Prostitution : je suis contre la pénalisation des clients
Par Olympe le vendredi 15 avril 2011, 19:01 - Lien permanent
Jusqu'à présent j'ai évité le sujet, parceque je ne m'estimais pas légitime pour en parler.
Mais un rapport parlementaire sur la prostitution vient d'être publié et tout le monde a un avis. Je vais donc donner le mien qui semble très minoritaire parmi les féministes (de toute façon je ne suis labellisée nulle part).
Ce rapport préconise 30 mesures, mais le débat se focalise sur l'article 1 qui prévoit de créer un délit sanctionnant le recours à la prostitution. C'est apparemment le cas en Suède, pays qui connait désormais une diminution de la prostitution.
Pourtant je ne suis pas convaincue.
J"en suis restée au slogan des années 70 "notre corps nous appartient" et je ne vois pas pourquoi l'Etat se préoccuperait de savoir ce qu'on fait de ce corps dans la mesure où les choses se passent entre adultes consentants et où son intégrité n'est pas en jeu (à ce titre on peut tout à fait pénaliser les clients qui refuseraient les préservatifs).
Pour une fois je suis d'accord avec Elisabeth Badinter, la posture est morale. Elle décide de ce qui est bien ou mal, mais elle a pour résultat :
- de renforcer l'idée que les relations sexuelles sont avilissantes pour les
femmes. Idée dominante partout dans le monde il y a quelques décennies,
qu'on
arrive tout juste à faire reculer en France, et qui reste bien ancrée dans
nombres de cultures ou les femmes non mariées ont à prouver leur
virginité.
- de présenter une fois encore des femmes comme des victimes. C'est malheureusement le cas de la plupart des prostituées sous le coup de réseaux maffieux ou de proxénètes sans scrupules et contre cela il faut lutter Mais dire qu'il est impossible qu'une personne se prostitue de son plein gré est une injure pour celles qui le font même si elles sont minoritaires.
Et si on constate qu' elles n'ont aucune estime d'elles mêmes n'est ce pas aussi parceque le regard qu'on porte sur elles et au mieux de pitié, au pire de mépris ? La meilleure façon d'y remédier serait de les autoriser à sortir de la précarité et de les regarder avec un peu moins de condescendance.
L'un des arguments massues des tenants de l'abolition consiste à dire que se prostituer ne peux pas être un choix de carrière, que personne ne souhaite un tel métier pour ses enfants.
Certes ! mais vous en connaissez vous des parents qui envisagent pour leurs enfants une carrière de nettoyeur de chiottes sur les aires d'autoroutes ou de conducteur de motocrottes ? Travailler c'est louer (et non pas vendre) sa force de travail. Il y a de multiples façons de le faire. Tout le monde n'a pas la chance de pouvoir gagner sa vie en faisant un métier épanouissant.
Pour finir je crois que nous avons suffisamment de lois inapplicables. Qui va vérifier ce qui se passe dans l'intimité des corps ? Si relation sexuelle il y a vraiment eu, si elle a été payée et de quelle façon ? va ton interdire aussi les films pornos puisqu'ils montrent des gens qui ont été payés pour cela ? etc.etc.
A lire aussi chez les blogueurs : Jade, le coucou, Romain Blachier,



Commentaires
Contre, aussi.
Tout contre.
Il semble qu'on ne parle que de la prostitution féminine...
dans les 30 mesures est-il question aussi des jeunes, ou moins jeunes, hommes qui l'exercent ?
Pourquoi ce statut de victimes, forcément victimes, donné aux femmes ?
Même s'il n'est pas question d'ignorer l'horreur de la situation de celles qu'on force à se vendre.
Mais tout le monde fait de la morale ! Boutin ou Brunel quand elles veulent l'ouverture des maisons closes, Badinter avec un positionnement libertin, Caubère quand il défend les mecs qui veulent aller aux putes, avec en prime un discours bien pensant de gôche pour le pauvre type qui ne peut se payer des putes à 200 euros, lequel ira se taper des mineures étrangères victimes de la traite...
Quand à la question de l'estime de soi, elle ne se pose pas pour celles qui choisissent librement de se prostituer et, le cas échéant, de refuser tel client louche, elles ne se pose pas pour celles qui se font payer 300 euros la passe et ne sont pas obligées d'en enfiler 30 par jour. La question de l'estime de soi se pose pour les autres. Celles qui ont déjà été cassées par des viols ou de l'inceste et qui en viennent à la prostitution précisément à cause de ça. Ou celles (85 % des prostituées) qui sont mises sur le trottoir par des réseaux mafieux.
On peut être contre la pénalisation du client mais ce qui est profondément contestable, c'est de véhiculer une vision idéalisée de la prostitution pour défendre le droit des hommes à payer (le moins cher possible) pour jouir en exhibant les rares femmes qui ont choisi de se prostituer.
Quelques remarques :
- je n'ai vu jusqu'ici aucune allusion à la prostitution masculine, qui existe aussi. Dans l'interview de Christiane Marty, on parle d'ailleurs de "prostituée". Doit-on croire que la prostitution masculine n'existe pas ? Qu'elle n'est pas un problème ? entre escort boys et habitants du bois de boulogne, la prostitution masculine n'est pourtant ni inexistante, ni invisible.
- "L'un des arguments massues des tenants de l'abolition consiste à dire que se prostituer ne peux pas être un choix de carrière, que personne ne souhaite un tel métier pour ses enfants. "
L'argument du "pas ma fille", utilisé aussi pour le porno, a des relents assez nauséabonds, dans le sens où cela renvoie à l'idée que ce type de métier apporte la honte sur la famille. Un peu comme, dans certaines cultures, le sexe hors mariage ou le fait d'avoir été violée ? Certes ce n'est pas la même chose, mais la logique sous-jacente a des racines identiques.
- aucune allusion sur le fait que favoriser(ou du moins ne pas freiner) la prostitution légale et volontaire pourrait concurrencer et donc combattre la prostitution issue des filières de traite d'êtres humains ?
je ne comprends pas comment tu peux aussi souvent parler des violences aux femmes pour les combattre... et ne pas voir que c'est les mêmes tenants et aboutissants. Les jeunes filles issues de familles violentes, qui sont à la dérive, qui sont déglinguées par ce qu'elles ont vécu, qui ont elles mêmes subi les coups de leur père, parfois l'inceste, à ton avis : elles ont la LIBERTÉ ? On a la liberté quand on a vécu toute sa vie dans l'angoisse, que les adultes sont une menace, la liberté de quoi quand on est, en échec scolaire, que la rue pousse de toutes façons les filles + à la prostitution qu'à trouver un boulot de nettoyage de wc sur l'autoroute (pour lequel il faut déjà avoir + de 18 ans et une voiture pour s'y rendre...) ??? bah perso j'ai été une petite fille, jeune fille en rupture, mineure, à devoir me débrouiller, j'ai eu bcp de chance malgré tout mais ce que j'ai vu/vécu me fait choisir mon camp sans état d'âme et je ne vais pas servir la soupe aux machos et autres défenseurs de "clients" ! On ne parle pas de pizza là mais du corps, du vagin, de l'anus et de la bouche de femmes utilisés par n'importe qui avec l'angoisse que cette personne n'utilise sa force physique supérieure ou une arme en prime, pour jouer, pimenter, ou simplement ne pas payer ! Les filles sont dans la rue bien avant leurs 18 ans. Moi j'ai commencé à zapper la maison à 14 ans. Sans possibilité d'avoir une adresse ou un compte en banque, un contrat de travail à cet âge là. J'aurais eu la possibilité de laver les toilettes ou tenir la caisse au supermarché et d'avoir un contrat je l'aurais fait. D'ailleurs j'ai tout de suite bossé (pour moins que le smic) dès que j'ai pu légalement le faire, puis repris des études, puis etc. Mais les hommes ne demandent qu'à "aider", héberger, profiter, faire leur demande. Donc réduire le projet actuel à "la seule pénalisation" c'est occulter toute la démarche de prévention, d'éducation. Cela va avec. Ce n'est pas une question de liberté, la prostitution, c'est une question de fric, de libéralisme. C'est tout. Ce n'est pas une Mme Badinter (qui peut aussi dire des choses très bien) dont je me sens proche mais plutôt d'une Andrea Dworkin dont je te recommande la lecture (effectivement c'est moins glamour !) comme "pouvoir et violence sexiste" éd. Sisyphe. Là oui, ça ressemble un peu plus à la vie ordinaire et surtout VÉCUE des femmes.
Pour une (rare ?) fois je ne suis pas du tout d'accord Olympe.
Je suis pour la punition des clients.
La tolérance de la prostitution c'est tolérer que les femmes (80% des prostituées si je ne m'abuse) soient une marchandise que l'on peut acheter, comme de la viande, justement. à la libre disposition des hommes. L'idée même me répugne.
Si on pouvait habituer les jeunes à l'idée que NON, un corps de femme n'est pas un objet de consommation courante, eh bien ce serait super.
Beaucoup mieux que d'interdire le racolage passif, car là on punit la femme qui s'offre sans punir l'homme à l'origine de la demande. Alors que c'était censé lutter contre le proxénétisme (hypocrisie de droite).
En Suède les effets ont été très positifs, en sera-t-il de même en France, je ne sais pas. Mais n'empêche. Il faut essayer.
