Les féminismes aujourd'hui : 3/ Le revers de la médaille
Par Olympe le mercredi 6 mai 2009, 19:22 - Lien permanent
Donc,
la vie des femmes a bien changé depuis les années 60. Personnellement je pense
que c'est plutôt en mieux.
Mais il reste encore du chemin à parcourir et ces évolutions ont même amené ce qu'on pourrait appeler des effets pervers.
La révolution sexuelle (liée au contrôle de la fécondité puisque désormais les femmes peuvent faire ce qu'elles veulent sans avoir comme leurs mères la hantise d'une grossesse non désirée), a entrainé des mutations profondes. Dont les jeunes filles aujourd'hui semblent ne pas avoir conscience.
- La société très pudibonde encore au début des années 60 a fait exploser les normes morales. Le corps et le sexe n'ont plus grand chose de tabou. En contrepartie les corps très dénudés s'affichent un peu partout, et il se trouve que ce sont généralement des corps féminins. Et malheur à celles qui se déclarent choquées, humiliées, elles ont vite fait d'être traitées comme des censeurs (au mieux) ou des mal baisées (au pire).
- Ces corps exposés sont directement soumis à la contrainte de nouvelles normes : être bronzée lorsqu'est apparu le bikini, être mince, être très mince... Les pressions subies par les hommes existent aussi mais à un degré bien moindre. Dans l'inconscient collectif l'homme reste le chasseur.
L'acquisition d'une indépendance financière la majorité des femmes travaillent aujourd'hui.
- Mais dans le même temps les taches ménagères n'ont pas été partagées, (les hommes eux non pas changé leurs activités), les gains en temps sont dus aux appareils électroménagers ou aux aliments déjà préparés. Résultat : pour beaucoup de femmes la charge de travail a augmenté. Les hommes eux n'ont pas fait leur révolution e
- Le fait de travailler a été considéré par les féministes universalistes comme une condition sine qua non de l'égalité. "Tout ce que les hommes font, on peut le faire" et une revendication importante est, aujourd'hui encore, celle d'une multiplication des places de crèches. C'est évidemment une bonne chose, mais dans le même temps celles qui préfèrent passer du temps avec leurs petits enfants sont stigmatisées, car éloignées du marché du travail. Il est vrai qu'elles ont bien du mal pour certaines à le rejoindre ensuite. Or, il se trouve que des femmes (j'ignore dans quelles proportions, mais j'en ai fait partie) s'épanouissent aussi dans la grossesse et le maternage et que la problématique qui se présente à elle n'est pas tant celle des modes de garde que celle de pouvoir retrouver sa place dans le monde du travail si elles choisissent de s'arrêter ou d'arriver à dégager davantage de temps pour leurs enfants si elles décident de travailler. Problématiques non prises en compte actuellement et qui concernent également les hommes.
L'élargissement des choix professionnels
- Toutes les professions sont aujourd'hui ouvertes aux femmes et les gouvernements ou les organisations professionnelles font des campagnes pour qu'elles n'hésitent pas à se lancer dans des métiers traditionnellement masculins.
- Mais je n'ai jamais vu de campagne visant à revaloriser les métiers traditionnellement féminins pour y attirer des hommes. De façon générale tout ce qui est réalisé par les femmes n'est pas considéré. Qu'on se rappelle avec quel mépris Xavier Darcos avait jugé l'activité qui consiste à faire faire la sieste à des enfants et à changer leurs couches, ou celui d'un Destrem lorsqu'il parle de sa femme de ménage. Et comme vous le savez tout ce qui n'est pas valorisé est mal payé.
- Le plafond de verre est une réalité bien concrète (là je vous laisse relire ce blog).
Or, j'ai quelquefois l'impression que les mouvements féministes en sont restés à la consolidation des revendications des années 60/70.



Commentaires
Merci Olympe pour votre blog.
Je vais sans doute me répéter, mais je reste persuadée que une des solutions au problème de la place de la femme et au problème de l'éducation des enfants reste la valorisation de la paternité.
Seuls les hommes peuvent faire aisément des heures sup et donc se voient facilement attribués une promo par exemple.
Et un enfant avec des parents absents ou un père inexistant n'a guère de probabilité de l'épanouir dans le bon sens , ie vers le haut !
Un enfant ne se fait pas toute seule. On ne laisse pas assez aux jeunes père du temps pour établir contact avec l'enfant et construire au quotidien une relation véritable.
L'homme n'étant pas centré sur son foyé a tout loisir alors de se concentrer sur le travail, le pouvoir, etc. et on pond des générations de gamins malheureux qui en plus ne voit que leur mère trimer à la maison et donc reproduiront le schéma !
"Or, j'ai quelquefois l'impression que les mouvements féministes en sont restés à la consolidation des revendications des années 60/70"
En fait, pour ce qui est du contrôle de la fécondité, on est en train de leur retirer ce qu'on leur a donné et je trouve que cela ne réagit pas beaucoup.
En témoigne le rapport rendu hier par le Conseil d'Etat concernant la bioéthique qui aurait dû en faire bondir quelques- unes quand même...
On lit dans ce rapport que le Conseil d'Etat, haut-lieu du sexisme puisqu'il est composé d'au moins 75% d'hommes, est opposé à l'aide à la procréation médicale pour les femmes célibataires ou homosexuelles afin d'écarter la possibilité de créer un enfant sans père...On fait ce qu'on veut de nos corps, n'est-ce-pas les filles ? Y'a pas de doute...
