C'est étonnant, ça. Que se passe-t-il entre le CE2 et le CM1? Les enfants
jouent spontanément en mixité jusque là et puis, soudain, des stéréotypes
apparaissent. Que s'est-il passé???
C'est intéressant comme projet, mais je me demande si ça impacte la mixité
dans les temps de loisirs non encadrés.
Je suis mère de 3 fils, dans une école qui promeut par ailleurs fortement la
mixité et la parité (en compétition, les sports sont "séparés" mais le foot du
samedi matin est mixte, par exemple).
Quelque part en cours de primaire, alors qu'à la maternelle on invitait des
filles à l'anniversaire, on invitait des filles à la maison, ça s'arrête
complètement (et pour avoir essayer de forcer la chose avec mon ainé, je ne le
ferai plus!). Les filles disparaissent du paysage complètement.
Par ailleurs, en classe, les projets sont mixtes, les travaux de groupe, donc,
oui ils se parlent dans l'enceinte de l'école. A l'extérieur, c'est l'ignorance
totale. Quand mon fils de 5ème croise une fille de sa classe dans la rue, ils
ne se disent mutuellement pas bonjour en dehors d'un regard ni hostile ni
amical qui semble dire "j'ai remarqué ta présence".
Le retour à la mixité, de ce que j'ai observé chez moi, semble lié à la
puberté. La puberté réamène la mixité, et mon fils de seconde n'évolue plus
exclusivement que dans des groupes non-mixtes. (et quand les filles reviennent
à la maison après 10 ans, qu'est ce qu'elles ont grandi!!!!!)
J'ai essayé de comprendre.
- Il y a c'est sûr le regard des autres et effet d'entrainement. Quand on est
un garçon, on ne traine pas avec les filles et vice versa. En 5ème, mon ainé
m'avait dit, ceux qui trainent avec les filles en dehors de l'école, tout le
monde pense qu'ils sont homosexuels.
- il semble y avoir une réelle, complète divergence d'intérêt. A la maison,
Bieber et Twilight sont tenus dans le plus grand mépris. Le goût de mon second
pour les jeux de rôle en ligne le rend assez suspect aux yeux des filles de sa
classe, qui le prenne pour un vrai "Geek"
Je constate quand même des rencontres, quand les filles viennent sur le
terrain de jeux des garçons, il y a dans la classe de mon fils un paragon de
toutes les vertus, une fille "qui aime le foot et les jeux vidéos". c'est
socialement très bien accepté. Je pense en revanche que pour le garçon qui aime
Twilight et Justin Bieber c'est beaucoup plus dur.
Je ne pense pas que cette séparation implique nécessairement le machisme. Je
n'ai encore pas relevé de remarques machistes à l'égard des filles dans la
bouche de mes garçons. (celui de 5ème m'ayant dit, dans ma classe, les plus
intelligentes, ce sont des filles). J'ai l'impression que ça correspond plutôt
à une phase de développement.
Dernière chose, ça ne les empêche pas d'être amoureux, à distance, ce qui
est assez drôle car à cette époque, vue la distance entre les 2 groupes, être
amoureux d'une starlette ou d'une fille de sa classe, c'est plus ou moins la
même chose, une adoration sur piédestal.
Le commentaire de Bombay Magic est intéressant. C'est peut être
effectivement une phase de développement. La mixité n'est pas forcément bonne
dans tous les domaines, voir n'est pas souhaitée pendant une partie du
développement.
Pendant cette fameuse phase où les garçons et les filles ne sont pas
ensemble j'avais envie de jouer au foot mais les garçons ne voulaient pas de
moi dans leur équipe. "Non, toi t'es une fille, tu seras gardien de but"... Or
il y avait un ballon pour la cours de récré. Peut être que si j'avais été dans
un environnement non-mixte j'aurais pu jouer avec des copines et ne pas être
une quiche aujourd'hui en foot ;)
Toutes ces expériences sont intéressantes, à regarder avec intérêt et
recul.
4.
Le mercredi 15 février 2012, 16:19 par Mme Plop
Je rejoins Magic Bombay sur les différences de "goûts", elles sont encore
renforcées par des stéréotypes. Personnellement, je ne considère pas que Bieber
ou Tokio Hotel soient mieux ou moins bien que d'autres groupes de pop-rock
mainstream. MAIS ils sont marketés pour les filles (qui sont ravies) et
apparaît automatiquement un gros stéréotype et plein d'arguments pour repousser
les garçons.
C'est pareil avec Twilight (que j'ai lu par curiosité et qui est d'un niveau
littéraire faible, avec une histoire ayant du potentiel). Mes amis masculins le
détestent littéralement, alors qu'ils n'ont rien lu à ce sujet, rien discuté,
rien entendu !!! Ils sont braqués au maximum pour éviter d'avoir à entrer en
contact avec un truc pour fille (et je parle d'amis de ~20 ans).
