Retraite des mères de famille : pourquoi nous devons nous mobiliser

J'avais fait 2 billets sur le sujet en juin, inquiète de constater que personne ne semblait s'y intéresser vraiment .

J'ai été largement rassurée à mon retour de vacances. Suite à quelques propos de Xavier Darcos (dont on se souvient de la considération qu'il a pour les taches liées au soin des enfants) il s'agit de l'un des débats phares de la rentrée et les syndicats semblent prêts à se mobiliser sur le sujet.

Pour un point clair sur la situation je vous conseille cet article du Figaro (et vous savez qu'il n'est pas dans mes habitudes de citer le Figaro).

La piste de réflexion habituellement présentée comme la plus sérieuse consiste à maintenir un avantage d'une année pour les femmes en partageant la seconde année aux choix entre le père et la mère. En fait il faudra attendre la présentation du PLFSS (Projet de loi de financement de la sécurité sociale) en fin de mois pour savoir quelle sera vraiment la proposition du gouvernement.

On sait que la HALDE et la Cour de cassation ont estimé qu'accorder 2 années de cotisations aux seules mères était discriminatoire, mais l'origine du problème remonte en réalité à la position prise en 2001 par la Cour Européenne de Justice qui dans un arrêt daté du 29 novembre 2001 a jugé que les bonifications de retraite (un an de cotisation gratuite par enfant) accordées aux femmes retraitées de la fonction publique devaient aussi bénéficier aux hommes ayant élevé des enfants. Saisi du cas d'un magistrat, père de trois enfants, le Conseil d'Etat avait demandé à la Cour de justice européenne de se prononcer sur l'inégalité de traitement entre hommes et femmes en matière de bonification des retraites. La Cour avait estimé que ces bonifications n'étant en rien liées au congé maternité, en vertu du principe de l'égalité des rémunérations entre les hommes et les femmes, posé par le Traité de Rome, puis par une directive, il n'y avait pas de raison que les pères fonctionnaires qui participent à l'éducation de leurs enfants n'aient pas les mêmes avantages que les mères.

Le gouvernement français avait bien essayé de faire valoir auprès de la Cour que la bonification venait compenser les désavantages subis par les mères dans le calcul de leur pension. Mais la Cour n'a pas jugé cet argument recevable.

Je ne vois donc pas de raison pour la Cour accepte 1 année pour les salariées du régime générale alors qu'elle l'a refusé pour les fonctionnaires. Il existe bien quelques différences subtiles, notamment le fait que la retraite fasse partie du traitement pour les fonctionnaires, ce qui n'est pas le cas pour les salariés mais cela ne change pas grand chose sur le fond.

Il y a donc de quoi me semble -t-il être pessimiste sur l'issue de ce débat.

Pourtant les enjeux ne sont pas minces.

Pour pouvoir partir en retraite à 60 ans un salarié né en 1949 doit aujourd'hui totaliser 161 trimestres. C'est à dire qu'il doit avoir commencé à travailler à 20 ans (162 trimestres pour ceux qui sont nés en 1952 ). Or on sait que les femmes, surtout celles de ces générations et particulièrement celles qui ont eu des enfants , ont des carrières moins complètes que les hommes, elles vont donc devoir travailler plus longtemps qu'eux ou se contenter d'une retraite moindre.

Par ailleurs, et là ce sont certainement davantage les cadres qui sont concernées, existe depuis peu un système de surcote. Ceux qui ont le nombre de trimestre requis à 60 ans et continuent de travailler bénéficie d'une surcote , pas très élevée puisqu'elle tourne entre 0,75% et 1,25% mais voila un avantage qui va encore profiter davantage aux hommes puisque leurs carrières sont plus complètes.

