Les féminismes aujourd'hui : 2/ Ce qui a changé dans la vie des femmes depuis les années 60
Par Olympe le lundi 27 avril 2009, 19:27 - Lien permanent
La vie a bien changé depuis l'époque du MLF, au point que pour beaucoup le féminisme est aujourd'hui dépassé.
L'égalité des droits est en France une réalité, mais qui n'est
pas si ancienne que ça (détail
sur le site du planning familial)
- - droit de vote pour les femmes : 1944
- - liberté d'exercer une profession sans avoir à obtenir l'autorisation de l'époux : 1965
- - liberté de disposer de ses biens propres (réforme des régime matrimoniaux): 1965
- - l'autorité parentale remplace l'autorité paternelle : 1970
Le contrôle de la fécondité, ce fut l'un des axes majeur des combats féministes des années 60.
- - La pilule contraceptive a été mise au point au milieu des années 50 mais il a fallut attendre la loi Neuwirth pour qu'elle soit autorisée en France, la publicité pour les moyens contraceptifs restant longtemps interdite (sauf dans les revues médicales ).
- - loi Veil sur l'IVG 1975
La révolution sexuelle dans les années 60 une fille devait rester vierge jusqu'au mariage sous peine de voir sa réputation, et celle de sa famille, gravement entachée. Celles qui donnaient naissance à un enfant hors mariage étaient qualifiées d'un très péjoratif "filles-mères" . Et celles qui fêtaient Sainte Catherine, c'est à dire qui n'étaient pas mariées à 25 ans devenaient des "vieilles filles". Pour les femmes point de salut hors le mariage. Aujourd'hui les femmes ont une existence sociale en dehors du mariage et la première dame de France peut se vanter de ses 30 amants sans susciter de scandale.
L'acquisition d'une indépendance financière au début des années 60, la plupart des femmes renonçaient à toute activité professionnelle pour se consacrer à leur foyer. C'était la noble mission qui leur était assignée. Toutes ne s'y épanouissaient pas, mais elles se trouvaient surtout complètement dépendantes d'un conjoint et dans l'impossibilité de subvenir à leurs besoins en cas de séparation . Aujourd'hui, il apparait normal qu'une femme, mariée ou non, travaille.
L'élargissement des choix professionnels. Encore dans les années 70 les filles apprenaient la couture et la cuisine à l'école, les garçons la menuiserie ou la soudure et les orientations professionnelles étaient complètement sexuées. Aujourd'hui toutes les études, tous les métiers sont ouverts aux 2 sexes en droit, mais aussi en réalité (sauf curé !)
La prise de parole des femmes. Les femmes se taisaient en présence des hommes. C'est même l'une des raisons de la constitution de groupes féministes dans les universités en mai 68, les filles n'arrivaient pas à en placer une pendant les AG
(Avis aux commentateurs : j'ai peut être oublié des choses merci de compléter. Par contre ne dites pas "oui, mais en réalité etc....." il y aura d'autres billets pour évoquer la réalité d'aujourd'hui).






Commentaires
Merci pour ce rappel.
Un tag en passant là : http://polluxe.wordpress.com/2009/0...
«Avis aux commentateurs : j'ai peut être oublié des choses merci de compléter.»
J'ai lu un peu en diagonal, mais il me semble pas avoir vu l'abolition du devoir conjugal et la reconaissance du viol entre conjoints (1990 et 1992 si j'ai bien lu)
Polluxe, ok pour le tag
Elly, j'ai hésité à en parler. J'ai trouvé quelque chose de très complet la dessus mais n'étant pas juriste j'ignore si tout cela est exact, http://www.feministes.net/iacub_cri...
1990 – Le viol entre époux. Faits : le prévenu, après avoir exercé diverses violences sur son épouse enceinte, l’aurait contrainte à se dévêtir, l’aurait ligotée, bâillonnée, flagellée, lui aurait appliqué aux seins des pinces à linge, tailladée au couteau diverses parties du corps, avant de lui imposer par la force des actes de pénétration vaginale, anale, lui introduisant en outre des corps étrangers. La cour de cassation a retenu l’accusation de viols aggravés accompagnés de tortures ou d’actes de barbarie. C’est donc la première fois qu’un juge reconnaît le viol entre époux, mais dans un contexte de violences très particulières.
