Résultats ENA 2012, la parité en baisse

Chaque année je surveille les admissions au concours d'entrée de l'ENA. 

La progression de la parité y est inexistante si on regarde les variations sur 10 années. 2013 est une très mauvaise année de ce point de vue..

ça ne va pas aider à remplir l'objectif d'une meilleure féminisation de la haute fonction publique. Rappelons que l'objectif fixé par décret est de 40% de femmes en 2018.

Aucune explication  n'est donnée.

Chaque année le jury rédige un rapport sur le déroulement du concours. (que vous pouvez trouver ici, le dernier en ligne étant celui de 2011)

Celui de 2011, présidé par un homme, à considéré que la parité n'était pas un sujet.

"Aucune attention particulière n'a été donnée à ce qu'il est convenu d'appeler la recherche de la "diversité sociale" ou de la parité homme femme. Cela ne signifie aucunement que ces formes de diversité ne sont pas souhaitables en elles-mêmes.

Ainsi les jurys - et notamment pour l'épreuve orale d'entretien - n'ont pas souhaité disposer d'informations allant au-delà de celles strictement nécessaires et reportées sur la notice individuelle préalablement remplie par chaque candidat. 

C'est donc à l'actif des seuls mérites des candidates qu'il faut mettre la constatation ex post d'un taux global de féminisation plus important en 2011 que pour les résultats des précédents concours  "

Celui de 2010, présidé par une femme s'était par contre penché sur la question.

"En particulier, le jury a beaucoup regretté de ne pas voir plus de candidates admissibles mais aussi de voir cette proportion encore réduite après les oraux. Malgré l’attention que nous portions à ce sujet, nous nous sommes refusés à donner une quelconque préférence aux femmes dans notre système de notation ; les candidates reçues l’ont toutes bien mérité par leurs compétences, leurs qualités et leurs connaissances. Certaines ont été tout à fait remarquables.

Mais nous avons été aussi souvent surpris par le manque de confiance en soi que certaines candidates laissaient apparaître, malgré un CV très intéressant : cela transparaissait à la fois dans leur « ton », monocorde, lent, peu dynamique et dans leur difficulté à prendre position et exprimer une opinion, notamment en s’appuyant sur leurs expériences. J’en suis arrivée à la conclusion qu’il faudrait peut-être avoir des séances de préparation adaptées aux jeunes femmes pour les aider à mieux utiliser leur potentiel"
 

Il serait vraiment intéressant de connaitre la répartition des candidats, le taux de femmes admissibles. Je n'ai pas trouvé ces données sur le web (ce qui ne signifie pas  qu'elles n'y sont pas).

Quand au ton monocorde et peu dynamique et leur difficulté à prendre position il y aurait matière à discuter. Dans mon livre j'ai longuement développé les doubles injonctions auxquelles sont confrontées les femmes. L'une d'elle étant qu'une femme qui apparait sûre d'elle fait vite figure d'arrogante, qualificatif dont ce même jury a justement précisé quelques pages plus haut qu'il n'appréciait pas ce type de comportement. Compliqué donc pour les  filles.

En tout cas je trouve que le minimum du minimum serait d'avoir une vraie étude complète sur la non parité à l'ENA qui apparait quand même comme une anomalie du soi disant système méritocratique. A moins d'admettre  que les filles sont moins méritantes et compétentes que les garçons pour diriger l'administration.

Les chiffres proviennent du site de l'ENA, liste ici pour le dernier concours

Commentaires

1. Le 05/12/2012, 12:37 par Arnaud Bihel

Une piste de réflexion : tout récemment, un rapport révélé par Mediapart observait que les épreuves orales d'admission sont plus favorables aux candidats qu'aux candidates. Les Nouvelles NEWS en parlaient ici : http://www.lesnouvellesnews.fr/inde...

