Peut on être une bonne pédégère et une bonne mère ?
Par Olympe le mercredi 3 octobre 2012, 18:45 - Lien permanent
Marissa Mayer, nommée directrice de Yahoo cet été vient d'accoucher.
Cette nomination, alors qu'elle était enceinte avait fait couler beaucoup d'encre sur le thème "est ce vraiment compatible?", d'autant plus que quelques jours avant Anne Marie Slaugher, une proche collaboratrice d'Hillary Clinton avait renoncé à son poste au motif qu'il exigeait le sacrifice de sa vie de famille.
Marissa Mayer a prévu, selon Yahoo, de continuer à travailler à distance et elle envisage de revenir au bureau aussi vite que possible (dans 1 ou 2 semaines).
De nombreuses voix s'élèvent semble-t-il pour critiquer ce choix.
En 2009 j'avais trouvé que Rachida Dati prenait un risque en assistant à une audience solennelle de la Cour de Cassation 5 jours après son accouchement par césarienne. L'une des raisons en était que le comportement de ces femmes, scruté par tous, constitue de fait sinon un modèle, du moins un exemple. Si elle peut le faire pourquoi pas vous ? En ce sens c'est fort dommageable pour toutes les femmes à qui des employeurs pourraient reprocher de prendre l'intégralité du congé maternité au motif que d'autres y arrivent bien autrement.
En préalable, on peut remarquer une fois de plus que la question ne se pose jamais pour les hommes, qui ont eux aussi des bébés. Quelqu'un a prêté attention à la naissance de la fille de Jean-François Copé en 2010, s'est demandé combien de temps il s'était arrêté ?
La question s'était posée pour Tony Blair en 2000. Il avait laissé entendre qu'un congé paternité était envisageable. Il n'en a rien été. Et quand David Cameron a pris 2 semaines en 2010 on a crié à l'exploit .
Mais je trouve surtout que la façon dont les médias traitent le sujet reste très 20eme siècle. Comme si la vie était binaire : soit on est à la maison et on vaque à des occupations privées, soit on est au travail et... on travaille.
Du point de vue professionnelle madame Mayer occupe un poste important et, qui plus est, depuis peu. Ce qui signifie concrètement qu'elle a du commencer à mettre en oeuvre de nouvelles stratégies et impulser des dynamiques. Le genre de job qui exige de suivre de très prés l'évolution des projets, mais aussi de rester vigilante sur leur appropriation par les équipes, l'état d'esprit des collaborateurs, etc. Impossible dans ces conditions de tout laisser pendant plus de quelques semaines.
D'un point de vue privé elle vient d'avoir un bébé. Passons sur le fait qu'elle a vécu une grossesse et un accouchement qui nécessitent un temps de repos physique et admettons qu'elle sait si elle est suffisamment remise. Passons sur le fait que l'arrivée d'un enfant amène à réorganiser toutes les journées (et aussi les nuits) des parents et que c'est épuisant. Je suppose qu'elle a les moyens de rémunérer une armée de personnes pour faire le ménage, la cuisine, les courses etc.
Mais a-t-elle aussi envie de leur confier les soins du bébé ?
La situation de Marissa Mayer est par certains coté exceptionnelle, mais elle est emblématique. Toutes proportions gardées, elle est celle de la plupart des femmes cadres qui appréhendent de laisser un travail dans lequel elles ont beaucoup investi . Même si elles peuvent de plus en plus espérer (quoique...) que leur carrière n'en sera pas pénalisée, elles n'ont pas envie de planter là des projets qui leur tiennent à coeur. D'autant plus que, l'entreprise étant ce qu'elle est, elles ne sont pas toujours certaines que personnes n'en profitera pour leur chiper quelques prérogatives.
Alors ?
Et si elle doit absolument rejoindre son entreprise où participer à une manifestation extérieure elle peut aussi amener son fils. Comme le font les eurodéputées. Pourquoi seraient-elles les seules à avoir cette possibilité ?


Ce n'est pas possible pour tous les métiers, certains nécessitent d'être présents.
