Les lieux publics sont-ils plus dangereux pour les femmes que pour les hommes ?

L'un de mes précédents billets évoquait la question de la peur que peuvent ressentir les femmes dans les lieux publics. Il a donné lieu à des échanges nourris.

De ceux-ci il ressort à mon avis qu'il convient de scinder le débat en plusieurs questions .

  1.  les lieux publics sont ils plus dangereux pour les femmes que pour les hommes ?
  2.  avons nous tort ou raison d'avoir peur, d'être prudentes et d'inculquer cette prudence à nos filles ?
  3. comment sont perçues les victimes de violence, comment réagir ?

Je suis un peu surprise de ne pas avoir trouvé de réponse claire à la première question. Je ne dis pas qu'elles n'existent pas, mais après avoir cherché autant que j'ai pu sur le net, j'ai recueilli pas mal de données sans arriver à les croiser entre elles.
J'ai également exploité les liens de mes derniers commentateurs. Je vous conseille notamment celui-ci, mais il faudrait avoir lu le livre pour en parler.


Les données les plus complètes se trouvent dans  l’enquête de victimation 2007. (Extraits du rapport annuel de l’Observatoire national de la délinquance).
La même enquête 2009 vient d'être publiée avec des chiffres plus récents, mais sa mise en forme est moins claire et globalement les ordres de grandeurs restent les mêmes.



Je ne dirai rien sur les violences internes aux ménages puisque ce n'est pas le sujet du jour. Que ceux qui voudraient en profiter pour répéter une nouvelle fois que les hommes sont aussi nombreux que les femmes a en souffrir commencent par lire la note dans son ensemble.


Pour les violences hors ménage, les hommes sont en majorité (58,8 %) victimes d’un inconnu alors que l’auteur est connu personnellement par 55 % des femmes victimes. Il s’agit pour 32 % d’entre elles d’un ex-conjoint .

Ces statistiques sont intéressantes, elles nous apprennent que l'INHES estime qu'un 2007/2008 150 000 femmes ont subi un viol ou un rapport sexuel forcé, pour la moitié cela s'est déroulé  au sein du ménage. Le nombre d’hommes se déclarant victimes de viols est quasiment nul, ce qui signifie que les 150 000 victimes de viols sont presque exclusivement des femmes.

Soit  0,7% des femmes de 18 à 75 ans .

Ai je le droit d'extrapoler et d'en conclure que

- 0,35%  des femmes sont concernées sur une année (puisque la statistique concerne 2007/2008) et 0,175%  de ces faits ne sont pas dus à un conjoint

- entre 18 et 75 ans soit sur une période 57ans, une femme a 57*0,175% de probabilité de subir un viol ou une agression sexuelle (hors conjoint), c'est à dire 10% ?  (voir Edit en fin de billet)
 
Si c'est le cas, ça fait peur !

Mais je n'ai pas répondu à ma question de départ.

Au vu du graphique les hommes sont davantage victimes de violences, mais comment comparer ?  Que recouvrent les violences physiques ? il y a un monde entre des coups reçus à l'occasion d'une bagarre et une agression lorsqu'on marche dans la rue et qu'on n' a rien demandé, entre un coup de poing dans la figure et un viol.
Il y a bien cette étude de l'INSEE, qui a notamment le mérite de montrer que certains endroits sont plus propices aux agressions, mais elle mélange agressions physiques et verbales et je n'arrive pas à comparer les chiffres avec ceux de l'INHES En conclusion , je ne sais toujours pas si il est plus dangereux pour une femme que pour un homme de sortir seule le soir .

Je cherche avec ce billet à répondre à une question. Je n'accepterai pas les commentaires ne reflétant qu'un point de vue partial et non objectif, uniquement ceux qui apporteront des éléments de réponses.
___________________________

EDIT : un lecteur plus matheux que moi a pris la peine de m'expliquer que mon calcul est faux et de m'en donner un plus correct. Il se trouve que le résultat n'en est guère modifié

si la probabilité d'un événement est de 0,2%, ça fait une proba de 0,002
donc la probabilité de non événement est de 0,998
la probabilité d'avoir le dit accident une fois sur 60 ans au moins, c'est 1-la proba de ne jamais l'avoir.
la probabilité de non accident sur deux ans est la multiplication des deux : 0,998*0,998  (ça se démontre, mais bon)
sur trois on remultiplie. 0,998*0,998*0,998
etc, pour aboutir à probabilité sur 60 ans = 0,998 puissance 60 = 0,887

donc la probabilité d'au moins un viol (pas facile à écrire ça) est de 1-0,887=0,113 en gros 11%