"de renforcer l'idée que les relations sexuelles sont avilissantes pour les femmes. Idée dominante partout dans le monde il y a quelques décennies, qu'on arrive tout juste à faire reculer en France, et qui reste bien ancrée dans nombres de cultures ou les femmes non mariées ont à prouver leur virginité"
C'est pas pour dire mais les pays où la prostitution féminine est quasi institutionnalisée sont généralement les plus sourcilleux sur la virginité des filles en général tandis que celle des mecs est vue comme une tare dont il faut se débarasser au plus vite, et les plus répressifs quant à l'homosexualité masculine. Heu, je ne suis pas très claire peux être...
on pourrait au moins pénaliser les clients de prostituées mineures...
dans tous les cas, les clients exploitent la misère de beaucoup de femme qui voient ce "boulot" comme une issue rapide à des problèmes financiers très lourds. ( c'est idem, pour les prostitués et jeune, et hommes. )
remonter les bretelles des clients, une façon aussi de dire aux hommes que les femmes ne sont pas des objets, des marchandises...
ma crainte reste tout de même que cette pénalisation entraine une prostitution cachée plus importante, avec les dérives mafieuses qui vont avec...
Je n'ai pas vraiment d'avis précis sur le sujet. Pour l'instant je lis à droite et à gauche... Mais critiquer en disant que "la posture est morale. Elle décide de ce qui est bien ou mal", un peu comme Nicolas d'ailleurs, me parait une critique vaine. Toute loi, toute règle qui régit une société se base sur un positionnement moral, une éthique, des valeurs. A des degrés divers bien sûr : le vol n'est pas le viol... etc...
Pour approfondir le sujet il faudrait savoir plus précisément ce qu'a fait la Suède ; comparer avec la prostitution masculine est intéressant aussi car cette prostitution semble échapper aux mafias ; il faudrait voir quel est le but poursuivi : éradiquer la prostitution ? faire porter le délit sur le client et non le vendeur pour inverser la charge morale en disant en gros : ce qui est mal n'est pas de se prostituer mais d'utiliser une prostituée... faire changer la honte de camp en quelque sorte...
"Travailler c'est louer (et non pas vendre) sa force de travail. Il y a de multiples façons de le faire. Tout le monde n'a pas la chance de pouvoir gagner sa vie en faisant un métier épanouissant." (avant-dernier paragraphe) :
Se prostituer, ce n'est pas louer sa force de travail, c'est bel et bien louer une fonction, la fonction sexuelle, et une ou plusieurs parties de son corps. Pas la même chose ! Ce n'est pas comparable à nettoyer des chiottes ni à ramasser des poubelles.
infos sur le système suédois :
http://sisyphe.org/spip.php?article... (et articles liés - à gauche sur le site)
http://www.ledevoir.com/non-classe/...
etc. on en trouve quand même pas mal, avec des analyses intéressantes.
D'un point de vue juridique je n'arrive pas à comprendre comment on peut pénaliser l'achat de prostitution si l'offre de prostitution reste licite (la prostitution en soi n'est pas un délit en France) ? C'est un peu commme si la vente de drogue était autorisée mais pas l'achat.
Par ailleurs, comment établir le délit ? Ce n'est pas la prostituée qui va dénoncer ses clients, évidemment. On va donc mettre des fliquettes pour racoler des clients ? Elles devraient "monter" avec le client et se faire payer (avant tout rapport !) pour prouver qu'il s'agit bien d'un achat de sexe et pas d'un rapport consenti ?
Sur le bilan de l'exemple suédois il faudrait voir si la prostitution n'a pas muté (loin de la rue, dans des appartement privés, des lieux de rencontre "anodins" où il sera très difficile à la police de pénétrer et de prouver quoique ce soit) ou s'il elle n'est pas délocalisée aux frontières (Danemark, Finlande).
D'un point de vue juridique je n'arrive pas à comprendre comment on peut pénaliser l'achat de prostitution si l'offre de prostitution reste licite (la prostitution en soi n'est pas un délit en France) ? C'est un peu commme si la vente de drogue était autorisée mais pas l'achat.
Par ailleurs, comment établir le délit ? Ce n'est pas la prostituée qui va dénoncer ses clients, évidemment. On va donc mettre des fliquettes pour racoler des clients ? Elles devraient "monter" avec le client et se faire payer (avant tout rapport !) pour prouver qu'il s'agit bien d'un achat de sexe et pas d'un rapport consenti ?
Sur le bilan de l'exemple suédois il faudrait voir si la prostitution n'a pas muté (loin de la rue, dans des appartement privés, des lieux de rencontre "anodins" où il sera très difficile à la police de pénétrer et de prouver quoique ce soit) ou s'il elle n'est pas délocalisée aux frontières (Danemark, Finlande).
Tout à fait d'accord, ça ne va forcer qu'à marginaliser ces femmes qui vont devoir se cacher encore plus et entrainer encore plus de violence.
http://www.sexe-faible.fr/les-prost...
Jeudi 14 avril 2011 - Prostitution : doit on pénaliser les clients ?
http://www.pluzz.fr/ce-soir-ou-jama...
En fin de débat, vers 52 minutes, vous avez vu ce comportement phallocratique de la part de Ben et de Vergès ? Ben ressemble à Monsieur Bertin peint par Ingres, avec ses prérogatives de richissime artiste rebellocrate, officiel et commercial, aussi lourd et bien installé qu'un sénateur de la IIIe; et le vieillard avocat, qui s'était permis une remarque sur la ménaupose d'Alliot-Marie il y a peu, renvoie le problème de la prostitution dans les cordes de la rubrique chiens écrasés, d'un bruit de bouche de mâle autosatisfait. Il y aura toujours plus important que la violence faite aux femmes qui n'est que pécadilles pour distraire quelques niaises, comme d'hab' !
Voilà un avis argumenté, on va être si nombreux contre, que le truc en sera culbuté…
Cela fait longtemps que je lis ce blog mais c'est la première fois que je réagis car profondément en désaccord:
- la pénalisation du client n'est pas une question de morale de type "protégeons la virginité des filles" car je pense que l'achat du corps d'un homme est aussi répréhensible que celui d'une femme. Ce n'a rien à voir avec un rejet de la liberté sexuelle
- de plus, la personne prostituée volontairement étant "un bien de luxe" (ce n'est clairement pas à la portée de tous), c'est accepter que les riches aient le privilège de louer le sexe de quelqu'un d'autre, au même titre que celui d'avoir l'ipad2.
- si la prostitution est considérée comme un métier normal, doit-il être proposé par Pole Emploi (et risque de perte des indemnités en cas de refus car "offre d'emploi raisonnable", pouvant remplacer celle de personnel d'entretien par ex) ? doit-on proposer cette orientation aux ados? Si on va jusqu'au bout de la logique c'est ce qui nous attend...
Pas de lien direct avec la polémique, mais un article intéressant pour bien voir l'évolution des pratiques, ici à NY :
http://thesocietypages.org/socimage...
L'adoption massive du net a totalement changé les comportements : facebook représente 25% des sources de clients, et la prostitution s'est "diluée" et en partie retirée des rues : pas besoin de faire du racolage dans un quartier ou une rue précis quand facebook permet d'attirer autant de clients.
(quelque part, les politiques luttant contre le racolage auraient donc tout intérêt, non pas à l'interdire, mais à favoriser la généralisation du haut débit)
Il serait intéressant de voir si en France, on n'a pas le même phénomène : si, comme le disent les politiques favorables à la pénalisation des clients, les rues sont remplies de travailleuses en situation illégale et issues de la traite, c'est peut-être aussi parce que les autres sont chez elles, derrière un écran...
Au passage, olympe, le site en question traite régulièrement de thématiques liées au féminisme.
je ne retrouve pas dans les commentaires ce que j'ai vraiment dit . Je me suis peut être mal exprimée
ai je parlé de la prostitution d'une façon idéalisée ? ai je dit qu'il fallait l'encourager ?
iboux évidemment que les relations avec les mineures sont interdites, c'est déja le cas.
les relations avec une personne adulte non consentante aussi, c'est du viol. la traite des personnes est interdites.
Toutes ces lois existent déja et ne sont pas appliquées alors à quoi sert d'en rajouter une dont la portée est surtout symbolique.
Lilib, l'incroyable c'est qu'on demande encore leur avis à ces débris
Emelire, de mon coté je peux te recommander la relecture de Virginie Despentes qui a aussi été une jeune fille en rupture de ban .
La logique du gouvernement envisage donc la poursuite des clients visionneurs de film porno? bah oui, des femmes qui font du sexe pour de l'argent, ça y ressemble un peu...Allez tous les abonnés canal en taule! lol
Je suis profondément déçue de lire ce billet chez une féministe. Le fait que les prostituées soient à 99% des femmes, qu'on retrouve la même proportion chez les clients, que la levée de boucliers soit essentiellement masculine ou masculiniste (Badinter) ne te questionne donc pas, toi qui est sensible aux écarts de chiffres genrés ???
Despentes, j'arrête pas d'en entendre parler en ce moment. A croire que c'est le seul livre parlant de prostitution que les gens aient lu alors qu'il y a plein d'auteur.e.s sérieu.se.s qui se sont penché.e.s sur la question. Le rapport, par exemple, de Judith Trinquart, docteure (et non pas romancière !), qui explique que la prostitution, même "choisie", conduit à des pathologies extrêmement graves et que l'on commence à comparer en intensité aux traumatismes de guerre. http://ecvf.online.fr/IMG/pdf/Trinq...
Je n'ai pas d'avis tranché sur la question, je continue de m'informer. Ce qui me ferait pencher en faveur d'une pénalisation des clients, c'est le fait que les dernières lois sécuritaires ont eu pour conséquence de davantage vulnérabiliser et de mettre en danger les prostituées " problématiques ", c'est-à-dire celles qui ne le font pas parce qu'elle y trouvent un moyen de gagner leur vie en pratiquant un métier épanousissant, qui sont mineures, subissent des violences et ne touchent pas l'argent qu'elles gagnent. Pour quoi ne pas essayer de taper du côté de la demande, pour une fois ?
