque j'ai eu mon diplome d'ingénieur que mon grand père n'a pas ( il n'a pas dépassé le bac alors qu'il était d'une famille et d'un milieu où l'on faisait des études enfin surtout les garçons il né avant la guerre de 14, tous ses beaux frères ont bac +5) alors que je ne lui demandé rien il est venu me dire que j'avais eu de la chance! Je ne crois pas que math sup et spe puis les concours aux grandes écoles soient une affaire de chance. pour bien enfoncer le clou plus tard lorsque j'ai eu mon premier job il a trouvé anormal que j'ai un statut cadre un bonheur cet homme.
Puis dans le monde du travail je me prend le sexisme de plein fouet et le plafond de béton armé, je ne crois pas qu'il soit de verre.

26. Le 15/03/2012, 16:19 par mimi

on a plus de liberté lorsque l'on est un garçon

27. Le 15/03/2012, 22:41 par Emilie P

Mon souvenir le plus flagrant, les week ends chez les grand parents.
j'ai appris la cuisine avec ma grand mère en toute complicité, pendant que mon frère jardiner ...
Arriver à l'heure du repas, je mettais le couvert, et lui aller chercher les chaises supplémentaires dans la chambre d'ami ...
Le vrai cliché.
Mais bon, on leur pardonne, les temps changent..

28. Le 15/03/2012, 22:50 par patou333

Quant j'étais enfant mes parents m'ont interdit de sortir après 18 heures car j'étais une fille alors que mon frère a toujours la permission de sortir quant je leur disais que ce n'était pas juste ils me répondaient que je risquais revenir enceinte et pas lui j'ai toujours trouvé cela injuste et ce souvenir m'a beaucoup marqué.

29. Le 16/03/2012, 10:43 par Shane

Je vais raconter un souvenir de mon ami, puisque cela manque de témoignages d'hommes qui n'ont pu faire ce qu'ils voulaient à cause de leur sexe. Enfant, il est parti en vacances avec des amis de ses parents. Un jour pluvieux, la femme, couturière, lui montre comment broder. Il est très content et cela lui plaît beaucoup. Le lendemain, tout fier, il montre ce qu'il a fait à ses petits copains. Qui se foutent de sa gueule et lui disent que c'est un truc de fille...

30. Le 16/03/2012, 10:59 par bihannic

je participe sans anecdotes particulières a raconter bonne chance a tous

31. Le 16/03/2012, 14:08 par la.marie

pour moi c est plus a l adolescence, entre 16 et 18ans, je n avais pas droit de sortir le soir (même pas tard) alors que mes frères au même age oui :/

32. Le 16/03/2012, 14:22 par audrey00

c'était une époque où les filles devaiet jouer à la poupée et les garçons aux voitures. Moi petite fille je rêvais d'un circuit de voitures que me ramènerait le Père Noël mais malheureusement les conventions en étaient autrement, il fallait des pourpées, une table à repasser ou un aspirateur pour les filles alors que mon frère et mes cousins eux ont eu le cadeau tant rêvé. Malheureusement je n'éatais pas doté du m^me appareillage qu'eux. Je fus malheureuse et exclu de leur jeu de "garçons".

33. Le 16/03/2012, 15:22 par revelle

bonjour

et bien voilà mon souvenir. Vers l'age de 15 ans (j'en ai aujourd'hui 38), j'ai dit à mes parents et à ma famille mon intention de devenir Marin dans la marine nationale. J'ai eu le droit à toutes les reflexions : franchement n'importe quoi tu vas être la seule fille, que va t-on penser de toi...ou bien "on savait bien que tu étais un garçon manqué mais à ce point là"; ou bien encore "de toutes façons les filles n'embarquent pas sur les bateaux, c'est réservé aux hommes (ils se trompaient bien)
bref, j'ai gardé cette idée dans un coin de ma tête, et l'année du bac, à 17 ans j'ai décidé de passer le concours pour devenir officier marinier avec spécialisation transmission. Je passe les premières selections, vais à Paris pour la deuxième phase.
Pour les résultats, je suis convoquée et on me dit que mes notes en phyisique et maths n'étaient pas assez bonne pour faire cette spécialité mais qu'en revanche je pouvais acceder à des métiers dans le secretariat ou bien infirmier. Ma réaction : déçue, désappointée et au final j'ai refusé que l'on me cantonne à un métier de femmes.
aujourd'hui encore je m'en mords les doigts car j'aurais pu passer des concours en interne et évoluer

34. Le 16/03/2012, 17:49 par Nathalie

Pendant mes études, j'ai été caissière les samedis dans un grand centre commercial Leclerc. Comme moi, 2 étudiants du sexe opposé venaient tous les samedis pour se faire un peu d'argent de poche. Un jour, un client s'énerve à ma caisse parce que je n'ai pas vu un bon de réduction d'1 cm² sur son shampoing. Vu qu'il insistait lourdement, mon collègue s'est retourné et a demandé quel était le problème. Le client a dit qu'il allait se plaindre à l'accueil. Conclusion : Si j'avais été un mec, ce client n'aurais jamais osé m’engueuler.

