Le féminisme à la sauce Libé

Curieusement, en l'espace de quelques jours 2 hommes écrivent dans Libération qu'ils sont féministes. Les 2 pour expliquer comment ils aiment ou aimeraient baiser des femmes .

Le premier j'en ai déja parlé avait interviewé Marine Le Pen , le second explique combien le recours à des prostituées lui rend la vie agréable. Un monsieur qui fait semble-t-il figure de héros parce qu'il n'hésite pas à dévoiler, à revendiquer même, son libertinage et qui étalerait au grand jour ce que tous les hommes font, ou rêveraient de faire, en cachette. Le fameux besoin sexuel irréprésible des hommes...

Si j'ai fait un billet pour dire que je n'étais pas favorable à la pénalisation des clients, je trouve indécente cette revendication au plaisir à tout prix et sans se préoccuper des conséquences de ses actes (il assume les ennuis, les siens...)

Je ne vois dans cet article qu'une vantardise d'ado attardé  qui la ramène parce que non content d'avoir femmes et maîtresses il recours aussi à des services payants. Un  ado attardé qui n'a pas encore réglé son Oedipe et n'hésite pas à évoquer sa mère dans un texte sur la prostitution (La maman et la putain, un vieux truc)

Bref, un qui baise bien plus souvent et bien mieux que vous pauvres laborieux communs des mortels !

Et attention il nous fait jouir lui aussi d'après ce qu'il dit, mais pas bêtement avec son sexe ou ses mains, non lui c'est avec son corps, avec sa voix, avec ses mots  et même avec sa vie. 

En tout cas la prochaine fois qu'un monsieur écrit dans Libération qu'il est féministe je commencerai par me méfier, au cas où il s'agirait de ce féminisme qui consiste juste à souhaiter les femmes disponibles pour mieux les consommer !

Commentaires

1. Le 15/04/2011, 23:21 par Duchesse

Le fait que ce monsieur cite Assange, et plus encore Polanski, et plus encore Cantat, comme des victimes à défendre des vilaines féministes obsédées ne peut que permettre d'évaluer sa contribution à sa véritable valeur................... je vous quitte sur cette nausée...

2. Le 16/04/2011, 07:09 par ajuga

Ils considèrent un corps de femme comme un objet de consommation, normal, non ? c'est bien ça la prostitution.
quand à se dire féministe, ben c'est dans le sens où il faut défendre la femme éternelle quand elle reste à sa place.

3. Le 16/04/2011, 07:50 par dandan

tout à fait d'accord avec Duchesse : le fait qu'il cite Polanski et Cantat à l'appui de ses rodomontades (j'ai un gros zizi très actif...)est purement nauséeux.

4. Le 16/04/2011, 09:43 par C.

Pareil, j'ai bondi quand j'ai lu qu'il faisait une comparaison avec Cantat et Polanski... Polanski a violé une mineure et Cantat tué une femme de ses mains, ce ne sont pas de très bons exemples à qui se comparer quand on se dit " féministe ". Olympe a bien résumé la suffisance et les clichés dont dégoulinent cet article.

5. Le 16/04/2011, 10:16 par anthropopotame

Bonjour,
Que Caubère en rajoute une louche sur le talent du comédien, qu'il soit déplacé de mettre en avant son goût à lui dans cette affaire, ne doit pas faire manquer son argument principal:
notre société n'avance pas vers davantage de tolérance: elle définit de nouveaux objets d'intolérance à mesure qu'elle avance. Nous ne devenons pas plus tolérants aux homosexuels: nous reportons notre intolérance sur les homophobes.
Depuis les années 1950, la prostitution, affaire de petit commerce, affaire de profession libérale, est devenue un "problème social", non pas pour ceux et celles qui la pratiquaient, mais pour ceux et celles qui ne la pratiquaient pas. Plutôt que de donner aux prostituées des droits, ont les leur a retirés. Leur condition n'a fait donc qu'empirer depuis 50 ans, jusqu'à devenir, enfin, des criminelles, en proie qui plus est aux plus odieux trafics.
Ce que dit Caubère, c'est que ce n'est pas une catégorie sociale étrangère à la prostitution - en l'occurrence, les féministes - qui doivent pousser des cris d'orfraie lorsqu'on évoque une amélioration des conditions d'existence des prostituées, et se féliciter lorsqu'on fait empirer leur condition.
De même que ce ne sont pas les hétérosexuels qui doivent décider de la légalité du mariage homosexuel.
Dans les protestations que je lis à l'égard de Caubère, dans ce blog comme ailleurs, je discerne le même degré d'invective et de malveillance que l'on trouve dans les blogs de végétariens, ramenant tout à l'argument ad hominem, proclamant que les bouffeurs de viandes sont des gros cons.
Si c'est là que vous placez le niveau de la réflexion - vous en prendre à Caubère et ne pas écouter celles et ceux qui demandent qu'on leur accorde une reconnaissance sociale afin de ne pas tomber entre les mains des trafiquants de chair humaine - c'est une pauvre manière de contribuer au débat.
Bien à vous.

