Suite du précédent billet

Beau texte, vraiment. Nancy Huston est écrivaine et ça se voit.

De quoi parle-t-il en fait ? Et bien me semble-t-il de féminisme. Nancy Huston, c'est une interprétation toute personnelle, appelle à un féminisme plus essentialiste (voir mon billet sur le sujet), et ce n'est certainement pas un hasard si elle commence par critiquer Simone de Beauvoir figure de proue du féminisme universaliste. Plus loin elle enfonce le clou "certaines théoriciennes de l'Occident se voilent les yeux ; elles refusent de voir ce qui crève les yeux de tout le monde, à savoir que les hommes et les femmes ce n'est pas pareil." , elle précise, ce qu'elle même pense de l'instinct maternel, à savoir qu'il serait une réalité et elle affirme avec conviction tout ce qu'il contient de positif.

Cet article est très significatif des lignes qui sont en train de bouger dans le féminisme actuellement. Celui-ci s'est construit sur l'idée que les femmes devaient être l'égales des hommes, qu'elles pouvaient faire pareil et que rien ne devait les entraver.

Aujourd'hui beaucoup de femmes (la majorité des femmes ?) refusent de se reconnaitre comme féministes parceque si elles trouvent évidente l'égalité des droits, elles n'ont pas envie de renoncer à leurs personnalités de femmes qu'elles ressentent comme différente de celles des hommes.

En plus, Nancy Houston en abordant le sujet des différences non pas du point de vue des femmes, mais de celui des hommes ouvre une perspective dont il convient de s'emparer.Plutôt que de se poser la question de la spécificité du féminin posons celle de la spécificité du masculin. En quoi les hommes deviennent-ils des hommes ? Comment la société les fabrique-elle ? Sa conclusion du coup est formidable " L'un n'aurait vraiment rien à apprendre de l'autre, l'autre devrait se rapprocher toujours et exclusivement de l'un ?" (pour mémoire c'est le titre d'un livre d'E Badinter (féministe universaliste) : L'un et l'autre : des relations entre hommes et femmes )

La réflexion est ouverte, c'est aujourd'hui qu'elle se mène. Une chose est certaine, il faut sortir du débat sur l'innée et l'acquis.

J'ai une admiration sans borne pour Simone de Beauvoir, et une reconnaissance infinie pour toutes les femmes qui ont permis de faire avance les choses, mais c'est aujourd'hui le féminisme du 21eme siècle qu'il faut penser (oui, moi aussi je peux être lyrique).

Moins intéressante à mon sens, même si c'est celle qui frappe l'esprit au premier abord la partie du texte sur les violences masculines. Elle est d'un lyrisme absolu mais ne correspond pas vraiment à la situation actuelle en France. Certes la plupart des violences contre les personnes y sont le fait des hommes, mais la plupart des hommes,qui ont effectivement joué à la guerre quand ils étaient petits, n'ont pas commis de violences physiques et n'en commettront pas.

Même chose à propos de son hypothèse sur le désir des petits garçons de savoir d'où ils viennent. Elle n'est que pure spéculation psychanalytique.Laissons les sociologues, ethnologues et psy de toutes sortes nous apporter des explications mieux étayées.

vous pouvez lire le billet d'ELLY dont l'avis est différent du mien