Résister aux stéréotypes dans la gestion des catastrophes

Avant l'article de Marianne, que j'ai mis en lien la semaine dernière, je n'avais jamais prété attention à la façon dont on montre les hommes et les femmes lors des catastrophes.

Mais d'autres y ont déja réfléchi. Emelire a consacré un article à Haïti dans lequel elle donne de nombreux liens et notamment celui-ci vers un texte sur  " L’égalite des Genres dans la Prevention et la Gestion des Catastrophes "

L'un des chapitres donne des pistes pour  RESISTER AUX STEREOTYPES :

voici  des extraits de ce qu'on peut y lire, et je trouve intéressant cette réflexion pour voir les choses autrement.

  • -  les survivantes sont les premières actives de la reconstruction, non pas des victimes passives
  • -  les mères, grands-mères et autres femmes sont vitales pour la survie et la vie des enfants mais leurs besoins sont différents de ceux des enfants
  • - toutes les femmes ne sont pas des mères et toutes ne vivent pas avec des hommes
  • - les foyers gérés par les femmes ne sont pas forcément les plus pauvres et les plus vulnérables
  •  - les femmes ne sont pas dépendantes financièrement mais elles sont parties prenantes dans la production, dans le travail de la communauté, dans la génération des revenus
  • - les stéréotypes de sexe me€ttent aussi en danger les garçons et les hommes, par exemple au niveau de leur santé mentale, la prise de risque, les accidents
  • - se focaliser sur les femmes (et donc pas sur la question du genre – qui met en avant les hommes et les femmes) peut avoir des effets négatifs (hostilité, violence) sur les actions menées

Commentaires

1. Le 22/01/2010, 08:41 par klava

je m'étais justement interrogée en lisant un article hier où le journaliste disait approximativement (je cite de mémoire) ceci: les femmes restaient dans les tentes pendant que les hommes s'activaient pour chercher du secours. bon, cela correspond peut-être à ce que ce journaliste a vu à Port-au-Prince - je lui laisse le bénéfice du doute - mais je me demande ce que ces femmes pouvaient bien faire toute la journée dans ces tentes. ne s'activaient-elles pas elles aussi pour trouver de l'eau, de la nourriture, des médicaments?

merci pour le lien, en tout cas, je vais aller jeter un coup d'oeil :-)

2. Le 22/01/2010, 09:30 par pupuce

que font les femmes dans la tente?
et bien je pense qu'elles pansent les plaies (toujours ce fameux gène de l'infirmière qui fait que c'est régulièrement la femme qui se retrouve à nettoyer les bobos, n'est ce pas), rassurent et protègent les enfants (le gène de la patience sans doute), consolent les survivants (le gène de la compassion?), parlent d'avenir (le gène du positivisme?)...mais comme d'habitude, ce rôle là, pourtant primordial, est présenté comme secondaire. Elles "restent dans la tente".
Mouais...et moi qui suis femme au foyer, je "reste à la maison". Mais bien sûr...le problème n'est pas vraiment le stéréotype lié au genre à mon avis. Le vrai problème est plutôt celui de l'action visible et de l'action invisible.
Les hommes qui bougent, cherchent de la nourriture, de l'eau, c'est visible. Vu de l'extérieur, ça ressemble bien à une action, et ça tombe bien c'en est une. Les femmes qui restent dans la tente, vu de l'extérieur, ça ressemble à de l'inaction. C'est dommage, parce que ça n'en est pas.
Si le rôle de ces femmes, et des autres, en temps de catastrophe ou pas d'ailleurs, était vu comme ce qu'il est vraiment, on sortirait vite de la question du genre. Les hommes seraient eux aussi attirés par ce rôle là qui ne serait plus vu comme le truc ingrat que personne n'a envie de faire, on se partagerait les choses, les hommes qui sont plus capables de nettoyer les plaies sans vomir (ou de changer les couches, ou nettoyer la caisse du chat, que celle qui n'a jamais entendu un homme lui dire que ça le rend malade, lui, pauvre chou, me jette le premier soutif...;-D) le feraient, les femmes qui se sentent plus à l'aise pour chercher de l'eau le feraient, il ne serait plus question de sexe ou de genre, on fonctionnerait selon les envies et capacités de chacun, ce serait beau, peut être même qu'on gèrerait mieux les choses.
Bon, c'est pas le tout de rêver, je m'en retourne à mes gâteaux, j'ai une équipe de jeunes à nourrir demain, y'a match. On dira que c'est pas important, pas productif, mais accompagner (et faire de la pâtisserie pour) une rencontre sportive d'enfants de 10 ans c'est montrer de l'intérêt, donner de la confiance, (empêcher l'hypoglycémie,lol, encore que certains n'auront pas mangé avant donc bon...), assurer la convivialité, donner un temps de rencontre et de dialogue, consoler les défaites, encourager les victoires, recevoir les confidences...
Si on regardait moins la productivité et l'activité et qu'on se concentrait sur l'utilité pour valoriser certains rôles, on verrait beaucoup de pseudos inactifs plus utiles que bien des pseudos actifs. Mais alors valoriser l'utilité, ça c'est pas gagné, hein. Hop, au fourneaux pupuce!

3. Le 22/01/2010, 10:17 par Océane

Dans cette histoire de tremblement de terre,on aura eu droit à une panoplie bien larges de stéréotypes, le vocabulaire catastrophiste et fataliste, l'assignation de rôle prédéterminé par sexe, on peut toujours s'attendre à ce que les clichés aient la peau dure !

4. Le 22/01/2010, 13:47 par RiGeL

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