6. Le 16/04/2011, 11:53 par Lilib

Libération donnera bientôt à lire un papier inédit de Berlusconi, "Je suis féministe et je suis heureux avec mon harem de putes mineures !"

7. Le 16/04/2011, 11:58 par olympe

anthropopotame, vous devriez lire mon billet précédent. mais le texte de Caubère me le ferait presque regretter tellement je vois bien ou l'apologie du libertinage va nous emmener.
prochaine étape on ressort Sade ou l'apologie de la torture comme un génie de la liberté

8. Le 16/04/2011, 12:16 par anthropopotame

Olympe, je ne vois pas en quoi le texte de Caubère vous ferait "regretter" votre billet précédent. Caubère ne peut pas s'exprimer sans que vous lui envoyiez à la figure sa "grosse bite"? C'est à ce niveau que vous envisagez le débat?

9. Le 16/04/2011, 12:43 par olympe

justement oui c'est bien de ça qu'il s'agit. et ce n'est pas moi qui le place sur ce terrain là il y est allé tout seul tellement ça a l'air important pour lui que le monde entier connaisse sa puissance

10. Le 16/04/2011, 12:49 par anthropopotame

Ah, très bien. La prochaine fois vous écrirez une chronique à sa place, cela lui évitera de dire des bêtises mal vues.

11. Le 16/04/2011, 13:29 par louisemich

"Je ne finirai pas non plus sans leur redire que ce n’est pas cette loi scélérate qui m’effraiera, me culpabilisera, ni ne m’empêchera de revenir les voir où qu’elles seront, se planqueront, se terreront, pour les aimer encore et les payer pour ça. Il est un film qui, mieux que tous les autres, incarne la France dans le monde entier, son cœur et son esprit. Il raconte une histoire d’amour, la plus belle, la plus ancienne, éternelle, entre un acteur et une putain. Joué par Jean-Louis Barrault et Arletty, il s’appelle Les Enfants du Paradis."
2 choses
la manipulation:
dans les enfants du paradis, arletty n'est pas une prostituée, c'est une femme libre, amoureuse. ce monsieur utilise une source "intellectuelle" pour mentir, tordre la vérité et la plier à ses "je veux je prends". Garance parle de son métier, elle est "artiste", elle joue au funambule`
sale type, va!!! je vous suis, qui traiter ce monsieur de puant paru dans libé
j'agrée pour la remarque sur "la maman et la putain"
j'ajoute, les lois scélérates de 1894 (la date?corrigez-moi si... ) a réduit les libertés démicratiques en matière de presse, de lieberté d'epression et de peine politiques qui poubvaient conduire au bagne ou sur l'échafaud

12. Le 16/04/2011, 18:47 par jac

@anthropopotame
Pour prolonger votre raisonnement : ce n'est pas aux hommes de décider de ce que sont la liberté et la dignité des femmes.

13. Le 16/04/2011, 19:04 par anthropopotame

@jac à ce rythme ce n'est pas à la société de décider quoi que ce soit, chaque groupe ethnique, religieux, confessionnel, sexué, corporatiste, étant en droit de décider pour lui-même. Et les femmes devant in fine régler le problème de la prostitution féminine sans que les hommes y mettent le nez, il devient un peu absurde, pour des femmes, de condamner des proxénètes, ceux-ci étant généralement de sexe masculin, et étant donc du ressort des hommes uniquement.

14. Le 16/04/2011, 20:01 par Léa Lejeune

Et vlan! Bien dit Olympe

15. Le 16/04/2011, 20:10 par Héloïse

Pourquoi t'étonnes-tu de lire de tels propos parmi les défenseurs de la prostitution ? Ils ne sont pas libertophiles comme ils le proclament, ils sont juste misogynes (ils défendent la liberté d'être misogynes) et la prostitution (comme la pornographie) est l'un de leurs moyens préférés de l'exprimer. La prostitution est le contraire du libertinage parce qu'elle est codée, anticipée, planifiée et surtout unilatérale.
Il s'est demandé 5 minutes le Caubère si la fille qu'il payait appréciait sa vilaine tronche. Non! parce que c'est justement pour ça qu'on les paye les prostituées: pour qu'elles n'aient pas d'avis, qu'elles fassent le boulot, le tout en fermant leur gueule ... ça les change tellement des femmes du quotidien qui pensent, réfléchissent et s'expriment.