Pourtant depuis toujours les femmes professions libérales, commerçantes, artisanes ont bricolé des solutions car même si elles ont des droits à congés elles peuvent avoir peur de perdre leur clientèle.
D'autres inventent des métiers qu'elles peuvent exercer chez elles. Et elles y arrivent même si elles sont souvent regardées avec condescendance et sans avoir les facilités financières dont bénéficie la directrice de Yahoo. On les trouve par exemple chez les Mampreneurs qui veulent prouver "qu'il n'y a pas de choix à faire entre élever ses enfants et réussir en affaire".
Et ça reste valable bien après les premières semaines des enfants.








Commentaires
ma voisine est secrétairfe de mairie à au moins 200bornes enytre domicile et commune
le télétravail via internet , skype wecam etc permettent un fonctionnement satisfaisant puisque son patron de maire a accepté cette situation et la laisse perdurer
" La possibilité d'amener son enfant à proximité de son lieu de travail (crèche ou autres). "
Oui, à proximité. Mais SUR le lieu de travail ?
La photo me met un peu mal à l'aise. Le bébé n'est pas à sa place, ou alors c'est le parent qui ne l'est pas. Je dirais la même chose si c'était un père avec son bébé.
Est-ce qu'on regarde les choses du point de vue de l'enfant ? Non qu'il soit mal dans les bras de sa mère, mais il y a confusion, à mon avis. Un enfant s'agite et pleure souvent. Il a besoin qu'on lui parle, qu'on s'en occupe, il a besoin qu'on soit d'abord à lui. Au moins il a besoin de le croire. Les adultes présents ont besoin de se concentrer sur leur travail. Chez soi, ce n'est pas pareil. On peut télétravailler avec un bébé, parce qu'on peut lui parler sans déranger personne, s'interrompre, aménager ses temps de maternage et de travail (ce n'est pas forcément très facile non plus) .
Que se passe-t-il quand le bébé de l'eurodéputée hurle ? Elle le laisse pleurer, perturbant tout le monde, ou elle sort ?
Donc, pour répondre à la question titre, oui, on peut être un bon parent si l'on est pdg, et un bon pdg si l'on est parent, mais à condition d'avoir un bon mode de garde.
La grande question est surtout "qu'est-on capable (a-t-on vraiment envie) de déléguer à une nounou? Juste la garde de l'enfant la journée, ou beaucoup plus? (éducation, soin, devoirs, repas, coucher, etc)".
Ce qui compte c'est d'être en accord avec ce qu'on ressent... c'est le plus difficile à réussir! car une situation, comme une autre, peuvent être considérées comme une chance, ou à l'inverse comme une grande violence, selon qu'on la choisit, ou pas.
Déjà, si on est globalement bien dans son rôle de mère, avec ses choix, c'est un bon début. Ensuite, pour ce qui est de la question "est-on une bonne mère...", je crois que chaque mère a un début de réponse à la question, selon ses valeurs et ambitions dans la vie... mais que ce seront sûrement les enfants qui auront la meilleure réponse!
Mon avis perso est que je ne me considèrerais pas à l'aise si je devais être mère et assurer en tant que PDG... (ce n'est pas un jugement, c'est un avis perso, tout simplement), car j'ai besoin de consacrer du TEMPS à mes enfants. Je ne crois pas au principe "la qualité est plus importante que la quantité". Mais nous sommes toutes très différentes, et nos besoins le sont aussi.
Après, mon avis est que l'arrivée d'un enfant nous engage, on a une obligation morale envers lui, de faire tout ce qu'on croit le mieux pour son bien et son bonheur. Et par obligation morale j'entends obligation d'être là pour lui, pas seulement de lui apporter un bien-être matériel et financier. Ca peut prendre de multiples formes, selon le type de mère qu'on est!
Mais ne soyons pas trop idéalistes, voire féministement/politiquement correctes... reconnaissons qu'il y a des mères plus ou moins bonnes, et des shémas plus ou moins mauvais. Soyons lucides sur la situation d'enfants qui sont plus élévés par des nounous que par leurs parents, et qui en souffrent. Car ils ont peut etre des moyens matériels énormes, rien ne remplace le TEMPS qu'on consacre à ses enfants.
