Les étudiants sortis des grandes écoles en 2008 gagnent déja plus que leurs homologues féminines

J'ai eu il y a quelques jours un échanges de commentaires avec Gularu, charmant  bloggueur, que je trouvai un peu sexiste.

Réponse du jeune homme

"le sexisme est un concept que je trouve dépassé pour ma génération"

Malheureusement je me vois dans l'obligation de lui enlever ses illusions.  Les inégalités entre les garçons et les filles perdurent quoi qu'il en pense.

Exemple du jour l'étude que vient de sortir la Conférence des grandes écoles sur l'insertion des jeunes diplômés.

L’enquête révèle que « les jeunes hommes sortis en 2008 d’une grande école gagnent 10 % de plus que leurs camarades féminines en janvier 2009 ». Toujours selon l’enquête « les hommes de la promotion 2008 perçoivent un salaire brut avec primes de 3 058 euros par mois contre 2 772 euros pour les femmes.

Au bout de deux ans d’activité, l’écart de rémunération se creuse encore : les hommes diplômés de 2007 perçoivent aujourd’hui un salaire 12 % plus élevé que les femmes (3 192 euros par mois contre 2 846 euros). Les jeunes femmes diplômées de grandes écoles connaissent davantage le chômage : 17 % sont en recherche d’emploi contre 12 % des jeunes hommes. Elles occupent également plus souvent des emplois précaires (72 % de CDI contre 83 % chez les hommes) et obtiennent moins fréquemment le statut de cadre et ses avantages.




Commentaires

1. Le 10/09/2009, 21:55 par Marie-Georges Profonde

Ça alors, quelle surprise ! Et a-t-on des hypothèses sur les causes de ces écarts ? Qu'est-ce qui nous dit que les hommes pris pour ces statistiques n'ont pas tout simplement travaillé plus que leurs homologues féminines ?
:D
(désolée mais parfois mieux vaut en rire)

2. Le 10/09/2009, 22:04 par olympe

Marie Georges, en tout cas on ne peut pas dire que c'est à cause des enfants !

3. Le 10/09/2009, 22:31 par Cathy

Mon mari et moi avons tous les 2 fait une grande école - la même. Quelques années après - l'écart entre nos 2 salaires est de 30 % , on a eu des enfants, mais çà n'explique pas tout

4. Le 11/09/2009, 01:11 par frieda l'écuyère

Bingo ! Et la boucle est bouclée. On en revient à ton sujet sur les retraites et au comm' de Misala, à qui j'avais répondu que la question de qui s'arrête pour les mômes est biaisée dès le départ parce qu'avant même leur arrivée l'égalité salariale est du domaine du pur fantasme. S'arrête celui, pardon, celle, qui gagne le moins. Et qui perdra dorénavant ses trimestres de retraite ?

5. Le 11/09/2009, 01:26 par Victoire

Je connais des couples , à diplômes semblables , l'un a fait une belle carrière l'autre a élevé des enfants (très beaux aussi ) devinez lequel des deux ? Mais c'était il y a vingt cinq ans , c'est vrai
Aujourd'hui les deux travaillent dans un couple , progrès indéniable , mais
qui gagne le plus , je vois bien que la balance penche toujours du même côté/

6. Le 11/09/2009, 08:51 par zigazou

Je me suis fait la réflexion suivante : cette situation ne risque pas de changer rapidement mais pas pour une raison de mœurs.

Mettons que 50% des travailleuses (le féminin l’emporte non ?) touchent 12% de salaire en moins (j’arrondis, mon raisonnement n’est pas là), si on veut que la situation soit redressée, il y a alors 3 possibilités : on réajuste à la hausse les salaires des désavantagées, on réajuste à la baisse le salaire des avantagés, ou bien on fait un mix des deux.

C’est bizarre, mais j’imagine mal les avantagés accepter une baisse de 12% de leur salaire… ou même encore un gel des salaires le temps que leurs homologues féminines les rattrapent (ce qui est parti pour prendre encore quelques années)

Quant à une augmentation de 12% de la moitié de la masse salariale, donc une augmentation globale de 6% de cette même masse, je n’y crois pas trop non plus dans un avenir proche, voire moins proche.

Les filles, ça va se jouer à la grapille : avancer euro par euro et ne jamais rien lacher.

Bref, c’est pas gagné…

7. Le 11/09/2009, 09:43 par Gabrielle

ce résultat m'interpelle car le plus souvent, il y a des grilles à l'embauche dans une même entreprise. dans la mienne, et j'ai vérifié, bulletin de paye en main, les jeunes embauchés hommes et femmes des mêmes écoles sont payés pareil. l'écart se creuse ensuite.

s'il n'y a pas de grilles de salaires, il faut négocier; les études montrent que les filles se dévalorisent en sous-estimant le salaire auquel elles pourraient prétendre. première inégalité.

de plus est-ce que l'étude est réalisée tous secteurs confondus? un ingénieur en informatique n'aura absolument pas le même salaire selon qu'il décide de bosser dans la finance ou dans l'environnement . Devinez dans quel secteur les filles vont plus volontiers?