16. Le 16/04/2011, 20:12 par Héloïse

Et parfois disent NON !

17. Le 16/04/2011, 22:07 par chabian

Quand je signe un contrat avec une banque ou une compagnie monopolistique, je me sens victime : je ne peux refuser les conditions, même si mon choix vise des rabais avantageux.
Quand je pense à un contrat de prostitution, je joue dans un quasi monopole à deux sens : elle est pure vendeuse, je suis pur acheteur, l'inverse n'existe pas.
Comme j'ai le fric, donc la puissance d'un banquier, je me sens coupable. Elle peut dire non (moi aussi je peux dire non à ma banque), mais elle ne peut en passer que par ce type de contrat.
Pour que le contrat soit réciproque et sans culpabilité, il faudrait que...
Cette utopie n'existe pas, et c'est sur sa quasi possibilité que joue Pubère (Cau- pour les intimes).

18. Le 17/04/2011, 11:13 par zerka

Utile ce Caubère, un vrai paratonnerre à féministes et défenseurs de l'ordre moral. Il faut défendre "La Fâme ", toujours exploitée, réduite à un objet par des mâles libidineux . S'est pas trompé le sarko, comme pour la multiplication des radars , des caméras de surveillance , des gardes à vue : il peut compter sur des alliés bien au-delà de son camp pour faire régner l'ordre et la bien pensance . En plus, il ramasse le fric de la pénalisation sans rien dépenser . Bien joué !

19. Le 17/04/2011, 17:40 par peekaboo

et au-delà de la dualité "maman et la putain", as-tu noté qu'il précise que les "filles" sont ses sœurs ?

je cite : "aux «filles» combien je les aime et les respecte, qu’elles sont mes sœurs, mes frangines, mes pareilles" quand on apprend plus haut que monsieur a une sœur, je re-cite : "ma mère/.../nous apprenait, à ma sœur et à moi,"

on a toute la famille réunie ! ou presque...
oh quel plaisir que l'inceste ! ;-)

20. Le 18/04/2011, 00:01 par lyly

ça me rappelle toutes ces chroniques dans divers journaux de gauche comme de droite de journalistes hommes qui s'insurgeaient de la Burka. TOUS sans exception évoquaient le fait combien ils seraient dommage de ne pouvoir regarder les femmes, combien ils étaient agréable de constamment déshabiller du regard les femmes dans la rue. Ce n'étaient que des chroniques de bêtes en rut qui avec leur plaidoyer me donnait envie de me cacher sous une burka moi aussi.
A aucun moment, un de ces messieurs ne disaient que le scandale dans la burka était de considérer les femmes comme des morceaux de chair qu'ils faillaient cacher aux bêtes qu'étaient les hommes avec leur désir irrépressible. Dans leur article, ils défendaient juste le droit des hommes à pouvoir considérer les femmes comme des morceaux de chair ouvert aux regards.
Et avec un tel discours cela confortait les pro-burkas, un vrai dialogue de sourd : "je ne veux pas être regarder par d'autres hommes", "mais madame c'est mon droit de vous imaginer nue"
Heureusement quand j'ai fait part de mon malaise à des amis hommes, ils m'ont rassuré sur le caractère anormal de ces chroniqueurs, et qu'eux considérer comme une insulte une femme qui pensait qu'ils ne pensaient qu'à la déshabiller du regard.
Malheureusement, je n'ai pas entendu cet argument dans la presse.

21. Le 18/04/2011, 02:00 par La ratapinhata

L'exhibition et la provocation font vendre...et la crise de la presse est réelle, Libération en est là.

Il doit y avoir une jouissance à faire raquer des crétins pareils...et ils n'ont pas l'air de s'en douter.

Dommage que les phantasmes de Virginie Despentes n'aient pas droit à la même publicité...