A la limite, le féminisme leur fait moins peur !
Twilight, comme Tokyo Hotel, Bieber et pas mal de choses qui ont beaucoup de
succès en ce moment sont des représentations de la perte de niveau des œuvres
artistiques, et de la financiarisation à outrance.
Ils n'ont absolument aucun intérêt et ne sont là que pour engranger de
l'argent.
Twilight aurait peut-être pu être un truc pas trop mal si :
- déjà le "héros" n'était pas invincible : un vampire sans point faible mais
gentil, quel est l'intérêt ? On croirait un héros de mauvais comics ("Je suis
le beau gentil, je viens casser la gueule au méchant qui lui est moche, bien
sur").
- les personnages ne prenaient pas des poses ridicules, (dans le livre
aussi...) sur les affiches, et si Bella fermait un peu sa bouche (je ne parle
pas de se taire, mais bien d'arrêter de rester la bouche entrouverte...)
- les personnages masculins ne faisaient pas le concours du mec à (plutôt sans)
poil le plus musclé.
- et tellement d'autres choses ("Oh mon dieu, elle est gelée, elle va perdre
ses doigts de pied")
Ce n'est pas parce que c'est "pour les filles" que ce n'est pas apprécié
(par des "lezômes" et une grande partie des femmes) mais simplement car c'est
objectivement mauvais.
Quand il s'agit de se cultiver, je pense qu'ici aussi les femmes et les
hommes sont égaux.
Et pour en revenir au foot, le syndrome du " je ne passe pas la balle" n'est
pas destiné aux filles. Les garçons les moins bons n'y touchent pas non
plus.
En fait si l'initiative est bonne, je pense qu'il serait intéressant de faire
des conclusions pour un jeu dans lequel passer la balle est une obligation (on
a beau critiquer les footeux qui jouent perso, ce n'est pas interdit par les
règles. De la même façon il vaut mieux parfois garder la balle que de la passer
à quelqu'un qui est mal placé, juste pour faire une passe, et ce type de
jugement arrive avec l'expérience, ce qui désavantage les filles (et les
garçons) qui jouent peu).
Si les garçons s'envoient la balle entre eux sur une passe à 10, là le problème
est clair. Mais il est très simple pour le prof de changer les règles afin que
cela n'arrive pas.
Commentaires
C'est étonnant, ça. Que se passe-t-il entre le CE2 et le CM1? Les enfants jouent spontanément en mixité jusque là et puis, soudain, des stéréotypes apparaissent. Que s'est-il passé???
C'est intéressant comme projet, mais je me demande si ça impacte la mixité dans les temps de loisirs non encadrés.
Je suis mère de 3 fils, dans une école qui promeut par ailleurs fortement la mixité et la parité (en compétition, les sports sont "séparés" mais le foot du samedi matin est mixte, par exemple).
Quelque part en cours de primaire, alors qu'à la maternelle on invitait des filles à l'anniversaire, on invitait des filles à la maison, ça s'arrête complètement (et pour avoir essayer de forcer la chose avec mon ainé, je ne le ferai plus!). Les filles disparaissent du paysage complètement.
Par ailleurs, en classe, les projets sont mixtes, les travaux de groupe, donc, oui ils se parlent dans l'enceinte de l'école. A l'extérieur, c'est l'ignorance totale. Quand mon fils de 5ème croise une fille de sa classe dans la rue, ils ne se disent mutuellement pas bonjour en dehors d'un regard ni hostile ni amical qui semble dire "j'ai remarqué ta présence".
Le retour à la mixité, de ce que j'ai observé chez moi, semble lié à la puberté. La puberté réamène la mixité, et mon fils de seconde n'évolue plus exclusivement que dans des groupes non-mixtes. (et quand les filles reviennent à la maison après 10 ans, qu'est ce qu'elles ont grandi!!!!!)
J'ai essayé de comprendre.
- Il y a c'est sûr le regard des autres et effet d'entrainement. Quand on est un garçon, on ne traine pas avec les filles et vice versa. En 5ème, mon ainé m'avait dit, ceux qui trainent avec les filles en dehors de l'école, tout le monde pense qu'ils sont homosexuels.
- il semble y avoir une réelle, complète divergence d'intérêt. A la maison, Bieber et Twilight sont tenus dans le plus grand mépris. Le goût de mon second pour les jeux de rôle en ligne le rend assez suspect aux yeux des filles de sa classe, qui le prenne pour un vrai "Geek"
Je constate quand même des rencontres, quand les filles viennent sur le terrain de jeux des garçons, il y a dans la classe de mon fils un paragon de toutes les vertus, une fille "qui aime le foot et les jeux vidéos". c'est socialement très bien accepté. Je pense en revanche que pour le garçon qui aime Twilight et Justin Bieber c'est beaucoup plus dur.