Il serait illusoire de prétendre qu'on peut être une mère parfaite, et une PDG parfaite. C'est mon humble avis (l'inverse étant vrai aussi: ce n'est pas parce qu'on est à la maison et qu'on s'occupe du matin au soir de ses enfants qu'on sera forcément une mère parfaite). Le plus important est de faire de son mieux, quoi...
J'ajoute que je pense que la question doit se poser de la même manière pour un père. Un père qui donne tout à son boulot, et qui ne voit ses enfants que le dimanche de 16h à 17h, pour moi, ce n'est pas un modèle qui m'intéresse... on en connait des shémas "à l'ancienne" comme ça, et on en connait des témoignages d'enfants malheureux...
Prendre un congé après la naissance cela me paraît le minimum de l'investissement parental, d'ailleurs on tanne même les pères pour qu'ils s'y mettent... La question qu'on peut se poser est pourquoi une femme comme Marissa Meyer, qui n'a apparemment aucune envie de s'occuper de son enfant (d'accord c'est un mode de vie comme autre, et ce n'est sans doute pas un problème pour lui, on imagine qu'elle a largement de quoi se payer une armada de nounous qualifiées), a choisi d'en avoir un.
Tout se passe comme s'il existait une pression sociale pour que les femmes aient absolument un enfant, comme si l'enfant était une espèce de signe extérieur (de féminité ? de normalité ? d'épanouissement ?) dont il serait inconcevable de se passer, quelques soient les aspirations personnelles de la femme.
Est ce que certains ont réfléchi à la question ? je trouve étonnant que le problème ne soit jamais soulevé dans ce style de blog.
tout a fait d'accord, je trouve que l'on manque terriblement d'imagination en ce qui concerne la conciliation enfants/travail. Et je connais des examples comme tu en cites, de femmes en profession liberales qui trouve des solutions intermediaires au binaire travail+garderie versus à la maison 24h/24. Sur le lieux de travail de mon partenaire, les employés ont installé un petit coin jeux pour les enfants, et se relaient pour surveiller quand il ya des reunions/coups de fils importants.je trouve ca genial. Je ne pense pas non plus que ce soit par principe deletère pour un enfant de se trouver sur un lieux de travail, un enfant n'a pas besoin 24h sur 24 de l'attention permanante de sa mère, d'autant moins qu'il y a d'autres personnes connues de lui à son contact. Il me semble que c'est ainsi qu'on vecu des generations et des generations avant nous sans se poser de questions. Là où je vis, le congé parental c'est un an: j'aurais bien aimé avoir ce genre d'alternatives au moins quelques heures, et je pense que bien organisé ca aurait été possible.
@ Nathalie
OK pour la pression sociale pour faire des gosses, mais je trouve que vous êtes vous-mêmes un exemple de pression sociale. Je cite :"La question qu'on peut se poser est pourquoi une femme comme Marissa Meyer, qui n'a apparemment aucune envie de s'occuper de son enfant"... "a choisi d'en avoir un". Voilà, vous jugez cette femme comme ne voulant pas s'occuper de son enfant, ce qui est souvent ressenti comme négatif, simplement parce qu'elle a choisi de bosser énormément (nécessaire pour le super job qu'elle a). On ignore tout de son emploi du temps, de comment elle se démerde pour le voir, si son mec reste avec. On ignore même si au contraire, elle estime qu'une bonne mère se doit de donner cet exemple à sa progéniture (elle reste une femme active et très indépendante). Bref, je trouve ça dur. Pour ma part je commencerais plutôt à cesser de culpabiliser les mères face à leurs choix...
Et personne ne se demande si le papa n'a pas tout simplement pris un congé pour lui s'occuper de ce bébé ? Personnellement, je n'avais pas envie de déléguer l'éducation à une nounou, j'avais envie qu'ils soient aussi souvent que possible avec un de leurs parents. Il s'est trouvé que, leurs 3 premières années, le parent en question, ça a été leur père, qui rentrait très tôt (je finissais à pas d'heure), prenait les généreux congés pour enfant malade auxquels il avait droit (je n'en avais pas). Maintenant, je bosse à la maison, c'est moi qui consacre du temps aux enfants et lui a remis sa carrière en accélération.
