J'avais été étonnée de ne pas lire grand chose lors du couronnement du Roi d'Espagne sur le fait qu'étant le plus jeune des 3 enfants du précédent monarque il ne devait son titre qu'au fait d'être un garçon. 

On pouvait, il est vrai,  admettre que depuis sa plus tendre enfance il avait été préparé à cette fonction, ce qui n'avait pas été le cas de ses soeurs. Difficile dans ces conditions de tout remettre en cause à 45 ans. 

J'ai d'ailleurs trouvé des articles évoquant un possible changement de loi, notamment lors de la naissance de la seconde fille de Felipe. Je ne sais pas si cela a abouti.

Même chose pour Albert de Monaco, puisque sa Soeur Caroline est l'ainée.

Mais j'ai eu l'impression de tomber dans une faille temporelle en lisant cet interview donné par Albert de Monaco à Paris Match, qui l'interrogeait sur le sort de ses jumeaux à naitre. Il a déclaré sans rire "En cas de jumelles ou de jumeaux, ce sera la première ou le premier qui verra le jour. Dans le cas d'un garçon et d'une fille, ce sera le garçon. Dans le cas de jumelles, et si un garçon venait agrandir notre famille par la suite, c'est à lui que reviendrait le titre de prince héréditaire».

Voilà ! Mais Monaco n'est évidemment pas un modèle, ni un enjeu fondamental pour l'Europe. La grande Bretagne avait réglé la question au moment de  la naissance du petit Georges , comme cela avait déja été le cas en Belgique, au Danemark et en Suède. 

Notez qu'Albert prend la peine de préciser que l'ainé sera le premier à voir le jour.  C'est que la presse people, toujours à la recherche d'informations croustillantes et de scoop pour tenir en haleine ses lecteurs, s'était interrogée là dessus cet été. Il y a encore des gens pour croire que l'ainé de jumeaux est le second né. Croyance qui provient de représentations proprement moyenâgeuses : le premier bébé conçu serait le premier à s'accrocher dans l'utérus et prendrait la bonne place du fond ! ou alors que le premier entré (sous forme de spermatozoide donc) serait logiquement au fond du réceptacle. Il y a des journalistes, et des journaux comme Le Point pour faire un article à partir de telles inepties. Stéphane Bern avait été appelé à la rescousse et rappelé qu'il s'agissait d'une tradition pas d'une obligation. Il parait  même que les médecins du rocher préfèraient ne pas se prononcer. 

Je ne veux pas discuter ici du bien fondé des monarchies héréditaires. Mais je ne vais pas résister au plaisir d'évoquer cette très récente découverte : l'analyse de l'ADN de Richard III d'angleterre , dont les ossements ont été retrouvés en 2012, a montré que l'actuelle reine n'était pas l'une  de ses descendante directe. Concrètement ;"entre l'époque de Richard III et la notre, l'une des femmes de la famille a choisi pour son enfant un père qui n'était pas son époux" .

On comprend pourquoi tant de précautions sont nécessaires pour contrôler les femmes...