Je ne pense pas que cette séparation implique nécessairement le machisme. Je n'ai encore pas relevé de remarques machistes à l'égard des filles dans la bouche de mes garçons. (celui de 5ème m'ayant dit, dans ma classe, les plus intelligentes, ce sont des filles). J'ai l'impression que ça correspond plutôt à une phase de développement.
Dernière chose, ça ne les empêche pas d'être amoureux, à distance, ce qui est assez drôle car à cette époque, vue la distance entre les 2 groupes, être amoureux d'une starlette ou d'une fille de sa classe, c'est plus ou moins la même chose, une adoration sur piédestal.
Le commentaire de Bombay Magic est intéressant. C'est peut être effectivement une phase de développement. La mixité n'est pas forcément bonne dans tous les domaines, voir n'est pas souhaitée pendant une partie du développement.
Pendant cette fameuse phase où les garçons et les filles ne sont pas ensemble j'avais envie de jouer au foot mais les garçons ne voulaient pas de moi dans leur équipe. "Non, toi t'es une fille, tu seras gardien de but"... Or il y avait un ballon pour la cours de récré. Peut être que si j'avais été dans un environnement non-mixte j'aurais pu jouer avec des copines et ne pas être une quiche aujourd'hui en foot ;)
Toutes ces expériences sont intéressantes, à regarder avec intérêt et recul.
Je rejoins Magic Bombay sur les différences de "goûts", elles sont encore renforcées par des stéréotypes. Personnellement, je ne considère pas que Bieber ou Tokio Hotel soient mieux ou moins bien que d'autres groupes de pop-rock mainstream. MAIS ils sont marketés pour les filles (qui sont ravies) et apparaît automatiquement un gros stéréotype et plein d'arguments pour repousser les garçons.
C'est pareil avec Twilight (que j'ai lu par curiosité et qui est d'un niveau littéraire faible, avec une histoire ayant du potentiel). Mes amis masculins le détestent littéralement, alors qu'ils n'ont rien lu à ce sujet, rien discuté, rien entendu !!! Ils sont braqués au maximum pour éviter d'avoir à entrer en contact avec un truc pour fille (et je parle d'amis de ~20 ans).
A la limite, le féminisme leur fait moins peur !
Twilight, comme Tokyo Hotel, Bieber et pas mal de choses qui ont beaucoup de succès en ce moment sont des représentations de la perte de niveau des œuvres artistiques, et de la financiarisation à outrance.
Ils n'ont absolument aucun intérêt et ne sont là que pour engranger de l'argent.
Twilight aurait peut-être pu être un truc pas trop mal si :
- déjà le "héros" n'était pas invincible : un vampire sans point faible mais gentil, quel est l'intérêt ? On croirait un héros de mauvais comics ("Je suis le beau gentil, je viens casser la gueule au méchant qui lui est moche, bien sur").
- les personnages ne prenaient pas des poses ridicules, (dans le livre aussi...) sur les affiches, et si Bella fermait un peu sa bouche (je ne parle pas de se taire, mais bien d'arrêter de rester la bouche entrouverte...)
- les personnages masculins ne faisaient pas le concours du mec à (plutôt sans) poil le plus musclé.
- et tellement d'autres choses ("Oh mon dieu, elle est gelée, elle va perdre ses doigts de pied")
Ce n'est pas parce que c'est "pour les filles" que ce n'est pas apprécié (par des "lezômes" et une grande partie des femmes) mais simplement car c'est objectivement mauvais.
Quand il s'agit de se cultiver, je pense qu'ici aussi les femmes et les hommes sont égaux.
Et pour en revenir au foot, le syndrome du " je ne passe pas la balle" n'est pas destiné aux filles. Les garçons les moins bons n'y touchent pas non plus.
En fait si l'initiative est bonne, je pense qu'il serait intéressant de faire des conclusions pour un jeu dans lequel passer la balle est une obligation (on a beau critiquer les footeux qui jouent perso, ce n'est pas interdit par les règles. De la même façon il vaut mieux parfois garder la balle que de la passer à quelqu'un qui est mal placé, juste pour faire une passe, et ce type de jugement arrive avec l'expérience, ce qui désavantage les filles (et les garçons) qui jouent peu).
Si les garçons s'envoient la balle entre eux sur une passe à 10, là le problème est clair. Mais il est très simple pour le prof de changer les règles afin que cela n'arrive pas.