Comme je le prévoyais dans mon précédent billet sur le sujet le gouvernement propose des amendements en faveur des parents. Le chef de l'Etat en personne est intervenu pour le lui demander. Les parents d'au moins 3 enfants qui se sont arrétés au moins 1 an dans les 3 ans suivant la naissance de leur enfant pourraient bénéficier d'une retraite sans décote à l'age de 65 ans pendant une période transitoire de 5 ans. Cela ne concerne donc que les personnes nées avant 1956.

Cela répond en partie à l'une des demandes de la Halde .

Notons :

1/ qu'il est question de "parents" car une telle mesure qui ne concernerait que les mères serait à l'évidence discriminante et indéfendable devant n'importe quelle instance juridique. Mais dans la mesure où ce sont massivement les femmes qui s’arrêtent de travailler lorsque les enfants sont petits tout le monde comprend bien qu'il s'agit là d'une réponse à la demande unanime et générale en faveur des femmes.

2/ que cette mesure est transitoire, et ne concernera donc que les générations appelées à prendre leur retraite dans les 5 années à venir.

3/ qu'elle ne concerne pas toutes les femmes mais les mères et seulement les mères qui se sont arrétées de travailler, 

Or la loi prévoit déja un dispositif en leur faveur puisque d'une part les trimestres de congés maternité sont bien décomptés comme des périodes d'activité, ainsi que celles de congé parental ( celui-ci a été crée en 1977, il est vrai donc que ceux qui ont aujourd'hui plus de 60 ans n'en ont peut être pas bénéficié).

Mais surtout, chaque enfant octroie jusqu'à 8 trimestres supplémentaires. L'équivalent de 2 ans de carrière, ce n'est pas négligeable. Cette compensation a bien failli disparaitre l'année dernière suite à une décision de la Cour de Cassation. Il a fallu la mobilisation des associations féministes et de certains syndicats pour qu'elle soit maintenue avec la possibilité désormais d'en partager la moitié avec le père.

Les meilleurs experts de la question avaient été mobilisés pour imaginer un dispositif capable de résister à un recours devant la Cour de cassation ou la Cour Européenne de Justice.

Réclamer de nouvelles mesures en faveur des mères, et en obtenir une miette, a surtout pour effet de créer des inégalités supplémentaires entre les femmes elles-mêmes et risque de mettre en péril les dispositifs antérieurs .

Cela s'appelle lâcher la proie pour l'ombre.