L'énigme du chirurgien

Des jeunes femmes de Egaligone ont posé cette égnime, que vous connaissez peut être, à des passants

- un père et son fils ont un accident de voiture. Le père décède. Le chirurgien qui doit opérer le fils s'exclame "je ne peux pas le faire, c'est mon fils". Comment est ce possible -

Facile direz vous. Mais pour nombre de gens la bonne réponse ne saute pas aux yeux.

Une joile démonstration de la façon dont les mots modèlent notre pensée.

Commentaires

1. Le 15/03/2013, 22:02 par Karrijini

je ne comprenais pas, j'ai vu le titre de la vidéo et je me suis dit instantannément "mais c'est stupide, on dit une chirurgienne" ... et puis je me suis rappelée que des français s'étaient moqués de moi quand j'avais dit qu'en Suisse on écrivait une auteure avec un e... On a beau parler la même langue, on en use pas de la même façon :-) Joli réflexion sur le sujet je trouve.

2. Le 16/03/2013, 00:00 par Schmorgluck

Aux réserves exprimées par Karrijini près, je trouve qu'elle est plus percutante en anglais, où la question du genre du mot "surgeon" ne se pose pas. Intéressant néanmoins.

3. Le 16/03/2013, 12:31 par laetitia

Bah, je ne trouve pas ça "facile", je trouve ça très percutant au contraire. Beaucoup de personnes s'accrochent à la langue française pour dire que la féminisation des noms de métiers est une hérésie, ou un combat d'arrière-garde, sans importance, que c'est ridicule, moche, etc ... Ce petit film démontre de façon très simple à quel point cela modèle nos représentations et rend les femmes invisibles.

4. Le 16/03/2013, 12:31 par laetitia

Bah, je ne trouve pas ça "facile", je trouve ça très percutant au contraire. Beaucoup de personnes s'accrochent à la langue française pour dire que la féminisation des noms de métiers est une hérésie, ou un combat d'arrière-garde, sans importance, que c'est ridicule, moche, etc ... Ce petit film démontre de façon très simple à quel point cela modèle nos représentations et rend les femmes invisibles.

5. Le 17/03/2013, 08:44 par Simone

Très intéressant et ça en dit plus long que beaucoup de discours. J'avoue m'être plantée, j'ai pensé instantanément à une famille homoparentale. En ces temps de mariage pour tous.... on finit par être conditionnés sur le sujet.

6. Le 17/03/2013, 09:56 par Stéphanie

"On fini par être conditionnés par le sujet"... Sans doute aussi. Mais ce qui est intéressant, c'est qu'il semble plus facile pour beaucoup de remodeler l'histoire, quitte à remettre en cause l'hétéronormativité (qui est pourtant une norme extrêmement puissante), que d'imaginer une femme-chirurgien.
Je trouve cela particulièrement triste quand on met ce constat en lien avec les études qui montrent que les filles excellent actuellement à l'école et dans les études, mais qu'elles s'orientent massivement vers un ensemble restreint de filières, financièrement moins bien valorisées (soins et services aux autres, communication essentiellement, donc des rôles dévolues "naturellement" aux personnes de sexe féminin). Pour que les enfants puissent réellement pouvoir s'imaginer exercer tous les métiers possibles, il est absolument nécessaire de dire les métiers au masculin et au féminin. Quitte à employer des mots qui sonnent barbares à nos oreilles, comme "plombière" ou "puériculteur" (que le programme de correction ici me souligne en rouge, parce que "ça n'existe pas").

7. Le 18/03/2013, 12:12 par Mirela

Cela m'a fait beaucoup rire et c'est très éloquent ! A noter, en Néerlandais, on utilise "Elles" pour parler d'un groupe mixte.

8. Le 19/03/2013, 07:08 par Javi

Pareil que 5. A ma décharge, je dis une chirurgienne, le mot une fois féminisé n'ayant pas le coté assez laid de "auteur/auteuse/auteure" qui, à mon avis -mais je suis sûrement optimiste- bloque plus son adoption qu'une volonté sous-jacente de ne pas utiliser de nom féminisé.

PS: je doute qu'un ou une chir refuse d'opérer son propre enfant dans un cas de vie ou de mort.