@Nathalie, je suis assez choquée par votre commentaire qui me parait être le fruit des stéréotypes les plus aliénants pour les femmes : soit on est une mère et on se dévoue, soit on se fait ligaturer les trompes pour faire carrière ? Encore une fois : qui a jamais reproché à un père de faire carrière et des gros horaires, qui a jamais dit de ces hommes-là "pourquoi diable ont-ils fait des enfants qu'ils ne voient presque pas ?".
"depuis toujours les femmes professions libérales, commerçantes, artisanes ont bricolé des solutions car même si elles ont des droits à congés elles peuvent avoir peur de perdre leur clientèle" Au delà de la perte de clientèle, t'as déjà jeté un oeil sur l'indemnisation du congé mat pour les indépendantes ? J'ai eu mes 2 enfants au "chaud" salariée dans une boite où mon salaire m'était intégralement payé pendant mon congé mat, puis je me suis mise à mon compte. Et il n'était plus envisageable une seule seconde de faire un 3ème (d'autant que la loi ne permet pas de transférer le congé mat au père - lequel, fonctionnaire, aurait été parfaitement couvert. Ce serait d'ailleurs un truc sur lequel se battre, surtout pour les congés mat des 3èmes et plus qui durent 6 mois : pourquoi diable ne peut-on transférer une partie du congé mat post-naissance au père ?? On n'est pas obligée d'allaiter non plus).
En fait, j'ai tiqué dès ton titre : la question m'aurait paru plus pertinente si elle avait été "peut-on être un bon pdg ou une bonne pédégère en étant un bon parent ?". Parce que tant qu'on culpabiliser les mères et jamais les pères, ben on n'avancera pas...
Je pense comme Nathalie qu'il y a une vrai question pourquoi faire un enfant lorsque l'on sait que l'on ne s'en occupera pas ou presque. Cette question est valable aussi pour les hommes.
Nous savons de part notre expérience d'ex enfant que la présence des parents est importante. En fait les raisons de faire un enfant sont un peu toujours les mêmes se perpétuer créer une famille pour aujourd'hui mais surtout pour les vieux jours. Pendant la période active la vie pro et sociale apporte l'essentiel des besoins.
Je pense finalement que la question est quel environement familiale je me sens capable de donner à mon enfant pour en faire un adulte le plus épanouï possible.
Complétement déléguer son role éducatif mais surtout son role de "réservoir d'amour" dont les enfants ont besoin pour grandir de façon planifiée est déroutant et même choquant. Elle n'est pas la seule à le faire, les hommes qui travaillent beaucoup le font sans beaucoup de remise en question de la société.
Je me souviens d'un reportage où l'une des filles de Charlie Chaplin expliquait qu'elle n'avait eu en tout et pour tout que 17 min avec son père dans sa vie et l'absence de son père qu'elle voyait de loin mais qui avait choisi de faire autre chose que s'occuper de ses enfants l'avait empêcher d'être une adulte épanouie. D'autres enfants de C Chaplin avaient trouvé auprès des nounous assez d'amour pour bien grandir.
En fait cela interroge sur le temps maximum que l'on doit consacrer à sa carrière. Ca interroge vraiment sur la place des enfants.
Aux états unis il est habituel de voir une mère venir travailler avec son très jeune enfant parce que malheureusement, le congé maternité existe, mais il est sans solde :(
De même, un ami étudiant américain m'a rapporté que plusieurs parents (étudiantes ou étudiants) venaient avec leurs enfants en classe (cas particulier : Université mormone, rempli de mormons qui se reproduisent peu après la vingtaine).
Bref, tout ça pour dire que si, un enfant a sa place au boulot. Partout ailleurs, les parents font avec. Mais pas dans notre culture, c'est tout.
