Nom : Le Pen, Prénom : Marine

Combien ai-je lu de billets de blogs qui parlaient de Marine, de la Marine (subtile jeu de mot), voire d'une blonde ?

J'ai déja eu l'occasion de l'écrire : appeler les femmes politiques par leur prénom  est sexiste. Parlez vous de Dominique, Benoit ou Manuel ? Non bien sûr.

C'est sexiste mais c'est aussi dangereux en l'occurence.

Pour Marine Le Pen être une femme est plutôt un atout. C'est suffisamment rare en politique pour être noté.

Elle a pour elle un charisme certain, une voix grave (rappelez vous combien la voix de Ségolène Royal a été un handicap pour elle). Elle hérite du Front National, un parti en ordre de marche et qui a à son actif un second tour de présidentielle.

Mais un parti qui en 2002  faisait peur à plus de 82% des électeurs. Un parti  dont le chef n'a jamais réussi à se départir d'une image de facho (qu'il avait soigneusement entretenue il est vrai). Les plus de 20 ans se rappellent de son bandeau sur l'oeil qui n'arrangeait rien.

Sa fille s'emploie depuis des mois a dédiaboliser le FN. Elle y arrive parcequ'elle le fait avec intelligence et que les autres partis lui laissent le champ libre. 
Mais, de plus, dans l'imaginaire collectif une femme, blonde de surcroît, donne le sentiment d'être plus gentille, disons moins méchante, d'être plus humaine. C'est un stéréotype et il joue en sa faveur. C'est justement ce dont a besoin le FN en ce moment.

Je m 'étais déja posé la même question il y a quelques mois à propos du nucléaire et du maintien d'Anne Lauvergeon a la tête d'AREVA (curieux téléscopage de l'actualité)

Alors, amis blogueurs, sachez que chaque fois que vous l'appelez Marine vous lui rendez service. Intéressez vous plutôt à son discours qu'à sa blondeur.

Commentaires

1. Le 14/03/2011, 22:33 par FilGB

Je pense très sincèrement qu'elle est appelée Marine à cause de son père. quand on parle de Le Pen, on parle du père car il est là depuis longtemps, dans nos cerveaux : Le Pen = Jean-Marie .
Celui-ci aurait un fils qui se serait lancé dans la politique, on l'aurait surement aussi appelé par son prénom.

Et son côté sympathique, ok, elle l'est plus que son père borgne mais elle reste toujours plus virile que François Hollande. (Dsl, on a dit pas le physique, pure mauvaise foi, mais ça fait du bien des fois)

2. Le 14/03/2011, 22:36 par olympe

et Ségolène et Martine c'est aussi à cause de leur mari ou de leur père ?

3. Le 14/03/2011, 22:50 par FilGB

Tu veux parler de Royal et d'Aubry ?

Quid d'Oussama ?

Mince et le Président des States pour qui on a pris l'habitude de dire en entier Barack Obama, on en fait quoi ?

Ca s'appelle couper des poils de cul en 4 dans le sens de la longueur ce genre de débat à mon avis et ça sert pas franchement la cause féministe. (ce n'est bien évidemment que mon avis que les commentaires ouverts de ce billet permettent de donner :) )

4. Le 14/03/2011, 23:32 par Olympe

On dit Barack Obama comme on dit Nicolas Sarkozy ou François Fillon je ne vois pas la différence. Quand a oussama il n'y a qu aux Guignols que je l'entende sans le nom derrière.
Sinon c'est la spécialité de parler de choses qui semblent tout a fait anodines.

5. Le 15/03/2011, 00:07 par FilGB

Nicolas Sarkozy, Sarkozy, Sarko, le Président Sarkozy... chaque média, chaque Français a sa propre façon de parler des gens. Faudrait-il imposer aux Français une nouvelle loi régissant comment nommer les personnes publiques ? Le tout au nom de l'égalité entre les sexes ?? Arggg une corde siouplé.