J'avoue avoir du mal à comprendre les arguments de ceux qui ne voient pas la prostitution comme un métier, car on y louerait son corps et non une simple prestation (sexuelle dans ce cas). Si je compare avec travailler chez McDo où l'on doit passer 8 h par jour dans un endroit défini, où l'on est tenu de porter un uniforme et de se conformer à une culture d'entreprise, la ligne est fine. De plus les métiers non épanouissants impliquent souvent des situations précaires (contrats épouvantables et aux limites de la légalité), exploitent une catégorie de personnes bien particulières (étudiants), ont un rythme éprouvant physiquement et moralement... La principale différence avec la prostitution sont les avanatages sociaux tels que la sécu et la retraite dont les prostituées sont privées (alors qu'elles sont imposables).
Sinon, j'ai bien aimé cet article, qui aborde de manière technique les insuffisances juridiques du nouveau texte (et habille Christiane Marty pour l'hiver au passage) :
http://www.zonezerogene.com/magazin...
Moi je suis assez de ton avis, Olympe.
Mon sentiment est que le fait de pénaliser l'acte de prostitution ou son achat, c'est une posture morale tendance religion. Le problème fondamental n'est pas la prostitution, mais le trafic d'être humains, et tous les problèmes qu'un individu peut rencontrer (drogues, violence, etc.) qui le font arriver à la prostitution comme dernier recours.
Faire de l'un ou de l'autre un délit ne peut que renforcer l'aspect sous-terrain de ce commerce, et n'aidera en rien à résoudre les problèmes qui font que la plupart se retrouvent là de façon non totalement volontaire. Commençons par mettre en oeuvre les lois qui existent déjà contre le trafic d'êtres humains, fournissons des services sociaux adaptés aux autres et donnons un vrai statut aux plus rares qui se prostituent par réel choix.
Sans oublier que la France n'est pas la Suède, et j'imagine mal la même solution mener aux mêmes effets. Je vis dans un pays (plutôt puritain par ailleurs) où la prostitution est légale; on croise par endroits des "maisons closes" qui ont pignon sur rue, les prostituées (il s'agit essentiellement de femmes, mais pas que) sont essentiellement perçues comme des travailleuses presque comme les autres. Ça me parait au final beaucoup plus sain.
"Tout le monde n'a pas la chance de pouvoir gagner sa vie en faisant un métier épanouissant. " Si c'est pas un "argument" réactionnaire ça...Personnellement je souhaiterais que ça change! Voir disparaitre certains métiers peu épanouissant ne me gênerait pas, bien au contraire. Évidemment ça suppose un autre partage de la richesse et une désacralisation du travail comme Alpha et Omega de la reconnaissance social (ou du mépris social qui est l'autre face de la même pièce). mais je ne vois vraiment pas pourquoi la prostitution devrait sortir du champ de l'utopie.
C'est la première fois que je commente même si je lis régulièrement ton blog qui est très intéressant et avec lequel je suis très souvent d'accord au passage.
Mais là je m'inscris en faux, et je dois dire que je suis assez déçue par ta position, comme le souligne bon nombre de commentaires.
La prostitution est une violence faite aux femmes (et aux prostitués masculins aussi bien évidemment mais dans la logique machiste ceux-ci sont considérés comme des "femmes" de toute façon).
On entend souvent l'argument " mais que vont faire les hommes, frustrés, timides, en manque, les pauvres" de la part des opposants à la pénalisation du client.
Or, personne ne se demande jamais comment font les femmes frustrées, timides ou en manque, où sont les prostitués masculins pour elles (les escort boys sont extrêmement minoritaires)?
On ne se place encore une fois que du point de vue masculin, la femme est un objet de consommation.
Tu mentionnes Virginie Despentes, j'aime beaucoup ce qu'elle écrit mais justement je ne suis pas du tout d'accord avec ce qu'elle dit sur la prostitution (dans King Kong théorie notamment).
Au risque d'être complètement décalée, je me demande si cette histoire de pénaliser le client n'est tout simplement liée à l'argent de la passe , des espèces qui ne peuvent faire l'objet d'aucun contrôle, ni de l'Urssaf, ni du fisc?
Je ne pense pas une minute qu'il y ait la moindre velléité de jeter l'opprobe sur le client, mais cet argent qui échappe aux prélèvement obligatoire, c'est insupportable pour l'Etat set ses maquereaux.
cotiser à l'URSSAF donne droit à une retraite et une protection sociale.
Pas d'accord du tout Olympe ! La pénalisation des clients changerait fondamentalement la vision des femmes dans la société, et la société en a fichtrement besoin.
« renforcer l'idée que les relations sexuelles sont avilissantes pour les femmes » ? Pourquoi ? Tout est dans l'approche, considérer que l'on peut payer pour utiliser comme l'on veut une femme (ou un homme) est bigrement néfaste à l'idée de l'acte d'amour partagé…
Je connais Despentes, ce dont je parle n'a rien à voir avec la vie de Despentes, je parle d'enfance et d'adolescence déglinguées et du fait pour des MINEURES ou des femmes sans papiers d'ailleurs, de ne pouvoir se loger, avoir un compte en banque ou signer un contrat de travail, et du fait que les hommes, non éduqués au respect des femmes, trouvent légitimes d'utiliser leur corps, la prostitution est déjà une violence, et pour une certaine partie de ces hommes, d'utiliser en + ces corps avec un surcroît de violence (notamment parce que la pornographie les éduque à ces demandes là). Point. Maintenant ton titre là, le titre de ta note, est pour moi un écoeurement total. Je ne vais pas revenir.
Des filles, femmes qui se prostituent de leur plein gré ne sont pas minoritaires...Il y en a plus que vous ne l'imaginez. Et pénaliser le client ne résoudrait rien et n'empêcherait pas un autre circuit plus fermé et dangereux pour les prostitué(e)s. Cela n'éradiquerait pas la prostitution. Ainsi que l'explique Olympe, à partir du moment où il y a consentement réciproque et uniquemment dans ce cas, il s'agit de deux êtres libres de faire ce qu'ils veulent. Et à l'adresse de Jean-Luc, "l'acte" dans la prostitution n'est pas un acte d'amour.....
"Or, personne ne se demande jamais comment font les femmes frustrées, timides ou en manque, où sont les prostitués masculins pour elles (les escort boys sont extrêmement minoritaires)?"
La loi de l'offre et de la demande s'applique dans tous les secteurs : si beaucoup de femmes s'offrent les services des prostitués masculins, ceux-ci vont augmenter leurs prix ou opérer une sélection quelconque (priorité aux habituées par exemple).
Il deviendra du coup très intéressant financièrement pour d'autres hommes de faire ce métier, et l'offre augmentera pour compenser ce besoin sans réponse.
Bref : le capitalisme, ça marche aussi pour le sexe payant.
"Des filles, femmes qui se prostituent de leur plein gré ne sont pas minoritaires...Il y en a plus que vous ne l'imaginez."
"Le fait que les prostituées soient à 99% des femmes"
Deux affirmations pas vraiment étayées qui mettent en lumière une grande partie du problème qui fait que réfléchir sur ce sujet est difficile : l'information fiable fait cruellement défaut.
Difficulté de recenser les prostitués travaillant exclusivement via internet, métier par définition semi caché, pratiques très variées... A-t-on vraiment des données valides ?
Excellent billet! Olympe je souscris à 2000% à ton propos
"de renforcer l'idée que les relations sexuelles sont avilissantes pour les femmes".
Non, ce n'est pas ça.
"de renforcer l'idée que les relations sexuelles sont avilissantes pour les femmes quand CES RELATIONS SONT PAYEES".
Ca a l'air compliqué à comprendre...
non non je parle bien en général http://blog.plafonddeverre.fr/post/...
sujet hautement polémique, je suis en accord avec toi même si je n'ai pas encore trouvé les mots pour écrire à ce sujet.
En tout état de cause, je n'aime pas que les discours politiques se chargent de la moralisation, c'est un rôle de gourou donc...
Les sujets à traiter sont plutôt les réseaux mafieux et les causes de cette pérennité du plus vieux métiers du monde, qui nous ramènent à des problématiques plutôt humaines (forces de l'homme, défaillances et fuites...)
Amitités
@ André
"la prostitution en soi n'est pas un délit en France" : Si! La france a signé la Convention de 1949 de l'ONU sur la répression de la traite des humain.e.s.
La France, est-il besoin de le rappeler, est abolitionniste et le seul moyen jusqu'ici de juguler la situation a été de poursuivre les prostitué.e.s (Loi LSI ).
http://www2.ohchr.org/french/law/ex...
Olympe, j'ai lu Despentes mais franchement ce n'est pas une référence en matière de prostitution, elle la voit comme un moyen de faire payer les hommes. Et ça, c'est pas féministe c'est misandre. Les prostituées haïront toujours les clients et inversement et ce ne sont pas les conditions d'exercice qui changeront cela: l'argent fausse les rapports et le mépris s'installe.
La légalisation de la prostitution est une démarche libérale (vendre tout et n'importe quoi, rentabilité, profit, concurrence ...), son abolition est une démarche libertaire (les rapports humains et notamment sexuels ne se monnayent pas, ne doivent pas être l'objet d'une domination par l'argent).
Ta posture est éminemment libérale ...
J'ai lue l'avis d'une femme qui s'était prostituée volontairement, et en était sorti (je ne me rappelle malheureusement pas le titre de son bouquin). Elle parle de ce qu'est la prostitution, les violences physiques et morales, les actes barbares que la prostituée subie parce que quand on paye on peut faire ce qu'on veut, ce qu'on ne ferait jamais à une femme qu'on aime. Son avis c'est que la prostitution doit être interdite. Elle ne parle même pas des filles qu'on fait venir de l'est, d'Afrique et d'Asie, parfois mineures (mais franchement, qu'on soit mineure ou majeure, avoir des rapports forcés tous les jours de sa vie... C'est une violence physique, pas seulement "sexuelle"). Si on me dit qu'on a réussi à faire baisser ces chiffres dans un autre pays en pénalisant les clients, je ne me pause même pas la question.
