Un mari a été condamné par la Cour d'Appel d'Aix en Provence à verser 10 000€ de dommages et intérêts à son épouse "pour absence de relations sexuelles pendant plusieurs années".

Des journaux en ont parlé (voir par exemple  Libé ou le blog Bigbrowser) et l'info a tourné sur twitter, assortie quelquefois de commentaires goguenards.

Sauf si elles m'ont échappées je n'ai pas lu beaucoup de réactions. C'est pourtant une décision qui est loin d'être anodine et il me semble que si c'était la femme qui avait été condamnée son importance aurait été mieux perçue.

La cour a motivé sa décision en expliquant que " la quasi absence de relations sexuelles pendant plusieurs années, certes avec des reprises ponctuelles, a contribué à la dégradation des rapports entre époux.» et que  «les attentes de l’épouse étaient légitimes dans la mesure où les rapports sexuels entre époux sont notamment l’expression de l’affection qu’ils se portent mutuellement, tandis qu’ils s’inscrivent dans la continuité les devoirs découlant du mariage».

Si l'absence de relations sexuelles peut être un motif de divorce, la condamnation à des dommages et intérêts sous entend qu'un conjoint est en droit de les exiger. A l'heure où la notion de viol conjugal commence  à faire son chemin dans les esprits cette décision apparaît comme un recul. Affirmer de cette façon que les relations conjugales sont un devoir découlant du mariage amènera des conjoints à faire valoir ce droit. Tous ne prendront pas la peine de saisir la Justice pour cela . 

C'est la nature même du mariage qui est concernée : le mariage serait le lieu d'une relation sexuelle officielle, et donc obligatoire.

Notons que les juges manquent un peu d'imagination sur les façons d'exprimer son affection à quelqu'un.