Le sacrifice des jeunes mâles ?

Il y a une question que j'ai posée à Alain Minc lors de notre rencontre chez Vendredi-info qu'aucun des blogueurs ayant commenté cette interviewlionceaux.jpg (que vous pouvez écouter en intégralité chez Dagrouik) n'a reprise.

Je l'avais quant à moi réservée pour un billet spécifique, que voici donc.

Je lui ai demandé ce qu'il pensait de l'endogamie des classes dirigeantes et du fait que l'on trouve très majoritairement dans les lieux de pouvoir des hommes, blancs, de plus de 50 ans.

Il a zappé le premier item, qui aurait pourtant du l'inspirer lui qui se proclame marxiste, il a été beaucoup plus prolixe sur la suite et notamment la parité homme/femme.

De son point de vue "c'est en train de bouger". Il est favorable aux mesures de discriminations positives mais il a quand même pris la peine de préciser que si il s'était opposé aux lois sur la parité c'est parce qu'elles avaient "un coté idéologique" en attribuant les différences entre les hommes et femmes à la nature.

Pour lui c'est plié , il a pu le constater , à la sortie des grandes écoles de commerce les filles "en veulent plus elles bossent plus et quand vous voyez la génération des grandes écoles de 30 ans, dans 20 ans le pouvoir il est aux femmes", Constat d'un optimisme béat à mon avis, parceque si il est exact que les choses progressent c'est de façon lente. Il y a toujours beaucoup moins de filles que de garçons à Polytechnique ou à l'ENA (mais l'ENA c'est fini dixit Minc) et pour l'instant les carrières des hommes et des femmes restent inégales à diplômes équivalents.

Il raconte même une histoire édifiante : une banque, le crédit mutuel, avait fait une campagne de recrutement blind, en ne faisant pas apparaitre le sexe des candidats. Une fois les choix effectués, les dossiers sont ouverts et l'on s'aperçoit alors qu'ils comptent 80% de filles et seulement 20% de garçons. Les résultats ont donc été légèrement modifiés pour arriver à 40% d'hommes. (l'histoire ne dit pas si la même banque a mis autant de soin au rééquilibrage de ses équipes dirigeantes).

Sa conclusion est la suivante, et c'est d'ailleurs le thème de l'une des fables de son dernier ouvrage.

"Il y a une catégorie qui va payer, c'est le jeune mâle blanc, si on fait vraiment la parité d'une part et que vous favorisez la diversité d'autre part il y aura une génération perdue, c'est la leur".

J'ai essayé de comprendre : en quoi les jeunes hommes blancs seraient-ils sacrifiés ?

Certes, ils ne vont pas bénéficier des mêmes privilèges que leurs ainés qui se sont attribué la totalité des postes de pouvoir. Mais c'est seulement un juste rééquilibrage des choses puisque ce sont en réalité les femmes à qui ces mêmes postes ont été confisqués depuis la nuit des temps qui étaient jusqu'à présent sacrifiées .

Une chose m'a pourtant intriguée suite à cette rencontre, c'est que les 2 blogueurs présents appartenant à la catégorie jeunes mâles : Autheuil et Nick Carraway font tous les deux preuves d'un antiféminisme que je n'hésiterai pas à qualifier de primaire. Ils sont (c'est juste un exemple) récemment montés au créneau de façon virulente contre la progression des blogs féminins dans wikio et je me demande finalement si il n'y a pas pour eux l'idée d'une menace confuse et en tout cas clairement un refus de la parité qui ne pourrait se faire qu'au détriment de la qualité (forcément !!). Difficile cependant d'en faire une généralité, à eux deux ils ne constituent pas un échantillon statistique.

Cela m'a fait penser à cet article de Sciences humaines et cette phrase de l'historien de la violence Robert Muchembled "Les sociétés européennes ont toujours exercé une pression sur les jeunes mâles en leur demandant d’attendre leur tour pour les remplacer (le plus tard possible !),...". Et j'y vois un début d'explication.

