Hypokâgne, khâgne, Sciences Po... et l'armée. Engagée à 22 ans, reçue à Saint-Cyr, Marine Baron a démissionné deux ans plus tard, révoltée par le machisme ordinaire deslieutenante_marine_baron.jpg militaires. Elle relate son expérience dans "Lieutenante"

A lire son interview dans Le Monde.

Extraits :

Vous citez une phrase, une sorte de maxime de l'armée : "Il n'y a pas de sexes dans l'armée, il n'y a que des militaires." Est-ce la réalité ?

Il y a un seul sexe, le masculin. On le sait d'emblée quand on est une femme : on entre dans l'armée avec le fantasme de s'abstraire du féminin. On a le désir de se fondre dans cette collectivité unisexe. On essaie de faire oublier qu'on est une femme, mais on est toujours rappelée à l'ordre, ramenée et réduite à son sexe. Jamais je ne me suis autant sentie désignée comme femme. Si je faisais une bourde, c'était parce que j'étais une femme. Si on faisait un exercice difficile et que je serrais les dents pour ne rien dire alors que les hommes, eux, se plaignaient, c'est tout de même moi que l'instructeur réprimandait.

Il y a des difficultés pour les femmes dans toutes les entreprises.

Certainement, mais, dans l'armée, il n'y a aucune acceptation de la mixité. Dès que les hommes ont peur, ils sont traités de gonzesses.

Cela existe dans le civil aussi.

Peut-être. Mais, dans l'armée, tant qu'il y aura, accolée au féminin, une image de faiblesse qui est l'antimodèle absolu de la ligne de conduite militaire, la situation des femmes ne sera pas bonne.

Il y a pourtant des soldates heureuses.

Je n'en ai pas rencontré. Maintenant que je parle avec d'anciennes militaires, je vois que certaines ont su trouver leur espace. Mais quand j'y étais, je n'ai pas rencontré une seule femme qui me dise "c'est super, l'armée".


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