On n'est pas sorti des ronces !

La Fondation Wyeth (dont je ne connaissais pas l'existence) avait organisé hier un colloque sur le thème "Filles, garçons, savoir vivre ensemble" .

A cette occasion un sondage a été réalisé par l'institut IPSOS auprès de 800 jeunes de 15 à 18 ans. L'enquête porte sur la question de la différence.

Leurs réponses ont été comparées à celles de 843 adultes de plus de 18 ans constituant un échantillon représentatif de la population française.

Je ne vous parlerais ici que des items concernant les différences entre les sexes.

Les garçons passent plus de temps à faire du sport ou sur les jeux vidéos, les filles plus de temps au téléphone et un peu plus à faire du ménage mais la différence n'est pas énorme 0,5H par jour pour les filles, 0,4H pour les garçons.

A l’inverse des comportements réputés dans cette enquête comme plus masculins comme la violence ou injures sont aussi fréquents parmi les filles et garçons. Ainsi 41% des garçons et 36% des filles (écart non significatif)  disent qu’il leur arrive souvent ou parfois d’injurier ou d’être violents avec des personnes qui les contrarient.

Les stéréotypes par contre ont la vie dure et sont encore plus présent chez les ados que chez les adultes.
Ils pensent davantage (même si c'est une opinion qui ne recueille qu'une note de 3,2 sur 10) à penser que c'est aux femmes de s'occuper des taches ménagères, que le rôle des femmes est de faire des enfants ou qu'il est normal que les femmes gagnent moins que les hommes (là encore opinion qui est heureusement faible).

Plus nettement, les notions de virilité restent prégnantes : c'est aux hommes de séduire les femmes, les hommes gèrent mieux leurs émotions etc...




L'étude des réponses selon le sexe est cependant édifiante. Sur toutes ces questions ce sont les garçons qui expriment les idées les plus sexistes.

Quelques exemples :

Ils notent 4,2 la proposition "c'est aux femmes de s'occuper des tâches ménagères", alors que la note est 2,2 pour les filles.

Ils considèrent davantage comme normal que les femmes gagnent moins que les hommes.

Les filles ont un peu plus conscience des discriminations dont elles font l'objet ou du fait que les hommes ont plus de chance de réussir leur vie professionnelle que les femmes.




Les questions portent sur les stéréotypes, je trouve cependant que des items tels que "les hommes ne sont plus respectés par les femmes" ou "les hommes ressemblent de plus en plus à des femmes" auraient mérité d'être aussi posés dans l'autre sens. Il me semble en effet que la seule lecture de ce questionnaire contribue au renforcement des stéréotypes.

Et il y a un résultat qui me stupéfie :
36% citent leur mère comme symbole de la femme actuelle et 26% leur père comme symbole de l'homme actuel.


Le titre est un copyright des expressions de Manu


Commentaires

1. Le 04/02/2010, 23:23 par Zoé

Quoi? Manu ne dit pas "on n'a pas le cul sorti des ronces"??? C'est quand même beaucoup plus drôle ;-)

2. Le 05/02/2010, 00:04 par Monsieur Poireau

Il faut bien que les hommes gagnent plus pour offrir le restaurant, non ?
:-))

[En fait, ce qui m'étonne, c'est le peu d'acart entre les ados et les adultes ! :-) ].

3. Le 05/02/2010, 00:27 par olympe

Zoé, il lui arrive de le dire comme ça, mais elle est la grande Manu elle peut donc se le permettre

Monsieur Poireau, moi aussi ça m'étonne et c'est plutôt une mauvaise nouvelle. on aurait pu penser que les jeunes abolissaient les différences

4. Le 05/02/2010, 01:41 par J.F.Sebastian

Attention quand même, pour les chiffres ados/adultes, on est à la limite des marges d'erreurs :
http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/cnl_...

Si la différence entre les chiffres ados/adultes est inférieure ou égale à cette marge, on ne devrait pas conclure à une différence. Or c'est le cas pour plusieurs stéréotypes.

5. Le 05/02/2010, 02:06 par J.F.Sebastian

PRECISION : Le chiffre d'écart-type indiqué sous les résultats de chaque question (chiffre entre parenthèses sous chaque résultat) donne une idée précise de la marge d'erreur, qui est en fait variable selon le résultat de la question.

(là encore IPSOS nous le dit : "La marge d’erreur varie aussi en fonction de la répartition des réponses. Ainsi, pour 1000 personnes interrogées, elle sera de plus ou moins 3,2% si la réponse obtenue est de 50% mais seulement de plus ou moins 2,5% si elle est de 20 ou 80% et même de plus ou moins 0,9% si elle est de 2 ou 98%. ", cf http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/cnl_... , dernier paragraphe de la question sur les marges d'erreur)

Wikipédia nous apprend ensuite comment calculer la marge d'erreur à partir de l'écart type :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marge_...

En bref et pour revenir à ma conclusion de la question précédente :
si pour une question donnée le résultat est inférieur à 2,58* l'écart type, on ne peut PAS conclure à une différence.