Vous vous souvenez peut être de François Fillon déclarant qu'il fallait intégrer et former de jeunes femmes au sein des appareils des partis politiques, comme si il n'existait pas de femmes compétentes parmi celles de sa génération. Ça promet la parité dans 15 ans et surtout ça ne lui créée pas une concurrence directe. J'avais déja évoqué ici l'étonnant constat qui veut que tous les représentants de la diversité au Parlement soient en réalité des femmes. Les vieux mâles s'arrangent pour faire porter aux autres les contraintes de la diversité et de la parité. Les partis politiques, dont ils détiennent encore l'essentiel du pouvoir, préfèrent payer des amendes plutôt que les démettre au profit d'autres catégories sociales. Et vous avez certainement remarqué que lorsqu'ils promeuvent des femmes ce sont souvent des femmes plus jeunes qu'eux, la parité ils sont pour mais pas pour leur génération à eux.

Ce qui risque d'arriver à ces jeunes mâles serait que les filles de leur génération progressent plus rapidement qu'eux. Mais leur tour viendra, ils ne seront pas sacrifiés, et qu'ils se rassurent ils restent pour l'instant bien davantage visibles que leurs consoeurs.

Commentaires

1. Le 13/04/2009, 23:34 par dominique

on verra si nous sommes toujours considérées comme l'avenir de l'homme....il est sûr que les femmes accedent de plus en plus aux hautes fonctions, et c'est tant mieux. Je viens par ailleurs de découvrir un truc que tu as peut-être vu passer, et devrait je pense te faire bondir, c'est cette déclaration fine de Yves Cochet , sur le 3eme ventre. Ca me semble être une vraie connerie,( dans l'air du temps) mais pour le coup, il se donne lui même le baton, parce que s'il voyait arriver sur le marché du travail toutes ces nanas qui ont choisi d'enfanter....il se poserait d'autres questions sur sa place...

2. Le 14/04/2009, 11:01 par Nick Carraway

Tu sais, la notion de menace, elle est essentiellement panoptique. Quand tu es comme Minc observateur, ingurgiteur de chiffres et de paraboles, forcément ça peut faire peur, encore que je doute qu'on puisse parler de "sacrifices de jeunes mâles blancs", forcément le mouvement te fait un peu peur. Quand tu te places à ta propre échelle, au coeur du système, tu le perçois beaucoup moins, voire pas du tout. Donc même si ce que décrit Alain Minc existait réellement, je doute qu'on s'en apercevrait, donc qu'en aurait peur...

Tu me décris comme antiféministe, c'est vrai. Mais ce n'est pas votre combat que je dénigre, mais les moyens mobilisés. Je déplore que dans tous les mouvements revendicatifs, ce soient toujours ceux qui crient le plus fort qu'on entend le plus, et ce ne sont pas souvent les plus brillants (je ne te classe pas forcément dans cette catégorie-là dans la mesure où la blogosphère radicalise toujours les propos et les actions qu'un individu donné tient dans la vie : c'est une règle de pratique). Qu'il s'agisse du féminisme comme du syndicalisme, je ne suis pas pour ces mouvements revendicatifs de combat, qui ne font qu'accroître les tensions et stigmatiser certains. Je suis pour un syndicalisme (et le féminisme est un syndicalisme) réformiste et de collaboration. Voilà pourquoi je suis si critique sur certaines blogueuses féministes ;-)

3. Le 14/04/2009, 16:43 par imposture

Je devrais peut-être lire mieux Robert Muchembled avant de commenter, mais le choix du vocable «mâle» ne me paraît pas anodin, faisant du coup fi de la culture et de l'éducation! Si l'on repart sur des bases naturalistes pour justifier nos comportements et différences, on ne s'en sort plus car comme c'est naturel, il n'y a pas d'autre issue que de suivre notre destin naturel et on risque bien de retomber dans des questions que les premières fémnistes avaient pourtant résolues... ou résolu d'évacuer sous peine de rendre la culture vaine.