Ce que je veux essayer de faire comprendre, c'est qu'il n'y a pas, dans ce que j'entends ou lis de mon côté, de "passe-droit" particulier à Marine Le Pen, Ségolène Royal ou n'importe quelle autre nana faisant de la politique. Dans le tien d'entourage peut-être, après tout, tu aurais un entourage sexiste ? Le comble :)

Et je le redis, quand bien même Marine Le Pen se fait peut-être plus souvent appelée par son prénom que les autres politiques, cette particularité n'est selon moi que la conséquence du poids qu'a son père sur le parti. T'inquiète pas que 10 ans après sa mort à lui, si elle est toujours là elle, on parlera de Le Pen et on parlera bien d'elle. Malheureusement. mais je préfèrerai ne plus en entendre parler... :-(

6. Le 15/03/2011, 07:11 par karine

Sur le même ton sexiste mais d'une autre manière : un article sur Rue89, hier, dont le titre commençait par "Mlle Le Pen...". Le "Mademoiselle" a été modifié en "Madame" dans la journée.
A la différence de l'utilisation du prénom, ce n'est pas sympathique, mais juste condescendant. Pas sûr que ce soit un moyen de placer le débat sur le bon plan non plus.

7. Le 15/03/2011, 07:57 par MHPA

Son discours reprend le même discours que son père. Bien sûr qu'il faut décortiquer ses thèses, et le truc délicat c'est de le faire savoir sans en faire trop de bruit, ce qui dans le cas du FN, a le chic de faire parler de lui, et donc de lui faire remonter l'audience.
Ce sont les médias, qui en premier lieu, l'appellent Marine, et insistent lourdement sur cette dénomination, on en dirait même qu'ils ont des billes dans l'affaire, si les blogueurs ont repris cette même dénomination c'est justement pour en démontrer cette façon qu'ils ont d'en faire un être "sympa", favorable, donc absolument pas comme son vieux facho de père.
Je ne vois pas de différence. C'est un argument de vente, c'est ça qui est sexiste.

8. Le 15/03/2011, 09:19 par Kalista

En 2002, j'ai osé espéré qu'on appelait la candidate "Ségolène" car c'est un prénom original. Faut pas voir le mal partout, que je me disais : c'est infantilisant, moins respectueux, et ça la singularise en politique comme quand on parle de ses fringues au lieu de son programme, mais faut pas voir le mal partout, hein ?
Pour "Marine", effecivement ça pourrait être pour ne pas citer son nom de famille. Mais "Martine", ça commence à faire beaucoup. Dominique Voynet a la chance d'avoir un nom mixte, elle est passée au travers. Rachida Dati et Rama Yade sont rarement appelées par leur seul prénom, peut-être pour éviter de porter l'accent sur son prénom étranger et éviter les accusations potentielles de racisme ?
Il y a quand même une exception chez les hommes politiques : Nicolas Sarkozy. Je l'entends souvent appelé par son prénom, mais c'est rarement sympa.

Et il n'y a pas que chez les politiques. Il faudrait que je me penche un peu plus sur la question, mais j'ai souvent entendu les femmes victimes de "fait divers", en France comme à l'étranger, appelées par leur prénom même quand le nom de famille est connu et cité dans une partie des articles.

De toute façon, une femme, ça n'a pas de nom de famille à elle, puisqu'elle porte celui de son père ou de son mari.

9. Le 15/03/2011, 10:52 par la perchée

Je crois que tu tires une conclusion d'un cas précis : on l'appelle Marine pour la différencier de son père, tout simplement.

On dit Sego, autant que Nico, DSK, autant que NKM.
Il faut arrêter de voir le mal et le machisme partout, c'est pénible à la fin.

Et quand bien même ça serai vrai, qu'on appelle plus les femmes par leur prénom que par leur nom, en quoi est-ce un problème ? Cela les rend plus proches, plus accessibles, et c'est une force pour elles.

10. Le 15/03/2011, 11:02 par Julien ChAbAdA

Madame Marine Le Pen n'a pas le même angle d'attaque provocateur que son père, ce qui doit obliger les autres politiciens à faire de la vraie politique d'action, et non pas de la politique d'attaque contre les idées du FN, ou de la politique politicienne de communication et de calcul électoraliste...
Pour vraiment être mieux que le FN, aux autres politiciens de proposer des solutions pratiques aux maux de la société, et non pas pointer du doigt le FN comme un partie dangereux etc. Plus ils joueront le jeu du dénigrement, plus le FN et Mme Marine Le Pen à sa tête gagneront de terrain...

C'est une bonne chose que les politiciens fasse de la politique d'action plus que de la politique politicienne...