Je ne soutiens pas les propos de Badinter. La prostitution n'a jamais été la liberté d'user de son corps, c'est l'asservissement du corps de la femme. Tout comme la drogue est un asservissement du corps, et personne ne remet en cause la pénalisation de l'usage de l'héroïne en brandissant le droit individuel à disposer de son corps.
Merci Héloïse pour le lien. La thèse d'une docteure qui a travaillé sur le terrain, c'est très instructif.
http://ecvf.online.fr/IMG/pdf/Trinq...
@Héloïse : il y a une très, très grosse différence entre interdire la prostitution en elle-même et interdire la traite des êtres humains et d'une façon générale l'exploitation de la prostitution : proxénétisme, "proxénétisme hôtelier" (un tenancier d'hôtel de passe tomberait donc apparemment sous le coup de la loi, puisqu'il tire profit de la prostitution d'autrui), etc.
En France, la prostitution est, aux dernières nouvelles, légale. Toutes les autres pratiques citées tombent, elles, sous le coup de la loi.
Héloïse, sur quoi te bases-tu pour affirmer que les prostituées haïront toujours leurs clients et réciproquement?
L'argent, de toute manière, fausse tous les rapports mais il n'y a pas nécéssairement du mépris.
@ Batou
Tu as lu le lien vers la Convention (commentaire 37) ?:
"Considérant que la prostitution et le mal qui l'accompagne, à savoir la traite des êtres humains en vue de la prostitution, sont incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine et mettent en danger le bien-être de l'individu, de la famille et de la communauté,..." etc.
@ Michelle
Je me base sur la parole des premières concernées, le minimum quand on s'intéresse au sujet. J'ai pas mal de témoignages mais là, tout de suite, il me vient celui d'une femme qui avait témoigné après un docu sur la prostitution (France 2). Quelques passages révélateurs (je le mettrais peut-être en entier sur mon blog):
"Pour ma part, vous aurez beau me mettre face à moi, le client le plus sympathique, le plus charmant au monde ; de façon inconsciemment, au très fond de moi-même je vais systématiquement le détester parce que a face à lui le suis obligé de me comporter comme la plus vile des chiennes, comme la plus vile des serpillières. Pourquoi je vais le détester ? tout simplement parce que j'ai besoin de l'argent du client. Et pour obtenir que le client me donne son argent j'en suis réduite à me comporter justement comme la plus vile des chiennes, comme la plus vile des serpillières. Je vais également détester le client car celui-ci avec l'aide de son argent il est un peu le gardien de ma déchéance."
"Quant à mon mépris face aux clients. Je vous garantis que quand on est au minimum observatrice, quant on se rend compte de ce que sont réellement les hommes et surtout à quel point ils peuvent être stupides, je vous assure que c'est très dur de ne pas les mépriser.
Certains me demandent au téléphone si ça va être plaisir partagé. Bien entendu, ayant besoin de leur fric, je ne risque sûrement par de me les contrarier. Évidemment en toute bonne commerçante que je suis, je leur dis que je me prostitue pour joindre l'utile à l'agréable que je suis une occasionnelle que je passe des annonces de façon épisodique (et gnangnan et gnangnan)."
"Prenez trois putes, mettez les autour d'une table, faites-les parler de leur clientèle sans journalistes, sans caméra, sans client. Quand vous allez assister au déferlement de mépris et de moquerie qui va découler de leur conversation je vous garantis sur facture que le fameux mythe de la p*** au grand cœur, va en prendre un sacré coup. "
Je suis pour cette loi. Je cite Lora, abolitionniste, dont voici le blog : http://enquelquesorte.blogspot.com/
Extrait
«La prostitution rassemble toutes les violences faites aux femmes : objétisation, violences physiques, violences psychiques, dénigrement- Tant que les hommes auront le droit (même ceux qui ne le prennent pas) d'acheter l'accès sexuel aux corps de femmes, l'égalité sociétale hommes-femmes sera difficile (nous pensons impossible) à atteindre. Cette autorisation qui est explicitement donnée aux hommes bétonne les inégalités.
Pierrette Pape pose la question, dans L'abolition du système prostitutionnel : une affaire d'hommes ! (1) : « Est-il possible de lutter contre les violences masculines envers les femmes tout en préservant les privilèges des hommes à accéder aux corps de certaines femmes ? »
Pour la plupart des « clients », les femmes sont réduites à leur utilité pour eux : le sexe, les tâches domestiques, la reproduction- et ne sont surtout pas des partenaires.
Sur la base de cette loi, il y aura moyen d'agir, en même temps, pour une vraie éducation sexuelle égalitaire càd qui ne fait l'impasse ni sur le plaisir, surtout celui des femmes (clitoris, cet inconnu !), ni sur le respect, d'agir sur la représentation des femmes dans les médias, sur les stéréotypes sexués (jouets, manuels scolaires, livres d'enfants-), sur les violences conjugales ainsi que sur les autres secteurs où les femmes sont maltraitées.
Une loi précède souvent le changement de mentalité, elle en est le ferment.
En Suède, la loi « Paix des femmes » n'avait pas un soutien populaire massif en 1999. Maintenant, 80 % de la population estime que c'est une bonne loi.»
Je suis un homme et je n'ai JAMAIS imaginé une seconde dans ma vie aller chez une prostituée, même quand j'étais célibataire. Je n'aurais pas pu la regarder dans les yeux, lui tendre un billet et lui demander des "services". J'aurais eu honte toute ma vie d'avoir eu le contrôle sur son corps parce que je lui donnais de l'argent, d'avoir la possibilité de lui faire faire des choses innommables. Et tout ça, c'était même avant ma prise de conscience féministe.
Il ne faut pas avoir bcp de compassion ni d'empathie pour considérer les femmes comme des orifices à remplir, pour combler des "frustrations".
La loi provoquerait un choc, une prise de conscience. Elle obligerait les clients à réfléchir sur les raisons qui les poussent à agir. La prostitution ne disparaîtra pas avant longtemps mais si la loi est couplée à une éducation dès le plus jeune âge du respect mutuel, alors il y a des chances que la prochaine génération voie les rapports hommes/femmes autrement.
Pardonnez moi, mais de quel droit m'empêcherait-on de monétiser l'accés à mon vagin ?
@Dariamarx, je vois la prostitution comme un avatar du patriarcat. Pendant des siècles, il était tout à fait normal pour la plupart des hommes d’être « initiés » au sexe par les « filles de joie ». Pourquoi ? Parce qu’on estimait que les seuls à avoir droit à ce privilège initiatique, c’était les hommes ! Il est bien connu que les femmes ne sont pas des êtres avec du désir, ce sont des mères ou des putains.
Voilà ce qu’il faut voir dans cette loi : la fin d’un privilège patriarcal, qui donne aux hommes le droit de contrôle sur le corps des femmes. Tout le reste n’est que détails et si c’est dans un cadre privé entre 2 personnes, c’est autre chose, on n’éradiquera pas l’amour tarifé mais les mentalités évolueront.
Par atavisme, des femmes se prostituent pour gagner l’argent manquant. Prenons l’exemple des étudiantes qui le font de plus en plus. Mais pourquoi les étudiants, qui manquent aussi d’argent, ne se prostituent pas, eux ? Pourquoi les femmes mais pas les hommes ? Parce qu’il y a une « culture » de la prostitution, ça vient à l’esprit de certaines femmes, comme une espèce de réflexe.
@olympe:la protection sociale existe dans des pays où il n'y a pas d'URSSAF...mais c'est un autre débat..toujours est-il que des prostitué(e)s non discriminées pourraient volontairement s'assurer à la hauteur de leur besoins...
La traite des femmes , l'esclavage des filles de l'Est et la prostitution libre ce n'est pas la même chose.
@Michelle :Le témoignage de la prostituée qui hait ses clients est de même nature que celle de la salariée qui hait son patron.
Le salariat est une prostitution comme une autre.
@dariamarx: parfaitement d'accord avec toi: ton corps t'appartient, les 343 salopes l'ont revendiqué en leur temps et pour un autre combat, faut être cohérentes...
Moi aussi je suis une fan de Despentes ... Il y a une provocation émancipatrice à braver les morales dominantes, celle des féministes comprise, qui ne doit pas être sous estimée.
@Héloïse Une convention, c'est bien, mais ce qui nous intéresse, c'est de savoir si elle est traduite en droit français (la France ayant une tendance forte à signer des conventions ou des accords sans les mettre en place concrètement : cf par exemple la réforme de la garde à vue, tous les avocats disaient depuis des années que la méthode actuelle était totalement contraire au droit européen et en violation des droits de l'homme).
Or, à ma connaissance (?), actuellement, la prostitution n'est pas interdite. C'est d'ailleurs pour ça que les politiques ont créé des lois saugrenues comme celle sur le racolage passif.
"Pourquoi les femmes mais pas les hommes ? Parce qu’il y a une « culture » de la prostitution"
Et pourquoi, dans ce cas, la solution d'équilibrage serait d'interdire la prostitution, et pas de favoriser le développement de la prostitution masculine ?
"La loi provoquerait un choc, une prise de conscience. Elle obligerait les clients à réfléchir sur les raisons qui les poussent à agir. La prostitution ne disparaîtra pas avant longtemps mais si la loi est couplée à une éducation dès le plus jeune âge du respect mutuel, alors il y a des chances que la prochaine génération voie les rapports hommes/femmes autrement."
Ben tiens. Des siècles d'éducation n'ont pas stoppé meurtre ou viol, des dizaines d'années de luette antidrogue n'ont pas changé grand chose au phénomène. En quoi la prostitution serait différente ?
Autre point :
http://www.washingtonpost.com/wp-dy...
Selon l'auteur de l'article (point numéro 2), 40% des relations payantes client-prostituées seraient au final... Sans sexe (évidemment, on se doute que le taux varie selon que vous soyez escort haut de gamme ou clandestine issue de la traite).