2. Le 05/12/2012, 13:13 par jean-michel

Pour moi, la parité ce n'est pas d'avoir cinquante cinquante partout c'est que les femmes aient les mêmes chances d'embrasser une carrière ou filière professionnelle que les hommes quel que soit cette carrière ou cette filière et que, une fois engagées, elles aient les mêmes possibilités d'évolutions et de promotion que celles des hommes.
Dans la fonction publique la règle pour démarrer c'est le concours. Dans la magistrature les trois quarts des admissions sont féminines. Dans un grand nombre de concours d'agrégation les femmes sont majoritaires. A l'X (qui recrutent les grands corps techniques à l'instar de l'ENA pour les grands corps administratifs) les garçons restent largement majoritaires de même que dans les autres grandes écoles à statut militaire ou/et scientifique.
Le fait est que les jeunes filles elles-mêmes, y compris celles qui sont dans un environnement familial idéal, ont tendance à délaisser plus certaines filières que d'autres, par exemple les très bonnes en sciences préfèrent l'enseignement, la recherche et la médecine et délaissent les carrières d'ingénieur et les grandes écoles qui les forment....

3. Le 05/12/2012, 13:51 par Thaliane

Pour pasticher le commentaire de jean-michel qui est quand même un peu un modèle du genre :
"la parité ce n'est pas d'avoir 50 50 partout, c'est de faire semblant que les femmes aient les mêmes chances que les hommes. Du coup, on démontre que si, malgré tous les efforts qu'on fait semblant de mettre en place pour les femmes, elles n'y arrivent toujours pas, c'est que, en fait, elles n'ont PAS envie et/ou PAS les capacités".

Quant au commentaire du jury 2010 de l'ENA, je le traduis en langage trivial par "on aurait bien voulu avoir plus de femmes mais force a été de constater qu'elles manquent de couilles".

4. Le 05/12/2012, 18:41 par Augustine

Idem dans les grandes écoles de commerce, on réduit la proportion de femmes entre les inscriptions au concours et l'admission.
Celà pour une simple raison : dès l'embauche, les femmes sont moins payées, elles vont donc faire baisser le salaire moyen, donc faire chuter l'école dans les classements.
Affligeant

5. Le 06/12/2012, 06:43 par Elisa

Le commentaire de J Michel montre le chemin à parcourir ; le nombre de personne ( plutot des hommes pour se rassurer sur leur propre valeur mais aussi des femmes qui ont intégrés qu'elles étaient "moins") croyant que les hommes sont intrinséquement supérieurs aux femmes restent importants.
MAIS néanmoins pour en être sûr, maintenant que la plupart des lois infériorisant les femmes ( il fallait de lois pour cela ! si cela avait été vrai il n'en aurait pas fallu!) ont été supprimées il faut leur substiuter des lois/comportement claniques excluant les femmes : cooptation à l'entrée des grandes écoles, cooptation pour les postes les plus importants ( ou du moins les meiux payés ils ne sont pas forcément d'importance), bienveillance à l'égard des blagues et propos sexistes en tous genres (remplacer toutes les blagues et propos sexistes entendues dans les médias et dans la vie quotidienne par des blagues racistes ou antisémites..), bienveillance à l'égard des violeurs, maintien d'une organisation de la société pensée pour les hommes ayant des femmes qui s'occupent des enfants à la maison,...

6. Le 06/12/2012, 11:27 par lyly

Un des problèmes est que les oraux sont jugés par des personnes faillibles et sensibles aux clichés et qu'elles n'en sont même pas conscientes.
Aux USA, pour des faux CV strictement identiques, des professeurs de biologie ont déclaré que les femmes étaient moins compétentes que les hommes.
En Autriche, les auditions pour les orchestres symphoniques se font derrière un rideau et il a été même prouvé que le son des chaussures suggérant plutôt des chaussures d'hommes ou de femmes influaient sur les résultats à tel point que les femmes font exprès de mettre des chaussures d'hommes.

7. Le 06/12/2012, 22:11 par Zoë Lucider

Connais-tu l'expression québécoise équivalent du plafond de verre : plafond collant. Pire non ?