1992 – Faits : depuis 18 mois deux époux font chambre à part, de part la volonté de la femme. Une nuit le mari entre dans la chambre de la femme, la soulève par les épaules, l’allonge sur le lit et déclare " je vais te violer" avant de passer à l’acte. Ces faits se sont reproduits plusieurs fois. La cour de cassation a confirmé la possibilité de viol entre époux : dorénavant, il y a consentement à des relations sexuelles entre époux jusqu’à preuve du contraire.
Dans un registre plus "léger", les femmes ont vu, depuis les années 60, le registre des épreuves sportives s'élargir, leur permettant de faire peu à peu les mêmes épreuves que les hommes. Ce qui était loin d'être la cas auparavant. En athlétisme, le sport que je connais le mieux, les femmes ont eu "droit" en compétitions officielles au 400mH vers 1975, au marathon dans les années 80,au triple saut-perche-marteau vers les années 90, au steeple tout récemment. Il reste comme je l'ai évoqué "chez moi", un truc qu'elles ne sont pas autorisées à pratiquer aux Jeux Olympiques, c'est le saut à ski [qu'elles peuvent pratiquer depuis très peu de temps en championnats du monde]. Le foot féminin doit être aux Jeux Olympiques depuis assez peu de temps aussi... Je ne suis pas une experte en histoire du sport féminin [je ne connais par exemple pas les dates précises de "l'acceptation" des femmes dans certaines épreuves]. C'est seulement mon vécu et mes observations que j'évoque! Mais c'est un sujet qui m'intéresse!...
Je n'ai pas trouvé la date à laquelle les déclarations d'impôts ont dûes être signées par le conjoint. Avant une épouse pouvait ignorer totalement ce que son mari possédait.
1965 : grâce à la loi sur les régimes matrimoniaux, les femmes obtiennent le droit de gérer leurs biens propres (chacun des époux devient autonome sur le plan financier).
L’article 222 du Code civil vient renforcer la capacité juridique de la femme mariée qui peut exercer une profession sans l’autorisation de son mari. Elle peut ouvrir seule un compte bancaire,
1968 : les femmes forcent les portes de la bourse,
1985 : les époux gèrent à égalité le patrimoine.
Euréka :
1970: les femmes peuvent ouvrir un compte bancaire sans le consentement de leur mari
1983: pour la première fois, elles apposent leur signature sur la déclaration fiscale du foyer
1985: les femmes sont enfin habilitées à gérer le patrimoire du couple à égalité, c'est à dire à emprunter librement en engageant les biens communs."
Olympe, connaissant un peu ;) féministes.net, ce qui est résumé sur le lien sont les propos exacts de Iacub qui a bcq travaillé sur l'historique des lois sur les violences sexuelles.
L'égalité une réalité en France? En théorie peut-être mais dans les faits...en tout cas moi j'ai du mal à la voir. Ne serait-ce que dans le travail.
Petite anecdote: il y a 3 ans de ça j'ai fait quelques recherches sur les moyens de contraceptions dans différents pays, dont la stérilisation comme moyen. En France, elle était presque automatiquement refusée si on n'a pas encore d'enfant ou si on a QUE des filles. Si on a que des garçons en revanche c'est pas grave, au contraire. Je crois qu'il n'y a rien à ajouter.
Moui, prendre M.Iacub comme référence féministe c'est comme prendre E Badinter: y'a comme une erreur de postulat à la base chez l'une comme chez l'autre.
Résumons, un truc que j'ai dans un coin:
"L'article L 222-23 dispose que : "Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol".(...)
Dans une décision du 11 juin 1992, la Cour de cassation a confirmé cette jurisprudence en affirmant clairement que "la présomption de consentement des époux aux actes sexuels ne vaut que jusqu'à preuve contraire"(...) Depuis la loi du 4 avril 2006, renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple, le viol d'une épouse est d'ailleurs plus sévèrement puni que celui d'une inconnue."