Apparemment, une proportion non négligeable des clients cherche surtout une oreille plus ou moins anonyme à qui raconter ses problèmes (voire problèmes de couple !!!), ou bien quelqu'un qui leur dira à quel point ils sont géniaux.
Une partie des clients, et je dis bien une partie seulement, et aux USA (à vérifier pour la France) sont donc plutôt à la recherche d'une sorte de psy, ou d'ami payant, que d'exploitation du corps de la femme.
(encore une fois, je ne cherche pas avec cette info à prouver quoi que ce soit, il me semble juste intéressant de voir toutes les facettes de la question)
La ratapinhata disait
«Le salariat est une prostitution comme une autre.»
Euh non. Comme je l'ai dit, la prostitution est un avatar du patriarcat, elle fait partie de la domination masculine. Le salariat n'a rien à voir avec la domination des hommes sur les femmes. De plus, un-e salarié-e peut être défendu-e par un syndicat, peut tomber malade, etc.
Une prostituée étrangère sait que sa famille restée au pays peut se faire dézinguer à tout moment si elle tentait d'échapper à son proxénète. Ce qui va la rendre docile et prête à tout accepter. La comparaison avec le salariat (des pays occidentaux) est donc sans fondement.
«Il y a une provocation émancipatrice à braver les morales dominantes, celle des féministes comprise, qui ne doit pas être sous estimée.»
Il n'y a absolument rien de moralisateur dans le discours abolitionniste, merci de ne pas me confondre avec les psycho-rigides cathos et autres. Les gens qui brandissent l'étendard de la "morale" sont bien souvent plus puritains que celleux qui défendent les droits humains. En fait, il y a chez certain-e-s une confusion entre sexe et sexualité, comme E Badinter par exemple.
batou disait
«Et pourquoi, dans ce cas, la solution d'équilibrage serait d'interdire la prostitution, et pas de favoriser le développement de la prostitution masculine ?»
La prostitution est un acte de domination, je ne vois pas en quoi impliquer plus d'hommes serait une évolution. De toute façon, il n'y a (presque) pas de demandes de la part des femmes, ce qui prouve une fois de plus que c'est le patriarcat qui oeuvre en arrière-plan, inconsciemment.
«Ben tiens. Des siècles d'éducation n'ont pas stoppé meurtre ou viol, des dizaines d'années de luette antidrogue n'ont pas changé grand chose au phénomène. En quoi la prostitution serait différente ?»
A ce compte-là, on ne fait plus rien. Pourquoi ne pas autoriser la vente d'armes ? Je suis sûr que des tas de gens ont envie de se balader avec un flingue. On voit ce que ça donne aux USA, chaque mois, on a droit à un massacre à l'arme à feu.
Pourquoi ? Parce qu'il y a une "culture" des armes à feu. Depuis l'enfance, les Etasuniens baignent dans une ambiance "militaire". Pas étonnant que plus tard, ils aient envie d'avoir une arme et le jour où ils pètent un câble, ils prennent le flingue et dézinguent tous ceux qui passent par-là. Pour tuer qqn avec un couteau, il faut s'en approcher, il peut se défendre. Pour tuer avec un flingue, il ne faut même pas savoir tirer. Evidemment, qqn désirant un flingue pourra toujours s'en procurer illégalement mais à part les truands, je connais très peu de gens qui en ont. La prohibition de la vente d'armes permet donc d'éviter des drames.
La prostitution fait partie de la culture patriarcale, c'est donc en votant une loi (certes imparfaite) qu'on va provoquer un électrochoc. On cessera de considérer comme normal que des actes de domination soient tout à fait normaux, ça prendra du temps évidemment.
Quant aux siècles d'éducation, cette dernière était patriarcale et l'est encore dans une moindre mesure, c'est justement l'éducation qui est à revoir pour qu'il y ait moins de violence envers les femmes, les enfants. C'est pourquoi cette loi doit être accompagnée de mesures éducatives, comme ça s'est fait en Suède.
Mme Bousquet, la présidente de la mission sur la prostitution résume bien la situation
«Ce sont les clients qui sont à l'origine du système prostitutionnel. Ils le perpétuent, ils en sont co-responsables. Il faut donc leur dire: +A chaque fois que vous payez une femme ou un homme, vous encouragez la traite des personnes, la commercialisation des corps et les profits des proxénètes et des mafias, qui s'élèvent à des milliards d'euros. On estime que ces profits sont équivalents à ceux issus du trafic d'armes dans le monde", souligne l'élue des Côtes-d'Armor.
"Il faut donc éduquer les jeunes à l'idée qu'on n'achète pas le corps de quelqu'un d'autre, responsabiliser le client en mettant des amendes", à l'instar de ce qui se pratique en Suède depuis dix ans.»
Pour les hommes qui vont se confier aux prostituées, j'ai aussi entendu ça. Mais quelle idée d'aller chez une prostituée pour ça, il y a des gens dont c'est le métier d'écouter non ? Sinon, je peux aussi aller discuter de mes problèmes de coeur avec le boucher, le fermier, etc. Cette histoire de prostituée=psy ne sert qu'à cacher l'horrible réalité d'un trafic d'humain-e-s.
@ la ratapinhata
"@Michelle :Le témoignage de la prostituée qui hait ses clients est de même nature que celle de la salariée qui hait son patron.
Le salariat est une prostitution comme une autre."
non, l'analogie est mauvaise. Le client de la prostituée n'est pas le patron, c'est le client, le consommateur. le patron, c'est le proxénète.
Donc l'équivalent de la prostituée qui hait ses clients, si je suis salariés dans une usine, ce n'est pas hair son patron, c'est hair les gens qui achètent ce que je fabrique. Et c'est pas la même chose. par exemple, si je fabrique des vêtements et que je hais ou trouve con les personnes qui les achètent, je dévalorise mon travail et ma capacité à faire des belles fringues, et que je ne crois pas en ce que je fais!
Une question qui peut paraître "banale" mais qui est, à mon sens, élémentaire. Si vous pénalisez les clients, qu'allez-vous "faire" des centaines, milliers de prostituées? Avez-vous seulement demander leur avis?
Moi aussi je suis très déçue de trouver une telle prise de position sur un blog féministe.
Je ne vais pas reprendre les arguments qui ont été très bien développés dans certains commentaires précédents.
Je voudrais simplement dire que je me refuse à considérer que louer son corps est une prestation de service comme une autre. C'est une question de dignité humaine.
D'autre part, combien de prostitué(s) font le libre choix de cette profession et l'exercent sans subir de violences ni de contraintes?
"A ce compte-là, on ne fait plus rien. Pourquoi ne pas autoriser la vente d'armes ? Je suis sûr que des tas de gens ont envie de se balader avec un flingue. On voit ce que ça donne aux USA, chaque mois, on a droit à un massacre à l'arme à feu."
Je ne disais pas qu'il faut tout autoriser. Simplement, au vu de ce qui s'est passé dans d'autres cas (alcool au volant ?) - ou au vu de ce que la pénalisation des clients a donné dans d'autres pays- , croire que pénaliser les clients va créer un mouvement de réflexion global, c'est malheureusement très naïf.
Ca ne veut pas dire qu'il ne faut pas le faire, simplement que ce n'est pas un argument "pour" qui tient.
D'ailleurs, pour reprendre l'exemple des USA, puisque vous en parlez : le Nevada est le seul état à l'avoir légalisée (il y a même des bordels). Pourtant, la prostitution persiste dans les autres états... 23 prostitué(e)s pour 100 000 habitants en 90 dans tous les USA, d'après wikipédia.
"Mais quelle idée d'aller chez une prostituée pour ça, il y a des gens dont c'est le métier d'écouter non ?"
Oui, et on peut aussi le faire anonymement et gratuitement sur internet, par exemple.
Je ne disais pas que c'était logique ou cohérent (j'ai tout autant de mal à comprendre la démarche), je soulignais que c'était simplement la situation actuelle, du moins aux USA. C'était un constat, pas un jugement. Et en effet, ça ne change rien au fait qu'on a à l'opposé des clients violents et dominateurs. Simplement, on ne peut pas englober dans un même sac "les clients".
Le but n'est pas de cacher les trafics humains, simplement d'avoir un point de vue complet sur une situation complexe.
Encore une fois, je ne cherche pas à convaincre qu'il faut voter cette loi ou au contraire l'enterrer, mais simplement à m'informer et informer. Quand on parle d'une activité pas essence clandestine, légiférer sans évaluer la situation et sans réfléchir aux conséquences peut être dangereux, et vous le savez tout autant que moi.
@ batou :
"croire que pénaliser les clients va créer un mouvement de réflexion global, c'est malheureusement très naïf."
Pourtant, après quelques années de mise en place de diverses politiques sur la prostitution par différents pays, nous pouvons voir les effets des lois produites. et ça, c'est pas naif, c'est juste une étude précise des différentes politiques conduites, dont la mission parlementaire a rendu compte.
ce qui est naif, c'est de croire que réglementer la prostitution va permettre d'améliorer les conditions de travail des prostituées et de diminuer la traite des êtres humain par les réseaux mafieux, car c'est l effet inverse qui se produit au Pays Bas et en Allemagne et dans tout les pays ayant essayé de réglementer la prostitution.
Par contre, aux dernières nouvelles, la politique de la suède est la seule a avoir des effets positifs (diminution du nombre de prostituées et de la demande par les clients)...
Observons les faits plutôt que de divaguer ou jouer les devins sur ce qui va se produire ou pas.
L'argument le plus fort et le plus légitime pour refuser qu'on punisse les clients, c'est que ça rendra plus dure encore la vie des prostituées les plus vulnérables. Il me semble qu'il n'y a aucun doute là dessus.