8. Le 07/12/2012, 07:14 par alleluia

Je suis assez d'accord avec le constat, mais si je puis me permettre une remarque, vous auriez tort d'en faire un problème de genre uniquement. Je pense que les hommes ont en grande majorité intérêt à ce que le concours soit plus objectif dans ses critères de sélection. Je m'explique.

Le concours de l'ENA, comme ceux de toutes les grandes écoles, est extrêmement discriminant. Il ne s'agit pas de sélectionner selon la compétence, mais de sélectionner une caste, au sens sociologique. Pour pérénniser cette caste, il est donc indispensable de sélectionner des individus ayant tendance à avoir des intérêts, des styles de vie et des réflexes communs. Les "élus" seront donc à l'image des anciens et pour maximiser ses chances d'en faire partie, il sera préférable d'être un homme (les femmes étant désavantagées).

Mais il y a d'autres critères, moins visibles ! Il faudra également avoir un capital économique, social et culturel important (au delà de la compétence technique). Et donc en plus des femmes, une grande majorité d'hommes sera discriminée.

Les inégalités hommes-femmes ne profitent donc pas aux hommes, contrairement à ce que beaucoup croient, mais à une infime partie d'entre eux. Et ce qui est vrai dans la haute fonction publique l'est aussi pour les entreprises. (La plupart des hommes sont aussi concernés par le plafond de verre, pas par manque de compétence, mais pour un défaut d'entregent ou de caractère).

En outre, je crois également que ces inégalités profitent à certaines femmes (une partie encore plus infime). J'ai assisté récemment à une conférence à laquelle participait des hautes fonctionnaires militant pour que davantage de femmes soient nommées à la tête des directions générales.

Considérant comme vous que le concours de l'ENA est en grande partie la cause de cette "rareté", je lui posai une question sur le sujet et fus effaré par la façon dont elle le défendit; aucune remise en cause ! Est-ce que les femmes ayant réussi à rentrer dans la citadelle n'ont pas intérêt à cultiver leur rareté ?

Le problème de l'injustice dans la représentativité, que ce soit en politique, dans l'administration ou dans les entreprises dépasse les questions de genre. En ne le prenant pas en compte, vous vous privez d'une partie des munitions. Les hommes croyant qu'ils seront mieux représentés ou défendus (en tant qu'homme) par untel parce qu'il est un homme ont totalement tort; mettez les de votre côté.

9. Le 07/12/2012, 10:01 par Malicia

Elisa > je ne trouve pas sur J Michel ait l'air de croire que les hommes sont intrinsèquement supérieurs aux femmes. L'auto-censure et le manque de confiance en elles des femmes est une réalité, pour des raisons qu'Olympe explique d'ailleurs fort bien dans son livre. Par contre je suis totalement d'accord avec la 2eme partie de ton commentaire.

Thaliane > merci, ta reformulation percutante m'a bien fait sourire. D'autant qu'elle tape là où ça fait mal.

Alleluia > merci pour cette analyse particulièrement pertinente. En effet, le problème de la reproduction des élites va bien au delà du sexisme. La soi-disant "méritocratie" française a du plomb dans l'aile depuis bien longtemps, et s'attaquer à ce problème reste un sujet tabou. Sous couvert d'égalitarisme forcené, on se prive de nombreux talents qui pourraient émerger dans les milieux moins favorisés, car la sélection des élites commence bien en amont du concours.

En effet comme Olympe je serais curieuse de savoir quelle proportion de femmes se présentent au concours de l'ENA par rapport à celle des admissibles. Ceci-dit ne nous leurrons pas, à supposer qu'il n'y ait que 30% d'inscrites pour 30% d'admises (en quel cas on pourrait difficilement cirer à la discrimination), cela ne règle pas le problème des carrières par la suite. Cela fait bientôt 20 ans qu'il y a grosso-modo autant de femmes que d'hommes qui sortent des écoles de commerce, et la parité dans la hiérarchie des entreprises est encore loin. Il y a bien 2 niveaux de discrimination à l’œuvre : à la source (encouragement des femmes dans leur enfance et sélection "objective" à l'entrée des formation) et tout au long de la carrière.