J'ai amené mon fils âgé de quelques mois en amphi un jour où mon mari avait un examen et la baby-sitteur était pas là. Il a dormi pendant deux heures. Donc il n'a pas été dérangé, je n'ai pas été dérangé, la classe n'a pas été dérangée. Et pourtant, la prof est venue me voir pour me dire que c'était inadmissible et m'a demandé de contacter l'assistante sociale. C'est juste la mentalité française qui a un problème.
@Thaliane : j'avais cru comprendre que c'était les indépendants qui n'avaient pas voulu adhérer au régime de sécu général après 45, d'où les remboursements différents maintenant. Bon, je suppose qu'il n'y avait pas beaucoup de femmes parmi les représentant des professions libérales de l'époque pour se soucier de l'indemnisation du congés mat. :/
@Elisa et Nathalie: En effet, il y a de quoi s'interroger sur les stéréotypes et la place des enfants dans la société. Et comme le faisait remarquer Thaliane, l'alternative entre dévouement aux enfants ou renoncement à en avoir me parait un peu extrême. Alors depuis que les femmes maîtrisent leur fécondité, et que les enfants sont "désirés", il faudrait tout leur sacrifier, faire passer systématiquement leurs besoins avant les nôtres, sous prétexte qu'on l'aurait voulu ? (comme si les parents avaient la moindre idée de dans quoi il s'embarquent réellement en ayant des enfants :D, et je ne parle pas des "heureux accidents" en prime)
Relisez "l'amour en plus" (même si Badinter n'est plus en odeur de sainteté chez les féministes depuis "fausse route", elle n'a pas dit que des conneries) c'est hyper dé-culpabilisant :)
Il y aura toujours une inégalité entre hommes et femmes pour faire carrière à un haut niveau à partir du moment ou un homme qui a de grandes responsabilités professionnellles , le PDG Mâle en l'espèce, n'a en général pas de mal à trouver une femme qui "sacrifie" sa carrière en s'occupant à plein temps du foyer et des enfants ou qui, à défaut, accepte d'avoir une carrière plus "cool" et moins rémunérée alors que l'inverse est beaucoup plus difficile.
Si jamais la pédégère (ou plutôt la pédègère postulante) trouve l'oiseau rare, ce dernier n'est pas nécessairement bien accepté par l'entourage qui le confond avec un gigolo ou à un original pas ambitieux et un peu raté.
Les femmes ambitieuses et brillantes n'osent d'ailleurs, le plus souvent, pas aller dans cette direction et choisissent des hommes du même acabit qu'elles comme futurs pères de leurs enfants. Du coup, à un certain niveau elles se heurtent à des choix difficiles entre carrière et famille.
Il faudrait un double changement en parallèle dans les mentalités, d'une part pour que les femmes acceptent de choisir comme partenaires des hommes moins ambitieux et performants professionnellement qu'elles et que les hommes acceptent de ne pas être , et parfois de très loin, le pourvoyeur financier de la famille et par contre acceptent d'être "homme au foyer à plein temps ou à mi-temps .
C'est une évolution qui se développe aux USA par exemple où elle est loin d'être négligeable notamment dans les couples où la femme est dirigeante d'entreprise et où le mari est de plus en plus "house husband".
@ Malicia
Je pense que vous n'avez vraiment pris la peine de lire ce que j'ai écrit.
@ La sorcière
Je ne pense pas que la place d'un enfant soit sur les lieux de travail de ses parents ni la fac ni dans une assemblée. Si comme votre enfant, il dort tout le temps il ne dérange les autres mais ses parenst sont quand même un peu ( voir beaucoup) préoccupé par lui. Et quand il ne dort pas, ce qu'il fait quand même la plupart de la journée là il est impossible de travailler.
De mon expérience perso, il aurait été strictement impossible que mon fils m'accompagne au boulot. Mon mari l'a lui emmené deux fois, la deuxième fois il a su que c'était la dernière pourtant il était encore petit et attendrissant. Plus grand, il n'est attendrisssant que pour ses parents.
La question posée est vraiment quelle part donne t on à ses enfants et quelle part à son boulot, ce sont deux temps différents. Si une part prend tout le temps il est aisé de voir qu'il ne reste rien pour l'autre. La dame dont il est question dans l'article a fait un choix ( elle en a le talent et a su saisir l'opportunité) professionnel très très chronophage. Je ne voix quel temps il reste à l'enfant. La même chose s'applique aux hommes, ceux qui font ses choix font une croix sur leur rôle de père.