Le plus difficile à accepter dans cette histoire est la non reconnaissance de l'inégalité subie par les femmes. Il y a celles qui se sont vraiment arrêtées de travailler pendant une durée plus ou moins longue, mais il y a celles aussi qui, attentives à concilier vie familiale et vie professionnelle ont choisi (je ne parle pas ici de celles qui subissent) de travailler à temps partiel, il y a celles qui ont préféré conserver un poste leur permettant d'aller chercher les enfants à l'école plutôt qu'une augmentation, qui ont refusé les promotions nécessitant des déplacements, qui ont volontiers sacrifié leurs carrières pour que leur conjoint puissent réaliser la sienne, Le tout dans l'optique de préserver une présence et une vie familiale chaleureuse pour les enfants.

Je suppose que la HALDE, la Cour de justice ou la Cour Européenne n'y voient aucun inconvénient, ni aucune discrimination. Mais accorder à ces mères 8 trimestres de cotisations retraites pour compenser le fait qu'à la fin leurs salaires sont inférieurs à ceux des pères, qu'elles devront peut être travailler plus longtemps pour toucher une retraite à taux plein, alors là ATTENTION, c'est de la discrimination envers les hommes et ça c'est insupportable.

Certains estiment également que ce n'est pas au système de protection sociale de compenser les inégalités résultant de la politique salariale des entreprises. Mais notre système de Sécurité sociale, et tout particulièrement l'assurance retraite, est un système par répartition financé par des cotisations assises sur les salaires. C'est donc bien de l'argent qui est versé par les employeurs (part patronale ) et les salariés (part ouvrière) et on ne voit pas pourquoi cette redistribution qui vise à ce que les actifs payent pour les retraités ne s'équilibrerait pas également pour compenser des injustices flagrantes.

Nous les mères allons donc laisser des plumes dans cette affaire. J'espère que les associations féministes feront de ce thème l'une des revendications de la manifestation prévue le 17 octobre.

Je me demande si il ne serait pas utile également d'écrire dès à présent à nos élus : députés, sénateurs mais aussi députés Européens.

Pour finir, il est des mères qui risquent d'y perdre encore plus que les autres si le dispositif lie les trimestres supplémentaires au fait d'avoir accouché ; ce sont les mères adoptives. Moushette s'en émeut et elle a raison.

Commentaires

1. Le 06/09/2009, 14:03 par Virginie

çà craint pour nous les mères
on parle même de supprimer la demi-part fiscale pour les mères isolées !
C'est vrai que la vie est déjà si facile quand on élève seul un gamin ...
et en plus il faudra trimer encore plus longtemps .
soupirs

2. Le 06/09/2009, 14:34 par Stedransky

Je suis d'accord pour que la manif du 17 octobre sensibilisent son public au sujet, mais ce qui est inquiétant, c'est surtout la popularité de cette réforme chez les gens. Que faire alors ?

3. Le 06/09/2009, 14:45 par olympe

Stedransky, nous ne devons pas fréquenter les mêmes gens parceque je n'entends que des personnes , y compris les hommes, qui trouvent cette réforme injuste (sauf lorsque ce sont effectivement les hommes qui ont élevés les enfants, mais ce sont des cas faciles à prendre en compte)

Virginie je n'ai pas entendu parler de ça ?

4. Le 06/09/2009, 15:12 par Stedransky

Ah oui ? Tant mieux ! j'espère que ton monde est majoritaire par rapport au mien : mais peut-être que c'est par pure provocation à mon égard, comme féministe affichée. Je vais mettre en marche mon détecteur d'ironie.

5. Le 06/09/2009, 15:14 par MHF

Ce sujet est une priorité de la Cgt, BT en parle à chaque "interview" et fait de la pub pour la mobilisation du 17 octobre.
C'est une aide non négligeable...

6. Le 06/09/2009, 15:47 par spoir

Pourrait-on décider d'un indice qui mesure les disparités homme/femme au travail, et baser la rémunération des retraites en fonction de celui-ci?
En gros, tant qu'un pays affiche une différence de revenus/temps de travail important entre les hommes et les femmes, le système de retraites s'ajuste pour compenser. Le jour où les inégalités sont réduites, la différence au niveau du système de retraite disparait...