10. Le 07/12/2012, 11:29 par Thaliane

Bon quand on voit que Benjamin Lancar, le même qui fait en moyenne une faute d'orthographe par tweet et est champion du monde de langue de bois depuis l'age de 17 ans, a été admis, on comprend mieux ce qu'ils entendent par "avoir du charisme".

Tout à fait d'accord avec Alleluia : l'ENA est l'archétype de la sélection permettant la reproduction de la classe dominante. Quand le "mérite" sélectionne toujours dans la même catégorie de la population (fils de CSP++, hommes, blancs, issus de grandes villes), il faut sérieusement se poser la question de ce qu'on a choisi de mettre derrière le mot mérite...

11. Le 08/12/2012, 07:23 par Elisa

@ Malicia merci pour ton commentaire, pour moi l'autocensure des femmes lorsqu'elle existe n'apparait qu'une fois que les femmes ont bien intégré qu'elles ne sont pas à la hauteur (que l'école, le monde du travail, la violence conjugale, elle existe pratiquement toujours à des degrés diverses et c'est la plus efficace...ont sapé leur confiance en elle), le phénomène inverse marche pour les hommes, ils ont bien intégré qu'ils sont supérieurs. Donc c'est de l'autocensure apprise.
Le temps des études est un temps où la discrimination sexiste est la moins forte dans la vie d'une femme. Moins forte je ne dis pas qu'elle n'existe pas, on ne parle que de l'histoire des hommes, tout est au masculin mais depuis quelques années toutes les formations sont accessibles en théorie aux femmes, ce n'était pas le cas en 1990 lorsque j'ai passé les concours d'ingénieurs, j'étais interdite de concours d'école navale et interdite partielle du concours de l'école de l'air seulement parceque j'érais une femme (aucune autocensure de ma part).
Tout ça pour dire que c'est la période de la vie où les femmes ( les êtres humains en général) ont le plus d'envie et le moins d'autocensure et que je ne crois donc pas que c'est par autocensure que le taux de femmes est inférieur au taux d'hommes mais bien par des phénomènes autres d'élimination des femmes.
Je maintiens mon avis vis à vis de J Michel, lorsqu'il parle de même chance il sous entend que c'est une réalité et que donc si les femmes ne réussissent pas le concours de l'ENA et d'autres c'est qu'elles ne le peuvent pas.
Merci de m'avoir lu.

12. Le 08/12/2012, 14:41 par alleluia

@Elisa: Je pratique le jeu d'échecs depuis un certain temps. C'est une activité ouverte à tous, sans discriminations à l'entrée (je connais même beaucoup d'adeptes qui adoreraient partager cette passion avec davantage de femmes), où hommes et femmes se confrontent (contrairement à beaucoup d'activités) et où le classement se fait sur critères objectifs: le classement ELO (issu d'un rapport entre ses propres résultats et le classement de ses adversaires).

Pourtant, les hommes ont de meilleurs résultats. Les femmes sont-elles discriminées ? Je ne le pense pas. Sont-elles moins à l'aise que les hommes dans les activités nécessitant de la rigueur logique comme le prétendent certains ? Je suis certain que ce n'est pas le cas.

Je pense que la raison de cette inégalité vient d'un biais statistique né de l'utilisation de catégories non homogènes: les hommes et les femmes. Ce ne sont pas les hommes qui ont de meilleurs résultats, mais ceux ayant les meilleurs résultats qui sont des hommes (c'est toute la différence). Et les femmes ayant des qualités intellectuelles au niveau de ces hommes (qui ont les meilleurs résultats) ne jouent pas aux échecs (du moins pas autant que les hommes), voilà pourquoi, lorsqu'on fait une moyenne, les femmes semblent moins fortes.

