Modèle Allemand
Par Olympe le lundi 30 janvier 2012, 10:52 - Lien permanent
Comparaison sur la situation des femmes en France et en Allemagne
| ALLEMAGNE | FRANCE | |
| Tx d'emploi 16-64 ans |
66.2%
|
60.1%
|
| Tx d'emploi 25-54 ans |
74%
|
76.1%
|
| Tx d'emploi temps plein |
45%
|
53%
|
| Tx d'emploi temps partiel |
45.3%
|
29.8%
|
| Tx de natalité |
1.4
|
2.1
|
| Couverture garde d'enfants 0-2 ans |
9%
|
28%
|
| Couverture garde d'enfants 3-6 ans |
78%
|
99%
|
"Bien que l’emploi des femmes ait augmenté de manière continue durant les dernières décennies en France et en Allemagne, on observe entre ces deux pays des différences considérables quant aux modes d’emploi des femmes. Alors qu’en France beaucoup de femmes, même avec des enfants en bas âge, occupent une activité à temps plein, en Allemagne la grande partie des femmes travaillent à temps partiel et/ou à contrats à durée déterminée. En Allemagne, la différence au niveau des heures de travail entre hommes et femmes, et entre femmes sans enfants et mères de famille, est bien plus marquée qu’en France. Les Allemandes sont désavantagées dans plusieurs domaines sur le marché du travail par rapport aux Françaises. Elles doivent non seulement accepter des réductions de salaire plus marquées, mais elles sont aussi confrontées, plus que les Françaises, aux conditions de travail précaires, aux chances inégales de promotion et à une sécurité sociale insuffisante. De ce fait, les femmes âgées sont plus exposées au risque de pauvreté en Allemagne qu’en France. "
Et malgré cela, ou à cause de cela, le taux de natalité est bien plus faible en Allemagne. Probablement parceque les femmes doivent choisir entre maternité et carrières.
"L'Allemagne peut prendre exemple sur son voisin français dans bien des domaines pour améliorer la conciliation entre emploi et vie familiale pour les parents ainsi que pour favoriser l’emploi des femmes."
Mais tout cela ne pèse pas bien lourd face au discours idéologique qui veut absolument imputer une partie des conséquences de la crise aux 35H.

L'analyse complète et détaillée " Les femmes sur le marché du travail en Allemagne et en France Pourquoi les Françaises réussissent mieux à concilier famille et emploi" sur le site Friedrich-Ebert-Stiftung



Commentaires
Il n'y a pas assez de Jardins d'Enfants en Allemagne, également. Et beaucoup ne sont pas gratuits. Résoudre le problème de la garde des enfants pour les femmes qui travaillent est encore plus difficile (pas d'école avant six ans).
Très très révélateur (et de ce qui ne se dit pas, évidemment).
Merci.
Ajoutons que la société allemande reste sur un modèle où une vraie femme, n'est-ce pas, ne rêve que d'élever ses enfants. (enfin SON enfant...)
Leur système permet de s'arrêter de travailler un an avec un salaire à 75% (c'est ce que touche ma fille). Les mères qui veulent retravailler sont appelées 'mères corbeaux', ce qui n'est pas vraiment flatteur. C'est en train de changer lentement, mais même si des efforts sont faits, trouver une crèche est encore une galère ! Il faut absolument être inscrit sur liste d'attente dès avant la naissance, dans toutes les crèches du quartier, en espérant qu'une place se libérera avant un an !
ah, oui, les systèmes de nounou ça n'existe pas. Même payant : faire garder ses enfants par une autre ? l'horreur !
Quand à l'école, c'est comme le dit Suzanne plus haut.
Très étrange et révélateur que l'on puisse " se vanter " sur ce point mais qu'on ne le fasse pas !
Pauvres Allemandes, non parce que je voudrais pas faire la rabat-joie mais en France la situation des femmes est loin d'être parfaite, alors si c'est pire pour elles...