@jean michel : je vous invite à lire "patrons-papas", témoignages de grands patrons. Nombre d'entre eux ont une femme qui a fait une très belle carrière professionnelle. Et ils en sont fiers. L'épouse au foyer est, également, devenue moins valorisante pour les hommes de pouvoir...
Quant aux "hommes de pédégère", il faudrait déjà que le regard social sur eux change. Quand un homme fait un renoncement professionnel au profit de sa femme, c'est encore considéré comme castrateur...
@Elisa : " Je ne pense pas que la place d'un enfant soit sur les lieux de travail de ses parents ni la fac ni dans une assemblée". Vous le précisez vous-même : c'est ce que vous pensez. Ca n'en fait pas une vérité universelle : si un parent estime qu'il peut emmener son enfant sur son lieu de travail, si l'employeur l'accepte, je ne vois pas en quoi votre opinion devrait s'interposer.
De même vous dites : "La question posée est vraiment quelle part donne t on à ses enfants et quelle part à son boulot, ce sont deux temps différents". Pourquoi deux temps différents ? C'est un point de vue. Ca n'est pas le mien : je travaille à domicile, le temps avec les enfants et le temps du travail se confondent beaucoup. Ce qui me permet à la fois de consacrer beaucoup de temps à mes enfants (une partie de ce temps étant exclusif, une autre ne l'étant pas) et à mon travail (là aussi, une part de temps "exclusif" consacré aux tâches qui demandent beaucoup de concentration et une part non-exclusive).
Après tout, nous faisons généralement le ménage et la cuisine en présence de nos enfants et personne ne songerait à nous le reprocher.
Je valide sur les tâches ménagères Thaliane. J'adore ton exemple.
On en discutait il y a pas longtemps avec un ami. Le mythe de la femme au foyer qui fait rien d'autre que s'occuper de ses enfants et faire du scrapbooking n'a rien à voir avec ce qu'a été la femme au foyer pendant des siècles : c'était des femmes qui travaillaient au champ, emmenant leurs enfant là où elles allaient, qui filaient, cousaient, allaient laver le linge à la rivière, etc. La femme au foyer qui se "consacre à l'éducation" et ne fait rien d'autre, c'est possible que dans nos sociétés riches. Le reste de la planète a-t-il délaissé ses enfants ?
@LA sorcière je ne sais d'où vous sortez "le mythe de la femme au foyer qui fait rien d'autre que s'occuper de ses enfants et faire du scrapbooking " je ne le connais pas je pense qu'il ne s'agit que de votre représentation de ce que vous pensez que pensent les autres.
Quand aux femmes qui ont effectivement cumulées le travail domestique et le travail des champs c'est à dire l'essentiel du boulot sans avoir le pourvoir, ni le temps ou même l'énergie de décider ( c'est fatigant tout ça) c'est bien l'essence même du combat féministe que de se débarasser de ce modèle. Donc perso je ne veux pas y retourner et vous y laisse.
@Thaliane, le travail domestique n'est pas rémunéré par essence il ne s'agit pas d'un travail professionnel alors que le sujet est bien comment être une bonne PDGere et une bonne mère. Comme vous le dîtes dans votre commentaire il y un temps pro où vous ne vous consacrez qu'à ça. Je ne connais pas la nature de votre job. Ce que je sais c'est que pendant le mien il est absoluement pa possible que je m'occupe de mon fils. Et quand je suis avec mon fils lorsque je lui consacre du temps c'est aussi exclusif, il n'y a pas de boulot. Pour ce qui concerne les tâches ménagères mon fils me reproche assez de ne pas jourer avec lui pendant que je les fais et je m'arrête régulièrement pour un calin ou un jeu.
J'ai fondé une famille en même temps qu'une entreprise (avec mon mari). Pour avoir travaillé pendant des années à la maison tout en m'occupant des enfants, j'estime que mélanger vie de famille et vie professionnelle n'est vraiment pas une bonne idée pour améliorer la condition des femmes.