Une des principales causes de disparité, c'est la spécialisation. Les femmes se spécialisent dans les questions sociales (où les relations "humaines" priment), tandis que les hommes s'orientent vers les domaines où les rapports de forces sont au centre (économie, politique, sport, échecs...). Et je ne hiérarchise pas entre les deux.

Voilà pourquoi les femmes sont majoritaires à l'Ecole de la Magistrature mais minoritaires à l'ENA. Rien à voir avec une différence de niveau, et pas seulement le résultat d'une discrimination.

13. Le 08/12/2012, 21:12 par lyly

@ Alleluia
" Je ne le pense pas. Sont-elles moins à l'aise que les hommes dans les activités nécessitant de la rigueur logique comme le prétendent certains ? Je suis certain que ce n'est pas le cas."
Oui mais le syndrome "faire un créneau" joue énormément. Beaucoup de femmes connaissent ça, elles n'ont aucun problème pour faire un créneau mais dès qu'elles le font en public ou accompagnés avec en sous-entendu les blagues sur les femmes et les créneaux, elles perdent souvent leur moyen et ratent leur créneau. Quand un champion s'apprête à tirer un penalty, une balle de golf, tout le monde retient son souffle, l'encourage. Pour une femme, notamment au travail ou dans la sphère publique, tout est fait pour la mettre en environnement de stress, c'est plus difficile de réussir et en plus elles doivent aussi assumer d'être meilleures (alors que toutes les histoires qu'on lui a montré c'était la femme qui soutient et admire le champion dans l'ombre) à leurs yeux et aux yeux des autres.

14. Le 09/12/2012, 07:08 par Elisa

Si je suis le raisonnement de Alleluia, femmes et hommes ont la même valeur ( chouette) mais les femmes se spécialisent dans des branches moins payantes et c'est pour quoi elles sont moins bien rémunérées.
Et bien non ce n'est pas vrai, notre société ne reconnait pas la même valeur aux femmes et aux hommes (ce serait assez étonnant d'ailleurs que pour des personnes de même valeur il y ait des différences). J'illustre cela avec un arguement que j'ai déjà utilisé, les écarts de salaires entre les femmes ingénieurs et les hommes ingénieurs : même diplôme même ancienneté. Ces écarts de salaires se sont détériorés au détriment des femmes entre 2008 et 2011 ( source site du CNISF).

Les écarts de salaire en 2011 pour certaines tranches d’âges sont supérieurs à ceux observés en 2008 :
- 6% d'écart en 2011 au lieu de 2,6% en 2008 pour les débutants ( sans expérience pro qui peut faire la différence!),
- 25% d'écart en 2011au lieu de 20% en 2008 pour les 45 à 49 ans

Si il y a moins de femmes qui entent à l'ENA c'est qu'elles sont découragées par de multiples moyens, les hommes veulent rester entre eux et s'octroyer des le diplôme les meilleures places. Ils ont d'autres moyens ensuite, confer exemple des ingénieurs.
Les lois égalitaires existent depuis plusieurs dizaines d'années, elles ne sont pas appliquées, il n'y a pas de sanctions prévues ( donc strictement ce ne sont pas des lois) et encore moins d'inspecteurs du travail pour relever les écarts. Je travaille dans une boite qui a le label égalité et s'en gargarise mais pour reprendre le slogan d'un pub que l'on peut adapter à beaucoup de situation c'est ce qui en parlent le plus qui en font le moins.
Ce label égalité d'ailleurs qui est un pur outil de com ne reconnait pas que l'entreprise est égalitaire mais qu'elle fait des progrés, ce n'est bien sur pas ce qui est mis en avant dans la communication d'entreprise.

