mai_68.jpgDonc, la vie des femmes a bien changé depuis les années 60. Personnellement je pense que c'est plutôt en mieux.

Mais il reste encore du chemin à parcourir et ces évolutions ont même amené ce qu'on pourrait appeler des effets pervers.

La révolution sexuelle (liée au contrôle de la fécondité puisque désormais les femmes peuvent faire ce qu'elles veulent sans avoir comme leurs mères la hantise d'une grossesse non désirée), a entrainé des mutations profondes. Dont les jeunes filles aujourd'hui semblent ne pas avoir conscience.

  • La société très pudibonde encore au début des années 60 a fait exploser les normes morales. Le corps et le sexe n'ont plus grand chose de tabou. En contrepartie les corps très dénudés s'affichent un peu partout, et il se trouve que ce sont généralement des corps féminins. Et malheur à celles qui se déclarent choquées, humiliées, elles ont vite fait d'être traitées comme des censeurs (au mieux) ou des mal baisées (au pire).
  • Ces corps exposés sont directement soumis à la contrainte de nouvelles normes : être bronzée lorsqu'est apparu le bikini, être mince, être très mince... Les pressions subies par les hommes existent aussi mais à un degré bien moindre. Dans l'inconscient collectif l'homme reste le chasseur.

L'acquisition d'une indépendance financière la majorité des femmes travaillent aujourd'hui.

  • Mais dans le même temps les taches ménagères n'ont pas été partagées, (les hommes eux non pas changé leurs activités), les gains en temps sont dus aux appareils électroménagers ou aux aliments déjà préparés. Résultat : pour beaucoup de femmes la charge de travail a augmenté. Les hommes eux n'ont pas fait leur révolution e
  • Le fait de travailler a été considéré par les féministes universalistes comme une condition sine qua non de l'égalité. "Tout ce que les hommes font, on peut le faire" et une revendication importante est, aujourd'hui encore, celle d'une multiplication des places de crèches. C'est évidemment une bonne chose, mais dans le même temps celles qui préfèrent passer du temps avec leurs petits enfants sont stigmatisées, car éloignées du marché du travail. Il est vrai qu'elles ont bien du mal pour certaines à le rejoindre ensuite. Or, il se trouve que des femmes (j'ignore dans quelles proportions, mais j'en ai fait partie) s'épanouissent aussi dans la grossesse et le maternage et que la problématique qui se présente à elle n'est pas tant celle des modes de garde que celle de pouvoir retrouver sa place dans le monde du travail si elles choisissent de s'arrêter ou d'arriver à dégager davantage de temps pour leurs enfants si elles décident de travailler. Problématiques non prises en compte actuellement et qui concernent également les hommes.

L'élargissement des choix professionnels

  • Toutes les professions sont aujourd'hui ouvertes aux femmes et les gouvernements ou les organisations professionnelles font des campagnes pour qu'elles n'hésitent pas à se lancer dans des métiers traditionnellement masculins.
  • Mais je n'ai jamais vu de campagne visant à revaloriser les métiers traditionnellement féminins pour y attirer des hommes. De façon générale tout ce qui est réalisé par les femmes n'est pas considéré. Qu'on se rappelle avec quel mépris Xavier Darcos avait jugé l'activité qui consiste à faire faire la sieste à des enfants et à changer leurs couches, ou celui d'un Destrem lorsqu'il parle de sa femme de ménage. Et comme vous le savez tout ce qui n'est pas valorisé est mal payé.
  • Le plafond de verre est une réalité bien concrète (là je vous laisse relire ce blog).

Or, j'ai quelquefois l'impression que les mouvements féministes en sont restés à la consolidation des revendications des années 60/70.