Une amie a déménagé en Autriche cette année. Elle a découvert avec consternation que travailler à temps plein pour une mère d'enfants de moins de 7 ans est radicalement impossible. En plus d'être considéré comme le comble de l'horreur. Et mes partenaires allemands me considèrent comme une mère affreuse puisque je travaille à temps plein (pire : je fais des voyages professionnels !) tout en ayant 2 enfants.
Résultat : les allemandes et autrichiennes qui veulent faire carrière n'ont tout simplement pas d'enfant...
Le dernier Badinter (critiqué sur d'autres points) soulignait bien que la chance des françaises, c'est qu'on pose et qu'on accepte qu'être mère, ce n'est pas être que mère. Et qu'on peut être une mère suffisamment bonne sans chercher l'excellence dans ce domaine. Je suis d'accord avec elle : le modèle français, c'est de foutre la paix aux mères et il faut tout faire pour protéger ça (parce que la tendance est plutôt à l'inverse en ce moment).
Trois remarques :
1) Faire carrière c'est plutôt réservé aux cadre. Carrière de caissière c'est pas vraiment le bon terme. Du coup travailler et faire carrière c'est pas la même chose. Et il y a pas mal de femmes qui font un boulot tout pourri, alimentaire, qui rêveraient d'être femme au foyer. En quoi nos chiffres Français serait-ils bons pour l'immense majorité de la population (l'immense majorité de la population n'EST PAS cadre, et c'est encore plus vrai pour les femmes).
2)On a l'air ici de dire que le meilleur scénario féministe serait de faire carrière quand on est une femme, puisqu'on se glorifie des résultats français. Du coup, grande question : être mère c'est vraiment une tâche si pourrie pour que se respecter en tant que femme ce soit ne surtout pas être mère au foyer ?
3)En quoi un mi-temps c'est pourri ? (Puisque l'Allemagne en a plus et que c'est une mauvaise élève) Un mi-temps non imposé c'est souvent pour s'occuper de ses enfants. C'est plutôt un bon compromis non ?
Bref, oui avoir le choix c'est chouette, oui ça booste la natalité, mais pourquoi permettre aux femmes de ne pas être jugées comme des "mère corbeaux" quand elles donnent la priorité au travail, c'est forcément juger que les mères au foyer c'est le mal ?
Sorciére, les allemandes sont la preuve que les femmes veulent tout ! les enfants et le travail. et que quand ce n'est pas possible elles choisissent d'avoir moins d'enfants.
Moi aussi je suis pour le choix et les françaises l'ont plus que les allemandes semble t il .
Il me semble qu'on est coincé de toute façon.
En Allemagne le modèle est semble t il de ne pas travailler quand on a un enfant , et en France le modèle est de travailler. Rester à la maison pour s'occuper de ses enfants est en général problématique financièrement et très mal vu. La marge de choix est donc faible, à moins d'avoir un conjoint aux idées larges et gagnant bien sa vie. Comme sorcière, je ne suis pas persuadée que la caissière d'hypermarché soit follement enthousiasmée par le fait de pouvoir poursuivre sa carrière sans interruption fâcheuse en collant bibou à la crèche, fusse-t-elle gratuite ou presque, 50h par semaine. Quelqu'un lui a t il demandé son avis ?
Au bout du compte les gens sont ils plus satisfaits en Allemagne ou en France ? Je n'ai pas l'impression qu'on en sache grand chose.
sorcière, tout á fait d'accord quand tu dis que donner la priorité au travail par rapport aux enfants n'est pas forcément l'idéal de chacune. Le probleme en allemagne (ou je vis actuellement avec 2 enfants en bas age) c' est que tu n'as pas le choix. Tu ne peux pas, si tu le désires travailler. Et être mère au foyer ce n'est pas non plus l'idéal de chacune,cadre comme caissiere.
Je suis interpellée par la comparaison Allemagne/France relativement plus avantageuse du taux d'emploi 16-64 ans par rapport au taux d'emploi 25-54 ans. Celà traduit il une meilleure situation des seniors en Allemagne ?
