Quand plus d'égalité produit davantage d'inégalité

L'égalité des droits entre les hommes et les femmes est une réalité en France depuis plusieurs années. Et si il reste encore quelques différences de traitements il semblerait que ce soit le plus souvent en faveur des femmes.

C'est la cas par exemple en matière de retraite : les femmes du secteur privé bénéficient d'une durée d'assurance majorée de 8 trimestres supplémentaires par enfant élevé avant l'age de 16 ans , Seule les femmes en bénéficient, et il était bien évident que tout homme réclamant devant la justice la même bonification ne pouvait que gagner.

C'est donc chose faite, un arrêt de la Cour de cassation a accordé à un père de famille le bénéfice de cette mesure .

Or, Danièle Karniewiz, présidente de la CNAV (Caisse nationale d'assurance vieillesse) est claire "La décision de la Cour de cassation interpelle l'Etat car si demain, il s'agit d'accorder les mêmes avantages aux hommes qu'aux femmes, cela voudrait dire que l'on verse des droits supplémentaires. Or on ne pourra pas le faire, compte tenu de l'équilibrage délicat des régimes de retraites. Il faudra donc faire des choix et définir des critères d'attribution." (La Tribune 29 mai 2009)

Le gouvernement chercherait donc actuellement des solutions. En réalité la même question s'était déja posée en 2003 pour les fonctionnaires, et aujourd'hui n'ont droit à la majoration que les femmes et les hommes ayant provisoirement interrompu leur activité au moment de la naissance de l'enfant. Au final il semble bien que tout le monde y a perdu.

Le sujet avait été abordé par le COR (Conseil d'orientation des retraites) en décembre puisque c'est un sujet sur lequelle La Halde est souvent interpellée. Il est donc bien certain qu'une modification des textes est proche .

Cela semble juste. Mais ne l'est pas en réalité, car les femmes ont des carrières plus courtes que les hommes, comme le rappelle Danièle Karniewiz " les femmes totalisent en moyenne 137 trimestres, contre 157 pour les hommes. En définitive, seulement 44 % d'entre elles effectuent une carrière complète. Même avec la majoration de huit trimestres par enfant, un nombre important d'entre elles n'ont pas une carrière complète et prennent leur retraite à 65 ans."

Pourtant la mobilisation sur le sujet semble bien faible (en même temps vous allez dire qu'avec 5 enfants je suis un peu concernée) .

A Noël une association SOS les Mamans avait tenté d'alerter avec un appel SOS les Dindes.

Elles rappellent que les femmes sont moins bien payées que les hommes, qu'elles s'arrêtent plus souvent de travailler pour élever leurs enfants et pas seulement au moment de la naissance, qu'elles subissent massivement les temps partiels non choisis, qu'elles assument une double journée etc...

Un tribunal prendrait-il un arrêt pour toutes ces injustices là ?

ImagePapa_et_maman__dessin_de_Pessinnnnn.jpg PS : La CGT semble active sur le sujet

Commentaires

1. Le 10/06/2009, 02:09 par Zoé

"par enfant élevé avant l'age de 16 ans ,": pourrais-tu préciser?? je ne comprend pas vraiment. Sur le site que tu mentionne, il n'est pas fait mention de cette limite d'age.

2. Le 10/06/2009, 07:47 par olympe

Zoé, précisément (sur le site de la CNAV https://www.retraite.cnav.fr/portal... )

Un à 8 trimestres supplémentaires par enfant sont validés.
Le premier trimestre est accordé à compter de la naissance, de l'adoption ou de la prise en charge effective de l'enfant.

Un trimestre supplémentaire est attribué à chaque date d'anniversaire (de la naissance, de la prise en charge ou de l'adoption).
Les trimestres supplémentaires sont attribués jusqu'au 16ème anniversaire de l'enfant dans la limite de 7 trimestres (soit 8 trimestres au total avec le trimestre initial).

3. Le 10/06/2009, 09:25 par RiGeL

"les femmes totalisent en moyenne 137 trimestres, contre 157 pour les hommes"

Connait-on la raison de cette différence ?

En ce qui concerne les 8 trimestres, ils sont accordés aux femmes qui prennent un congé maternité, s'arrêtent de travailler, ou juste de façon systématique ?

Le principe d'accorder les mêmes avantages à un père qui prend un congé maternité qu'à la mère qui est dans le même cas est-il réellement choquant ?

