C’est le titre d’un article du Hors série d’Alternatives économiques «Générations ».  Bruno Palier.

Je suis contente  de constater qu’avec sa légitimité de chercheur au CNRS, ce spécialiste reconnu des systèmes de protection sociale développe l’une des idées sur laquelle je reviens fréquemment ici.

Les  systèmes européens ont été conçus après guerre dans un monde où la norme était une famille constituée d’un homme qui travaille et d’une femme au foyer qui s’occupe des enfants (remarquez qu'il ne dit pas qu’elle travaille).

Depuis, ce modèle a été profondément modifié, entre autres par l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail, le passage d’une économie industrielle à une économie de service, l’allongement de la durée de vie  etc.  La pauvreté s’est déplacée et aujourd’hui ce sont les 18/24 ans qui sont les plus pauvres  et les femmes seules avec enfants. Or l’Etat n’a guère pris en compte ces évolutions.

D’un point de vue professionnel l’arrivée des enfants ne change quasiment rien pour les hommes, alors que les femmes essayent de se rendre plus disponibles. Et les employeurs font payer la pénalité aux femmes (y compris d’ailleurs à celles qui n’ont pas d’enfants)

Principale solution, et c’est bien celle pour laquelle je plaide, inciter les hommes à s’investir auprés des enfants pour qu’il n’y ait plus de pénalité spécifique pour les femmes. Et  développer aussi les services de prise en charge des enfants.

Autre point qui mérite d’être souligné et dont on parle assez peu, les femmes ne font pas que prendre en charge les enfants elles s’occupent aussi des personnes dépendantes, leurs parents et ceux de leur conjoint. Là encore la prise en charge collective est loin d’être à la hauteur des besoins.

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