(au passage, cela signifie que quand les journaux s'extasient sur une progression de 1 ou 2% d'un candidat aux élections, c'est pipeau et sans intérêt)

(bon, je vais me coucher moins con ce soir, maintenant je saurai calculer précisément les marges d'erreurs des sondages... )

6. Le 05/02/2010, 09:00 par Ajuga

Quand on lit les questions soigneusement, on voit bien que la plupart sont déjà très tendancieuses, comme d'ailleurs tu l'as dit Olympe.
Il est très loin d'être neutre de dire "ce sont les femmes qui choisissent leur partenaire" et "c'est aux hommes de séduire les femmes"

pour ne pas parler de "les hommes doivent être virils pour être de vrais hommes" affirmation qui n'a aucune signification tellement elle est vague (viris=homme, bien sûr !)

7. Le 05/02/2010, 09:05 par Gabrielle

irk.

ça ne m'étonne pas tant que ça; et pas sûr que ça évolue, quand je discute avec mes amies et les amies des amis (j'ai 26 ans).

cela dit, ma conscience féministe était présente mais floue quand j'étais ado et ne s'est vraiment affirmée que mes 20 ans (il n'est jamais trop tard...)
on peut croiser les doigts...

8. Le 05/02/2010, 09:07 par Gabrielle

irk.

ça ne m'étonne pas tant que ça; et pas sûr que ça évolue, quand je discute avec mes amies et les amies des amis (j'ai 26 ans).

cela dit, ma conscience féministe était présente mais floue quand j'étais ado et ne s'est vraiment affirmée que mes 20 ans (il n'est jamais trop tard...)
on peut croiser les doigts...

9. Le 05/02/2010, 10:23 par frieda l'écuyère

Pour ce que je sais de cette génération, par ouë-dire de ma progéniture, les stéréotypes ont la vie dure.

10. Le 05/02/2010, 10:30 par dwormiller

Quand un mème a la vie dure, trop dure, il faut regarder du côté des gènes.

11. Le 05/02/2010, 12:49 par ladywaterloo

J'espère surtout que les jeunes soucieux d'être dans ce qu'ils pensent être la norme ont répondu ce qu'ils pensaient être "la bonne réponse" . Il y a toujours des gens qui n'osent avouer leurs opinions même de façon anonyme au téléphone (se souvenir de certaines surprises électorales pour le FN).

15-18 ans c'est un âge où les jeunes ont encore à prouver qu'ils sont des hommes, des vrais, quelques années plus tard, les réponses auraient peut -être été différentes.

Si on pose ce type de questions à Valentin (presque 16ans) il aurait répondu que c'est aux femmes de faire le ménage, la cuisine.. Aux hommes de séduire, conduire des décapotables, et gagner des millions ... Mais à la maison, il fait du ménage et de la cuisine si je lui demande son aide ou si je suis absente. En revanche son ainé de presque 20 ans qui vit seul, aurait répondu différemment , il s'est affirmé comme homme et se fiche de raconter qu'il garde des tout petits et des bébés leur change les couches et tout... Au contraire, il s'en sert pour.... draguer. <i> Il voulait "emprunter sa nièce de 10 mois pour l'emmener à la fac et faire le fanfaron devant ses copines.. Un vrai séducteur celui là!</i>

Pourvu que je ne me trompe pas! ou alors il reste un boulot dingue!

12. Le 05/02/2010, 16:41 par Babooszchka

Je suis d'accord, je pense que de manière générale, les ados sont plus conformistes. Ce serait interessant de voir ce que répondront ces ados à 25 ans, avec ce que réponde les 25naires d'aujourd'hui.. et ceux d'ils y a dix ans!

13. Le 07/02/2010, 15:02 par Isa

Ces questions sont plus que tendancieuses, on ne trouve pas du tout les mêmes items dans la catégorie "homme" que dans celle des "femmes".
Une vraie étude bien faite aurait posé les mêmes questions dans les 2 catégories, par ex : "les femmes imposent leurs idées aux hommes" et "les hommes imposent leurs idées aux femmes".

Maintenant, concernant le comportement des jeunes générations, je crois qu'il ne faut pas faire abstraction d'un facteur : la loi du moindre effort.
J'ai un ado de 16 ans qui se scandalise volontiers des inégalités homme/femme lorsqu'elles ont un aspect "théorique" pour lui : femmes battues, port de la burqa, ... Par contre, à la maison, lorsqu'il s'agit de participer aux taches communes, c'est une autre question. Si son frère peut mettre la table ou vider le lave-vaisselle à sa place, ça l'arrange bien. Et je suis sûre que si, plus tard, il vit avec une fille qui prend tout en charge, il se satisfera de la situation, et qu'il sera inutile qu'elle attende qu'il fasse spontanément un effort. Et il ne vivra pas cela comme du sexisme ; s'il était homo et vivait avec un homme, il se comporterait exactement de la même façon.

14. Le 08/02/2010, 18:42 par Lucie

Mes conclusions de l'enquête:

- à questions stéréotypées, réponses stéréotypées.

Il faut vraiment être très forte pour en tirer autre chose.
Cordialement

15. Le 08/02/2010, 18:44 par Lucie

Mes conclusions de l'enquête:

- à questions stéréotypées, réponses stéréotypées.

Il faut vraiment être très forte pour en tirer autre chose.
Cordialement