Dans la plupart des familles, du moins celles de ma connaissance, l'éducation des enfants est partagée entre le père et la mère de façon plutôt équitable. La grosse différence réside, en fait, dans le fait de porter l'enfant pendant 9 mois, ce que les hommes font encore assez peu (ah bon ? pas du tout ? ok !). Donc la question est de savoir si ces 8 trimestres qui sont accordés aux femmes le sont parce qu'elles sont enceintes, et qu'on considère que c'est un "sacrifice" (notez les guillemets, ne me lynchez pas directement) qui justifie une "remise de peine" de 8 trimestres (et pourquoi pas. Après tout, porter un enfant, pour un organisme, c'est quand même pas vraiment anodin), ou s'ils sont accordés parce qu'on considère qu'elle assument seules l'éducation des enfants.
Dans le premier cas, il me parait difficile d'accorder aux hommes les 8 trimestres en questions, mêmes s'ils sont stressés, subissent la mauvaise humeur de le femme, etc etc (rajouter ici toutes les conneries qu'on peut raconter sur les malheurs des hommes dont la femme est enceinte). Par contre dans le second, au vu de l'évolution des hommes par rapport à l'éducation des enfants, je trouverai ça assez normal qu'ils puissent bénéficier de cette majoration, au même titre que les femmes.
Malheureusement, j'ai peur que ndans le contexte actuel, toute évolution ne se fasse pas au profit des hommes (qui pourraient se voir accorder un avantage supplémentaire), mais plutôt au détriment des femmes, qui vont très probablement voir cet "avantage" diminuer, voire disparaitre. Et ça, ce serait franchement une mauvaise opération pour tout le monde.

4. Le 24/12/2009, 09:33 par Voiclaire

J'ai relevé une erreur capitale dans ce texte concernant le nombre de trimestres à cotiser au régime générale de la S.S. pour ceux et celles voulant partir à la retraite à 60 ans à taux plein, c'est à dire à 50% et sans minoration pénalisante.

Suivant la loi de 1995 (Balladur) et de 2002 (Raffarin) il faut retenir ceci :
Personnes nées en 1949 = 161 trimestres cotisés et validés
Personnes nées en 1950 = 162 trimestres cotisés et validés
Personnes nées en 1951 = 163 trimestres cotisés et validés
Personnes nées en 1952 = 164 trimestres cotisés et validés
Personnes nées en 1953 = 165 trimestres cotisés et validés, etc...
1954 = 166 Tr.
1955 = 167 Tr.
1956 = 168 Tr.
1957 = 169 Tr., etc...
Rajoutez ensuite 1 trimestre de + par année de cotisation auprès du RG. de la S.S.
En début 2010, une 3ème réforme sur les retraites est programmée (Fillon et Sarkozy) au détriment des salariés (privés et fonctionnaires)

A savoir : pour ceux et celles nées en 1970 : quel âge auront toutes ces personnes lorsqu'elles partirons à la retraite.. et avec combien d'euros en poche puisque les salaires sont très bas et que le chomage ne cessent d'augmenter à haute vitesse dans le privé sans aucune garantie de retrouver un job.

D'ici peu, les personnes 50 ans et +, les jeunes salariés et les chomeurs seront les plus pauvres de la France et ne pourront plus aider leurs enfants condamnés au chomage ou au smic. Ce sera une catastrophe pour la trésorerie de Bercy, pour la Sécu et un drame pour notre pouvoir d'achat. Pendant ce temps les Banques, les Assurances perçoivent des milliards d'aide alors que ce sont elles qui ont mis la France dans le coma. C'est nous qui payons la lourde addition une fois de plus pour les plus riches planquant leur argent dans les paradis fiscaux. "Qui vole Qui" a dit Eric Woerth, Ministre du budget. Non, ce n'est pas le pauvre bougre qui pique la nourriture sur l'étalage pour survivre parce qu'il a faim, parce qu'il n'en peut plus, mais les gros matous qui s'en mettent des millions plein les poches volant l'Etat et leur citoyens qui n'ont déjà plus rien si non que la rue et les cartons. La honte pour ces pays aveugles et faibles face aux riches escros qui eux seuls mènent la danse et font du chantage au gouvernement pour ne pas payer ce qu'ils doivent. Imaginons que nous, les salariés, les chomeurs, on fasse du chantage à l'Etat si on ne peut payer nos factures mensuelles.. Que se passe-t-il ? le tribunal, les amendes, l'expulsion, la rue et la faim. Réagissons si nous ne voulons pas que ça continue en drame national. On a pas de pétrole, mais on a des escros millionnaires se payant les meilleurs avocats en cas de poursuite pour terminer en non-lieu ou relaxés. La honte est quotidienne.

5. Le 24/12/2009, 12:04 par olympe

il n'y a aucune erreur dans mon texte. ce que vous apportez sont des compléments sur le calcul des retraites hors sujet par rapport à mon billet