Si vous êtes lectrices ou lecteurs réguliers de ce blog il ne vous a peut être pas échappé que ne n'avais pas parlé de la réforme des retraites.

C'est que mon avis sur la question est différent de celui que j'ai lu ou entendu de toutes parts, hormis sur le blog de Polluxe avec laquelle je suis tout à fait d'accord.

Je ne pense pas en effet que les inégalités hommes/femmes soient l'enjeu principal de notre système de retraites, bien plus importantes de ce point de vue sont les inégalités entre les générations. (lire à ce sujet l'interview de Louis Chauvel). Et il est préférable de se poser la question du financement que des conditions d'accès aux prestations.

C'est aussi et surtout la question du travail qui est posé, celle du chômage et celle de l'organisation de nos temps de vie.

Il y a pourtant une chose dont je me félicite c'est que grace à toutes celles qui se sont démenées pour faire entendre leur voix nul n'ignore plus que les salaires des femmes sont inférieurs à ceux des hommes.

Bravo, notamment au laboratoire de l'égalité pour avoir réussi à faire la une des journaux et obtenu un beau consensus sur le sujet.
Mais ce consensus m'est éminemment suspect.

Syndicats et partis semblent découvrir aujourd'hui qu'il existe une inégalité criante et insupportable .

Cette inégalité ne date pas d'hier et surtout elle est la conséquences des inégalités de salaires.

Or, comme le rappelle les nouvelles news, la loi contraint les employeurs à agir pour réduire ces inégalités , mais la loi n'est pas respectée et les syndicats ne s'en étaient guère émus jusqu'à une date récente.

J'avais été plutôt atterée de constater par exemple qu'une mesure concernant les augmentations de salaires des femmes en congés maternité n'étaient souvent même pas connue des salariées. Les syndicats ont ils fait leur boulot sur ce sujet ? ont ils diffusé l'info ? ont ils exigés que cette mesure soit appliquée ?

Ont ils par ailleurs  réclamé dans les grandes entreprises le rapport annuel obligatoire ?

La situation des femmes est aujourd'hui instrumentalisée parce que ça arrange tout le monde.

Les syndicats ont tout intérêt à insister sur cette injustice histoire d'augmenter la mobilisation.

Le gouvernement n'est pas en reste, en consentant quelques mesures pour les femmes il aura beau jeu de faire valoir qu'il a pris en compte les revendications justifiées.

Mesures qui pour l'instant sont toutes relatives puisque d'une part il y a belle lurette que la période de congé maternité valide des trimestres (auquel il faut ajouter les 8 trimestres par enfants qui ont bien failli être supprimés l'année dernière). La réforme prévoit que l'indemnité journalière percue pendant le congé maternité sera désormais intégrée dans le salaire de référence pour le calcul de la pension. Ce salaire de référence reprenant les 25 meilleures années pas sûr que l'impact soit réel d'autant plus que les indemnités journalières sont plafonnées.

Elle prévoit surtout, et on se demande bien ce que ça fait là, des sanctions pour les entreprises qui n'appliquerait pas la loi en matière d’inégalités
salariales (article 31)

C'est sur ce point que doit s'exercer la vigilance.