Parmi les buzz de l'été il en est un qui était tout à fait inattendu. Celui, énorme, autour du documentaire filmé en caméra cachée à Bruxelles par une jeune femme, qui montrait le harcèlement auquel elle était quotidiennement confrontée dans son quartier.

Edifiant, il a pourtant donné lieu à une polémique sur un supposé racisme au motif que dans ce quartier ce sont surtout des hommes "allochtones" qui proférent des insultes. Vous pouvez lire sur ce point le billet de Polluxe et les débats qui s'en suivent  en commentaires.

Il a surtout permis d'évoquer ce que toutes les femmes savent : La rue n'est  pas toujours à nous.

Il y a le harcèlement dans les rues, il y la drague lourdingue, il y a aussi ce sentiment d'insécurité qui apparait dans certains endroits, à certaines heures, face à certaines silhouettes. 

Des situations qui ont en commun de faire qu'on ne se sent pas libre de marcher ou bon nous semble, comme bon nous semble. 

On aurait toutes des anecdotes, voire des incidents à raconter : le jogging qu'on n'ose pas faire seule, ou alors pas en dehors de lieux très fréquentés, le détour qu'on fait pour ne pas passer devant un certain café ou pour éviter une rue mal famée, la peur bleue qu'on a eu un soir en entendant des pas dans notre dos, la voiture qui s'est arrétée à notre hauteur le temps que ses occupants nous lancent quelques propos graveleux et le soulagement qu'on a ressenti quand elle a redémarré etc etc.

Ce qui me semble vraiment nouveau c'est une prise de conscience qui est en train de se faire, avec l'idée qu'il doit être possible de changer ça, que nous n'avons pas à le supporter sans rien dire.

Ici et là des actions prennent corps :

- Depuis quelques années déja les cours de self défense  réservés aux femmes ont fait leur apparition, même si ce n'est pas à grande échelle.

- Il y a ces marches exploratoires dont parle le site égalité-infos. Il s'agit, en groupe, d'explorer un quartier et d'identifier les endroits qui posent problèmes afin de s'y sentir plus à l'aise. Ces marches se sont multipliées à travers le monde et plusieurs ont eu lieu en banlieue parisienne.

Marianne nous raconte aussi cette initiative de 2 jeunes femmes qui ont lancé sur facebook un évènement sous forme d'atelier d'autodéfense verbal. Il s'agissait simplement de s'entrainer collectivement à répondre du tac au tac aux agressions verbales. Succès incroyable !

Toutes ces démarches ont le même objectif : arrêter de baisser les yeux et raser les murs, en partageant nos expériences avec d'autres femmes, en apprenant quelques gestes qui nous donneront confiance. 

En parler aussi à notre entourage, car il n'est pas certain que la plupart des hommes, qui ne sont ni des agresseurs, ni des harceleurs, ni même des dragueurs de rues se rendent compte à quel point nous prenons sur nous et gérons silencieusement ces petites gênes quotidiennes qui finissent par limiter ou compliquer nos déplacements.

Edit : je viens de voir que Agnès Giard a blogué sur un thème similaire aujourd'hui : femmes la nuit vous appartient aussi . Les grands esprits, tout ça....