11. Le 15/03/2011, 11:10 par Emelire

Les hommes qui parlent d'elles le font en pleine connaissance de cause, c'est aussi la raison pour laquelle elle est arrivée là, bien qu'elle soit une femme. Les idées du Front National sont aux antipodes du féminisme. Il s'agira pour les femmes d'un retour en arrière, car l'Etat major de Marine Le Pen, et son soutien dans le peuple français, ce sont des gens aux idées très traditionnalistes de la famille et du rôle des femmes.
C'est pour cela qu'elle est appelée "Marine", que tout est fait pour la rendre "sympathique".
Les seules femmes que les hommes laissent passer, il le font parce qu'elles représentent justement une menace pour les droits des femmes, et va donc conforter et renforcer le machisme de la société française, et nous placer encore plus en dépendance des hommes, financièrement.
Royal a été écartée justement parce qu'elle était sentie comme trop pour les femmes, son parti ne l'a pas soutenue. C'est comme ça, c'est un réflexe masculiniste, ils ont préféré nous abansonner à Sarkozy, car mieux vaut toujours renforcer le machisme que de laisser une chance aux femmes de récupérer un petit peu de leur force et de leur pouvoir.
Marine Le Pen et autres Boutin, ce sont des femmes miroir : elles font de la politique, elles mènent un choix de vie libre, c'est la vitrine de l'émancipation féminine : elles sont quelque part, égales des hommes, et curieusement les hommes les respectent ! mais ça c'est pour elles seules. Parce que pour nous, les Françaises, le programme est bien différent. Ce sera des primes au nombre d'enfants, des manières de gouverner où finalement, en faisant nos comptes, on se dira : autant rester au foyer. Une parité politique qui ne sera pas favorisée, à moins que ce ne soit pour des alter ego de Mme Le Pen, des Brunel et compagnie , celle qui tient tant à réouvrir les maisons closes, à créer des emplois d'assistante sexuelle pour les handicapés, etc. On comprend bien l'intérêt que la classe politique masculine et les médias machistes, ont ... à les mettre en avant, à les enjoliver. Quand ils ridiculisaient Royal en traquant chaque mot.

12. Le 15/03/2011, 16:05 par Laurent

et si simplement on ne l'appelait pas du tout...

13. Le 15/03/2011, 18:17 par aalia

"Il faut arrêter de voir le machisme partout"
Le machisme EST partout, tellement ancré dans la société qu'on ne le voit plus.
Olympe pointe le doigt sur tous ces petits détails rabaisseurs de la femme, et le fait que ça aille jusqu'à en énerver certains me conforte dans l'idée que non seulement il est partout, mais qu'en plus il faudrait qu'on en convienne, parce que "c'est comme ça". Eh ben non.

14. Le 15/03/2011, 20:28 par mrsclooney

je m'étais fait la même remarque sur ma LT suite à un tweet lu....
c'est vrai que "marine" c'est plus sympa que m'me Lepen..
bises

15. Le 15/03/2011, 20:33 par Mauvais genre(s)

D'accord avec toi, Olympe. Pour les femmes politiques le prénom suffit, histoire de montrer que ce n'est pas tout à fait aussi sérieux que quand c'est des hommes. Près de chez nous, la maire se faisait appeler par son prénom, Maryse, pour paraître plus proche des gens et ça a très bien marché : élue 2 fois déjà. C'est sexiste et populiste. Le problème en plus avec Marine Le Pen, c'est que ça comme conséquence de masquer le danger.

16. Le 15/03/2011, 21:07 par Hecatessence

Je fais le même constat qu'Olympe, Aalia ou encore Mauvais Genre(e)s.
Ne pas vouloir voir cela sous l'effet d'un machisme latent ne le fait pas disparaitre.

17. Le 16/03/2011, 11:40 par DF

"Pour les femmes politiques le prénom suffit", dit "Mauvais genre(s)" - je rebondis.

Euh, à nuancer. Il ne me viendrait pas à l'idée de parler de "Michèle" pour "Michèle Alliot-Marie". Et il n'y a que Renaud pour oser dire "Miss Maggie" pour M. Thatcher... doit-on le soupçonner de machisme invétéré pour autant?

