La durée du congé maternité : un dossier qui reviendra devant le parlement européen à l'automne

La durée des congés maternité varie de 14 semaines à deux ans dans l'Union européenne. La commission des droits des femmes du Parlement européen a proposé d'augmenter la durée minimale à 20 semaines et de mettre en place un congé paternité de 2 semaines minimum.

Pour Edite Estrela (Portugaise, Parti socialiste européen - PSE), rapporteuse sur le sujet, 20 semaines de congé maternité serait « la période adéquate pour aider les femmes qui travaillent à se remettre de l'accouchement, développer les liens mère-enfant et encourager l'allaitement dans les premiers mois ». De plus, un tel congé Bebe-sur-une-cigogne-survolant-une-ville-europeenne-.jpgstimulerait les naissances, alors que la société européenne vieillit et que le taux de fécondité est bas.

Mais le Parti populaire européen - PPE-DE (Droite) a estimé que ce n'était pas le moment d'accroitre les charges des entreprises « Il y a des pays comme l'Allemagne où le congé maternité est payé par l'employeur. Vu les problèmes économiques actuels, ces pays sont farouchement opposés à son allongement », explique-t-elle. La proposition risquerait ainsi d'être contre-productive et de mettre en danger l'accès à l'emploi des jeunes femmes." (Je remarque que ce dernier argument ne pourrait prospérer si le congé paternité était porté à au moins 10 semaines).

Le PPE-DE a réussit à renvoyer le rapport d'Edite Estrela en commission parlementaire , en faisant valoir qu'il n'y aura pas d'accord en première lecture avec le Conseil et que les positions au sein du Parlement sont trop différentes.

Bref l'examen de ce texte est reporté à l'automne, c'est à dire après les élections européennes.

Connaissez vous la position de la liste pour laquelle vous allez voter ?

Voir aussi sur ce sujet un billet de Jean Quatremer

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Commentaires

1. Le 23/05/2009, 12:49 par Gabrielle

et personne ne songe à rallonger le congé paternité qui est ridicule dans sa durée actuelle...
c'est là que ce serait vraiment bénéfique pour les parents.
évidemment, ça répartit la charge pour les entreprises et mêmes les hommes seraient alors susceptibles de "pénaliser leur entreprise" pour pouponner. bénéfique pour les femmes et donc impensable, sans doute.

2. Le 23/05/2009, 19:15 par Montetino

Je distingue congé de retour de couches, pour que la mère se remette en santé, et congé parental, pour s'occuper de l'enfant. A mon sens, ce dernier devrait être partagé (et obligatoire) à égalité entre les deux parents. D'autres solutions que le retrait des femmes de la vie professionnelle peuvent être mises en œuvre pour permettre l'allaitement de leur enfant par celles qui le souhaitent, ce n'est pas ce qui devrait justifier un long congé maternel. Toutes les propositions pour rallonger le congé maternité ont pour objectif le retrait des femmes des emplois recherchés par les hommes et où elles commencent à leur faire concurrence.
En ce qui concerne le petit nombre d'enfants, il y a des solutions plus efficaces, comme leur bon accueil (crèches, écoles maternelles), mais faut-il vraiment une natalité européenne plus élevée, dans la mesure où ce sont ces pays qui ont l'empreinte écologique la plus importante, aux dépends des pays plus pauvres ? Quelle doit être la place du parentenage (ex maternage) dans la vie d'un couple, sachant que cela ne représente qu'une quinzaine d'années de présence assidue pour un enfant, c'est à dire très peu au regard de la durée de vie en tant qu'adulte ? Et donc, que faut-il faire pour qu'être parent (mère) ne soit pas décider de se priver d'une carrière intéressante ? Il serait temps que l'Europe se bouge pour l'égalité, mais non, on pense à l'enfant en oubliant la mère, comme d'habitude !

