L'autre soir Juan m'a fait passer un lien sur twitter indiquant qu'un groupe de travail composé de 22 parlementaires allait plancher sur la réforme de la fiscalité du patrimoine. Juan a remarqué qu'il n'y avait qu'une seule femme (je crois que j'ai contaminé une bonne partie de la blogosphère avec ma manie de décompter toujours le nombre de femmes). J'en ai d'ailleurs fait l'épididyme du mois
Autheuil (Autheuil blogueur brillent) qui passait par là a ainsi commenté le tweet de Juan :"Petit bout de la lorgnette"

Le lendemain soir (sur twitter on peut reprendre à tout moment une conversation commencée la veille) nous avons réagi et Autheuil nous  a répondu : "je doit être vieux jeu mais je persiste a croire que la politique doit avant tout chercher a être efficace"  

Evelafée (qui ne semble pas être une blogueuse) a alors pris la conversation en cours "c'est ce genre de reflexion qui a conduit à la création de mouvements uniquement féministe il y avait toujours un moment où les luttes des femmes devaient céder la place à la grande cause commune"

Autheuil a surenchérit :"la politique a pour rôle de gérer la société, pas s'accomplir les rêves idéologiques de certains" puis ""luttes" c'est un luxe qu'on peut se payer quand tout va bien" " tu peux te permettre de rêver quand le présent est bien géré. Mais attention a ne pas casser le présent pour des rêves "

et pour finir même Maitre Eolas, que je ne savais pas intéressé par le féminisme, s'en est mêlé :"La critique féministe présente un intérêt certain même si on n'adhère pas au combat. Elle appuie où ça fait mal".

Autheuil : "tout analyser par ce biais, pour moi c'est non. Ça ne veut pas dire que ce soit pas parfois pertinent, mais pas de systématique"

et sauf si j'ai raté quelque chose la conversation s'est arrétée là .

C'est une anectode sans importance, mais elle est significative de la difficulté des femmes à se faire entendre, parcequ'on finit toujours pas nous objecter que le plus important est d'être efficace et qu'on fait perdre du temps à ces messieurs avec ce qu'ils n'hésitent pas à traiter de futilités ou d'utopie. J'ai du mal à croire qu'Autheuil ne sache pas que la forme détermine le fond et qu'en ne se préoccupant pas de la composition des instances de pouvoir on se prive de la vision de la moitié de la population. 

Il va me rétorquer que la plupart des femmes ne s'intéressent pas à la politique .D'ailleurs aujourd'hui encore, à l'occasion de cette tempête blogosphérique que constitue l'invitation à l'Elysée de représentants du net uniquement masculins, on a pu lire ici ou là beaucoup de commentaires méprisants à propos des blogs féminins qui ne parlent que chiffons, cuisine ou bébés et jamais de choses importantes. 

Hormis le fait que ce n'est pas l'exacte vérité, je trouverais intéressant que les femmes arrêtent durant quelques jours de s'occuper de la cuisine et des bébés et de toutes ces petites activité jugées sans importance .  Il me semble que ça permettrait de remettre en place les priorités et de se demander qui regarde par le petit bout de la lorgnette et où se situe l'efficacité.

Claudine Monteil dans "Mémoires d'une jeune fille rebelle" raconte comment en 1968 elle a rejoint des groupes de femmes et comment l'un de ses amis s'en est indigné "Qu'est ce que tu fais là dedans ? Ces féministes sont des hystériques. Elles ne sont pas intéressées par la révolution ; tu sais pourtant très bien qu'il faut d'abord faire la révolution et alors seulement la vie des femmes pourra être améliorée". 

Mes avis qu'elles ont bien fait de ne pas attendre la révolution, parceque si Autheuil est un blogueur qui se revendique à droite, le machisme est universel.

Et j'adore ce slogan de 68 : "Prolétaires de tous les pays qui lave vos chaussettes ?".