4. Le 14/04/2009, 16:59 par Gabrielle

quand on a toujours eu toute la place, le jour où on vous demande de partager avec d'autres, on se retrouve avec moins (d'argent, de pouvoir) et on ne trouve pas ça normal car on a pas été habitué. peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles on nous parle tant du "déboussolement" et de la "perte de repère" des hommes?

avec toutes les limites que mes comparaisons comportent:
s'est-on offusqué de la perte des repères de la noblesse après l'abolition des privilèges?
s'offusque-t-on d'une quelconque "perte de repère" des blancs des Etats-Unis à la fin de la ségrégation (au contraire, non?)?

5. Le 14/04/2009, 18:16 par dominique

peut-être aussi qu'une des chances des femmes pour que leur place évolue viendra des hommes, et de leurs propres interrogations sur le couple, le partage , leur sensibilité, leurs besoins de break, de parentalité etc etc...ils sont de plus en plus en plus nombreux aussi à avoir besoin de sortir des concepts à la noix , historiques, traditionnels : tu seras un homme mon fils, un homme ca ne pleure pas...,ca fait vivre sa famille etc etc ...et il n'y aura pas necessairement besoin de lutte fratricide entre hommes et femmes pour trouver nos places. J'aspire à une possibilité de pretendre socialement à des postes comparables mais pas à la parité, pas à ces discriminations positives...et il me semble que les femmes doivent non seulement prendre le temps de conquérir mais ne pas oublier qu'elles sont aussi des mères....et conjuguer les deux , et si être mère peut être prioritaire à certaines étapes...eh bien assumons ça aussi sans pleurer sur notre perte de travail. Il me semble qu'a vouloir beaucoup d'égalité on gomme des différences qui méritent qu'on les défendent aussi.... et puis, récemment , dans une reunion syndicale,un homme, un peu séducteur m'a taquinée voyant que je pouvais me battre sur des terrains de négociation, ne pas laisser tomber des points importants et rire de sujets ou les hommes étaient un peu malmenés : " comment dit on une femme macho ? une macha ?"
alors , il y a des jours ou nous avons un potentiel testosterone qui permet d'être en conquête,mais honnetement , j'aime bien quand ca retombe.... donc se battre pour des droits, pour faire notre place, et puis surtout éduquer ...les petits garçons sont bien élevés aussi par leur maman non ? donc....

6. Le 14/04/2009, 18:53 par carlo

Probable que nous soyons passé d'une discrimination des uns, à une stigmatisation des autres. Comme s'il fallait désormais devoir se distinguer par la forme qu'embrasse son corps, les pigmentations de sa peau ou encore le carcan de son âge. Quelque part je constate, je concède comme vous Olympe mais un monde multiplié de Margaret Tatcher ne m'intéresse pas plus qu'un monde fait d'Alain Minc

Quand au syndicalisme de Nick. De compromis et de cessions qu'avons nous obtenu...Femmes et Hommes confondu?

7. Le 14/04/2009, 21:03 par Gabrielle

Dominique, toutes les femmes ne sont pas forcément des mères, et pour celles qui le sont, ça veut dire qu'il y a un père aussi.

porter l'enfant ne justifie pas forcément qu'on doive s'en occuper plus ou faire plus de sacrifices que son conjoint. c'est un choix, qui doit se faire en toute liberté mais à deux.

8. Le 14/04/2009, 21:07 par Gabrielle

sinon, Nick, un monde fait d'autant de Margaret Thatcher que de Minc m'intéressera toujours plus qu'un monde fait que de l'un ou de l'autre. faut arrêter avec cette pauvre madame Thatcher qui sert d'argument à tout discours anti-parité.

on n'a jamais voulu prouver que les femmes seraient meilleures que les hommes. mais un monde meilleur aurait pour acteurs des femmes et des hommes à égalité.