Commentaires

1. Le 22/11/2009, 21:56 par Adrien'

Voici un début de problématisation intéressant, qui m'inspire deux réflexions :
- Le mot "dangereux" gagnerait à être détaillé : est-ce que la perspective d'être agressé' revêt le même caractère de gravité pour un homme (un "gnon", éventuellement une blessure, soit quelques semaines de désagréments) que pour une femme (assassinat, viol...) ? Nous sommes dressées à fantasmer (au sens non nécessairement sexuel du terme) sur les risques que nous encourons à être agressées ; sauf à y réfléchir posément, "agression" nous évoque un danger très grand, quelque chose qui doit être évité à tout prix, sans commune mesure même avec une réalité déjà violente.
- Les chiffres ne concernent que les agressions subies (et même seulement : déclarées), pas l'enfermement des femmes par la peur. Je n'ai jamais vu un homme renoncer à une sortie ou à un trajet par peur d'une agression, tandis que des femmes, si, souvent : j'en ai même raccompagnées. Et j'ai souvent dû me justifier de mon absence de peur, très mal perçue notamment par de jeunes hommes.

2. Le 22/11/2009, 22:34 par ali

"""Je n'ai jamais vu un homme renoncer à une sortie ou à un trajet par peur d'une agression, tandis que des femmes, si, souvent : j'en ai même raccompagnées."""

Ca m'est souvent arrivé de renoncer a une sortie de peur d'une agression (je suis un homme). Mélange de peur irraisonnée et de lucidité, puisque je me suis souvent fait emmerder et récemment frappé dans la rue.
J'ai eu des copines qui n'avaient pas cette appréhension, ou du moins avaient plus de courage que moi, et traversaient la ville de nuit sans problèmes.
J'ai remarqué qu'une femme qui n'a pas peur la nuit fait au contraire peur aux machos (situation qui les déroute).
J'ai cru observer aussi, que les femmes qui se font agresser le sont plus souvent verbalement. C'est mal vu en général chez les machos de frapper une femme. Par contre, quand on est un homme, on est plus souvent confronté au type qui cherche le contact viril dans la bagarre. Casser la figure à un mec est plus valorisant pour un macho. Surtout quand on sent qu'il n'y a pas de danger avec les mecs peureux comme moi.

Sur la peur en partie irraisonnée des femmes (je dis en partie irraisonnée, car se faire brancher verbalement est légitimement ressenti parfois violemment... la peur que ça provoque est une souffrance réelle), ça me parait évident que les femmes sont plus souvent sujettes à la phobie car elles ont en moyenne moins d'estime d'elles mêmes.

3. Le 22/11/2009, 22:39 par olympe

Adrien, c'est justement ça que j'aimerais savoir. quelle est la part de la peur justifiée et la part fantasmée.
Ali, 150 000 viols c'est quand même pas rien

4. Le 22/11/2009, 22:52 par ali

""Ali, 150 000 viols c'est quand même pas rien""

Non, je n'ai pas dis ça.
Mais est ce que ces viols ont lieu dans les endroits publics ?

5. Le 22/11/2009, 23:06 par olympe

d'après ce que j'ai compris la moitié de ces viols ont lieu hors du foyer (c'est àdire ne sont pas le fait du conjoint) après ça peut être n'importe ou.
moi aussi j'aimerais bien en savoir plus.
le dernier lien donne des stats sur les lieux de violences mais sans préciser de quelles violences il s'agit

6. Le 23/11/2009, 00:47 par Zoé

Merci pour ces liens.
Si j'ai bien lu, il semble que les femmes courent moins de risques que les hommes lorsqu'elles sortent, d'une part parce que la plupart des "agressions" dont elles sont victimes sont des injures ou des menaces non suivies de faits (après entre une injure et une menace, il y a quand même pour moi une grande différence), d'autre part parce que près de 50% des "faits" sont commis dans la sphère privée ou à proximité (et qu'ils sont globalement plus graves: on a plus de chances d'avoir une agression physique au boulot ou chez soi qu'à l'extérieur). C'est à dire, si j'ai bien tout compris, qu'une femme court moins de risque à traverser un parc ou se balader dans la rue qu'en restant chez elle, au bureau ou dans la cour de son immeuble.