15. Le 09/12/2012, 08:46 par alleluia

@Lyly: Je suis d'accord, c'est une des raisons; mais ce que je veux dire, c'est que ce raisonnement ne s'applique pas qu'aux femmes. Tous les hommes ne sont pas sûrs d'eux (moi aussi je rate mes créneaux quand on me met la pression par exemple). Et soit dit en passant, vous sous-estimez la sélection qui a lieu entre les hommes; elle est féroce, et malheur aux vaincus !

@Elisa: Pareil que pour lyly, fondamentalement, je suis d'accord avec ce que tu dis; mais il y a un biais, c'est que tu ne prends pas en compte l'écart qui existe entre les hommes eux mêmes.

Et la cause est la même, le système privilégie l'entregent, le "relationnel" (dans le très mauvais sens du terme), et l'hyper hiérarchisation du système privilégie l'instinct de domination (ce n'est plus une pyramide, mais la tour Eiffel !! L'hyper présidentialisation en est la preuve, soit t'es premier, soit t'es rien. La conséquence, c'est que les plus arrivistes gagnent).

Mais tous les hommes ne veulent ni ne peuvent dominer. Et un homme qui ne sait pas se faire un réseau sera relégué, ou dominé puisque c'est la terminologie que tu emploies (ces hommes là sont des femmes comme les autres en quelque sorte ^^, et je crois qu'ils sont, sinon une majorité, au moins une grande partie).

Pour donner un exemple, j'ai eu un collègue à qui on devait tout expliquer; un abruti incapable de se concentrer deux minutes et donc de comprendre ce que je lui expliquait, mais ultra doué pour se faire des relations et plaire au grand patron tandis que nous faisions une partie du travail qu'il ne faisait pas. Et bien quand il a fallut remplacer le chef de service, c'est lui qu'il a eu le poste. (Du coup ma collègue et moi sommes partis). Tout ça pour dire que vous avez tort de faire un amalgame entre les hommes, même si globalement vous avez raison.

Je me suis senti beaucoup plus proche de ma collègue que de l'autre sur ce coup là.

Des chercheurs norvégiens ont étudié pourquoi, alors que le pays est très avancé sur les questions de l'égalité entre les genres, des inégalités subsistent (de l'ordre de 5% de différence de salaire). Leur résultat, c'est que les femmes ne "réclament" pas assez. Le manque de confiance en soi en est la cause.

Mais là aussi il y a des différences entre les hommes, et la cause est la même: le manque de confiance. La faute revient à ce système qui, au lieu de récompenser les efforts, promeut l'individualisme et l'arrivisme.

Et tu focalise trop sur le genre; à l'ENA, ils ne veulent pas seulement rester entre homme, mais entre personnes issues des classes aisées. L'immense majorité des hommes en sont exclu au même titre que les femmes.

16. Le 09/12/2012, 09:30 par Elisa

Perso j'en ai assez d'entendre que les femmes ne réclament pas assez. Il y a des tas de moyens de les faire taire, et ces moyens sont utilisés : le nombre de femmes qui ont des pb de dépression est plus important que celui des hommes. Ne dîtes pas que c'est une question de sexe sinon je vous dirais que si les boulangers ont plus de pb d'asthme c'est parcequ'ils sont mal foutus de nature et que cela n'a rien à voir avec le fait de travailler dans un environnement pulvérulent, idem pour les ouvriers qui ont une espérance de vie inférieure à celle des cadres, c'est parcequ'ils sont intrinséquement plus faibles et pas du tout parcequ'ils ont des conditions de travail et de vie plus dures.
Pour alleluia vous avez fait l'expérience d'un incapable qui vous est passé devant pour des raisons qui ne sont pas valables. C'est ce qui arrive à TOUTES les femmes, je ne vous rappelle pas les écarts de salaires entre hommes et femmes je les faits pour les ingénieur(e)s.

17. Le 09/12/2012, 11:35 par alleluia

@Elisa: "idem pour les ouvriers qui ont une espérance de vie inférieure à celle des cadres"

Et pour les hommes qui ont une espérance de vie inférieure à celle des femmes (de 10%) ?!