3. Le 23/05/2009, 20:07 par Ysabeau

C'est pas le moment de relancer la natalité ! Mais c'est quoi ces obsessionnels de la procréation ?
Les suggestion de Montetino me paraissent tout à fait intéressantes.

4. Le 23/05/2009, 20:20 par Circé

Le front de gauche défend "La Clause de l'Européenne la plus Favorisée " .
C'est un travail extraordinaire que Gisèle Halimi et ses clauseuses ont fait pendant près de trois ans de sillonner l'Europe et pour chaque pays de voir qu'elle était la législation la meilleure en matières des Droits des Femmes.
Ainsi, au lieu de tirer l'Europe vers le bas en matière sociale, ce serait vers le haut que cela s'effectuerait, le congé de maternité ici se faisant sur le pays le mieux "disant" de l'UE.
Ici, ce serait donc sur le droit suédois que toute l'UE s'alignerait, plus haut niveau de rémunération, 390 jours rémunérés à 80 % du dernier salaire, dont deux mois réservés au père.

5. Le 24/05/2009, 10:14 par Stedransky

Je suis aussi entièrement d'accord avec Montelino, il faut vraiment en passer par une égalité du congé du père et de la mère, avant de rallonger celui des mères, au risque de creuser un écart dans la façon dont les entreprises accueillent les jeunes femmes.
Pour ce qui est de la clause de l'Européenne la plus favorisée, c'est une idée excellente, qui ne devrait pas être appliqués qu'au droit des femmes finalement. Pour répondre à Emelire, je pense quand même que le débat sur les protections sociales doit être mené avec force et volonté en temps de crise, ne serait-ce que pour protéger ce qui est là et montrer qu'on refuse le nivellement par le bas, même en ces temps douloureux. Il faut bien faire une contre-propagande à "acceptons tout pour conserver nos emplois d'esclaves".

6. Le 24/05/2009, 10:23 par olympe

je ne pense rien de la natalité, mais j'ai été heureuse d'avoir les enfants que je désirais .

nous sommes d'accord semble-t-il le plus important est que les pères aient un congé parental long. et dans ce cas là les femmes ne seront plus pénalisées par leurs congés mater. et je voudrais relativiser la phrase de Montetino "on pense à l'enfant en oubliant la mère, comme d'habitude ". il y a des femmes, y compris parmi les cadres dirigeantes qui souhaitent prendre du temps pour leurs enfants. une carrière ça dure 30 ans , la petite enfance de nos enfants 3 ans seulement

par contre quand vous dites que le rallongement des congés pénalise les femmes, c'est vrai pour celles qui font ce qu'on appelle une carrière mais de nombreuses femmes (la majorité ?) ne travaillent que pour gagner leur vie, font des boulots fatigants et pas vraiment épanouissant , sans aucune perspective de progression.

7. Le 24/05/2009, 12:09 par pupuce

et pourquoi qu'on prendrait pas le problème dans le bon sens pour une fois?
au lieu de dire qu'on ne pense pas à la mère, que le temps passé avec les enfants est pénalisant pour une carrière, que y'a qu'à partager avec le papa etc...

on pourrait plutôt dire au départ que les enfants ont besoin qu'on s'occupe d'eux, ce n'est pas négociable, de préférence leur mère sisisi, c'est encore elle qui a les nichons pour allaiter, sorry, et come elle a 9 mois d'avance le plus gros lien c'est elle, faut pas se leurrer...de fait il faut que la mère s'absente, bin oui.

remettre l'enfant au coeur du débat qui le concerne, c'est la moindre des politesses envers lui, déjà.
admettre que la femme a la quasi excusivité du maternage parce que c'est le cas et parce que nous ne sommes pas des utérus à pattes bon à être vidés sommairement en 6secondes par césarienne et ramenés au taf le lendemain.