Et puis, peut-on affirmer qu'une femme se baladant dans la rue toute seule court moins de risques puisque, s'il lui arrive quelque chose (c'est à dire une femme sur dix), il s'agira d'insultes ou de menaces sans suite dans 65% des cas, alors qu'un mec risque, dans près de 50% des cas d'être confronté à la violence: bagarre, vol, agression? Hommes ou femmes ont autant de risques de se faire voler avec violence, mais les hommes ont 3 fois plus de chances d'être dans une bagarre et 50% de risques en plus de subir des violences physiques alors que partout, les femmes se font plus insulter ou menacer. Du coup, j'ai pas vraiment l'impression qu'on puisse dire que les femmes courent plus ou moins de risques: les risques sont simplement différents. On peut débattre aussi de ce qui est le plus grave pour pouvoir dire "qui court le plus de risques".

Enfin, il me semble que, l'un dans l'autre, ca réduit quand même la probabilité d'agressions de moitié que de ne pas avoir de conjoint, ni d'ex-conjoint et de vivre toute seule. Ce qui n'est pas négligeable n'est ce pas? ;-)

Pour ce qui est des chiffres sur les viols, Valérie parlait dans l'autre fil de commentaires d'une femme sur trois? ce qui est encore pire que ton "extrapolation".

7. Le 23/11/2009, 01:01 par Adrien'

1. les lieux publics sont ils plus dangereux pour les femmes que pour les hommes ?

Un soir, je suis rentrée chez moi paniquée et terrifiée après qu'un homme m'aie fait une proposition explicite, sans aucune attitude agressive ou menaçante. Aujourd'hui le même comportement m'inspire surtout de la pitié.

Les mêmes faits peuvent être vécus de manière tellement différente que la peur de vivre une certaine situation est justifiée pour l'une et pas pour l'autre, voire un certain soir et pas un autre !

Mais un viol c'est plus grave ?
Une méchante phrase glissée à mon oreille ("T'aime ça, hein !" je l'entends encore et depuis quinze ans toutes les glaces ont un goût de cendre) m'a laissée plus salie et amère que plusieurs viols, commis il est vrai "juste" de force ou en profitant de mon sommeil, c'est à dire sans être aggravés de coups ou de menaces. Au passage, si vous comptez les fois où c'était "non" et où il est rentré quand même, combien d'entre vous n'ont jamais été violées ?

Je ne dis pas qu'un viol ne serait pas plus grave qu'une insulte, en moyenne si, de très loin ; mais je trouve sensé qu'une femme appréhende de sortir même sans motif objectif de crainte.

2. avons nous tort ou raison d'avoir peur, d'être prudentes et d'inculquer cette prudence à nos filles ?

D'un point de vue militant, nous sommes à la conquête des lieux publics : il faut donc essayer de ne jamais se les laisser interdire par la peur.

Mais une femme qui se retourne sur son ombre prend effectivement un plus gros risque que moi, de nuit, dans la rue ; elle se place en position de victime, ce qui épargne à un agresseur potentiel bien de la peine pour le faire dans sa propre tête. Inversement, une femme qui marche en chantant, en sautillant, sur un muret... sort de ce rôle, empêche un agresseur potentiel de se faire des films, et réduit le risque.

Prendre quelques précautions en stop et avoir conscience que le GHB existe, cela suffit pour une femme adulte et assurée, mais pour celles qui ont peur, c'est à elles de voir, et pour les parents d'ados, je ne sais pas.

3. comment sont perçues les victimes de violence, comment réagir ?

Virginie Despentes explique très bien dans King Kong Théorie ce qu'on fait aux victimes de viols.

Écouter sans questionner, apporter son aide sans décider à sa place. Sauf pour servir de point de repère contre la culpabilité (ce n'est pas une minijupe qui est la cause d'un viol, mais le type qui l'a commis) il lui appartient de savoir ce qu'elle a vécu, comment elle se sent ou ce dont elle a besoin. Pas "Tu dois te sentir accablée." ou "Il faut te reprendre." mais juste "Je suis là."