22. Le 18/04/2011, 09:56 par paul

ben...
déjà... rien que le fait que ce soit écrit dans libé hein... moi je me méfie depuis longtemps... d'ailleurs j'achète pas libé... ni les autres d'ailleurs et j'ai pas la télé...

y'a des hommes dont la dignité ne se place pas du tout comme se place celle de tous ces types valorisés par le système médiatique de la propagande de la domination individualiste phallocrates hein...
ces hommes là se font discrêts partout tant ils savent comme les femmes qu'il est très mal vue de pas être fier de baiser, de pas baiser plusieurs femmes à la fois... juste des fois d'être touché par une personne, femme en l'occurence, et de ne même pas penser à aller voir ailleurs, tant cette personne devient LE lien à la vie, au monde et le témoin de ce lien... bref ils sont discrêts d'être sensibles, empathiques et amoureux de façon toute simple.
ça leur vient pas à l'idée d'aller voir des prostituées, même quand ils sont seuls. ça leur vient pas à l'idée de faire subir quoi que ce soit de dominateur à qui que ce soit, parce qu'ils ont en horreur les "profils" de ceux qui leur font du mal et que leur sensibilité les pousse à d'abord ne jamais faire à autrui le mal qu'autrui leur fait.
alors après
évidemment
que des fois, ils sont tentés par l'idée de dévaloriser les zhobs qui vont consommer des prostituées : sauf que voilà, le réalisme de la vie chevillé au corps, fait que l'idée de va pas plus loin parce qu'ils savent que les autres, justement parce qu'ils sont dominateurs, dominent et abusent de leur domination, et que rien, aucun discours, aucune idée, ne touchera ces gens incapables d'empathie à l'égard de l'autre.

23. Le 18/04/2011, 13:25 par La ratapinhata

Merci Paul.

24. Le 18/04/2011, 13:34 par solveig

Tous les hommes qui vantent la beauté des femmes et disent qu'ils ne pensent qu'à les déshabiller, sont persuadés qu'ils rendent" hommage" aux femmes .
De là découlent tous les malentendus.
Et celles qui ne comprennent pas ça, sont bien sûr des mal baisées !!!
(par qui, on se le demande)
CQFD ...
Mais quand on a dépassé l'âge d'être déshabillée du regard par le premier malotru venu ? ... je suppose qu'alors, on a droit à la burqa ? ... ou alors j'ai rien compris ?

25. Le 18/04/2011, 14:20 par Mersenir

Tout à fait d'accord avec vous Olympe...
J'ai d'ailleurs écris un commentaire sur libé suite à l'article de ce personnage!
Bonne continuation :)

26. Le 18/04/2011, 14:39 par cyann

bonjour,
je suis ton blog depuis un bon moment. Il me permet de porter un autre regard sur le sexisme ordinaire.
je voulais de faire suivre un article sur le monde.fr sur le port de la jupe dans le babinton pour relancer l'audimat.
Etant nulle en informatique, je n'arrive pas à faire le lien.
J'espere que tu le trouveras.
bonne journée.
merci

27. Le 18/04/2011, 19:09 par paul

@Nathinphoenix
ben j'ajoute mon témoignage : j'ai pas besoin du tout de la virilité pour être moi et j'ai donc pas besoin de la prouver de quelque façon que ce soit.
je suis un corps sensible, un regard, des mains, des affectes, des pensées, et je me construis avec et par le monde.

28. Le 19/04/2011, 10:29 par Euterpe

Interroge-toi aussi sur ton propre féminisme d'abord...

29. Le 19/04/2011, 13:10 par paul

euh @ euterpe
je ne comprends pas bien ce que vous voulez indiquer à quelqu'un en lui disant de s'interroger sur son propre féminisme. et avant quoi ?
pourriez vous préciser votre propos ?

30. Le 19/04/2011, 13:21 par olympe

Euterpe, tu as un label plus légitime que le mien ?

31. Le 19/04/2011, 18:17 par Femme avant d'être féministe

Je suis une femme, je me suis imaginée être prostituée seulement une journée, j'ai ressenti le dégoût pour la file de mecs attendant à l'arrière de ma camionnette, le pantalon aux cuisses (parce que quoi que dise Caubère et sa vision romantique du client, c'est bien à cela qu'il ressemble). Je les ai vu, ces mecs pour lesquels je serais indifférente ou qui me dégouteraient peut être s'affaler sur moi et me pénétrer.
Et, ça a été immédiat : je suis pour la pénalisation du client
Accompagnée telle qu'elle est prévue de l'aide à la réinsertion de ces femmes souvent étrangères et sous qualifiées et d'une réelle lutte contre le proxénétisme
Je ne comprends même pas, alors que tous les hommes s'entendent à ce qu'on ne les prive pas à avoir des vagins à disposition pour 50€, que toutes les femmes ne se mettent pas d'accord, par simple empathie, pour un abolitionnisme pur et simple de la prostitution.

32. Le 19/04/2011, 20:48 par Euterpe

Non Paul je ne m'adressais pas à vous, bien sûr, d'ailleurs olympe l'a parfaitement compris.

33. Le 19/04/2011, 21:18 par blog graphisme

Intéressante analyse :))