Sur twitter j'ai eu quelques échanges avec Carnetsdemode (mais je ne vous conseille pas de suivre des blogueuses mode c'est ruineux) il se trouve que nous avions toutes les deux un avis sur un sujet qui relève tout à la fois de la mode et de la politique : le port de la cravate

Chaque année quand soleil et chaleur reviennent je me pose la même question : comment font tous ces messieurs qui partent au travail en uniforme ?

Comment font ils pour supporter ?

- une cravate qui leur serre le cou et empêche toute ventilation de la partie haute du corps

- une veste (et quand ils l'enlèvent on dit qu'ils sont "en bras de chemises" alors que nous sommes en bras tout court sans que personne y trouve rien à redire)

- et surtout, surtout des chaussettes dans des mocassins fermés ( Et là il est préférable qu'ils ne les enlèvent pas au bureau) 

Alors que nous, légères comme Perrette, allons jambes et bras nus, la gorge parfaitement libre et le pied aéré dans des nus-pieds très chers classes qui portent bien leur nom. 

Pourtant rien ne les y oblige puisque le Code du travail affirme  que "Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché ". Shorts et tongs peuvent prêter à discussion selon la Cour de cassation, bien que la plupart de ces hommes n'ont guère de contact directs avec les clients, mais pourquoi ne mettent ils pas des marcels (à condition bien sur de s'être préalablement épilés sous les bras parcequ'il n'y a pas de raison qu'ils ne connaissent pas cette expérience là) et des sandales ?

Indéniablement il s'agit d'une coutume contraire au principe d'égalité et je me demande même si ce n'est pas une atteinte à la dignité de l'homme (avec un petit h).

Contraire au principe d'égalité puisque seuls les hommes subissent cette insupportable contrainte. Contraire aussi au principe d'égalité puisque excluant les femmes. On les repère tout de suite les intruses dans le paysage. Et qu'on ne me dise pas que rien ne nous empêche de mettre un costume et une cravate. D'une part je rappelle que le port du pantalon est interdit pour les femmes, d'autre part qu'on a assez entendu gloser sur les tailleurs de MAM. 



Il faut quand même reconnaitre un avantage évident : ils ne perdent ni temps, ni énergie le matin à se demander ce qu'ils vont bien pouvoir mettre aujourd'hui. Seul effort le choix de la cravate.

Mais c'est en en parlant avec eux que l'on perçoit la profondeur du mal car en réalité  personne ne les oblige, non c'est pire : ils se sentent obligés ! 

Pareille soumission à un système qui fait d'eux des clones constitue la preuve indubitable d'une réelle aliénation.  En s'habillant comme les maitres de ce monde ils ne font rien d'autres que démontrer leur pleine adhésion à cette servitude volontaire*  et leur renoncement à tout esprit critique.

Alors dans ces conditions,  il me semble urgent d'envisager une loi visant à interdire la cravate et rendant obligatoire le port de chaussures qui laissent les pieds s'aérer dès que la température dépasse 26 degrés  dans le double but de libérer les hommes de cette sorte de burqa mentale qu'ils s'imposent eux mêmes et de limiter les risques de mycoses.

Remarquez, ça pourrait être pire...

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 * j'en profite pour vous recommandez de relire Etienne de La Boétie