8. Le 23/11/2009, 07:10 par dwormiller

Lorsqu'on est prudent, qu'on maitrise bien son environnement, qu'on a suffisamment de sang-froid pour ne pas répondre à des provocations, ou de sens psychologique pour désamorcer les tensions, les risques sont faibles.

Je me suis fait agresser une fois, un soir dans Paris, alors que je marchais seul. Deux arabes m'ont plaqué violemment contre un mur. Ils voulaient mon portable. Passée la seconde de stupéfaction, j'ai attrapé le col de celui qui m'empoignait (l'autre faisait le guet). On s’est regardé en chiens de faïence quelques secondes, sans rien dire, et ils ont lâché l’affaire. C'était un endroit fréquenté, ça devenait compliqué, pour un bénéfice incertain. Bizarrement, je garde un bon souvenir de cet épisode. Je suis rentré chez moi en bombant le torse, presque euphorique. Je songeais au poème de Rudyard Kipling :

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent (...)

Tu seras un homme, mon fils.

9. Le 23/11/2009, 08:17 par Minipousse

Suite à de nombreuses agressions, j'ai commencé à prendre des cours de self defense, dans un cours mixte. Nous avons eu, entre nous, de nombreuses reflexions, au vu de la différence des rispostes proposées, selon qu'on est un homme ou une femme. Outre la différence de capacités physiques (telles que le poids ou la taille), la différence des agressions nous semble évidente. Un homme agressé le sera de façon plus violente et plus rapide, soit par un homme armé, soit par une bande, bref il y a "rivalité" et la personne qui agresse se suppose en position de force, justifié par... quelque chose! d'où danger. Une femme n'est pas considérée comme un danger, au contraire c'est "une proie facile", qui attirera tous les faiblards qui veulent prouver qu'ils peuvent dominer quelqu'un, et ce rarement par les coups, plus par la menace, la contrainte physique ou par l'agression sexuelle. Dans la rue, en tout cas... Mais surtout, personne ne s'attend à ce qu'elle réplique... Une femme qui frappe ne répond par au schéma classique, ce qui lui donne un gros avantage : celui de surpendre, d'être face à un agresseur faible et pas préparé, et de pouvoir se casser. Les agressions sont bien plus fréquentes dans la rue pour les femmes que pour les hommes, mais elles sont "peu traumatisante physiquement" (pas forcément moralement par contre). Ainsi, quand on demande autour de soi aux femmes "avez vous déjà été agressées", l'immense majorité répond "non! enfin, sauf bien sûr..."

Pour ce qui est de ce qu'on apprend à nos enfants, je crois que le principe de réalité prime. Dans un monde idéal, on ne devrait pas avoir à dire aux enfants de ne pas suivre les inconnus, que personne n'a le droit de les toucher, et pourtant on le fait. Une femme risque d'être agressée, que celle qui n'a jamais été agressée, de façon plus ou moins grave, lève la main! Autant apprendre aux filles que ça arrive, que c'est inacceptable mais que c'est comme ça, et surtout qu'elles ont le droit et l'obligation de se défendre.

Comment réagir? Comme on peut... C'est déjà assez "désagréable" d'être agressée, si en plus il faut s'en vouloir parce qu'on pense ne pas avoir réagit de la bonne façon...

10. Le 23/11/2009, 12:14 par olympe

j'ai dit uniquement les coms apportant des éléments de réflexion. je vire le début de polémique.

11. Le 23/11/2009, 12:48 par Gabrielle

1- effectivement qu'est-ce que le "danger"?
j'ai des amies qui évitent certains lieux simplement pour ne pas se faire aborder. se faire interpeller par un inconnu n'est pas objectivement dangereux, mais ça peut être désagréable, voire effrayant: on s'imagine que si on répond pas, ou que si on réplique vertement, l'importun sera agressif par exemple.
là j'émets l'hypothèse que certains s'amusent à interpeller les femmes pour les mettre mal à l'aise et les effrayer sciemment. ce qui va dans le sens d'un conditionnement des femmes à avoir peur de certains lieux à certaines heures.
je pense sincèrement que les lieux "dangereux" le sont aussi pour des hommes.