Car, bien sûr, on ne fera pas cesser la prostitution par des moyens aussi dérisoires et aussi inadaptés. Tant qu'il y aura une telle inégalité de ressources entre les plus misérables d'entre nous et les plus favorisé(e)s, tant que les plus misérables seront en priorité des femmes et les plus riches des hommes, je ne vois pas comment on peut juguler ce phénomène.
C'est tellement vrai que quand le rapport de richesse s'inverse, on voit des femmes mûres aller chercher de jeunes amants sur les plages des pays du sud.
Les prostitué(e)s et leurs client(e)s sont rarement de la même classe sociale.
"Observons les faits plutôt que de divaguer ou jouer les devins sur ce qui va se produire ou pas."
Je ne peux qu'approuver totalement.
A noter quand même, encore une fois : les USA pénalisent les clients, et la prostitution continue.
(par contre, la plupart des états pénalisent aussi les prostitué(e)s, ce qui change effectivement la donne, sans compter que la culture n'est pas la même)
La question est de savoir si la situation de la suède est vraiment transposable.
"et ça, c'est pas naif, c'est juste une étude précise des différentes politiques conduites, dont la mission parlementaire a rendu compte."
Le fait que les clients soient moins nombreux vient peut-être simplement de la peur du gendarme, pas d'un mouvement de réflexion. Difficile de savoir.
"Les prostitué(e)s et leurs client(e)s sont rarement de la même classe sociale."
Il y a des études récentes sur la typologie des clients en France ?
Sinon, il serait intéressant de discuter aussi (dans un autre article ?) des propositions qui ne font pas polémique, en particulier les 5 à 10, qui devraient permettre de lutter contre la prostitution forcée, d'assurer un revenu de substitution (la fin de la prostitution à cause du manque d'argent ?), etc.
Bon ,prenons le problème par un autre bout... que feriez vous pour de l'argent ?.... à ceux qui répondent que le salariat n'est pas de la prostitution, je rétorque que pour moi SI....
Mais je comprends que chacun défende sa dignité ou l'illusion qu'il en a...
Je comprends aussi parfaitement qu'une fille acculée à se faire exploiter dans un boulot aliénant préfère vendre ses prestations... pour 100 fois plus, si elle en a le goût et les capacités.
Contraire à la dignité humaine , direz-vous? mais votre conception de la dignité humaine repose pour une grande partie sur l'idée que vous vous faites de vous même...La première des conditions de la dignité humaine c'est la liberté... et la liberté c'est choisir...
Pour ceux qui ramènent sur le tapis les filles de l'Est, prisonnières des réseaux je répète que celles-là sont réduites en esclavage et qu'on ne doit pas les confondre avec une prostituée libre...
L'Etat veut pénaliser les clients , alors qu'en toute logique il faudrait démanteler les réseaux de trafiquants de chair humaine, traquer les proxénètes et offrir aux prostituées la possibilité d'un statut qui les mettraient à l'abri des pressions et de la clandestinité qui les vulnérabilisent... Mais ça l'Etat sait pas faire... alors pour masquer son incapacité, il fait de l'agitation...
Les féministes ne font pas de morale ? Bien sûr que si... et de la pire espèce, celle qui consiste à imposer des critères à toutes sans reconnaître les aspirations et les envies personnelles de chacune..
je suis contre cette resolution pour une simple raison .
le discour qui est vehiculé par certaine personne est vrai , toutefois il y a une chose que l'on ne vous dit pas ou que l'on oublie pour la bonne cause ou moralité c'est qu'en suede la prostitution c'est deplacee dans les hotels les salons de massages et dans d'autre endroit ( entrepot maisons eloignees des villes ) et que les suedois vont avoir un gros probleme de mafia et de controle sur l'imigration dans la mesure ou celle ci ou ceux ci ne seront plus visible de plus je plaint les services de police qui manque d'effectif pour faire appliquer cette loi si il y a loi car la prostitution et les reseaux mafieux sont deje organiser avec les sites internet .j'ai ete eleve dans le monde feministe car mes parents etaint tres activiste mais je crois sincerement que le feminisme de notre epoque et completement depassee sur ce sujet.
Olympe, tu t'en fous probablement royalement mais je suis vraiment dégoûtée de lire ce qui se dit ici un commentaire sur deux et de tout ce que ta position entraîne. Comme tous les machos à la Caubère, tu t'es arrêtée au point n° 1 alors que tous les autres sont dirigés vers une prise en charge globale (financière, professionnelle, sociale et sanitaire) des personnes prostituées, notamment des victimes de la traite et des immigrées.
Comme Emelire (et après réflexion), je ne reviendrai plus ici parce que ta posture décridibilise tout ce que tu peux dire par ailleurs au sujet des inégalités femmes/hommes, des violences genrées. Je n'ai pas pour habitude de m'opposer de la sorte aux féministes du réseau: sur la question du voile, par exemple, j'ai maintenu des liens avec des féministes en désaccord avec moi parce que leur posture générale est cohérente et que leurs arguments s'entendent
Mais là, tu as ouvert la porte aux machos (féministes=moralisatrices, etc.) et tu te retrouves à avoir les mêmes opinions qu'un type qui défend aussi Polanski et Cantat (comme quoi, il y a bien un lien que tu refuses de voir entre toutes ces violences ...). Tu mènes campagne contre le viol et défends un système, la prostitution, où les femmes ne peuvent porter plainte pour viol (une prostituée qui porte plainte pour viol, on lui rira toujours au nez ...). Profondément incohérent.
Tu te ranges du côté du bon franchouillard que cette vilaine loi empêchera d'aller aux putes (reprise d'un commentaire laissé en bas du billet des nouvelles News), je me demande légitimement en quoi c'est féministe (ouvre plutôt une asso de soutien aux pauvres hommes privés de prostituées car y survivront-ils, ces vulnérables victimes des féministes moralisatrices et castratrices ? ...) et je vois surtout en quoi ça ne l'est pas ...
c'est pas faut Héloise, il ne faut pas s'arrêter à la première mesure mais à l'ensemble.
Je trouve une vraie hypocrisie quand on parle du droit des femmes à disposer de leur corps et à le vendre si elle en ont envie.
En réalité, combien le font sciemment ?
D'après le rapport 80 % des prostituées en France sont des étrangères importées par des proxénètes, et si on regarde la population des prostituées, comme le dit si bien je sais plus qui sur ce blog, les prostituées font partie de la tranche des populations dominés et pas des dominant. Dominés parce majoritairement femme, majoritairement venant d'un pays pauvre, appartenant à une classe sociale défavorisée, ou avec un niveau d'éducation peu élevé.
Non, à part le quelque pourcentage de prostituées qui le font sciemment et qui appartiennent à la classe des dominants et qui le font par pur plaisir (ce sont rarement celles qui se tapent 30 passes par jour), on ne peut pas parler de liberté de choix entre adulte consentant.
Car ce faible pourcentage de prostituée ne pourra jamais arriver à combler la demande des mâles qui veulent tirer un coup, et qui ne voient pas pourquoi ils n'auraient pas le droit de pouvoir se soulager les testicules sur la première venue, à toute heure, contre de l'argent.
Quand on ressort l'argument de la liberté des femmes à disposer de son corps, on parle AVANT TOUT de la liberté des hommes à pourvoir satisfaire leur besoin sexuel sans entrave. Et on essaie de cacher cette liberté derrière les témoignages ou le discours montrant que la majorité des prostituées sont libres et heureuses.
Moi, je ne voie que la bêtise des hommes qui, en plus de bénéficier des recours à une pute, se dise qu'elle doit aimer la bite ça car elle fait ce métier.
Mais Olympe, ravie que tu t'en soit appercue en lisant le papier de Caubert et que tu en es presque des regrets à avoir écrit ce premier papier. Si tu le regrette, c'est parce que tu commences à voir le double discours qui est proposée par les défenseurs de la prostitution, double discours que comme Héloise, je regrette infiniment de retrouver sur des sites féministes.
Réglementer la prostitution et l'autoriser alors que, depuis quelques dizaines d'années, les inégalités entre les classes ne font que se creuser, que les riches sont toujours plus riches, que la misère augmente dans tout les pays, c'est donner comme unique solution de survie aux population femmes défavorisée le recours à la prostitution. Sans regarder les effets désastreux de la prostitution sur la santé physique et mentale des êtres humains (merci Héloise pour le lien du rapport du médecin), on sacrifie une partie de la population pour les besoins d'une autre. Et ça , en tant que féministe, humaniste, je trouve cela profondément injuste.
On ne peut diminuer la prostitution sans pénaliser les clients, et les proxénètes!
Bonjour,
Le point de vue est intéressant mais je n'adhère pas à l'argumentation. Je trouve aussi très dommage de réduire le néo-abolitionnisme à la seule sanction des prostituées. C'est bien méconnaître le principe.
Par ailleurs, au vu de ce qu'est la prostitution et des valeurs qu'elle génère dans notre société. Je trouve intolérable toute tolérance qui peut en être faite. Les personnes qui se prostituent sont des victimes d'un système dans lequel le client est impliqué.
Je m'explique sur cet article : http://www.romain-jammes.fr/?p=1007 je ne veux pas en faire un copier coller ici ça n'aurait aucun sens...
@Heoïse
Il n'est pire sourde que celle qui ne veut pas entendre...
Tu continues les amalgames prostitution et esclavage des filles importées par des réseaux, tu ne prêtes aucune attention aux arguments des autres...
Ton côté moralisateur et sectaire serait un remède contre le féminisme... si tu l'incarnais à toi toute seule...Mais le combat pour la Liberté n'est l'exclusivité de personne...quant à l'égalité, merci bien si c'est l'égalité dans l'exploitation ...
Je suis une femme mère de famille et je ne voudrais pas pour ma fille de la société dont tu rêves.
