Laurent Fabius, DSK, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Martine Aubry, Jean-Michel Baylet, Manuel Valls, François Hollande ont en commun d'avoir été candidats aux primaires en 2006 et 2011.

On n'épiloguera pas sur le cas de Jean Michel Baylet qui est le seul à ne pas être un éléphant du PS. Ni sur celui de DSK.

Les autres, c'est à dire Fabius, Montebourg, Valls, Hollande sont au pouvoir.

Martine Aubry et Ségolène Royal sont elles restées sur le carreau. L'une a failli être première ministre et l'autre présidente de l'Assemblée nationale. Failli..

Personnellement j'ai envie de les remercier d'être arrivées jusque là, d'avoir montré que c'était possible, qu'elles étaient tout à fait légitimes et ouvert la voie.

Mais je me demande si ce n'est pas plutôt dissuasif pour toutes les autres.

On sait qu'en France la politique est un sport de combat, qu'il ne faut pas avoir peur de donner des coups et d'en recevoir. Mais ces 2 là on reçu des coups qui sont spécifiques, qui ne font pas que s'attaquer à leur discours ou leurs actions politiques mais aussi à ce qu'elles sont , leur façon de s'habiller, de sourire, de parler, leur excès de féminité, leur manque de féminité.  Des attaques qui remettent sans cesse en cause leur compétences et leur légitimité.

Alors même qu'elles ont plutôt bien réussi là ou elles étaient. Martine Aubry laisse un PS en état de marche et au pouvoir, on ne peut pas en dire autant de ses prédécesseurs et Ségolène Royal a indéniablement été un élément majeur de l'élection présidentielle de 2012.

Constater qu'elles ont supporté tout ça, même pas pour rien, mais bien pour perdre puisque l'une et l'autre ont aujourd'hui moins de pouvoir qu'elles n'en avaient il y a quelques mois pose pour le moins question.

On est aujourd'hui en droit de se demander de quel bois doit être une femme pour arriver aux sommets du pouvoir si ces 2 là, qui sont d'une trempe peu commune, n'y parviennent pas. Je doute que les suivantes y voient des encouragements.

On peut trouver de bonnes raisons , il est vrai que la vie conjugale de Ségolène Royal a singulièrement compliqué la situation (mais n'a pas gêné François Hollande dans son élection !) et si Martine Aubry s'en va c'est qu'elle le souhaite. Mais je ne peux m'empêcher de penser qu'elles ont en réalité été éjectées car pas à leur place. Trop dangereuses, pas assez conformes aux modes de fonctionnement instaurés par des hommes depuis des décennies, voire des siècles.

Tout est aujourd'hui redevenu normal au PS, les hommes sont aux commandes partout : à la tête du parti, au gouvernement , au conseil constitutionnel, au Sénat à l'assemblée national. Et j'en passe.

On a pu essayer de croire qu'un gouvernement paritaire était un 1er réel effort, qu'une prise de conscience s'était opérée.

La suite nous prouve que non. Et on avait tort de passer sur le fait que les femmes n'y ont guère de ministères régaliens (notons que Christiane Taubira ne vient pas du PS) et surtout sur le fait qu'elles sont en moyenne beaucoup plus jeunes et à cet égard ne présentent pas une concurrence  pour la génération d'hommes qui se positionne pour les postes de 1er plan lors des prochaines échéances (dans 5 ans ou dans 10 ans).

Les déclarations d'intention ne suffiront pas, il serait temps que le PS se penche sur  sa façon de fonctionner qui semble plutôt en mode jungle (poussage de coudes, grandes gueules et  cooptations intuitu personnae à tous les étages).

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