Pour le reste, oui, complètement d'accord, ça fait des années qu'on utilise le cas de l'Allemagne pour démontrer que lorsqu'on force les femmes à choisir entre travail et enfants, le taux de natalité chute. Et la maternelle à temps plein des 3 ans est un grand avantage de la France. Dans beaucoup de pays occidentaux, les enfants lorsqu'ils sont scolarisés si jeunes sont scolarisés à mi-temps. Ainsi, mon fils en école américaine n'est il scolarisé que jusqu'à midi tous les jours (et il a 5 ans le 22 février).
Pour Sorcière : je discute pas mal avec ma fille qui vit dans une grande ville ; elle a des copains et copines un peu partout en Allemagne. ça permet de voir un peu comment ça se passe dans le pays. La problématique, c'est d'avoir le CHOIX.
L'une des difficultés pour ces gens-là c'est que bien souvent ils ne s'en tirent pas avec un seul salaire, justement parce que le mec n'est pas cadre ! Sinon effectivement certaines femmes ne chercheraient pas à retravailler. Ajoute quand même que, comme le dit Tulipe, être femme au foyer n'est pas obligatoirement une envie de chacune. Certaines, en plus, ont des boulots intéressants même s'il ne s'agit pas de carrière. Exactement comme leur mec, d'ailleurs. Sans parler des couples où la femme gagnait plus que l'homme.
Trouver une crèche est difficile dans une grande ville, imagine un peu la situation d'une femme au fin fond de l'Allemagne de l'est.
il est d'ailleurs très intéressant de noter qu'il est beaucoup plus difficile de trouver une crèche maintenant dans l'est que sous le communisme... les "valeurs" de l'ouest se sont imposées, et au niveau de la liberté de choix de la femme, ce fut une régression.
La notion de choix est importante et je suis d'accord avec ce postulat. Je parlais d'une autre dérive qui découlait de l'existence du choix : le dénigrement des mères au foyer.
Pour en revenir sur le débat de l'impact du moyen de garde, on peut voir les pratiques dans d'autres pays. J'ai pu voir ce qui se passe en Russie où l'offre de garde est encore plus lamentable qu'en Allemagne. Le taux de natalité est dramatiquement bas et les femmes qui ont un enfant... travaillent quand même ! Les grands mères s'occupent de l'enfant de leur fille et la grande classe pour un homme c'est de dire qu'il gagne suffisamment pour que sa femme s'occupe de leur progéniture.
Mais on est dans un cas de figure un poil plus compliqué : Il est techniquement très difficile de subvenir aux besoins de plusieurs enfants pour beaucoup de personnes. Donc le problème du moyen de garde s'ajoute à une autre réalité. Quand j'ai dis que je venais d'une famille de sept enfants on m'a dit "forcément, tu es française, vous avez les moyens vous"
Le rêve des femmes est d'avoir un mari qui lui permettra de ne pas travailler comme une mule pour juste survivre. Mais bizarrement, consciente que l'immense majorité des hommes russes n'ont ni ces moyens, ni l'envie de se marier, elle font tout pour travailler et être indépendantes. Curieux non, que les femmes russes soient "féministes" par dépit, et rêvent d'être au foyer en classant ça dans la case "rêve le plus fou"? C'est une autre culture.
La notion de choix est importante et je suis d'accord avec ce postulat. Je parlais d'une autre dérive qui découlait de l'existence du choix : le dénigrement des mères au foyer.
Pour en revenir sur le débat de l'impact du moyen de garde, on peut voir les pratiques dans d'autres pays. J'ai pu voir ce qui se passe en Russie où l'offre de garde est encore plus lamentable qu'en Allemagne. Le taux de natalité est dramatiquement bas et les femmes qui ont un enfant... travaillent quand même ! Les grands mères s'occupent de l'enfant de leur fille et la grande classe pour un homme c'est de dire qu'il gagne suffisamment pour que sa femme s'occupe de leur progéniture.