Ca permet d'expliquer que la différence de traitement au niveau des retraites provient d'une différence des traitements au niveau du travail... Le jour où tout le monde travaillera en moyenne pour le même salaire et pdt la même durée, la différenciation des retraites disparaîtra automatiquement...

7. Le 06/09/2009, 16:42 par olympe

MHF oui la CGT a été le premier syndicat à s'intéresser au sujet et est très active. Elle fait également des propositions originales qui méritent d'être examinées de près. j'y reviendrai peut être mais c'est très technique et je n'ai pas d'infos de première main (si tu as je suis preneuse)

Spoir, oui ce serait l'idéal mais pour les femmes qui partiront en retraite dans les prochaines années c'est trop tard

8. Le 06/09/2009, 17:23 par rififi

moi ce qui me frappe de manière plus générale c'est que jamais on ne parle des femmes sans y accoler le mot enfant(s) à côté. A croire qu'une femme sans enfant ça n'existe pas.

9. Le 06/09/2009, 17:45 par olympe

Rififi, c'est simple cet avantage est lié au nombre d'enfants parcequ'il est censé compenser une charge que n'ont pas celles qui n'ont pas d'enfants.

10. Le 06/09/2009, 17:57 par Virginie

Olympe,
http://www.lefigaro.fr/impots/2008/...

11. Le 06/09/2009, 19:58 par rififi

oui c'est vrai, je n'aurais pas du faire cette remarque sous cet article, la réflexion n'y est pas liée mais d'ordre générale.

12. Le 06/09/2009, 21:01 par olympe

Dider, jusqu'à présent cet avantage est inscrit dans le code de la sécu. il n'avait jamais été question de faire des économies sur ce point jusqu'à ce que des hommes intentent des recours. si il est désormais partagé ce sera de toute façon plus cher puisque les retraites des hommes sont plus élevées que celles des femmes.

si vous voulez discuter du financement des régimes de retraites ce n'est pas sur ce thème ni sur ce blog qu'il faut le faire.

13. Le 06/09/2009, 21:36 par emanu124

Ah oui mais NON..
Faut pas déconner..
Je veux pas me laisser sucrer ma retraite comme ça..
Surtout que les femmes sacrifient souvent leur carrière, encore aujourd'hui, pour élever les gosses.
Revenir sur un avantage acquis, de tout manière, je suis contre en général..

14. Le 06/09/2009, 23:19 par Moto enduro

Comme certains l'ont fait remarqué, où va-t-on trouver l'argent pour de telles mesures ?

rififi> les femmes se sont battues pour avoir la parité au boulot, à la maison, avoir les mêmes salaires, et voila qu'on les renvoie à leur rôle de femme au foyer comme il y a 50 ans :D

15. Le 07/09/2009, 09:00 par Horaire priere

Proposer des réformes comme cela, c'est bien, mais qui passe à la caisse au final ?
Sofia

16. Le 07/09/2009, 10:15 par Virginie

l'argent de la retraite ....

en tant que mère célibataire, je ne peux pas , enfin, je refuse de faire des heures sup, de partir en missions, de suivre des cours le soir, etc. Si je ne suis pas àla maison, personne ne s'occupera de mon fils .

mon salaire reste minable, la promotion professionnelle est de l'ordre du phantasme .

ma retraite ne coutera pas bien lourd à la collectivité. ne vous inquiétez pas les hommes :)

17. Le 07/09/2009, 10:37 par mamzelle carneto

Bonjour Olympe,
je pense que tu devrais parler de la pub de 1945 de M6 (en ce moment dans le métro). on y voit l'évolution de l'homme et à la fin il y a une femme. Ca c'est une avancée en terme d'image, non ?
il faut parler aussi des bonne snouvelles.
pour els retraites, argh, c'est flippant. à part aller à la manif, on peut faire quelque chose ? (oui, sûrement. mais quoi ?)