2 - on peut être réaliste, vigilante et refuser de céder à une certaine pression. un soir j'étais seule dans le RER. un mec m'a abordée, je l'ai éconduit et lui s'est répandu en insultes car "habillée comme ça" je n'avais pas à l'envoyer bouler. j'étais en minijupe. sur le coup j'étais un peu sécouée, mais à tête reposée j'ai décidé de ne pas laisser ce genre de remarques influer sur ma tenue. par contre, je suis prudente et vigilante quand je rentre le soir. les cours de self-défense peuvent être une bonne chose, mais surtout pour la confiance en soi qu'on peut acquérir. Minipousse a raison: une femme qui ne se laisse pas intimider ça se voit et ça peut suffire à être tranquille.
quant aux agressions à main armée, les bagarres, etc...à mon avis ça menace aussi les hommes donc je pense qu'il faut inciter garçons et filles à la prudence.

3 - joker. mais en tout cas je distinguerai clairement violence verbale et violence physique.
bien sûr, les mots peuvent être traumatisants mais c'est une violence "subjective" une chose peut me bouleverser qui ne fera ni chaud ni froid à une autre, et inversement. mais tout de même, j'aurai tendance à dire que le "danger" est une menace physique.

12. Le 23/11/2009, 13:26 par imposture

ça peut peut-être vous aider: http://www.amazon.fr/Genre-violence...

voici un extrait de la table des matières du livre en question:

LES VIOLENCES ENVERS LES FEMMES DANS LES STATISTIQUES
Les données disponibles
Les statistiques de la police et celles de victimation
Les violences envers les femmes dans les contrats de sécurité

13. Le 23/11/2009, 13:27 par polluxe

Tout cela me parait assez confus. Pour répondre à la 1ère question il faudrait une étude centrée sur les lieux publics...
Sinon toutes les filles devraient faire du judo, ça leur donnerait de l'assurance...

14. Le 23/11/2009, 13:34 par polluxe

Sinon il y a les stats de l'Insee (http://www.insee.fr/fr/themes/docum...), voici les titres de $ qui résument :

- Autant de violence envers les femmes dans le ménage qu’en dehors
- Être femme expose, être femme et jeune surexpose
- L’agresseur est souvent un proche de la victime
- Un faible niveau scolaire chez les agresseurs et chez les victimes ...

15. Le 23/11/2009, 13:37 par Ellie

Pour mon vécu, (qui correspond aux chiffres, ça tombe bien :p ) j'ai l'impression (pour ce qui concerne l'extérieur) qu'en tant que nana effectivement les agressions physiques sont plus rares et qu'il va pas y avoir l'espèce de confrontation virile (et physique) qu'il peut y avoir entre mecs.

Par contre y'a vachement plus un climat de menaces, d'insultes, de mecs qui te suivent, où beaucoup de mecs veulent te faire sentir que c'est eux qui ont le pouvoir et que t'es pas à ta place, bref la peur il me semble qu'elle est aussi instaurée comme ça.

Du coup on peut considérer que d'un point de vue «objectif» y'a moins de danger (si on considère que le vrai danger c'est les violences physiques) pour les femmes, après ben je sais que ça m'arrive régulièrement d'essayer de pas rentrer seule, parce que c'est même pas une question de peur : je *sais* que je vais me faire emmerder en rentrant seule chez moi certains soirs, et même si c'est pas de la violence physique, ben je trouve qu'il faut quand même être prête à encaisser, et c'est pas toujours le cas.

16. Le 23/11/2009, 13:39 par Ajuga

"- entre 18 et 75 ans soit sur une période 57ans, une femme a 57*0,175% de probabilité de subir un viol ou une agression sexuelle (hors conjoint), c'est à dire 10% ?"

Juste une remarque mathématique Olympe, ton raisonnement est faux on ne peut pas multiplier par le nombre d'année, sinon on finirait par dépasser la probabilité de 1...

je n'aime pas trop ce genre de calcul statistique qui n'a pas de signification individuelle
Mais quand même :

Arrondissons la probabilité de viol annuel à 0,2%, ça fait 99,8% de ne pas l'être. Il faut alors prendre la puissance du nombre d'année : la probabilité de ne pas être violée en 60 ans est de 99,8%^^60=0,887

c'est encore pire que ton calcul ! ça fait une probabilité à 12%.