D'une part c'est exténuant de devoir jongler en permanence entre concentration sur son travail, écoute d'un interlocuteur au téléphone, et attention à donner aux enfants. Je me retrouve dans les deux photos que tu as publié : la femme qui travaille de la main droite (elle vote) toute en caressant son bébé de la gauche, la caresse étant un moyen de communication intime et silencieux, très pratique dans un environnement professionnel !
Ces photos paisibles donnent une impression de contrôle. Mais il y a aussi des moments de dérapages où on subit au lieu de contrôler : l'enfant qui essaye de mettre un pot de colle dans sa bouche au moment du vote, le bébé qui hurle parce qu'il a souillé sa couche, et dérange les collaborateurs (ou fait craindre à la mère qu'il les dérangent, ce qui génère un stress pour elle).
D'autre part cela rend les femme disponibles pour tous (employeurs, enfants) à tout moment et la prive donc de temps libre, pourtant si important pour se relaxer, et probablement de temps de repos et de sommeil (au moins dans mon cas).
Depuis que mon entreprise s'est un peu développée, j'ai aménagé des bureaux dans le sous-sol sous mon appartement. Séparer physiquement le lieu de travail et le lieu de famille m'a permis de mieux me concentrer sur le travail, et de mieux profiter des moments en famille.
Quand un client m'appelle sur mon portable pour me demander un renseignement, je lui réponds tout naturellement : "je ne suis pas au bureau, je vous rappellerai dans une heure/demain/après ma pause pour vous répondre précisément". Cette phrase toute simple m'était inconnue quand je travaillais dans le salon familial. Puisque l'ordinateur était à côté de moi, j'arrêtais de jouer avec mon enfant et je répondais à la question immédiatement.
De plus la séparation physique permet aussi de faire comprendre aux enfants la différence entre vie familiale et vie professionnelle. Cela permet de faire comprendre que je suis moins disponible lorsque je suis en bas, dans les bureaux. Car les enfants vivent dans l'immédiateté et si le parent est à côté d'eux, ils considèrent logiquement qu'ils peuvent interagir avec lui, c'est bien normal.
C'est bien que les lieux de travail s'ouvrent aux enfants, c'est un signe d'ouverture de la part des employeurs, qui comprennent les dilemmes auxquels sont confrontés les parents. Mais cela devrait être considéré comme un mode de garde de dépannage, pas comme un mode de garde optimal.
Ce qui est attristant est que l'on en revient toujours aux mêmes conclusions... Sans plus de mesures en faveur de la conciliation au travail, on n'avancera pas !
Statistiquement les hommes ont plus d'accidents de voitures, de sports, de maladie. La convalescence est d'autant plus longue lorsqu'il s'agit des hommes plus âgés qui sont majoritairement représentés dans les postes à responsabilité.
Ce risque est suffisamment courant et pris en compte par les entreprises que même les petites PME payent des assurances chères dites "pour hommes clés".
Pourtant il n'y a rien à faire, j'ai vu des hommes avec une clavicule pétée incapable d'utiliser leur bras droit pendant 3 mois, qu'étant donné qu'ils n'ont aucune obligation "sociétal" d'avoir des process et une organisation nickel (on privilégie les grandes gueules aux vrais compétences, de toute façon c'est la faute à pas de chance, et puis l'organisation c'est pas un truc de "bonne femme"?), il s'en suit une véritable désorganisation préjudiciable à l'entreprise sans que les personnes ne soient mises en cause.
Sans même parler d'accident physique, un homme peut perdre un proche, être coincé par une grève, combien de fois j'ai vu des départs en vacances mal gérées et il n'y avait plus personne pour signer le contrat alors que tout le monde savait? Le nombre de fois où il y a du "yaquàfontquon" pendant des mois jusqu'à la veille où tout le monde doit bosser toute la nuit pour rendre un dossier bâclé? Le nombre de fois où il n'y a qu'une personne qui connait la procédure ou le mot de passe ou où est rangé le dossier et qui n'est pas là?