Mieux encore, le Conseil d'Etat est contre la légalisation des mères porteuses. Bon, soit, on peut discuter, ça peut partir d'un bon sentiment...marchandisation du corps etc, etc...why not ? Sauf que la réalité, c'est qu'il y a de nombreux pays qui ont légalisé cette pratique (tels que l’Afrique du Sud, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Danemark, le Royaume-
Uni, les Pays-Bas, la Belgique et certains Etats américains) et que rien n'empêchera jamais un couple d'aller dans un pays étranger pour l'utiliser. Et cela, il en a bien conscience alors que propose-t-il pour résoudre le douloureux problème du statut de l'enfant né d'une mère porteuse ? Réfléchissez bien avant de répondre...car la réponse est au-delà de ce qu'on peut imaginer...
La solution, pour le Conseil d'Etat, c'est :
- filiation établie à l'égard du père, donneur de gamètes
- pas de filiation possible à l'égard de la mère non biologique ou mère d'intention. Eventuellement, sur demande du père, il peut être consenti à l'égard de celle-ci une délégation-partage de l'autorité parentale...Oui, oui, relisez, c'est bien écrit...les femmes mariées ou en couple ont obtenu l'exercice conjoint de l'autorité parentale dans les années 70 et là, hop, on est en train d'écrire OK mais cela ne vaut pas pour celles qui élèveront un enfant issu d'une mère porteuse.
On aurait pû considérer que, certes, la pratique des mères porteuses est illégale mais qu'il faut bien trouver un statut pour préserver l'enfant dans ce triangle formé par le père, la mère non biologique et la mère biologique. Je suis sûre qu'avec un peu d'imagination, on aurait pu élaborer un statut égalitaire pour ces trois personnes...mais bon, c'est certainement pas dans les couloirs poussiéreux de cette Haute Assemblée, peuplée d'énarques conservateurs et machistes que la créativité risque de monter au cerveau.
A l'extrême limite, on aurait pû estimer, à défaut d'établir une filiation nette à l'égard de la mère d'intention, que l'exercice de l'autorité parentale était pour elle présumé ou qu'elle pouvait en demander la reconnaissance. Mais ma p'tite dame, cela ne va pas non ?!?. Il faut l'autorisation du mari pour un truc pareil ! D'ailleurs, que dis-je, il faut plus qu'une autorisation, il faut que ce soit lui qui le demande...
Beau retour en arrière n'est-ce-pas ? Et ce sera prochainement voté, soyez en sûre...
A noter que sur certaines îles françaises de l'hémisphère sud, le don d'enfants est régulièrement pratiqué en vertu d'un droit coutumier local auquel le Conseil d'Etat ne trouve rien à redire...comme quoi, on n'est vraiment pas tous égaux sur le territoire français...
Enfin, je suis rassurée...les sexistes du Palais royal ont autorisé la recherche sur les cellules souches embryonnaires Pourquoi ? je vous le donne en mille : parce que c'est autorisé dans plein de pays...Comme ça, des chercheurs mâles pourront p'tète réussir par la science à cloner des beaux bébés mâles, histoire d'éliminer définitivement toutes ces femelles qui se plaignent tout le temps...Mais non, ma p'tite dame, vous divaguez, c'est juste scientifique, c'est pour soigner les maladies...
Bien envie de répondre : ah ouais, dis-moi, c'est toi l'énarque planqué sous les ors de la République qui va aller les surveiller ?
"Mais je n'ai jamais vu de campagne visant à revaloriser les métiers traditionnellement féminins pour y attirer des hommes."
J'en ai vu une, une fois, mais impossible de la retrouver sur le net... Il s'agissait d'une photo d'homme, torse nu, musclé, qui tenait un bébé dans les bras, et c'était pour une école de sage-femme.
Virginie, la place du père oui, mais lorsqu'il veut bien la prendre (ce qui devient de plus en plus rare il faut l'admettre)
"Et un enfant avec des parents absents ou un père inexistant n'a guère de probabilité de l'épanouir dans le bon sens , ie vers le haut !"
Je trouve que c'est malheureusement bien sous estimer le rôle d'une mère célibataire ou d'une quelconque personne donnant de l'amour à un enfant, que de dire qu'il ne peut pas s'épanouir dans le "bon sens". Tous les enfants qui n'ont pas leurs deux parents sont-ils voués à être des rebuts de la société?
Désolée Olympe de squatter un peu les commentaires, mais là franchement, on attend un niveau bien bas, et très loin du féminisme
Tu as oublié de mentionner l'inégalité des salaires. Les femmes travaillent mais n'ont pas assez de formation - par rapport aux hommes - elles retrouvent moins vite du travail et sont plus rapidement et plus longuement précarisées (80% des allocataires du RMI sont des femmes) ... En cas de divorce ou de ruptures elles se retrouvent seules avec les enfants etc
Chose que j'ai remarquée dans ma branche (audio-visuel technique ) : quand un secteur s'ouvre aux femmes (ingé son par ex ) c'est qu'il est en voie de dévalorisation - les femmes acceptant toujours des postes moins payés et sont plus facilement corvéables ...
Des secteurs comme l'animation 3D ( qui se fait avec des logiciels de pointe, très techniques) est uniquement composé d'hommes. En moyenne 1 fille par promo dans certaines écoles guère plus - par contre on va retrouver les filles au gouachage et au coloriage ...