17. Le 23/11/2009, 13:51 par olympe

Polluxe, je suis d'accord c'est confus mais justement j'aimerais bien avoir des éléments pour que ça le soit moins.
le lien que tu donnes est celui que j'ai mis dans l'article, l'étude mélange les agressions physiques et verbales.

Ajuga, mon calcul n'est pas bon ? c'est possible parcequ'il est trop simple et je suis preneuse de mieux. par contre je ne comprends pas le tien il y a longtemps que j'ai oublié mes cours sur les probabilités.

je retiens tout ce qui est dit sur le fait de montrer de l'assurance.

18. Le 23/11/2009, 14:00 par polluxe

Trop de chiffres tue le chiffre :-)

Pour ce qui est de l'assurance et du rapport au corps, il y avait un passage dans le 2e sexe qui n'a pas pris une ride ; faudrait que je le retrouve mais c'est pas évident.

19. Le 23/11/2009, 14:12 par claude

Euh ! 57 * 0,175 = 10%... pb de calcul.
57 * 0,175 est toujours égal à 0,175%. On ne multiplie pas les fraises et les pommes de terre. Faut faire attention à ce qu'on ecrit tout de même.

20. Le 23/11/2009, 22:54 par Floréal

"Patrizia Romito. Les attaques aux enquêtes sur les violences envers les femmes, ou qui a peur des chiffres sur les violences commis par les hommes:

L’article analyse les attaques contre les recherches sur les violences des hommes envers les femmes et les chercheuses et chercheurs qui les conduisent. Ces attaques font partie des stratégies d’occultation de la violence masculine, qui s’organisent à chaque fois que la violence devient socialement visible. Au contraire de ce qui est soutenu dans ces critiques, le vrai problème de ces recherches est la sous-estimation et non pas la surestimation de la fréquence des violences. Le concept de " féminisme victimiste " représente un autre instrument utilisé pour essayer de nier la violence des hommes et pour réduire les victimes au silence."

Ici:
http://www2.unil.ch/liege/nqf/somma...

21. Le 24/11/2009, 00:00 par Anna...

Il faut faire attention aux chiffres et à leur interprétation.
Et surtout, ne pas oublier que le nombre de femmes à l'extérieur est souvent inférieur à celui du nombre d'hommes.
Si statiquement, le nombre d'agressions perpétrées à l'encontre d'hommes se promenant seuls la nuit est supérieur, le nombre de femmes se promenant seules la nuit étant nettement inférieur, la probabilité d'agression pour la femme se retrouve supérieur.
J'aime beaucoup me promener le dimanche après-midi dans mon quartier, j'y croise beaucoup de couples, beaucoup d'hommes mais très peu de femmes seules, cela m'a toujours surprise.

Au fait Olympe, pourriez-vous m'expliquer la différence entre un viol et un rapport sexuel forcé?

22. Le 24/11/2009, 19:12 par castor

Juste pour le calcul: Arrondir c'est bien, mais dans ce cas il faut donner un résultat arrondi aussi, soit 10%. (Le résultat sans arrondi est d'environ 9,5%)

23. Le 24/11/2009, 21:35 par Resh

Là où je vis, moi je suis un mec, mais j'évite de rentrer avec les derniers RER.
A contrario, il y a des jeunes filles plein les rues, certaines en mini jupes se font accoster lourdement tous les 5 mètres mais en gardant le sourire.
C'est pas le monde à l'envers, c'est juste Saint-Denis...

24. Le 24/11/2009, 22:27 par ali

"""Si statiquement, le nombre d'agressions perpétrées à l'encontre d'hommes se promenant seuls la nuit est supérieur, le nombre de femmes se promenant seules la nuit étant nettement inférieur, la probabilité d'agression pour la femme se retrouve supérieur."""

Plus haut on a parlé de type d'agressions différentes. Donc la formule mathématique me semble un peu plus compliquée.
On pourrait faire le pari d'une rue la nuit où tout le monde circulerai librement, femmes ou hommes, le nombre d'agressions ne seraient pas pour autant multiplié.