Une femme avec 3 enfants va s'absenter 1 an en 45 ans de vie professionnelle, les procédures seront nickelles, on va la sous-payer à la base, c'est prévu plusieurs mois à l'avance, le transfert de compétence peut être parfaitement mis en place mais il n'y qu'aux femmes et à la maternité qu'on critique.
@ Suzanne, étant une toute jeune maman, j'ai remarqué une chose très contre-intuitif. Quand j'ai mon bébé dans les bras et que j'essaye de communiquer avec lui en essayant de retenir son attention notamment avec une voix douce, cela met beaucoup plus de temps (quand j'y arrive la plupart du temps il me snobe parce qu'il est concentré sur autre chose) alors que quand je parle fort avec un autre adulte, il sourit jusqu'aux oreilles.
Les moments où il a le plus "évolué" ou qui ont retenu le plus son attention, ce n'est pas quand on lui propose des activités centrées sur lui, c'est quand on fait autre chose. Il dort mieux à côté de nous dans une réunion de famille où gueule 30 personnes avinés que quand il est seul dans sa chambre. Je l'ai très souvent sur moi en faisant autre chose, il prend des postures d'ouvertures le plus souvent en dehors de moi, presque cambré, dans des positions vraiment bizarres des fois. Je suis son socle sécurisant à partir duquel il découvre autre chose. Au début on avait peur qu'il ne soit "mal" vu que je ne le tenais pas dans la position "officielle" entouré de mes bras centré sur nous deux. Mais on se laisse guider par lui, c'est lui qui choisit d'avoir la tête pratiquement à l'envers.
Finalement si on observe les sociétés très traditionnelles, les bébés suivent le mouvement, ils sont sociabilisés autant par l'attention que leur porte directement de temps en temps que quand il observe les autres interagir dans un cadre sécurisant. Maintenant je pense qu'un bébé sera plus éveillé d'être le plus souvent dans un parc dans le salon même sans jouet mais avec des personnes qui font des choses plutôt qu'être dans sa chambre tranquille pour ses siestes et ses périodes mi-éveillées sans qu'ils puissent exercer leur besoin d'imitation
@ jean-michel, je suis entièrement d'accord avec vous. Maintenant que les femmes font plus d'études que les hommes notamment ma génération, le changement doit se faire autant du côté des femmes que des hommes. J'ai beaucoup d'amies qui me soutenaient qu'elles ne voyaient pas pourquoi elles payeraient les factures en proportion des revenus vu qu'elles ont gagné durement leurs argents (elles vivaient donc en couple dans un studio miteux mais se payaient des sacs de luxe), j'ai vu des scènes parce que le copain n'avait pas offert le resto de temps en temps alors même qu'elles étaient mieux payées en stage que le salaire de leurs copains, secrètement elles aimeraient bien un "type riche" et là bizarrement payer strictement à moitié les factures n'est plus valide. Mais bon psychologiquement elles ont déjà fait un grand pas pour supporter leurs parents qui désapprouvent le fait qu'elles soient en couple avec un homme "qui ne les mérite pas" juste parce qu'ils sont de catégories socio-professionnelles inférieures.
Il y a toute une culture à défaire où la femme est la vitrine de la réussite et l'homme le montreur de cette réussite.
@lyly
Effectivement dans les jeunes générations, les femmes ont tendance de plus en plus à dominer sur le plan de la qualité et du niveau de formation et même de l'ambition professionnelle.
Je le vois tous les jours autour de mois, les jeunes diplômé(e)s recrutés et qui commencent à évoluer le plus rapidement dans la hiérarchie sont de plus en plus souvent majoritairement des jeunes femmes.
Il faut que les hommes s'adaptent à cette situation en acceptant d'être ceux qui très souvent dans le couple donneront priorité, au moins pendant quelques années, au foyer et aux enfants.
Certains y sont prêts, plus nombreux qu'on ne le pense, mais il faut que les femmes le souhaitent aussi vraiment, que les employeurs ne les considèrent pas comme des ovnis et que les décisions judiciaires, s'il y a séparation, tiennent compte de cette évolution.