9. Le 14/04/2009, 21:55 par frieda l'écuyère

Donc, selon ALain Minc, le fameux plafond de verre qui donne son nom à ton blog va bientôt se fissurer de partout, tel un pare-brise déjà impacté ? Quel optimisme !
@Dominique : j'ai cru à une blague, suite à la déclaration de Cochet (que j'ai évoquée sur mon blog avec le mode de vie hallucinant d'une adepte de la décroissance). C'est inepte mais au moins, me semble-t-il, ne s'en est-il pas pris précisément aux femmes, mais aux familles, dans leur ensemble, qui souhaitent un 3e enfant.

10. Le 14/04/2009, 22:15 par olympe

effectivement le terme "mâle" n'est pas anodin, c'est bien pour cela que j'ai choisi l'image des lionceaux, il y a dans ce moment quelque chose d'animal mais de nobelement animal. Imagine-t-on Minc parler des "femelles" ? ce serait péjoratif.

Gabrielle tu as raison, pourquoi faudrait il davantage se préoccuper de ceux qui perdent leurs privilèges ? mais un Madoff vaut des millions de chomeurs.

Frieda, c'est cela même selon lui tout est réglé, suffit d'être patientes ! pour ce qui est de Cochet, je suis interessée par les thèses sur la décroissance mais son raisonnement poussé jusqu'au bout c'est le meilleur des mondes, ou la Chine et son enfant unique.

Dominique, je crois beaucoup à cette idée que la parité c'est dans les 2 sens. quand à l'idée que les garçons sont élevés par leurs mères, il faudra que je fasse un billet un jour là dessus. la plupart ont des pères aussi !

Nick, si je comprends bien tu ne fais pas de politique , tu penses que tout va s'arranger naturellement par la bonne collaboration des acteurs en présence et tu n'aimes pas les gens qui revendiquent. soit tu es dans une situation très privilégiée et tu ne souhaites rien d'autre que le statut quo, soit tu es un vrai bisounours (je vote pour l'hypothèse 1)

carlo, un monde peuplé de M Tatcher et d'A Minc, brrrrr........j'en ai froid dans le dos

11. Le 15/04/2009, 00:21 par dominique

gabrielle bien sûr les enfants ont un père...encore que concretement le modele familial aujourd'hui est quand même aussi fortement monoparental et ensuite je pense sincerement, désolée, que nous avons un rôle tout de même prépondérant , au moins les premières années , et une présence indispensable pour un bon équilibre...qu'il y ait un père ou non...encore plus d'ailleurs s'il n'est pas là...quand à Cochet , moi aussi ca m'inspire un peu la Chine....la décroissance oui pourquoi pas, j'y suis même de plus en plus mais on associe ca tout de même davantage à la "consommation" non ? peut-on parler de consommation de maternité ..

12. Le 15/04/2009, 08:24 par Montetino

Le problème c'est que les hommes sont comme des enfants gâtés : ils ont eu tout ce qu'ils voulaient, et ils s'aperçoivent maintenant qu'ils ne pourront peut-être pas tout garder. Alors ils piquent des crises de colère, tapent du pied ou cassent leur "jouet" (en l'occurrence leur femme), disent et font des choses mesquines (comme Minc qui refuse de reconnaitre que ce qui était anormal c'était la situation précédente, ou les bloggeurs qui se plaignent du classement wikio.). Le problème, c'est que ce sont des "enfants rois", du genre à qui tout le monde cède devant leur colère pour avoir la paix. Et les femmes se trouvent toujours en difficulté.

13. Le 15/04/2009, 08:57 par Gabrielle

Dominique, personnellement j'ai tendance à croire que cette histoire de mère toute-puissante, ou du moins plus puissante que le père est une idée que les femmes devraient lâcher (ce que certaines répugnent peut-être à faire), leur familles ayant tout à y gagner.
mais d'une part je n'ai pas d'enfants, et ensuite je pense que nous ne tomberons pas d'accord de toute façon. et puis ce n'est pas forcément le sujet.