Vous faites une interprétation idéologique des faits; et votre raisonnement est truffé de failles. Au lieu d'adapter votre théorie pour qu'elle corresponde aux faits, vous faites l'inverse. Ce que j'ai vécu, beaucoup d'hommes en ont fait l'expérience, mais vous vous entêtez à prétendre que LES hommes dominent LES femmes.

18. Le 09/12/2012, 23:52 par lyly

@ Alleluia nous sommes d'accord, la société patriarcale est une société de domination où les hommes "dominés" y perdent aussi (j'irais même jusqu'à dire que les sociétés patriarcales sont mêmes plus horribles pour les jeunes hommes que pour les femmes)
Mais les statistiques sont acceptées, des solutions sont débattues voire mise en œuvre pour ouvrir l'"élite" aux enfants des CSP -. Et un homme s'il se conforme aux codes sera accepté alors que pour une femme, il faut changer ces codes et c'est bien plus difficile. J'ai travaillé en agence bancaire, et pour un directeur pour être accepté par vos pairs, par le réseau des autres directeurs, vous devez être un bon buveur de vin, un bon mangeur de viande rouge, avoir un bon stock de blagues sexistes en stock. (au demeurant les directeurs que je côtoyais étaient extrêmement sympathiques et se cachaient derrière moi si une cliente leur faisait du gringue). Un nouveau directeur est arrivé d'origine arabe. Je vous passe les commentaires en off de ces messieurs, mais à partir du moment où ce nouveau directeur a montré qu'il buvait de l'alcool et qu'il se conformait aux autres codes non-dits, il a été accepté aux déjeuners et a pu monter son réseau. Mais une femme ne pourra pas s'intégrer parce que cela obligerait la bande a changé les codes à base de propos sexistes, de reluckage de serveuses, d'entre-soi entre mâles.
Mon entreprise a fait une opération d'égalité salariale pour les directeurs entre femmes et hommes. Or pour être directeur, celles qui ont réussi sont sur-compétentes, sur-diplômées, en ont bouffé et bavé et donc malgré leurs très petits nombres, il y avait quand même certains directeurs masculins moins payés qu'elles (qui eux ne sont arrivés là que parce qu'ils étaient hommes et les plus vieux de leurs services et qu'on ne s'est absolument pas posé la question de savoir s'ils seraient des bons directeurs pour les promouvoir, ils n'avaient d'ailleurs même pas à en faire la demande vu qu'en tant qu'homme, la possibilité allait s'offrir à eux "naturellement"). Et donc la majorité de l'enveloppe destinée à l'égalité salariale a servi pour ces 1% de directeurs masculins pour les mettre au même niveau que les directrices qui elles n'ont quasiment pas vu leurs salaires augmentés.

19. Le 09/12/2012, 23:53 par lyly

erratum : dans la phrase (j'irais même jusqu'à dire que les sociétés patriarcales sont mêmes plus horribles pour les jeunes hommes que pour les femmes), je voulais dire sociétés polygames.

20. Le 10/12/2012, 06:47 par Elisa

Dans mon entreprise, l'enveloppe ega pro est également versée aux hommes et non aux femmes.
Cela est dû au fait que la comparaison des salaires est faussée on compare les rémunérations des femmes et des hommes occupant les mêmes postes ( ce qui est premier étage de la fusée, mais ce point devrait juste être contrôlé et ne pas servir de fondement aux comparaisons) : soit des hommes qui ont 20 à 30 ans de plus que les femmes et pas de diplomes à des femmes avec diplomes mais qui n'ont jamais eu la promo qu'elles auraient eu si elles avaient été des hommes.
Je sais que le journel ELLE n'est pas apprécié sur ce blog mais néanmoins j'ai trouvé quelques vérités dans un article sur l'égapro, il y est rappelé que les femmes occupent à 45 - 49 ans les postes qu'occupent les hommes de 25 - 30 ans.