Mais on est dans un cas de figure un poil plus compliqué : Il est techniquement très difficile de subvenir aux besoins de plusieurs enfants pour beaucoup de personnes. Donc le problème du moyen de garde s'ajoute à une autre réalité. Quand j'ai dis que je venais d'une famille de sept enfants on m'a dit "forcément, tu es française, vous avez les moyens vous"
Le rêve des femmes est d'avoir un mari qui lui permettra de ne pas travailler comme une mule pour juste survivre. Mais bizarrement, consciente que l'immense majorité des hommes russes n'ont ni ces moyens, ni l'envie de se marier, elle font tout pour travailler et être indépendantes. Curieux non, que les femmes russes soient "féministes" par dépit, et rêvent d'être au foyer en classant ça dans la case "rêve le plus fou"? C'est une autre culture.
Sorcière, débat très intéressant le "dénigrement" de la tâche éducative au foyer.
Avoir la chance de bénéficier du temps partiel ou congé parental de droit, des allocations familiales (un peu de répartition des richesses pour dire que oui, passer du temps avec ses enfants est un bien que l'on fait aussi à la société future !)...mais ne pas y être obligée, et ne pas se sentir mal jugée de vouloir aussi le travail, les gratifications professionnelles, le salaire !
Nous avons la chance de vivre dans un pays où le choix est réel (avec des améliorations à apporter encore sur les modes de garde petite enfance, il est vrai...).
J'ai un peu de mal avec cette notion de "choix" pour les mères : et le manoeuvre en usine, il préfèrerait pas rester à la maison d'après vous ? Et une femme qui n'est pas mère (si, si, ça existe) et caissière, elle préférerait pas non plus occuper autrement ses journées ? Travailler n'est pas une activité choisie mais une activité nécessaire. Personnellement, si on me donnait mes revenus actuels sans besoin de travailler, je prends sans hésiter une seconde. Et je consacre mon temps à faire de la recherche par intérêt personnel, à faire des activités bénévoles sur des sujets qui me tiennent à coeur.
Et sorcière, être mère n'est pas une tâche. Je travaille à temps plein. Ce qui ne m'empêche pas d'être mère à plein temps. Mais de même que je délègue actuellement l'éducation scolaire de mes enfants, ce qui semble absolument normal à tout le monde, j'ai aussi délégué leur "maternage" 10 heures par jour quand ils avaient de 4 mois à 3 ans. Ca n'a jamais rien enlevé à mon rôle de mère.
Voilà, on est retombé dedans, merci d'illustrer mes propos thaliane.
Je reprends ce que tu dis : Je suis une mère ! Je laisse mon enfant de 4 mois 10h par jour à quelqu'un d'autre et je suis une mère !
OK : Donc moi, si je passe ces dix heures par jour avec mon enfant, quelle est la valeur ajoutée ? Si toi tu es mère à temps plein, moi je suis mère à quoi ? C'est quoi le bon mot pour toi? Parce que tu as l'air de jouer avec les mots, mais ton message c'est quand même que tu t'estimes pas moins mère que celle qui y consacre tout son temps sans rémunération.
Donc c'est bien ce que je dis : La majorité a toujours besoin de dénigrer l'autre moitié pour légitimer sa position. Et là on ne parle pas de respect, clairement pas. Et qu'on ne me parle pas non plus de choix, quand je dois tous les jours justifier un choix qui est déjà difficile pour moi. à ce stade ça s'appelle un sacrifice, pas un choix. On est en train de me dire qu'aller bosser pendant qu'une autre femme payée au SMIC (ça c'est la libération des femmes ! De quelles femmes ?) s'occupe de lui, c'est ça le modèle maternel normal. Ben non, je suis désolé, c'est un choix, il n'est pas mauvais, mais qu'on aille pas me dire qu'on élève son enfant quand il nous voit de 7h à 7h30 puis de 18h à 20h (3h30 par jour, notez bien)
Travailler n'est pas mauvais. Mais qu'on arrête de me dire que c'est la même chose qu'être mère au foyer pour l'enfant. C'est faux, les études le prouvent, et les enfants qui portent la clé de leur maison autour du cou parce qu'il rentre bien avant ses parents n'est pas à proprement parlé élevé par ses parents. Tout ce que ça me montre c'est qu'élaborer un tel mensonge illustre bien que les femmes sont encore tiraillées entre leur envie d'augmenter leur niveau de vie, de travailler, d'être reconnue pour ses compétences professionnelles et la crainte d'être une mauvaise mère.