Heu.. p'tet un (long) lien:
http://www.net-iris.fr/veille-jurid...
Pour alice: l'égalité existe dans les textes (enfin, mettons que c'est en cours).
L'application des textes est toujours à la discrétion des gens qui sont censé-e-s la mettre en place, et c'est là que ça pêche.
"En France, elle était presque automatiquement refusée si on n'a pas encore d'enfant ou si on a QUE des filles. Si on a que des garçons en revanche c'est pas grave, au contraire. Je crois qu'il n'y a rien à ajouter."
Alice, tu peux développer ça stp, on donner un lien ? Ça m'intéresse... Merci.
Quand je pense qu'on avait pas tout ces droits qui nous semblent, et heureusement, normaux aujourd'hui, il y a seulement 50 ans !
Comme quoi le monde bouge vite, enfin dans certaines sociétés, c'est pas chez les talibans qu'on va en arriver là tout de suite..
Comme MelleS, selon Alice: "refusée si on n'a pas encore d'enfant ou si on a QUE des filles. Si on a que des garçons en revanche c'est pas grave," ça m'interroge.
Je sais les difficultés que peuvent avoir (ou avoir eu) des femmes pour une ligature des trompes avant 40 ans ou plus, mais là j'avoue...?
Au fait, du côté du professorat des femmes, pour l'accès au secondaire et au supérieur, aussi, il y a eu des changements, mais je n'ai plus le bouquin sous la main pour vous donner les dates.
C'est celui la:
http://www.collectionreperes.com/ca...
"Aujourd'hui toutes les études, tous les métiers sont ouverts aux 2 sexes en droit, mais aussi en réalité (sauf curé !)"
... et sous-marinier!
@MlleS et Mebahel, je vous certifie que j'ai trouvé cette condition de refus sur un site internet d'info sur la contraception. J'ai cherché mais je ne retrouve plus la page. J'ose espérer qu'elle a été retirée depuis. C'était il y a 3 ans. Je regrette maintenant ne pas avoir imprimé la page à l'époque.
pour la ligature des trompes, c'est à partir de 40 ans et avoir déjà un plusieurs enfants.
Avant les 40 ans si vous avez un blem de santé grave.
Il y a un protocole à suivre avec un délai de réflexion de 3 mois.
Je sais que c'est vraiment terre à terre, mais... le fait de pouvoir disposer de protections hygiéniques jetables, peu encombrantes et discrètes fait à mon aussi partie des avancées qui permettent aux femmes de se déplacer plus facilement.
Sinon, je n'ai plus la date, mais le fait que le domicile conjugal ne soit plus celui de l'époux ne date que des années 1980. Et si je me souviens de mes cours de droit (1984-1986), à cette époque pas si ancienne, une femme qui portait son nom et ne prenait pas celui de son mari pouvait, dans le cadre d'un divorce, en subir des désagréments (en amour la charge de la preuve est à la femme si j'ai bien compris, bien que ça ne soit absolument pas légal). Pendant que j'y pense, le divorce par consentement mutuel a été une belle avancée (années 1980 si je me souviens bien).
merci pour tous ces compléments, Sodroppe tu as raison, spontanément je ne pense pas au sport, mais le choix pour les femmes s'est élargi.
Valérie, Mahabel vous dites la même chose me semble t il à propos du viol conjugal, même si vous n'avez pas les mêmes références.
pour ce qui est de la stérilisation, ça vaudrait le coup de chercher mais je sais que c'est autorisé depuis quelques années seulement.
Aude, oui on peut se réjouir, mais le chemin est loin d'être fini contrairement à ce que pense beaucoup de gens
Hoshiko, c'est encore vrai ça ?
Je ne crois pas qu'il y ait de loi claire concernant la ligature des trompes. Pour ce que j'en sais, elle n'est ni interdite, ni autorisée. Des médecins la refusent systématiquement, argumentant que même la patiente pourrait se retourner contre eux en les accusant de "mutilation", des anesthésistes refusent d'endormir pour des motifs similaires (en cas de décès accidentel -ça arrive- les proches de la femme pourraient de même se retourner contre eux).