et dire aux entreprises la vérité, à savoir que si y'avait pas eu des femmes avant eux, ils ne seraient pas là, hein, et que la maternité ça se respecte.
il n'y a pas de choix à faire, pas de moitié de boulot à refiler aux hommes en nourrissant nos gosses avec de la merdouille en boite et en les casant le plus possible à des inconnus, il y a juste à considérer la nature humaine, la respecter, et FAIRE AVEC, point.
on ne santionne pas une femme dans sa carrière parce qu'elle est une femme et donc susceptible de maternité, on fait avec, on la remplace pendant son absence, ce qui d'ailleurs crée un emploi pour une autre (qu'on arrête de nous gonfler avec l'éloignement professionnel, ce qui éloigne l'une rapproche l'autre, non le congé parental ne nuit pas) et on lui rend son boulot après, sans présupposer qu'elle a perdu des neurones pendant son arrêt parce que c'est juste faux et crétin en plus.

si prolonger le congé mat a un prix, délaisser nos enfants et les élever comme autant de poulets en batterie en aura un aussi, et il risque d'être beaucoup plus élevé.
on voit déjà les effets du manque de présence parentale sur les enfants en âge scolaire, sur nos ados qui souffrent et n'ont jamais été aussi suicidaires, à quel moment on va arrêter le massacre de nos enfants?

pour aller plus loin non seulement il faut un congé mat plus long mais en plus il faudrait créer un congé d'aide à la scolarité, un autre pour l'orientation des ados, etc...(quand je vois qu'un nombre incalculable de salariés n'ont aucun jour enfant malade, je bous de colère! merde, on le sait que les mômes tombent malades! ça arrive même aux adultes et pour eux c'est admis et payé! sauf que les gosses ils peuvent pas se garder tous seuls, eux) pour chaque étape où ils ont besoin de nous il faut qu'on puisse être disponibles!
sinon pourquoi faire des enfants? autant acheter un jouet avec une position off pour les jours où on ne peut pas, hein. à quand l'enfant virtuel, à la fin?

il faut savoir ce qu'on veut. si on veut des futurs humains/salariés/électeurs/consommateurs qui tiennent la route, qui puissent survivre aux nouvelles normes du travail, mobilité, flexibilité et autres joies par exemple, il va falloir investir un max pour les préparer, sinon on sera comme les générations antérieures, de simples vieux cons qui méprisent les jeunes sans voir que la vie est 4 fois plus dure pour eux qu'elle ne l'a été pour nous, et déjà c'était pas la joie...

8. Le 25/05/2009, 16:05 par pupuce

"inutile d'en rajouter dans le lien préférentiel avec la mère, dont les dérives peuvent être tragiques pour l'enfant"

ou comment on en vient à diaboliser le rôle de la mère parce que c'est une exclusivité féminine et que ça fait peur à certains.
non seulement nous ne sommes plus que des organes sexuels d'abord, reproducteurs ensuite, à pattes, bonnes à être utilisées pour l'un ou l'autre usage en fonction des prérogatives masculines
(nan parce que une fille jeune de 25 ans, ça se drague et ça se baise, mais on ne parle jamais de la sexualité des vieilles, c'est connu, une fille de 30, ça s'engrosse et ça repart bosser après la mise bas, les femmes après 40 piges elles sont trop vieilles pour être utilisées à ci ou ça, d'ailleurs elles ont plus qu'à mourir, tiens)
mais en plus maintenant nous voilà exclue de notre propre maternité au motif que le lien mère-enfant pourrait donner lieu à des "dérives tragiques"?

quand un enfant est allaité et materné longtemps, j'aimerais qu'on me dise à quelles dérives, qui plus est tragiques, on s'expose, si ce n'est celle de le voir heureux épanoui et comblé.

il y a de la place autour du bébé pour d'autres gens, oui, mais je regrette, la mère est primordiale dans la petite enfance. on est en train d'essayer d'anihiler tout instinct maternel et de faire des femmes des hommes comme les autres en leur laissant juste les mêmes droits qu'eux: donner un biberon, changer une couche, bercer, jouer...et on voudrait que le soin d'un nouveau né soit transférable à tout le monde, le père, la nounou, la grand mère, etc...tout est fait en effet pour que les mères n'aient pas plus de lien que n'importe qui d'autre avec leur propre enfant. et ça marche!

on se fait tout retire, nous autres femmes, jusqu'à la maternité qui était notre fief d'exclusivité, et il va nous rester quoi? le droit d'aller trimer et de consommer? juste ça? c'est ça le féminisme?
you
pi
...

