Je suis un peu hors sujet (je veux dire par rapport au féminisme) mais en tant que mère je m'interroge sur la façon dont notre société envisage désormais l'éducation des enfants.

La semaine dernière un enseignant a été condamné pour avoir menacé un enfant qui exhibait son zizi dans l'école "je coupe tout ce qui dépasse lui avait-il dit ". Le Tribunal a reconnu que l'enfant en aurait été traumatisé. Ok, ce n'était peut être pas ce qu'il y avait de plus malin à dire mais que faire dans ce cas là ? Laisser l'enfant poursuivre un comportement qui n'est pas socialement acceptable dans notre culture et qui dérangeait ses camarades qui ont eux aussi le droit d'être respectés? Le lui interdire fermement mais poliment, en sachant qu'il est strictement interdit pour un enseignant d'user d'un quelconque usage de la force ? Bien sûr, mais si l'enfant n'obtempère pas ?

Pas facile. Quels moyens restent-ils aux enseignants pour asseoir leur autorité ?

Donc d'un côté on surprotège les enfants de peur de les traumatiser, mais au risque de les laisser vivre entre eux dans la loi du plus fort.

D'un autre côté on s'en méfie, on cherche à créer des structures pour contraindre ceux qui auront passé les bornes , dès 13 ans ils sont passibles de graves sanctions, et désormais dès 6 ans ils peuvent être arrêtés par une armada de policiers et à 10 ans passer plus de 2H au poste pour être soupçonné d'un vol de bicyclette . C'est pas traumatisant ça ?

D'un côté l'Etat limite les moyens d'actions des enseignants qui doivent craindre de plus en plus de se retrouver devant un tribunal pour tout accès d'autorité, de l'autre il s'arroge pour lui tous les droits et propose désormais une police des écoles pour faire régner sa loi, sans prendre aucune des précautions qu'il a imposé aux autres.

Particulièrement inquiétant. Une société qui perd ses moyens d'autorégulation pour ne conserver que la régulation par la contrainte se dirige vers une forme de totalitarisme.

A moins qu'on ne nous assure prochainement que les policiers de Floirac ont fait preuve d'excès de zèle, comme ceux de Marseille dernièrement.

En réalité, ils n'ont rien fait d'autres que répondre aux vœux du Préfet (cliquer sur le second lien : Préfecture de la Gironde) qui regrettait en 2008 (je n'ai pas trouvé les voeux de 2009) que si "toutes les catégories d’infractions sont à la baisse, parfois fortement . Seuls les vols de deux roues stagnent (2.003 vols en 2007 contre 2.006 en 2006)." et se félicitait par ailleurs de constater que "les gardes à vue augmentent de 6,5% et doublent depuis 2001."