18. Le 07/09/2009, 12:22 par Misala

J'ai l'impression que le combat pour les trimestres supplémentaires n'est pas le vrai combat. Je précise que je ne me sens pas vraiment concernée: je suis - encore -jeune, je n'ai pas d'enfant et en plus je ne cotise pas en France...
Mais je ne vois pas pourquoi il faudrait réserver cet avantage aux femmes. On ne peut pas trouver des critères objectifs pour ce la personne qui décide de limiter sa carrière professionnelle pour ses enfants bénéficie de trimestre supplémentaires?
J'ai l'impression qu'en se focalisant sur le problème des mères de famille, on exclut les - rares - hommes qui ont fait ce choix. Dans mon couple, si l'un de nous deux limmite sa carrière pour des enfants, ce ne sera pas moi. J'imagine que c'est plus courant dans ma génération que parmi les femmes qui voient la retraite s'approcher. Ne pourrait-on pas trouver un système gagnant-gagnant: on réforme le système actuel en élargissant les avantages des mères de famille à toute personne qui s'est occupé de ses enfants.
La décision de justice européene ne demande pas de renoncer à un avantage acquis mais de mettre tout le monde sur un pied d'égalité.
Le vrai problème, c'est pourquoi c'est très majoritairement la femme qui s'arrête? Parce qu'elles le veulent? Ou parce qu'elles gagnent souvent moins que son compagnon avant même d'avoir eu le premier enfant? C'est malheureusement les raisons financières qui l'emportent. Et c'est là que l'effet boule de neige s'installe.

19. Le 07/09/2009, 12:24 par frieda l'écuyère

Pour moi, une fois de plus, tout se tient. Tant qu'on n'aura pas l'égalité dans la sphère privée, on ne l'aura pas dans la sphère professionnelle.
Et comme la sphère privée est privée, le régime de retraite va prôner "l'égalité" pour tous et s'en laver les mains, des mères et de leur sens de l'abnégation qui les conduit à "concilier", elles et elles seules.
On en arrive à la triple peine : assumer davantage les enfants, en payer le prix sur sa situation professionnelle et le payer aussi sur sa retraite.
Je ne ferai pas de commentaire sur la couleur du gouvernement en place et ce qu'on est en droit d'en attendre sur les droits des femmes. Mais je le pense très fort.

20. Le 07/09/2009, 12:31 par frieda l'écuyère

@Misala : si les femmes gagnent déjà moins que leur compagnon au moment où arrive le premier enfant, c'est bien la preuve que le malaise s'installe très tôt côté salaires, la plupart des unions se faisant entre deux personnes de niveau socio-professionnel équivalent. Et ce malaise ne fait que croître et embellir par la suite.
Les femmes le veulent ? Oui, parce qu'elles pensent au bien être de leur famille, qu'elles ont été éduquées dans l'idée que l'abnégation est une vertu féminine, parce qu'on leur bourre le crâne avec des histoires de "soyez une bonne mère", que la pression sociale est forte, y compris sur le père qui s'arrête...

21. Le 07/09/2009, 15:04 par Misala

@frieda l'écuyère
Je comprends mais je pense que le problème vient de l'égalité salariale. Et ce n'est pas en s'arqueboutant sur des acquis, justes mais mal fondés, qu'on changera la situation sur le fonds. Il faut repenser la base de cet acquis, ce qui le renforcera. Les trimestres en plus doivent dépendre de l'investissement pour l'enfant, ce qui profitera de manière général aux femmes.
Dans mon cas, je ne ressens pas l'envie de m'arrêter pour élever des enfants, mon compagnon si. Cela me paraitrait normal qu'il bénéficie de trimestres supplémentaires.

22. Le 07/09/2009, 19:33 par bernard____91

Bonjour,

je ne cherche pas à enclencher une polémique, mais je suis veuf, et quand je vois
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çà craint pour nous les mères
on parle même de supprimer la demi-part fiscale pour les mères isolées !
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c'est idem pour les pères.

En ce qui concerne les trimestres, j'y ai droit aussi, mais comme j'ai toujours travaillé, ca ne compte pas, on n'a pas le droit à plus de 4 trimestres par an.