14. Le 15/04/2009, 11:50 par fanchon

Avec M. Field rien d'étonnant ! après 15 jours de préparation par téléphone pour une émission (où je représentais mon assoc, essentielle), tout allait bien. 3 jours avant, la question qui tue : mon âge. J'ai quand même eu le droit de venir dans les rangs du public...
Et là j'ai rencontré son assistante : "si je comprends bien, il ne fallait pas avoir plus de 35 ans ?
- 30 !" Il était à côté et n'a rien dit.
Celle qui m'avait remplacée avait l'âge, son assoc était inconnue et personne n'en a plus jamais entendu parler... Mais elle avait le minois. Et Michel Field n'a jamais pratiqué autrement.

Quant aux jeunes "sacrifiés", il y avait eu une tentative de révolte au PS : ils avaient même signé une tribune dans Libé (qui ne demandait pas mieux).
Mais ils ont senti que ça ne passait plus ; les sénatrices s'apprêtaient à chanter en chœur une version de la Marseillaise que je leur avais préparée.... (je n'ai vu qu'un répétition, mais rien que pour ça je regrette que ça n'ait pas pu aller jusqu'au bout)

Ils ont un trait physique en commun : les dents longues. Et ils retrouvent l'arrogance qu'ils avaient cachée un temps : eux aussi ont perçu la régression.

Quant à Alain Minc, que dire ? tu es trop gentille, Olympe.
En 2005, c'est quand même lui qui écrivait "Epitres à nos nouveaux maîtres" : 2e chapitre, contre les féministes !
À lire : http://livres.lexpress.fr/critique....
(en plus on y rappelle Druon !)

15. Le 15/04/2009, 11:56 par fanchon

pardon, Olympe, j'ai été trop longue, à l'étage au-dessus..
Il vaudrait mieux que j'écrive mes mémoires, décidément. ;-)

16. Le 15/04/2009, 12:14 par imposture

J'avais bien compris aussi que l'image n'était pas un hasard. Ce dont je n'étais pas sûre, c'est si vous étiez ironique. Je crois bien que non. J'accepte une partie de notre animalité, je n'accepte pas que cela serve à justifier l'injustifiable. «il y a dans ce moment quelque chose d'animal mais de nobelement animal»? Je comprendrais vite, hélas il faudrait m'expliquer longtemps...

17. Le 15/04/2009, 19:12 par castor

Désolé si le commentaire est hors-sujet, mais je voudrais revenir sur le manque de filles dans les écoles d'ingénieurs.

Lorsque j'étais en prépa, l'avis sur la parité était rose et positif, un peu comme pour Alain Minc. Les profs se rappelaient l'époque des classes vides de filles et voyaient le chemin parcouru. Les prépas de biologie et de commerce avaient atteint la parité, la maths sup suivrait logiquement, ce n'était qu'une question de temps. Les filles allaient même être avantagées, puisqu'elles étaient déjà majoritaires en filières littéraires.
Dans les grandes écoles, on parlait de faire la parité, l'encadrement encourageait les filles à intégrer. Lorsqu'on est parti dans mon ancienne prépa faire de la retape pour mon école, on nous avait seriné: "Surtout, dites au filles de venir!"
En faisant notre promotion, j'ai regardé la composition de la classe de prépa à qui nous nous adressions. La proportion de filles était la même qu'à la grande école, autant dire que le combat était perdu d'avance.
Depuis, la situation n'a pas vraiment changé. Les grandes écoles ont beau s'escrimer, elles ne peuvent logiquement pas dépasser le taux de parité des prépas. Mais pendant ce temps, j'ai connu plusieurs filles qui à mon humble avis avaient largement le niveau pour la prépa, qui n'ont pas voulu y aller. Je ne sais pas trop si c'est la pression directe (ah, la prépa c'est dur), le choix orienté (les mecs font prépa, les filles médecine), ou autre chose. Polytechnique avait aussi un côté militaire censé être répulsif envers les filles, mais j'ai eu l'impression que cet effet était moindre que ce que l'on pense.
C'est dommage, parce que j'ai peut-être loupé un truc, mais de ce que j'ai vu, la prépa et les écoles d'ingé n'ont pas l'air d'opposer d'obstacles à la venue des filles, c'est juste que les filles ne viennent pas en maths sup. J'ai l'impression que l'on a réussi à les convaincre de se tirer une balle dans le pied sur ce coup là.
Doublement dommage parce qu'une grande partie des postes importants dans la société française sont attribués aux ingénieurs. Et à qui va-t-on demander des rapports sur la politique énergétique, de l'équipement, des transports... ?