8. Le 11/09/2009, 10:24 par olympe

l'étude complète est en lien

9. Le 11/09/2009, 11:08 par Gabrielle

ok j'ai regardé, effectivement la différence de secteurs d'activités est mentionnée mais il ne semble pas que les salaires soient comparés dans ces secteurs.

une autre chose que cette étude montre, c'est que ce sont les écoles qui comptent les plus fortes proportion de femmes qui s'en tirent le moins bien, y compris pour les hommes de ces écoles. à chaque fois, les diplômés des écoles "les plus féminisées" trouvent leur emploi moins facilement, moins en CDI et sont moins payés à l'entrée indépendamment de leur sexe.
un peu comme la corrélation inquiétante entre la valorisation d'un métier qui baisse à mesure qu'il se féminise.

mais je trouve assez facile de tourner ça dans ce sens, à mon avis il faut pointer que les filles accèdent moins facilement aux écoles les plus cotées...
mais on nous dira que c'est normal puisqu'elles sont moins compétitives aux concours....

10. Le 11/09/2009, 11:11 par Gularu

Justement, comme c'est dépassé pour notre génération, aujourd'hui ce sont les vieux qui payent les jeunes mais quand nous serons aux commandes, il n'y aura plus d'inégalité.

CQFD

11. Le 11/09/2009, 11:40 par olympe

Gularu, je n'avais encore jamais entendu cet argument ! ce sera donc pour les générations qui vous suivront, car je vous imagine mal à 40 ans vous mettre tout à coup à réduire vos salaires pour augmenter ceux des femmes.

Gabrielle, il y a certainement tout un ensemble de facteurs qui jouent. mais les faits sont là

12. Le 11/09/2009, 12:00 par sophie

Peut-être y a-t-il encore un reste de prise en compte du modèle dominant dans la détermination du salaire attendu que souvent un homme était le seul revenu du foyer? Et dire que souvent sur les contrats il est bien rappelé que l'entreprise garantit une rémunération égale à poste égal. On devrait faire comme les annonces marketing des grandes surfaces : "si vous trouvez une feuille de paie qui indique un salaire plus important pour un même poste, nous vous remboursons la différence avec 6 mois rétroactifs"

13. Le 11/09/2009, 12:08 par kiki

Bonjour,
Pour ceux et surtout celles ;-) que ça interessent, l'Association Française des Femmes Ingénieurs présente un document très interessant (et très déprimant) sur la population des femmes ingénieurs (statistiques sur les ingénieurs en France 2008)
http://www.femmes-ingenieurs.org/of...
Bonne lecture et merci Olympe pour ton blog....

14. Le 11/09/2009, 12:08 par kiki

Bonjour,
Pour ceux et surtout celles ;-) que ça interessent, l'Association Française des Femmes Ingénieurs présente un document très interessant (et très déprimant) sur la population des femmes ingénieurs (statistiques sur les ingénieurs en France 2008)
http://www.femmes-ingenieurs.org/of...
Bonne lecture et merci Olympe pour ton blog....

15. Le 11/09/2009, 13:26 par Gabrielle

Olympe, je ne nie pas du tout les faits, je trouvais que la présentation qui en est faite est quelque peu biaisée.

16. Le 11/09/2009, 13:49 par Oh!91

Et y'a pas qu'au sortir des grandes écoles... A compétences égales, à audiences égales, les primes des sportives professionnelles sont d'un gouffre en dessous de celles de hommes (tennis, athlé, natation...) et quand en plus elles n'ont pas droit aux retransmissions (football, rugby...), imagine !

17. Le 11/09/2009, 14:53 par Colombine

Les jeunes femmes diplômées des grandes écoles forment la plus grande cohorte des jeunes salariés en contrat précaire. Ce point donne lui aussi une marge de négociation étroite sur le salaire, quand bien des jeunes salariées très qualifiées cumulent les CDD de mois de 6 mois.

18. Le 11/09/2009, 19:41 par Resh

"ce sera donc pour les générations qui vous suivront, car je vous imagine mal à 40 ans vous mettre tout à coup à réduire vos salaires pour augmenter ceux des femmes."
Pourquoi "réduire nos salaires" ?
Une entreprise ne peux pas grimper certains salaires sans baisser les autres ?
Et puis c'est quoi ce "vous" ?
Vous croyez que y'a une conspiration de toute la gente masculine pour faire pression sur les DRH et imposer le vol de 5% du salaire des femmes ?

19. Le 11/09/2009, 20:10 par olympe

Resh, lisez avant de mordre. je répondais à Gularu qui parlait de sa génération en disant nous.

20. Le 12/09/2009, 18:38 par dwormiller

@ Olympe
Tu travailles au service des droits des femmes et de l'égalité? Je suis convaincu que tu es fonctionnaire.

21. Le 12/09/2009, 19:00 par olympe

ni l'un ni l'autre.
les synthèses d'actualité du SDFE sont en libre accés et comme je m'intéresse un peu au sujet je les lis. Étonnant non ?
au fait je croyais que tu ne devais plus venir.

22. Le 13/09/2009, 18:36 par ariane

Sur ce sujet, nous ne pouvons que conseiller la lecture du "Petit traité contre le sexisme ordinaire" de Brigitte Grésy chez albin michel.
Où elle identifie les trois disgâces qui frappent les femmes dans le monde professionnel : manque de confiance en soi, surinvestissement et dévalorisation et les trois nouvelles grâces : confiance, compétence et conscience !
A lire absolument pour débusquer, comprendre et combattre le sexisme ordinaire.

23. Le 13/09/2009, 20:30 par olympe

Ariane, oui j'ai fait un lien vers son site. et j'aurais moi même quelques petites anecdotes à raconter .

Bon du coup j'ai commandé le bouquin , ça me fera un sujet de conversation à la cantine !