Alors, battez vous pour ce plus de quatre trimestres par an, parce que s'occuper des gosses en plus du taf, c'est un métier.

bises à toutes

23. Le 07/09/2009, 19:48 par bernard____91

Après avoir relu les commentaires, je précise une chose : quand je dis j'ai droit à .... c'est que un jour j'ai reçu un papier d'un organisme me disant que j'aurais du rab pour mes cotisations, ce n'est pas une revendication de ma part. Je suppose que je ne suis pas le seul mâle à avoir reçu ce papier.

24. Le 08/09/2009, 14:45 par pupuce

la voix des fourneaux que je suis tient à pousser une beuglante sur ce coup là:
quand bien même un homme s'occuperait de ses enfants pendant trois ans (avant l'école), je ne vois pas en quoi ça pourrait dispenser sa femme de ses avantages retraite didiou!!!
c'est encore elle, que je sache, qui se sera tapé la grossesse , la naissance (une partie de plaisir), l'allaitement, les suites de couches...un tas de choses sympas qui te font t'absenter du boulot et revenir dans un état assez lamentable pour qu'on s'abstienne de te proposer une évolution cette année, hein, le temps que tu te requinques, "chaque chose en son temps madame" (et si la promo c'était cette année et que y'en a plus pour les dix suivantes, tant pis pour toi). Quelquefois même on te vire quand tu reviens.
Ils veulent des trimestres? ok, mais en plus, pas à la place.
qu'on leur en donne, sans nous enlever les nôtres. crotte.

25. Le 09/09/2009, 08:14 par olympe

Emelire, je ne pense pas, les motifs sont religieux . c'est comme le fait que les femmes n'aient pas le droit d'être curés alors que cette discrimination est interdite pour tous les autres boulots. mais il semble que les lois religieuses soient au dessus des autres et que ce ne soit pas le droit du travail qui s'applique .

J'ai fait plusieurs billets sur l'église catholique mais tu as raison on pourrait faire un buzz là dessus en interpellant l'Europe

26. Le 13/09/2009, 12:43 par SOS les MAMANS

COMMUNIQUE:

RETRAITE: Quand le lobby des pères séparés rafle la bonification maternité !

Nous, mères et citoyennes, sommes révoltées par la remise en question et le partage des bonifications en lien avec la maternité et l'éducation des enfants, principalement (encore) prise en charge par les mères. Une proposition inacceptable et indécente au vu des inégalités flagrantes et pérennes qui marquent le parcours professionnel et sociétal de toutes les mères en France.

TOUT LE SYSTEME DES BONIFICATIONS DES MERES EST REVU suite à la demande d'un petit nombre (non significatif) de pères séparés, revendiquant le statut de "victime de discrimination", et le partage de ces bonifications au nom de "l'égalité homme/ femme", auprès de la HALDE. Pour que les membres de la Haute Autorité puissent voir dans ces trimestres supplémentaires accordés aux mères un privilège indu, il faut que certaines données, pourtant dans le domaine public, aient échappé à leur sagacité.*

Egalité homme/femme, père/mère… Quelle égalité ????

A ce jour, les femmes qui perçoivent une retraite touchent 60% du montant moyen de la retraite des hommes. 56% des femmes qui soldent leur retraite ont une carrière incomplète en raison de trimestres manquants, 10% des femmes de plus de 65 ans n’ont aucune retraite personnelle et parmi les retraités qui touchent moins de 500 euros par mois, 83% sont des femmes. Le salaire moyen des femmes reste encore aujourd’hui inférieur de 20% à celui des hommes et 80 % de ce que l’on appelle désormais communément les « travailleurs pauvres », sont des travailleuses qui gèrent des temps partiel contraint.

Un système qui est fonctionne grâce aux femmes
85% des femmes de 25 à 49 ans travaillent professionnellement …et donc cotisent directement au système de retraite.

L’égalité hommes-femmes ne gomme pas la différence pères-mères.