35. Le 16/03/2012, 19:56 par Elisa

A la lecture des témoignages il me revient d'autres souvenirs. Lorsque j'ai passé les concours aux grandes écoles au siècle dernier il y a très longtemps ( en 1990) je n'avais pas le droit de passer le concours de l'école navale et celui de l'école de l'air avec restriction ( pas pilote) parceque j'avais des ovaires un utérus et des seins et non des testicules, un pénis et une prostate. Je sais que peu de temps après cette iniquité crasse a été corrigée. J'ai dû faire partie des dernières étudiantes à ne pouvoir se présenter à ces concours.

36. Le 17/03/2012, 00:01 par Duchesse

Comme d'autres ici, j'ai été élevée de manière assez unisexe, coupe au bol, salopette, baskets, poussée dans mes études, j'avais des légos des playmobils chevaliers etc...
Quelle surprise lors d'un de mes stages d'école supérieure en agriculture, de découvrir que j'étais reléguée au nourrissage des veaux, de la basse-cour, à la traite et... à la vaisselle ! Contrairement à mes collègues masculins qui pouvaient, eux, expérimenter les tâches "nobles" : travailler la terre, examiner les animaux malades, réfléchir sur l'assolement, récolter...
Heureusement j'ai fini par prévenir le responsable des stages qui m'a assez vite trouvé une autre ferme. Une histoire qui se finit bien pour une fois...

Dans cette éducation unisexe, assez paradoxalement j'ai trouvé qu'être entre filles (établissements non mixtes de la 4° à la 1°) m'a permis d'être plus "moi-même" qu'en situation mixte, à savoir développer mes talents scientifiques et ne pas prêter énormément d'attention à ma mise... Ce que je constate aussi chez mes filles, qui entre elles se donnent le droit de jouer à tout, et se cantonnent dans des rôles très stéréotypés en présence des garçons.

37. Le 17/03/2012, 00:14 par angelique

je participe avec joie

38. Le 17/03/2012, 00:14 par stephane

bonsoir,
enfant, j'ai eu un traumatisme crânien, avec perte de mémoire, alors j'ai tout oublié ^^
et si j'avais été de l'autre sexe, ça aurait été différent, on m'aurait couru après :-(
heureusement je suis un garçon, j'étais le coureur

39. Le 17/03/2012, 14:13 par Adrak

Je suis la seule fille de mon âge dans ma famille : je n'ai que des frères ou des cousins.

Petits, chez nos grands-parents, nous jouions à l'armée. Les grades étaient attribués en fonction de l'âge : l'aîné était Général, le second Colonel, etc.

Et moi ? Officiellement j'étais Lieutenant-Colonel (3e), mais j'ai rapidement su que dans mon dos ils m'attribuaient le "grade" de femme de ménage en ricanant !

Première expérience de discrimination, avec une dose de lâcheté pour faire passer la pilule...

40. Le 18/03/2012, 15:20 par choutine

bonjour je laisse ma place parce que ma vie était tellment plate que j'ai rien à dire
bonne chance à tous
bises

41. Le 18/03/2012, 23:05 par yoko26

Je pense que mes parents sont plutôt juste au niveau de l’équité homme/femme. Mais à l'Université, dans une formation de gestion, les filles étaient prévenues dès les premiers jours qu'elles réussiraient moins à cause de leurs futurs enfants !

42. Le 18/03/2012, 23:40 par gwendoline

Mon grand père était garagiste. J'adorait passer mes journées de vacances au garage ou j'oscillais entre la machine à visionner les micro fiches de pièce détachées et dans l'atelier où il m'expliquait la mécanique automobile. Quand les clients me voyait sortir de sous les voitures avec lui, ils disaient :"votre petit fils est venu pour les vacances"... Alors mon grand père, très fier, répondait : "c'est ma petite fille". Souvent venait alors "ben c'est un vrai garçon manqué"...

43. Le 20/03/2012, 15:54 par Cecile

Bon je sais que j'arrive après la bataille mais je tenais à abonder dans le sens du témoignage de Duchesse sur l'école non mixte.

Je suis l'ainée de 2 frères et j'ai autant joué avec mes poupées qu'avec leurs légo et playmobils
j'ai toujours eu le droit de sortir même tard (et j'habitais paris !)
J'ai fait mon collège et mon lycée dans une école non mixte et par comparaison avec mes copine en lycée mixte : le fait d'être entre fille, on était beaucoup plus libre d'exprimer nos talents. Dans mon école, y'avait les filles qui jouaient au foot et celles qui se maquillaient et puis celle maquillées qui jouaient au foot !! (bon, je caricature :)

Et après j'ai débarqué en prépa scientifique : 40 garçon, 7 filles dans la classe...et ben pas de problème, je me suis pas sentie différente ou regardée différemment : de toute façon en prépa tout le monde se fout de qui tu es l'important c'est tes résultats !
Je suis pas devenue ingénieur mais j'ai fait une école de commerce (rééquilibrage du quota filles/garçons !!) et je suis aujourd'hui cadre dans l'informatique avec 2 enfants et je compte bien continuer à évoluer ! (je n'ai que 32 ans !!)

Je pense pas que l'éducation unisexe soit la solution, je suis pour la différenciation fille/garçons mais je suis contre le clivage et le jugement de valeur fort/faible chacun ses capacités, ses atouts, ses faiblesses et chacun ses moyens de réussir à aller là où il veut. j'essaie d'inculquer ça à mes filles dès la petite enfance.