Dans les commentaires de l'article de Romain Jammes, un lien intéressant : http://eleuthera.free.fr/pdf/158.pd...
Apparemment, 30 % des "prostituées" seraient... des prostitués. Ce qui casse totalement les idées reçues. A-t-on des sources fiables et récentes qui concordent, sur ce point ?
Entre ce chiffre, les 85 ou 80% cités plus haut et le "99% de femmes" d'Héloïse, on a clairement un manque flagrant de cohérence...
@La ratapinhata -, ça tourne au règlement de compte. Héloïse n'est pas du tout ce que tu décris, tu interprètes et déformes ses propos.
Concernant la "liberté" d'être prostituée, voici un argument de qqn qui s'intéresse depuis longtemps à la question
"C'est vrai qu'une petite minorité de prostitué-es (et parmi ceux-celles-là beaucoup d'hommes !) disent haut et fort qu'ils-elles ont choisi et s'y trouvent bien, libres et heureux-ses. Une écrasante majorité n'a pas droit à la parole, vit sous la menace et ne parle souvent même pas français.
Ulla, porte -parole des prostituées de Lyon, qui clamait être indépendante, a dit, beaucoup plus tard, quand elle en était sortie : « Comment avez-vous pu me croire ? » Leur manifestation été organisée par leurs proxénètes.
Faut-il croire sur parole ceux-celles qui se disent bien dans cette activité ?
Regarder « Pas à vendre » pour avoir la parole de femmes qui sont sorties de la prostitution. N'est ce pas alors que leur parole peut être libre ?
Dans une situation insupportable, à laquelle on ne peut échapper, dire qu'on a choisi est un mécanisme de défense. Si on choisit, on redevient acteur de sa vie, et on sort de l'état de victime...
La docteure Trinquart a montré que, choisie ou pas, l'exercice de la prostitution laisse des séquelles graves.
Voir ici : http://www.france.attac.org/archive...
Je pense que le témoignage d'Ulla est le plus parlant : comment avez-vous pu me croire ?
Pour celleux qui ne savent pas ce qu'est la prostitution, un petit exercice très simple à faire, avec un homme.
On s'assied sur un banc dans un endroit passant, et les 10 premières femmes qui passent, sans choisir, il imagine qu'il doit faire tout ce qu'elles veulent, contre paiement. Un petit jeu de rôle qui vaut tous les discours.
Est-ce moralisateur, comme l'affirme la ratapinha que de dire les choses telles qu'elles sont au lieu de fantasmer sur la "prostituée heureuse et épanouie" à qui les méchantes féministes (ben oui, c'est toujours de leur faute, c'est bien connu, voir Eric Zemmour) veulent enlever une part de rêve ?
Mais qui peut rêver de cette vie où l'on devient une chose dans les mains d'un homme, parce qu'il paie ? On n'a pas encore parlé des névroses mais je suis presque sûr que ces femmes qui se prétendent libres ont de grosses névroses et un parcours de vie assez tourmenté. Rejeter la faute sur les abos, c'est se tromper de cible.
Olympe, ne te laisse pas démonter. Ton billet est excellent et prouve que le féminisme peut être nuancé et objectif. Les positions extrèmes, dans tous les domaines, peuvent se révéler très dangereuses. Si certaines d'entre vous sont déçues de l'opinion d'Olympe, je le suis plus encore car déçue de vos prises de position à la limite sectaire. Vous revendiquez un féminisme qui me donne des frissons et qui plus est, un certain humanisme.
"L'humanisme a pour objectif l'épanouissement de l'être humain" en le privant de ses libertés? Drôle de conception. Votre féminisme est à l'opposé du féminisme que j'ai connu.
Si la prostitution n'était plus dans la clandestinité, on pourrait être y voir plus clair.
Le témoignage de Virginie Despentes, à ce sujet, donne à réfléchir... la prostitution récentes (?) des filles éduquées aussi.
Je me fais l'avocat du diable, parce que toutes les expériences antérieures de prohibition quelle qu'elle soit, se sont toujours soldées par des échecs. Ce remède est toujours pire que le mal que l'on veut éradiquer... Le témoignage d'Olaf va dans ce sens...
Qui veut faire l'ange fait la bête...
Maintenant , il est vrai, qu'un certain nombre de féministes qui "pensent" la condition féminine et prétendent nous dire ce qui est bien ou mal pour les femmes (toutes les femmes) m'insuportent. Leur côté maîtresse d'école, prof, catéchiste me gave.
à la ratapinhata : en Suède le mépris des hommes envers les femmes a considérablement reculé depuis la pénalisation des consommateurs de vagins/bouches/anus féminins contre de la monnaie sonnante et trébuchante.
c'est un succès inconstestable et absolument pas un échec.
De plus il ne s'agit pas de "prohibition comme toutes les prohibitions" du tout. On ne vend pas de l'alcool mais de la femme, de la chair de femme, de la viande de femme. Or ce marché est en hausse dans le monde. On en vend de plus en plus. Et pas seulement de femme mais aussi de fille, de petite fille voire de toute petite fille. La Scandinavie est en train d'éradiquer la traite des filles russes sur leur territoire. Elle garde les filles et les insère socialement en leur donnant un job honorable.
Ce devrait être un exemple pour la France. Mais non. Elle se complet dans son arriérisme chronique parce qu'aller aux putes c'est considéré comme aller aux chiottes : un "besoin" indispensable. L'homme doit faire ses petits besoins et la femme doit servir à cet effet.
c'est sans conteste grand et noble et grandit encore ce pays dit "des Lumières".
super Lumières...
Merci Olaf de nous rappeler quelques vérités. C'est bien en Suède aussi qu'une prétendue féministe transforme une relation consentie en crime qui vaut la prison a son "auteur".
Nous vivons dans un monde....moderne.
Parmi vos approbateurs il doit y avoir une flopée de souteneurs qui ont peur pour leur petit commerce...
"en Suède le mépris des hommes envers les femmes a considérablement reculé depuis la pénalisation des consommateurs de vagins/bouches/anus féminins contre de la monnaie sonnante et trébuchante."
Source ?
Il va vraiment falloir arrêter d'affirmer des faits sans donner aucun moyen de vérification. Comme je le notais plus haut pour le taux d'hommes parmi les prostitué(e)s, ça donne des écarts énormes qui s'expliquent soit par des informations imprécises, soit par des affirmations basées sur ce qu'on croit, pas sur ce qui est.
Donc à moins de nous donner une source précise et fiable...
"Parmi vos approbateurs il doit y avoir une flopée de souteneurs qui ont peur pour leur petit commerce..."
Traiter ceux qui ne sont pas d'accord avec vous de proxénètes, c'est tout aussi avilissant que lorsqu'un homme traite une femme de p... pour la même raison. Et franchement, penser que le blog d'Olympe est lu par une masse de souteneurs, c'est juste risible.
@Lilou : je n'ai à aucun moment défendu une approche libérale de la prostitution, pas plus qu'une approche libertaire. Je me suis, je crois, surtout attaché à souligner les faits, et à démonter les argumentations bancales. Dire "l'argument y qui est donné en faveur de x est bidon" ne veut pas dire que je m'oppose à x, simplement que l'argument y est, selon moi, bidon.
Je considère juste que sur une question aussi difficile, il faut des vrais arguments, et réfléchir avant d'agir, quelle que soit l'action.
Mon but n'est pas de convaincre les autres d'être pour ou contre cette proposition, mais de souligner qu'avoir un avis basé sur du ressenti et des informations douteuses, ce n'est pas une très bonne idée.
(bien entendu, cela vaut aussi pour moi, et je cherche avant tout, ici, à m'informer : tout simplement parce que je connais très mal le problème)
A -batou- : Ce n'est pas la France pays du proxénétisme qui va relayer des informations antiprostitutions en provenance de la Suède. Il faut le lire dans le texte ce qui n'est pas donné à tout le monde mais il se trouve que j'y ai vécu, en Suède.
Mais comment expliquer à un type comme toi que des gens quelque part souhaitent avoir une société basée sur le respect de la dignité humaine ?
Les consommateurs de vagins/bouches/anus féminins contre de la monnaie sonnante et trébuchante, il faut PROUVER que ce n'est pas honorable et digne ? C'est incroyable.
Il y a des choses qui se ressentent, monsieur.
Argumente t-on sur la misère, la souffrance et le malheur ?
C'est ridiculement froid et hautain.
Suppose un peu cinq minutes que ta mère, ta soeur et ta fille feraient ce travail "normal". Cela ne te ferait pas mal ? Non, probablement. Dans ton commentaire on ne sent pas la moindre empathie pour quelque souffrance que ce soit.
C'est dramatique.
"Mais comment expliquer à un type comme toi"
Déjà une opinion tranchée en ce qui me concerne ???
"il faut PROUVER que ce n'est pas honorable et digne ? C'est incroyable."
Je n'ai JAMAIS dit ça.
Tu affirmes que le mépris a diminué, c'est cette information précise qui mérite des explications. Il est évident qu'une baisse est nécessaires, tu affirmes qu'elle a eu lieu, je te demande juste une preuve tangible et mesurable de cette évolution. Parce que justement, si elle a eu lieu, c'est très intéressant et ça peut inciter à aller dans le même sens que la suède.
"Argumente t-on sur la misère, la souffrance et le malheur ?"
On argumente sur les solutions à apporter, et leur efficacité. Et on essaie de faire un état des lieux précis pour savoir comment agir.
"Suppose un peu cinq minutes que ta mère, ta soeur et ta fille feraient ce travail "normal". "
Je n'ai jamais, jamais, dit que c'était un travail "normal". Encore une fois, merci de ne pas m'attribuer des pensées ou mots qui n'ont pas lieu d'être.
Je ne remets absolument pas en cause l'importance d'agir, au contraire. Je cherche simplement la réponse la plus appropriée, que j'avoue ne pas connaître.