18. Le 15/04/2009, 19:32 par Kamizole

J'ai beau être féministe, je ne rêve pas moins d'un monde où il n'y aurait pas besoin de "quotas" - pour les femmes, les étrangers, les jeunes, les vieux, etc... - et où tout le monde trouverait sa place naturellement, uniquement en fonction de ses goûts et compétences.

Encore faudrait-il que les vieux "mâles" ne s'accrochent pas à leurs postes (dans les entreprises ou les partis politiques, les instances du pouvoir) comme bernique à leur rocher.

Que les hommes ou les femmes acceptent que leurs supérieur(e)s hiérarchiques soient plus jeunes si leurs compétences et leur diplômes les placent à de tels postes.

Que tous acceptent d'être commandés par un black ou un beur (minorités les plus visibles) s'il a les titres requis pour occuper cette fonction. Perso, c'est bien chose qui ne m'a jamais gênée.

Je n'ai jamais eu d'attirance d'aucune sorte pour le pouvoir, la domination, la compétition.

J'ai eu la chance d'exercer pendant 20 ans le métier que j'avais choisi (infirmière) et je n'ai eu que fort rarement à me plaindre de l'encadrement - mais quand certaines surveillantes ou quelques médecins sont "hard" et le plus souvent incompétents, ce n'est rigolo pour personne !

Ayant repris des études tardives (grosso modo entre 35 et 45 ans, avec un intervalle où j'ai repris mon activité) j'ai eu le plus souvent des profs ou des chargés de TD nettement plus jeunes que moi. Jamais eu à m'en plaindre, bien au contraire.

A Villetaneuse, fac de banlieue, j'ai pu observer qu'une grande majorité de "beurettes" ou de jeunes black étaient nettement plus travailleuses et assidues que leurs homologues masculins (j'en ai connus toutefois qui travaillaient dur, souvent en parallèle avec un emploi). Sans doute parce qu'elles savaient bien que c'était une chance d'échapper aux pressions du milieu et des familles autant qu'à la stigmatisation des banlieues.

19. Le 15/04/2009, 20:07 par dominique

gabrielle le fait que la mère soit dans un lien privilégié n'est pas nécessairement synonyme de toute puissance...le gynécée , la dyade, on trouve des appellations différentes pour aborder certains moments et aspects de la vie et du développement...et de façon basique, je suis mère, j'ai allaité et ca aussi ca fait parti des moments privilégiés... sur le sujet je pense surtout que les mères sont les premières a faire de leurs petits garçons des demi dieux et des enfants gatés comme le dit Montetino

20. Le 15/04/2009, 23:34 par olympe

imposture, oups, je n'avais pas bu pourtant, l'effet d'un copié collé mal géré à moins que ce ne soit un dérapage de souris. donc je voulais dire "il y a dans ce mot là quelque chose d'animal mais de noblement animal

Fanchon, je t'encourage vivement à écrire tes mémoires, du moins la première partie .

Kamizole, oui on peut réver d'un monde où tous auraient les mêmes chances, mais dans notre société il faut être le roi du pétrole ou rien

Emelire, j'ai une bibliothèque entière de livres sur les femmes et figure toi que je n'ai jamais lu celui-ci (et ce n''est pas faute de ne pas en avoir entendu parler).

