Quand j'ai lu chez Anaismisfits que le Be de cette semaine consacrait un article aux féministes 2.0 j'ai d'abord été d'être très vexée. 

Quoi !? on parle des féministes sur le web et je n'ai pas reçu la moindre demande d'interview ?! Moi qui me croyais influente ! :((

Ensuite j'ai couru acheter ce magazine qui ne fait pas partie, vous vous en doutez de mes lectures habituelles. Déja je ne suis clairement pas dans la bonne tranche d'âge et puis payer, même un prix modique, pour des pages de pubs ....

En lisant on apprend que les jeunes adhérentes d'Osez le féminisme sollicitées "se sont dégonflées à l'idée d'apparaitre dans une presse trop sexiste". Je comprends ce point de vue, c'est la même ambiguité qui a été soulevée lorsque ELLE a organisé les états généraux de la femme et la même question : comment ces magazines peuvent ils défendre l'égalité alors qu'ils contribuent largement à diffuser une image des femmes uniquement fondée sur l'apparence et la futilité ?

Je ne suis pas certaine qu'elles aient eu raison. Ces magazines existent parceque des femmes les achètent (et on sait même que c'est l'un des secteurs de la presse qui est le plus florissant), tant mieux donc si entre les pubs elles lisent des propos intelligents sur l'égalité hommes/femmes.

Du coup la journaliste s'en donne à coeur joie et n'hésite pas à forcer le trait , opposant les "néoféministes"  à la vieille garde pleine de préjugés et qui pense qu'on ne peut s'intéresser "à la fois à la cause des femmes et aux derniers défilés de mode. "

Après cette entrée en matière la phrase de Maïa Mazurette ( dont je lis bien sûr avec grand plaisir et grand interet la prose tous les jours ) " loin du cliché de la lesbienne frustrée et pas épilée, je suis l'exemple qu'on peut être féminine et féministe" sonne comme une condamnation sans appel du féminisme tendance vieille garde.

Et je retrouve au passage le sujet de mon billet précédent : impossible de ne pas être féminine et sexy dans ce monde sans être clouée au pilori du ringardisme et rangée dans la catégorie des mal baisées.

L'article se poursuit avec les propos de Sophie Bramly du site secondsexe.com et cette phrase "Je suis convaincue que le sexe est fondamental et que l'émancipation féminine se passe d'abord au lit, quand la femme cesse d'être un simple objet de désir et devient à son tour désirante".

Certes, ce qui se passe dans cette intimité là est importante mais de là à en faire un combat prioritaire... ne serait ce que parceque pour se permettre d'être désirante il faut au préalable être dégagée de toute dépendance financière. 

Et c'est bien grâce aux mouvements féministes traditionnels que la question des écarts de salaires revient enfin de façon bruyante sur le devant de la scène.

Sont également cités un site américain qui a l'air intéressant mais en anglais feministing.com , terrafemina.fr et quand même viedemeuf.

Je partage par contre la conclusion de Maia Mazurette (qui a infiniment plus de lecteurs que moi et dont je vous conseille l'entretien avec Agnes Giard, sur secondsexe justement)) "avec mon blog, je sais que je suis lue par des gens qui n'étaient pas du tout sensibles à ces questions là, mais qui le sont devenus. Si après m'avoir lue ils s'autorisent à se dire féministes ce sera ma plus grande victoire"