A _batou_ : il ne s'agit pas de s'INFORMER, il s'agit d'avoir de l'EMPATHIE quand on assiste à la déshumanisation d'une partie de l'humanité. Capito ? Ou tout doit-il être intello même l'intérêt que l'on peut porter à son prochain ?
A priori, je suis contre la prostitution, parce que même s'il y a des volontaires; en mesurent-ils/elles les conséquences ? voir l'exemple de l'institutrice qui essaie de retirer/mieux cacher des videos X tournées il y a quelques années. Les séquelles physiques et mentales me semblent trop souvent trop importantes.
Donc, je suis pour que l'on lutte contre la dite prostitution, et donc si cela passe par pénaliser le client, soit.
Cependant, attention, la Suède c'est un tout un ensemble de lois et d'actions (par exemple les congés parentaux, la non-violence vis a vis des enfants). Donc, ne pas croire que mécaniquement cela se traduira en France par une amélioration comparable de la condition des prostitué(e)s et des femmes.
Mais comme d'autres luttes (par exemple contre le tabagisme), il ne faut pas que sévir, il faut arriver à éduquer.
globalement je suis plutôt favorablement surprise, je m'attendais au pire et je trouve que jusqu'à 70 environ le débat reste de bonne tenue. après ça se gate et je fais un peu de ménage.
Pour celles qui ne reviendront plus (mais j'en connais d'autres qui l'avaient annoncé et dont je vois passer les IP régulièrement)
- faire l'amalgame entre ne pas approuver la pénalisation et approuver la prostitution est une posture malhonnête. Ai je dit qu'il ne fallait pas lutter contre les réseaux ? ai je dit que les hommes qui recouraient à la prostitution étaient autre chose que des machos ?
- personnellement j'ai des gros doutes sur la réelle volonté de ce gouvernement de faire quoi que ce soit. Pénaliser le client sera un effet d'annonce de plus qui ne fera qu'empirer les choses. moi aussi j'aimerai bien aller en Suède pour voir ce qui s'y passe vraiment
- je ne vois pas pourquoi le témoignage de Virginie Despentes aurait moins de valeur qu'un autre. elle sait parfaitement de quoi elle parle.
"la protection sociale existe dans des pays où il n'y a pas d'URSSAF...mais c'est un autre débat..toujours est-il que des prostitué(e)s non discriminées pourraient volontairement s'assurer à la hauteur de leur besoins..."
c'est un autre sujet effectivement, mais je te rappelle que le régime de base est en France obligatoire. on ne choisit pas de s'assurer à hauteur de ses besoins parce que les pauvres ne peuvent pas s'assurer et ceux qui sont en bonne santé n'ont pas de gros besoins. Imagine donc ce qui se passe avec un raisonnement pareil.
Et c'est moi qui suis libérale !
@ahlalac'estoujourspareil L'empathie, j'en ai merci. Mais l'empathie ne nous dit pas comment résoudre au mieux le problème (et faire en sorte que cesse la dramatique exploitation de filles issues des pays de l'Est, par exemple).
Personne ici ne remet en cause la gravité de la situation. Mais l'empathie ne sert à rien si elle ne nous pousse pas à trouver une solution qui marche. Des solutions qui ne marchent pas, on en a produit des tas durant les siècles précédents. Il serait temps d'en trouver qui soient efficaces, non ?
Olympe, je suis d'accord avec toi, le témoignage de Despentes m'a beaucoup fait réfléchir.
Mais, même si je suis d'accord avec beaucoup d'autres sujets abordés par elle dans King Kong Théorie, je pense qu'elle n'a pas forcément raison sur ce point, et ce pour trois raisons principales :
Elle avoue elle même que le recours à la prostitution était pour elle une manière de se faire compenser l'expérience malheureuse de viol qu'elle a subi étant adolescente. Puis dans son discours, elle ne fait plus vraiment le lien entre cette expérience et le choix qu'elle a fait de se prostituer, préférant plaider sur sa liberté d'individu de vendre son corps. Comme beaucoup de femmes qui sont prostituées, une agression sexuelle est à l'origine « de ce choix », et les médecins expliquent qu'il s'agit là d'un phénomène de « décorporalisation », c'est à dire la séparation du corps et de l'esprit pour surmonter une expérience traumatisante (plus de ressenti de la douleur, perte de l'investissement d'une personne par son propre corps...) , qui permet ensuite de supporter l'intrusion de personnes dans son intimité (je dis ce que j'ai compris de la lecture de la thèse du médecin qu'Héloise a mis en lien ici http://ecvf.online.fr/IMG/pdf/Trinq... , et qui cite d'ailleurs de nombreuses études réalisées sur les population prostituées qui chiffrent de 60 à 80 % des cas des agressions sexuelles avant de devenir prostituée). Moi, j'ai été surprise par l'importance de ces derniers chiffres, et globalement, pour les chercheurs, il y a une corrélation entre agression sexuelle (inceste, viol) et le choix d'entrée en prostitution. Peut on parler vraiment de choix délibéré dans ce cas?
- elle était ce qu'on appelle une prostituée occasionnelle, en province et par minitel (je ne sais plus le nombre de client qu'elle cite, mais ça ne dépassait pas 40 par an, si vous avez le livre avec vous, vous pouvez me corriger). Quand elle est venue à Paris et a commencée à exercer le métier dans un bar à hôtesse, elle dit que les conditions de travail, la compétition entre prostituées et le comportement des hommes l'ont poussé à arrêté. Ce qui explique que quand ce « service » est effectivement plus présent, les conditions de travail se détériorent et deviennent dégradantes.
Elle justifie le recours à la prostitution aussi par ce que dans une société ou l'on traite une femme comme un objet, il lui semble hypocrite de refuser à ce qu'une femme puisse gagner sa vie en étant un objet. Pour elle, ce qui choque les gens, ce n'est pas qu'une femme soit un objet, c'est qu'elle puisse être indépendante et gagner sa vie en étant et assumant être une femme objet, et par conséquent profiter de l'argent des hommes sans leur être soumise (à condition que les prostituées soient vraiment indépendantes, mais cela me semble très loin de la réalité...). Si j'entends cet argument, il ne me semble pas aller dans le sens de l'égalité des sexes. Ca me rappelle aussi une interview de Victoria Silved (la blonde à forte poitrine de la roue de la fortune), qui assumait complètement son corps objet et en a fait son moyen de bien gagner sa vie. Le problème, à mon sens, c'est que si l'on accepte de rentrer dans ce schéma, c'est qu'il sera difficile de dénoncer effectivement la perception de la femme comme un objet par l'homme. Même, au lieu de dénoncer cet état, c'est ériger la femme-objet en valeur morale positive de la société : la femme est un objet pour l'homme, mais la femme en vie plutôt bien, alors tout le monde est content. Comment, si l'on accepte cela, garder sa crédibilité en dénonçant l'image de la femme dans les publicité sexistes, dénoncer le sexisme ordinaire et libidineux des femmes en entreprise, dénoncer les clichés sur les sexes? Pour moi, ces deux morales sont contradictoires, et la société devra obligatoirement choisir une des deux orientations pour les valeurs qu'elle veut mettre en place...
pardonne moi pour ce commentaire un peu long, Olympe, mais j'ai du mal à synthétiser ma pensée pour arriver à me faire comprendre!
un petit point que je voudrais rajouter la troisième raison que j'ai évoqué d'après Despentes (je suis femme-objet, je vends mon corps et je l'assume). Si l'on se prostitue volontairement ou agit comme Victoria Silved, ce n'est pas que l'on montre que l'on est libre de faire ce que l'on veut avec son corps, mais plus qu'on sait s'adapter à une société profondément machiste (et inégalitaire)...
a lire l'avis d'act up http://www.rue89.com/2011/04/19/pro...
Bonjour
je crois difficile de discuter sur ce qui fait l'essence des positions abolitionnistes et non abolitionnistes ; peut on ou non vendre du sexe. j'ai eu des milliers de fois ces discussions et ca a toujours mal fini.
en revanche la position suédoise se discute pour plusieurs raisons.
- la prostituée a davantage besoin du client qu'il n'a besoin d'elle (elle a besoin d'argent) ; c'est elle donc qui ira a sa rencontre, ira dans des coins isolés etc. risques augmentés pour elle.
- pour arrêter des clients, la police surveille les appartements des prostituées. et ce sont donc elles qui sont mal vues par le voisinage.
- beaucoup de prostitution se passe maintenant par Internet... la police n'a pas les moyens d'enquêter sur les réseaux.
je vous propose par ailleurs d'étudier tous les aspects de la position suédoise. elle est plus prohibitioniste qu'autre chose et ca, c'est un gros problème.
quant au fait que les rapports de genre se sont améliorés en Suède.. malheureusement c'est le pays européen ou il y a le plus de viols (evidemment rien à voir avec la prostitution !).
http://www.courrierinternational.co...
Celui qui associe névrose à traumatisme post-prostitution m'a bien fait rigolé...Parce qu'il n'a qu'à relire tout ce qui est écrit ici, et il pourra s'apercevoir que la névrose est partagée par le plus grand nombre...et pas besoin de s'être prostituer pour en être affecté.
Je vous prie de m'excuser mais je ne savais pas que le féminisme c'était "lutter contre le mépris des hommes"... celle qui en est là, pourrait tout aussi bien s'interroger sur le "mépris des femmes pour les hommes ".. et puis aussi bien sur le mépris tout court...
En tant que citoyenne j'attends que l'Etat lutte contre le crime organisé, contre l'esclavage, et je suis effondrée que l'on puisse imaginer que des mesures irréalistes et irréalisables de poursuite contre les clients de prostituées puissent se substituer à la lutte contre ces crimes, et qu'il y ait des imbéciles pour s'en réjouir.
En tout cas ce sujet met en lumière toute l'ambiguïté des féministes auto-proclamées.