9. Le 25/05/2009, 17:13 par Thaliane

@pupuce : et alors, celles qui ne souhaitent pas allaiter, celles qui ne se sentent ni les compétences, ni le désir de dédier leur vie au maternage, celles qui n'ont pas la moindre idée de comment on oriente un ado, on leur interdit de faire des enfants futurs pré-délinquants et mal dans leur peau ?
Et puis les adoptantes à qui il manque les 9 mois privilégiés et qui, honte à elles, pour leur immense majorité n'allaitent pas, on leur enlève une partie de leur statut de mère ?

On a le droit d'être mère en allaitant jusqu'à 3 ans, en faisant une scolarisation à domicile, en se consacrant à 99% à ses enfants. On peut être ainsi une très bonne mère comme une très mauvaise.
Et on a aussi le droit d'être mère en faisant donner le biberon par le père, en déléguant une partie de l'éducation, en faisant participer "le village". Et être ainsi une très bonne mère comme une très mauvaise.
C'est ça le féminisme : refuser d'avoir à agir de tel ou tel manière parce qu'en tant que femme, ON nous dit que c'est comme ça qu'on doit faire. C'est choisir le meilleur chemin pour soi. Qui n'est pas le meilleur chemin que mon voisin ou ma voisine.

En ce qui concerne l'égalité en droits des femmes et des hommes, la mesure la plus efficace me semble être l'allongement et l'obligation du congé paternité.
Quant au congé mat, mon rêve perso était qu'il soit modulable (4 mois à 100% ou 6 mois à 75% ou 8 mois à 50%) et/ou avec un retour progressif au travail : le plus dur a été de passer de 24h/24 avec mon bébé à une séparation de 10h d'affilée 5 jours sur 7...

10. Le 25/05/2009, 17:14 par Gabrielle

pupuce, je trouve ce raisonnement un peu exagéré et assez représentatif finalement des résistances aux féminismes qu'on peut trouver chez les femmes: la peur d'être destituées de leurs enfants.
"partager" l'éducation des enfants ne donnera pas un enfant moins attaché à sa mère, l'amour ça se partage. les pères ont envie de développer des liens avec leurs enfants, beaucoup de pères de l'ancienne génération regrettent de ne pas avoir passé de temps avec leurs enfants.
personnellement, je n'ai pas envie de détenir de fief d'exclusivité dans quelque domaine que ce soit. je préfère partager avec les hommes, pour peu qu'ils partagent avec moi.
(il me semble par ailleurs que porter l'enfant pendant 9 mois est suffisamment exclusif)

et il va nous rester le droit à l'indépendance, à décider nous-mêmes de nos vies et à l'orientation qu'on veut leur donner indépendamment du fait qu'on soit une femme.

11. Le 25/05/2009, 23:40 par olympe

merci de cette discussion. je crois que tous les points de vue sont exprimés. il y a de quoi faire un prochain billet.

personnellement je ne le dirais jamais assez je pense que toutes les femmes ne vivent pas les choses de la même façon et que l'important est qu'elles puissent choisir l'organisation qui leur convient.

12. Le 30/11/2009, 00:41 par Faire Part

Une uniformisation me semble ridicule. En effet, les femmes réagissent de façon distincte à cet heureux événement. Il est difficile de légiférer sur des points aussi sensible. L'après naissance d'un bébé doit être toutefois suffisamment longue pour laisser s'épanouir l'enfant!

13. Le 30/11/2009, 15:36 par Zoé

http://www.lalibre.be/societe/scien...