D'autre médecins imposent leurs propres critères, ce qui explique les textes fantaisistes du genre "n'avoir que des filles". Il est effectivement difficile de trouver un médecin qui accepte de stériliser une femme n'ayant pas eu d'enfant, il faut vraiment trouver le bon et argumenter solidement. Un critère moins fantaisiste mais assez fréquemment rencontré est la contre-indication des modes de contraception réversibles.
Car il ne faut pas oublier la question de la réversibilité. On peut changer d'avis... ou de conjoint, et les médecins ayant réalisé une ligature sont parfois confrontés à des demandes de re-perméabilisation des trompes, ce qui les rend prudents par la suite, car si la réussite de cette intervention n'est pas absolument impossible, elle est quand même très aléatoire.
Il y a une obligation légale et très féministe qui n'est pourtant que très rarement pratiquée par les femmes: celle de garder envers et contre tout leur nom de naissance.
Non seulement rien n'oblige une femme mariée à prendre le nom de son époux, mais c'est une simple tolérance, un usage, de changer de nom à son mariage. Pourtant, beaucoup le font, presque toutes devrais-je dire, et les formulaires prévoient tous une case "nom de JEUNE FILLE" assez rigolote quand on a passé la soixantaine, qu'on a quatre enfants et trois petits enfants.
Sans compter les banques et les impôts qui s'acharnent à appeler "mademoiselle" les femmes non mariées. Usage encore, et assez stupide il faut bien le dire.
Dans l'armée on continue à faire de la discrimination : par exemple il n'y a pas de femme plongeur démineur ... à cause des règles des femmes qui selon la légende misogyne attireraient les requins ... alors qu'ils ont tout le matos (harpons décharges électriques etc) pour éloigner les requins alors que les hommes n'ont pas de règles ... cherchez l'erreur ...
Pour les sous-mariniers, l'Armée ne l'interdit pas dans les textes, mais dans les faits.
L'idée, c'est qu'un sous-marin est un espace clos pendant des mois et qu'y mettre une femme parmi beaucoup d'hommes risque de poser des problèmes (ils voudront tous se la taper, quoi!).
Bon, ça me semble être pareil que sur un porte-avion où il y a des femmes, pourtant...
"Il y a une obligation légale et très féministe qui n'est pourtant que très rarement pratiquée par les femmes: celle de garder envers et contre tout leur nom de naissance."dit Jardin.
Oui, et ça vient de loin... comme si une femme gagnait *enfin* une identité en étant épouse de...
Et moi aussi, je tente qu'on cesse de noter 'mademoiselle' de ci de là...
Olympe: exact, je refuse de prendre Iacub comme référence.Par principe :-)
Sauf erreur de ma part, divorce par consentement mutuel: juillet 1975
Pour Jardin: la stérilisation, c'est vrai, suppose qu'on ne pas changer d'avis, et la judiciarisation galopante de notre société fait peur aux corps médical, ça je peux le comprendre.
A côté de ca, les femmes qui veulent le faire, c'est de leurs corps qu'il s'agit, donc, comment s'opposer une fois la décision mûrie?
Quant à l'idée que des hommes ne pourraient s'empêcher de désirer une femme à bord...on n'a jamais vu une couille exploser.. faudrait éduquer les hommes un jour., à ce sujet :-)
Bref, ça me paraît être un argument qui renvoie, une fois de plus, la culpabilité du sexe dans le camp des femmes, quoi.
Bonjour
Le panorama est complet, je rajouterais tout de même la loi d'Yvette Roudy en 1983 sur l'égalité des salaires entre hommes et femmes + les progrès immenses dans les études (et la réussite scolaire) des femmes.
Bonjour,
Il y a cinquante ans, les femmes ne portaient pas pantalon et portaient un foulard dans les églises ! Ce n'est pas qu'un détail. Certes, il y avait peut-être des exceptions, mais très très rares, et depuis, les églises sont vides.
Je ne comprenais pas, à l'époque, que les femmes acceptaient si facilement leur statut.