N'étant pas aussi influente que Manu David Abiker ne m'a pas remis son Zizi en main propre. Je me suis donc rabattue sur l'une de ses oeuvre plus ancienne présentant le mérite d'être éditée en poche : le musée de l'homme.
Il faut dire que le sous titre m'intriguait "le fabuleux déclin de l'empire masculin".

L'auteur est un jeune père qui met en apparence beaucoup de bonne volonté à partager avec sa conjointe tout ce qui concerne la maison et les soins aux enfants.

 Mais outre qu'il lui est impossible d'être vraiment  la hauteur , sa femme ayant plusieurs longueurs d'avance en matière d'organisation domestique, il peine à trouver un domaine dans lequel il puisse lui aussi briller puisque désormais elle gagne plus d'argent que lui . Même lors de l'achat d'une voiture c'est à elle que le vendeur s'adresse avec des arguments massus sur la sécurité de la voiture et sa climatisation le délaissant lui complétement.

C'est avec circonspection que j'ai abordé les premières pages notamment parcequ'elles évoquent une société devenue soi disant maternante et je craignais un peu des récriminations Zemmouriennes sur le thème "c'était mieux avant quand les vrais hommes incarnaient l'autorité". Par ailleurs le héros du livre est ce qu'on appelle un bobo, c'est à dire un groupe sociologiquement bien précis et les couples dans lesquels le salaire de la femme est supérieur à celui de son conjoint restent très minoritaires.

En fait j'ai bien aimé la description de ce ressenti d'un homme qui fantasme, non seulement sur  les jupons qui passent alors qu'il est fidèle (il a l'air du moins), mais aussi sur un ancestral rôle de chasseur et qui se retrouve à étendre des lessives. Et si sa femme le déclare incompétent en lessive préférant les gérer seule, c'est tout à la fois qu'ils n'ont pas le même niveau d'exigence et que si elle ne veux rien lacher il n'est pas non plus d'une bonne foi totale.

Difficile quand on s'est imaginé Zorro ou james Bond de n'avoir que les tobbogans comme terrain d'aventure et de ne plus être le héros de personne. Il était effectivement peut être plus simple pour un homme de trouver sa place avant (avant le MLF et tout ce qui s'en est suivi). Il ramenait des sous à la maison et le reste du temps il pouvait aller prendre l'apéro avec ses copains en attendant que le repas soit prêt.

C'est léger, très drôle, caustique et ça agite quand même plusieurs neurones.

Un livre court parfait pour la plage ou la chaise longue. A conseiller aussi aux hommes qui sauront quoi répondre à leur compagne qui se demande si elle doit ou non se faire refaire les seins.