La femme qui travaille n'est pas une mauvaise mère. Mais elle n'est pas mère à temps plein et celle qui fait ce choix n'est pas une greluche qui n'a vraiment que ça à faire.
Voilà, on est retombé dedans, merci d'illustrer mes propos thaliane.
Je reprends ce que tu dis : Je suis une mère ! Je laisse mon enfant de 4 mois 10h par jour à quelqu'un d'autre et je suis une mère !
OK : Donc moi, si je passe ces dix heures par jour avec mon enfant, quelle est la valeur ajoutée ? Si toi tu es mère à temps plein, moi je suis mère à quoi ? C'est quoi le bon mot pour toi? Parce que tu as l'air de jouer avec les mots, mais ton message c'est quand même que tu t'estimes pas moins mère que celle qui y consacre tout son temps sans rémunération.
Donc c'est bien ce que je dis : La majorité a toujours besoin de dénigrer l'autre moitié pour légitimer sa position. Et là on ne parle pas de respect, clairement pas. Et qu'on ne me parle pas non plus de choix, quand je dois tous les jours justifier un choix qui est déjà difficile pour moi. à ce stade ça s'appelle un sacrifice, pas un choix. On est en train de me dire qu'aller bosser pendant qu'une autre femme payée au SMIC (ça c'est la libération des femmes ! De quelles femmes ?) s'occupe de lui, c'est ça le modèle maternel normal. Ben non, je suis désolé, c'est un choix, il n'est pas mauvais, mais qu'on aille pas me dire qu'on élève son enfant quand il nous voit de 7h à 7h30 puis de 18h à 20h (3h30 par jour, notez bien)
Travailler n'est pas mauvais. Mais qu'on arrête de me dire que c'est la même chose qu'être mère au foyer pour l'enfant. C'est faux, les études le prouvent, et les enfants qui portent la clé de leur maison autour du cou parce qu'il rentre bien avant ses parents n'est pas à proprement parlé élevé par ses parents. Tout ce que ça me montre c'est qu'élaborer un tel mensonge illustre bien que les femmes sont encore tiraillées entre leur envie d'augmenter leur niveau de vie, de travailler, d'être reconnue pour ses compétences professionnelles et la crainte d'être une mauvaise mère.
La femme qui travaille n'est pas une mauvaise mère. Mais elle n'est pas mère à temps plein et celle qui fait ce choix n'est pas une greluche qui n'a vraiment que ça à faire.
"Moi, j'ai choisi d'élever mes enfants" me disait la bouche en coeur une "femme au foyer" fière de l'être. Et moi, madame, j'ai choisi, sans doute, à vos yeux, de NE PAS élever mes enfants. J'en fais quoi, alors?
Ben ma sorcière! pour moi, sorcière, c'était un beau pseudo, signe de liberté d'esprit et de rébellion, j'aurais pas dû lire ce qu'il y avait dessous.
D'abord un manque de réflexion: femme au foyer ou pas, tu n'es JAMAIS seule à élever tes enfants. les enfants, même tout petit, c'est libre, ça puise à toutes les sources, et l'influence que tu as dans leur éducation n'est pas proportionnelle au temps que tu passes avec eux mais au respect qu'ils t'accordent. Par ailleurs, même si l'éducation que tu leur donnes, que tu leur PROPOSES est de toute première qualité, s'ils n'ont que ça, ça les enferme. Un enfant, ça a besoin de diversité, de comparaison, de questionnement. C'est vivant.
Enfin, vivre à plein temps avec de jeunes enfants, sauf pour une minorité pour qui c'est VRAIMENT un plaisir (et alors tant mieux pour elles et pour leurs enfants) c'est inhumain. Dans aucune autre culture que la nôtre (occidentale moderne) on ne laisse les jeunes enfants à plein temps seuls avec leur mère, ni les mères à plein temps seules avec leurs jeunes enfants. Il y a toujours une grand mère, une tante, une cousine, souvent des femmes c'est vrai, mais aussi des hommes, des tontons, des pères, des grands pères. Et les femmes ont toujours des moments de liberté, de solitude, y compris arrachés à des conditions de vie dures et laborieuses.
