La virilité ébranlée ?

Dans Sciences humaines de ce mois un dossier les identités sexuelles. Intéressant comme toujours dans ce magazine, et tout particulièrement 2 articles qui traitent de la virilité.

Le premier "la virilité ébranlée" évoque les bouleversements intervenus dans l'identité masculine, suite notamment aux mouvements d'émancipation des femmes qui ont remis en cause les rôles traditionnels dévolus aux unes et aux autres.

Auparavant, bien que le modèle de la virilité ait varié au fil des siècles on retrouvait grosso modo une matrice commune : force physique, fermeté morale, puissance sexuelle et domination masculine. Culminant au 19eme siècle ce modèle exigeait des hommes d'être des mâles baraqués, affichant leurs exploits guerriers et leurs conquêtes sexuelles.

Il était alors simple de savoir ce qu'était un homme (un vrai !)

Au cours des dernières décennies la force a largement perdu de son utilité avec la tertiairisation de l'économie et l'automatisation des taches, l'autorité patriarcale a disparue,  la loi  rend désormais l'homme et la femme responsables à égalité de la bonne marche de la famille, et les femmes, qui ont investi les domaines masculins réclament désormais le partage des taches à la maison.   

Les hommes ont du changer, et ils ne l'ont pas toujours fait de mauvaises grâce. 

Mais ils se retrouvent piégés dans des injonctions contradictoires parce que, ce que des sociologues appellent "le cahier des charges de la virilité" exige d'eux qu'ils se montrent fort et protecteur, qu'ils prennent des décisions et des initiatives et même qu'ils se montrent dominateurs dans la sexualité alors que d'un autre coté on leur demande de montrer davantage leurs émotions.

On leur demande de participer aux  activités domestiques mais dans tous les milieux professionnels esprits de compétition et agressivité restent fortement promus.

Tout est donc devenu plus compliqué aujourd'hui.

Les Zemmour ont alors beau jeu de dénoncer la féminisation de la société ou le sacrifice des jeunes garçons dont les résultats scolaires sont moins bons que ceux des filles.

L'enjeu serait donc de rester viril puisque c'est ce que les femmes attentent des hommes mais en n'étant ni machos ni sexistes.

Et nous voila revenu au point de départ me semble-t-il : la virilité, tout comme la féminité restant indéfinies

Commentaires

1. Le 11/03/2012, 07:53 par klava

eh bien quelqu'un qui parle très bien de ça, c'est serge hefez. j'avais lu "dans le coeur des hommes" il y a quelques années: très agréable à lire et très fin.

il me semble que les hommes sont de plus en plus nombreux à essayer de réagir à ces "injonctions paradoxales" autrement qu'en se lamentant sur un passé dont (presque) personne n'est vraiment nostalgique...

2. Le 13/03/2012, 09:06 par Vivi

Comment assurer l'égalité, l'équité et la parité sans y laisser sa féminité ou sa virilité ? Vaste question...
Et d'ailleurs, une femme est-elle obligée d'être féminine ? Et une homme viril ?
Mais au fait, être féminine, c'est quoi ? Afficher son corps, se maquiller, mettre des talons hauts ?
Etre viril c'est quoi ? Montrer ses muscles, Crier et taper le plus fort sur "les méchants" ?

Pas de définition effectivement et c'est bien ce qui manque... Heureusement, la dernière pub "Petits Filous" nous illustre un parfait stéréotype de la féminité et de la virilité version jeune enfant...

Bonne journée ! ^^