Même si certains peuvent le regretter, ce sont - encore en 2009 - essentiellement les mères qui prennent du temps pour s’occuper de leurs enfants:
- ce sont les mères qui sont enceintes et qui accouchent dans 100% des cas (contre 0% pour les pères)
- ce sont les mères qui prennent un congé parental dans 98% des cas (contre 2% pour les pères)
- ce sont essentiellement les mères qui font le choix d’arrêter de travailler quand les circonstances familiales l’imposent (famille nombreuse, enfant malade ou en difficulté, mutation du conjoint, etc.)
- ce sont les mères qui réduisent leur temps de travail quand le nombre d’enfants s’accroît :
- et 30% des femmes (contre 5% des hommes) travaillent à temps partiel.
Même quand elles continuent à travailler professionnellement, nombre de mères mettent entre parenthèses leur carrière pour être plus disponibles pour leurs enfants.

Quid de la proposition de la Délégation Aux Droits Des Femmes Et A L'égalité Des Chances Entre Les Hommes Et les Femmes, demandant qu'en cas de divorce, une compensation financière pour le conjoint qui a interrompu son activité professionnelle pour élever ses enfants (et qui se trouve pénalisée dans sa carrière et vis-à-vis de sa retraite) soit attribuée lors du jugement du divorce au nom de la solidarité au sein du couple???

Le lobby des pères séparés tourne à plein régime

Les associations de défense des droits des pères séparés sont montées au créneau pour leurs « droits » (on les entend moins sur leurs « devoirs » !)
Après la loi sur la coparentalité de 2002 (et le partage « équitable d’enfant ») auto-proclamée "Loi sos papa - Ségolène Royal". Après le Décret instituant le partage des allocations familiales pour les pères divorcés dans le cadre des gardes alternées (qui peuvent être imposées par un magistrat à la demande d’UN seul parent), voici le partage des bonifications en lien avec la maternité dans le cadre de la retraite !

« Depuis octobre 2005, la Haute Autorité a été saisie de nombreuses réclamations de pères de famille ayant élevé seuls leurs enfants et relevant le caractère discriminatoire de l’article L351-4 du code de la sécurité sociale en ce qu’il ne réserve qu’aux mères le bénéfice de majorations de durée d’assurance dans le calcul des pensions de retraite. »
(Délibération du 27 octobre 2008 de la HALDE)

« Nous sommes d’autant plus vigilants qu’il semble bien, à travers les courriers très similaires qui nous parviennent, que des associations se sont déjà emparées de cette question et s’emploient à faire valoir les droits des pères. » Danièle Karniewicz, présidente de la CNAV.

« Il est à craindre que les premières pistes évoquées soient une nouvelle fois contraires à la jurisprudence européenne et que la possibilité offerte aux pères de bénéficier de la moitié de l'avantage ne conduise encore plus à de nombreux conflits notamment dans le cadre des couples divorcés".
Député Philippe Viguier, député du Nouveau Centre

Sur son site la plus « célèbre » des associations défendant les droits des pères séparés se pose comme "l'interlocuteur privilégié de l'état et des décideurs pour tout ce qui concerne la famille » précise qu’ils travaillent en lien direct « avec les Ministères, les Députés, les Sénateurs, les médias, les élus locaux, les travailleurs sociaux » et, c’est « nouveau » ca vient de sortir : l'association de pères représente dorénavant «une vraie force féministe en lutte contre certaines force anti-féministes, réactionnaires, misandres.».

Pour illustrer ce « nouveau » postulat, cette association de pères a porté plainte auprès de la HALDE (une fois de plus) contre Madame Valérie Létard (et précédemment Mme Catherine Vautrin) pour « la campagne scandaleuse » de lutte contre les violences faites aux femmes. Une campagne qui « met en accusation les hommes et place en victimes les femmes » et qui « n'a pas de fondement. » Sans commentaire !

Nous attendons que la Cour Européenne impose des cellules psychologiques pour hommes giflés, et condamne à l’avenir toute réactions « déplacées » des femmes battues contre leur agresseur.