Par contre, ce qui est vrai, c'est que dans nos sociétés où quand on travaille on doit TOUT donner à son travail, où on a aucune (ou presque) maîtrise de ses horaires, où on travaille loin de chez soi, c'est très difficile d'offrir à ses enfants une vie tranquille, sûre et équilibrée, qui ne soit pas, à un moment où à un autre, abandon et angoisse. Certaines y parviennent, d'autres non. Mais il y en a aussi qui font vivre abandon et angoisse à leurs enfants en restant avec eux en permanence.
Là où je travaillais avant, je voyais souvent, le soir, les femmes de ménage, qui bossaient en laissant leurs enfants seuls à la maison. Angoissées qu'il leur arrive quelque chose quand ils étaient petits, ou qu'ils fassent des conneries quand ils étaient ados. Et que s'arrêter de bosser, ben... vu qu'elles étaient seules avec leurs mioches... Je peux te dire que "mères à plein temps", elles l'étaient. Et elles passaient encore moins de temps que moi avec leurs mômes, puisqu'elle bossaient en dehors de leurs horaires d'école, tôt le matin et tard le soir.
Et puis il y a des femmes qui, tout simplement, étouffent quand elles passent dix heures d'affilée seules avec leurs enfants. Elles viennent consulter la psychologue (moi...) en lui disant "j'y comprends rien, j'ai un mari merveilleux, une gamine adorable et que j'adore, et je deviens méchante avec elle, j'ai envie de lui faire du mal, je dois pas être normale" Ou bien, c'est le gosse qui va mal, et quand on reçoit les parents, on voit que la mère s'est "sacrifiée" (quelle horreur) pour rester au foyer, et qu'elle n'en peut plus, qu'elle rêve de reprendre le boulot, et quel monstre est-elle pour préférer son boulot à son enfant? (pense-t-elle, alors qu'elle lui fait du mal, à son gosse, avec son "sacrifice").
J'avais auparavant travaillé dans un foyer pour enfants en perdition (à l'époque on disait, faut oser, "pré-délinquants"). A la première grève des éducateurs, ils ont ramené les enfants dans leur famille et j'ai eu la surprise de ma vie, compte tenu des bobards qu'on entend: AUCUNE de ces mères ne travaillait, toutes étaient "au foyer"....
On dirait que tu as vécu dans un monde imaginaire, un monde de bisounours. Mon métier a été une incomparable richesse, une ouverture sur le monde, que j'ai partagée, que je continue à partager avec mes enfants, et pas seulement avec eux.
Et ça continue, maintenant on annonce qu'être au foyer ça mène à la dépression -_-"
J'ai pas grandi dans un monde de bisounours : Ma mère a élevé ses sept enfants et j'ai vu la bouffée d'oxygène que ça a été quand elle a repris son travail. ça avait été long. Quand elle l'a décidé elle a arrêté et est retournée dans le monde professionnel. La plus jeune de la fratrie avait huit ans. On a pas grandi en vase clos, on avait une tonne de copains, elle avait une tonne de copines. On a bricolé, jardiné, cuisiné, elle a eu ses moments rien qu'à elle, ses moments de déprime, ses moments de joie, comme tout le monde.
Et puis un jour ça s'est fini, après seize ans de bons et loyaux services elle a repris son poste. Et comme entre temps elle avait passé une maîtrise (et oui, elle a été femme au foyer et a passé une maîtrise, purée, quelle femme arriérée, quelle boniche insipide), elle a pu évoluer, là elle vient de passer de prof en école primaire à professeur au lycée.
Purée, mais quel monde horrible et étriqué j'ai subi. Quelle manque de respect pour les femmes, c'est honteux !
A l'échelle de la société entière on devrait réfléchir au temps passé avec nos enfants, à faire des choses ensemble, et pas que pour les mères ! Encore une fois des questions qui concernent la société dans son ensemble sont renvoyées à la sphère féminine, mais c'est dommage !
Le problème du parent au foyer est biaisé par le fait que cela ne concerne malheureusement presque que les femmes...