Il me semble par ailleurs que Ségolène Royal n'avait pas de problème avec l'utilisation de son prénom, voire de son diminutif, par ses partisans. J'irai jusqu'à dire qu'en l'espèce, "ségolisme" serait plus parlant que "royalisme" pour définir son mode de pensée et d'action politique. Quant à Marine, n'a-t-elle pas hérité d'un sacré "paquebot", dans tous les sens du terme? Le jeu de mots est facile, le Canard enchaîné l'a fait avant moi. Enfin, une parlementaire socialiste suisse utilise systématiquement son prénom sur son site: http://www.eviallemann.ch/web/ . Attention, c'est en allemand...

Après, il y a aussi le jeu des surnoms, qui transcende les différences de sexes: abréviations, apocopes, bricolages, jeux de mots, etc., pas toujours flatteurs (Montebourde, etc.), parfois à dessein: qui s'aviserait de parler de "Galouzeau" pour D. de Villepin, et dans quel but? Ou de remettre les trémas à la place qui leur revient sur le patronyme de M. Sarkozy, comme c'est pas mal l'usage auprès d'une certaine opposition au locataire actuel de l'Elysée?

On peut aussi rappeler que pour se démarquer de son père, George W. Bush a mis fortement en évidence son deuxième prénom, seul moyen de se différencier - même si personne ne l'a jamais appelé "Walker". En revanche, j'ai vu pas mal de cas où Saddam Hussein était appelé simplement "Saddam" (donc son prénom). Mépris ou méconnaissance?

Notons aussi que l'usage utilise volontiers les noms de famille pour les hommes, tout seuls ("Chaprot, votre travail ne vaut rien!" - et l'usage militaire), qu'ils le veuillent ou non, alors que pour les femmes, on précisera le sexe (Mme, ou Mlle, même si cet usage est critiqué): on dit volontiers "le président Sarkozy"; aurait-on énoncé, tout aussi naturellement, "la présidente Royal"?

Machisme donc? Sans nier la possibilité de cette raison (ça mériterait un billet plus développé, en fait), il y a certainement d'autres raisons, nettement prépondérantes, au choix de l'appellation la plus usuelle d'une personnalité politique par les médias, les sympathisants, les détracteurs, etc. Y compris la volonté propre, implicite ou explicite, de l'intéressé-e.

Excusez-moi d'avoir été long.

18. Le 16/03/2011, 21:12 par paul

@olympe
je suis d'accord avec vous
que dire donc des archétypes comme Arlette Lagiller ?
et de celle qui tente courageusement de reprendre le flambeau : Nathalie Arthaud ?
Lutte Ouvrière...

19. Le 18/03/2011, 12:50 par Milianah

Pour info, un article de 20 minutes ce matin recense les candidats aux élections dans le 14e canton niçois. En fait partie Mme Dominique Estrosi-Sassone, re-nommée dans l'article "Mme ex-Estrosi", comme si elle n'existait qu'en tant qu'ancienne femme de Christian, et présentée plus loin en quelques mot : "Mme Estrosi-Sassone, robe cintrée et talons hauts..." parce que, c'est sûr, ça nous la situe politiquement de savoir comment elle s'habille.

20. Le 25/03/2011, 19:52 par Amélie

bien d'accord avec toi Olympe, particulièrement sur le début... je refuse pour le moment de soutenir ma camarade Aubry pour les primaires tant que je n'aurai pas d'autre moyen à ma disposition que de signer l'appel "martine2012.net"...
je pense que pour la camarade Royal et pour la dame Le Pen, un problème avec le nom de famille s'ajoute mais au fond, on aurait quand même tendance à les appeler par leur prénom...
mais même quand on est féministe il est difficile de se départir de certains réflexes... j'ai plus tendance à critiquer le maquillage d'Aubry que la coiffure de Fabius par exemple... mais je me soigne ;)

21. Le 02/04/2011, 20:02 par Lilib

Allez, si on l'appelle Marine, on va dire que c'est la faute à Diam's ! :-) Sinon cette façon de nommer les femmes politiques par leur prénom est relativement récente. Dans les années 70, on n'appelait pas (encore) Arlette Laguiller uniquement par son prénom, et on ne l'a jamais fait avec Simone Veil, Françoise Giroud, Marie-France Garaud, ou auparavant Germaine Poinso-Chapuis, Irène Joliot-Curie etc.