Castor, ma fille passe son bac S. elle est bonne élève mais ne veut plus entendre parler de maths ou de physque, c'est vers des sections littéraires ou sciences humaines qu'elle ira. il y a quelque chose dans la façon d'apprendre ces matières qui rebute les filles

Dominique, je répète les enfants ont souvent des pères

21. Le 16/04/2009, 10:09 par Gabrielle

Castor je trouve que ton post à sa place dans la discussion. je fais partie de l'association Femmes Ingénieurs: (http://www.femmes-ingenieurs.org/fe...) qui intervient dans les lycées en partenariat avec le CNISF (Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France) pour promouvoir le métier d'ingénieur, et aussi attirer les filles en leur faisant part de notre expérience.

la façon d'apprendre les matières peut jouer, quoiqu'elle dépende des profs mais c'est surtout l'image et les connotations du métier d'ingénieur, finalement mal connu qui joue en sa défaveur, auprès des deux sexes d'ailleurs, mais encore plus des filles.

on imagine un scientifique dans sa bulle, affublé de grosses lunettes; ou bien un jeune homme "geek" toujours sur ordinateur pour faire du code, ou bien un chef de chantier, casque et pieds dans la boue.
autant de connotations négatives pour des jeunes filles à un âge où les magazines et la télé renvoient l'injonction permanente d'être féminine et glamour, et la crainte d'effrayer les hommes. on explique donc notre quotidien et notre métier en expliquant ce qu'on y trouve d'épanouissant.

parler de l'attirance "naturelle" des filles pour les lettres, la bio, les langues me gêne toujours. je réponds invariablement: j'ai toujours adoré les maths, suis-je une femme malgré tout?

22. Le 16/04/2009, 19:17 par dominique

merci Olympe je ne suis pas sourde bonsoir, mais le père tient la place que la mère lui fait aussi ...mais bon..il semble pas utile de poursuivre

23. Le 16/04/2009, 23:03 par emanu124

Ouais, ben moi les mignonnes minettes j'y crois un maximum..
Elles en veulent les fifilles. Et pas question de leur marcher sur l'escarpin..
J'espère bien qu'elles vont monter en puissance..
Boh, on va laisser une petite place aux hommes, quand même..
Mais une petite..

24. Le 17/04/2009, 14:15 par castor

> il y a quelque chose dans la façon d'apprendre ces matières qui rebute les filles

Des choses qui rebutent dans l'enseignement des mathématiques, j'en vois, mais pas qui soient sexistes (bon en terminale, j'avais une prof, aussi). Tu peux bloquer sur un sujet qui te fait comme un boulet au pieds par la suite, ou tu peux comprendre du premier coup et t'ennuyer lorsque le prof répète trois fois pour ceux qui n'ont pas compris (Les deux ne sont pas exclusifs). Maintenant si ta fille n'aime pas les maths parce que le prof va trop lentement pour elle ce serait dommage qu'elle arrête.

> parler de l'attirance "naturelle" des filles pour les lettres, la bio, les langues me gêne toujours.

J'ai une anecdote à ce sujet. En faisant un échange avec une université russe, on nous avait demandé quel département de l'université nous voulions visiter. Je me suis proposé pour le département de mathématiques. En arrivant, on était fort surpris: Il n'y avait que des filles! Une proportion de filles plus forte que pour une prépa littéraire française. Devant nos interrogations, les russes nous ont regardé d'un air bizarre et nous ont dit que, bien évidemment, la physique (qui permet de faire ingénieur armement, discipline historiquement fort cotée en russie), c'était pour les garçons, et que les maths, c'était un truc de filles.
Depuis, je n'ai plus pu considérer les préjugés sur les filles et les maths que comme du pipotage intégral.

25. Le 17/04/2009, 14:36 par Gabrielle

Castor: tu peux pas savoir comme ça soulage ce genre d'anecdotes. il est vrai qu'en France on a une très grande élite mathématique, c'est sans doute pour cela que c'est "pour les hommes".

26. Le 05/06/2009, 19:05 par jean

Je un mâle blanc encore jeune et je suis admiratif devant la montée en puissance des jeunes "femelles" blanches ou colorées qui sont si capables et volontaires;néanmoins la discrimination sexiste insidieuse existe encore dans nos sociétés et empêche nombre d'entre elles de progresser comme elles le pourraient.
Je partage le combat contre cette discrimination et je ne souhaite pas pour moi des promotions biaisées au détriment de femmes plus performantes ou adaptées que moi.