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Un aveuglement… idéologique ? Mona Chollet pour Le Monde Diplomatique*

« Pour que les membres de la Haute Autorité puissent voir dans ces trimestres supplémentaires accordés aux mères un privilège indu, il faut que certaines données, pourtant dans le domaine public, aient échappé à leur sagacité. «Le fait d’avoir un enfant dans les sept premières années de vie active pèse essentiellement sur la situation professionnelle des jeunes femmes, note ainsi l’Observatoire des inégalités. Alors que les hommes en couple restent dans tous les cas pour plus de 90% à temps plein, les femmes ne sont plus que 68% à travailler à temps complet avec un enfant et seulement 39% avec plusieurs enfants. Parmi les femmes qui ne travaillent pas à temps complet, une partie est au chômage et une autre occupe un temps partiel.»
Rappelons que les femmes, en France, occupent 80% des emplois à temps partiels, le plus souvent faute de mieux. Et même si elles travaillent à temps plein, c’est avec un salaire moindre qu’aucune différence de qualification ou d’ancienneté ne justifie. […]
La charge mentale et matérielle de la famille continue de peser essentiellement sur les mères. […] Entre 1986 et 1999, la part des tâches domestiques effectuées par les hommes n’a connu qu’une très légère augmentation : les femmes en assument toujours les deux tiers — et même 80% pour le «noyau dur» des tâches ménagères. […] Après la séparation du couple, ce sont le plus souvent elles qui, on l’a vu, doivent faire face à l’entretien de la famille, alors que par ailleurs la maternité les a placées en position de faiblesse sur le marché du travail. En 1998, selon l’INSEE, un tiers seulement des pensions alimentaires étaient régulièrement et entièrement versées. On ne s’étonnera pas de découvrir que la précarité et la pauvreté laborieuse ont un visage massivement féminin.
«Le cumul des handicaps féminins, fait remarquer Michèle Ferrand, paraît frappé d’une sorte d’invisibilité sociale.» Il est toutefois un peu gênant que cet aveuglement devant les inégalités touche aussi l’institution officiellement chargée d’y remédier. »
Mona Chollet pour Le Monde Diplomatique
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Ne touchez pas aux droits des mères

(PETITION Retraite : Ne touchez pas aux droits des mères
http://4973.lapetition.be/ )

27. Le 23/09/2009, 07:59 par républicain

Ne serait-il pas plus judicieux d'accorder aux bénéficiaires de MDA un montant forfaitaire pour la retraite comme c'est le cas des prestations familiales. Dans ce cas, la devise républicaine serait respectée En effet, suivant les droits acquis, cette M.D.A octroie un montant dont les écarts peuvent être très importants.

Il serait normal de considérer des différents cas ci-dessous:

Exemple d'une mère de famille de 3 enfants s'étant arrêtée pour élever ses enfants et ayant perçu le complément familial aura vu son compte retraite alimenté par des cotisations C.A.F. Reprenant son travail à temps plein pendant 25 ans, sa retraite sera optimale. Dans le cas, la mère de famille aura bénéficié pour ses enfants d’années de cotisations porté à son compte retraite et de 6 années MDA.

Autre exemple d'une mère de famille de 3 enfants qui n'ayant pu s’arrêter de travailler compte tenu de ses ressources et de son employeur, a pu travailler à temps partiel pour concilier à la fois sa vie de famille et son travail Bien qu'ayant travaillé de 17 à 60 ans soit 43 ans, pour calculer sa retraite, on ne retiendra que les 40 années sur un temps partiel . Ainsi, les 6 années MDA et les 3 années au-delà des 40 ans ne seront pas prises en compte alors que dans le cas précédent, la mère de famille aura bénéficié pour ses enfants d’années de cotisations porté à son compte retraite et 6 années MDA.

le slogan "Travailler plus pour gagner plus" est-il bien respecter en la circonstance ?

28. Le 22/12/2009, 13:31 par vitre teintée

Bonjour,

je suis du même avis que Sofia, d'autant plus que beaucoup de personnes sont dans le besoin et c'est pas facile pour les politiques.