Le directeur de Sciences Po Paris sera un homme
Par Olympe le lundi 2 juillet 2012, 19:58 - Lien permanent
Le directeur de Sciences Po Paris,
Richard Descoing, étant brutalement décédé en avril son successeur doit être
désigné à la rentrée.
D'après ce qu'en sait la presse 24 candidats se seraient manifestés, parmi lesquels 6 femmes. Soit 1/4. Ce n'est pas beaucoup, mais aucune n'a eu la chance d'être retenue parmi les 4 encore en lice.
Ce n'est pas une surprise.
La direction des grandes écoles est très masculine : tous les directeurs des instituts d'études politiques sont actuellement des hommes et on ne trouve qu'une femme au conseil d'administration de la conférence des grandes écoles.
C'est que l'enseignement a, jusqu'à la fin du 19eme siècle, était réservé aux garçons. En conséquence seuls des hommes pouvaient enseigner les femmes n'étant pas instruites. Et si depuis les femmes ont investi l'enseignement supérieur c'est un secteur où l'écart reste important lorsqu'on arrive au niveau de Professeur(e) des Universités.
Par ailleurs le poste de directeur de Sciences Po Paris jouit d'un prestige tout particulier. On attend de son titulaire notamment d'avoir une vision de l'avenir et de savoir décliner une stratégie. On attend également de lui de savoir développer et cultiver des réseaux importants, à tous les niveaux de l'Etat, avec les entreprises, à l'international etc..
Toutes qualités qui sont plus facilement attribuées à un homme.
Et si Sciences Po s'est engagé dans la promotion de l'égalité des chances et des diversités, si l'école a mis en place un programme sur les gendre studies, on peut observer que les hommes restent majoritaires dans le corps enseignants ou parmi les chercheurs (exemples ICI, ICI, ICI)








Commentaires
Il est agréable de paraître généreux en accueillant des éléves qui en principe ne font pas partie du plublic naturel de l'école ( ce ne sont pas les plus mauvais quand même) mais en faisant cela, l'école et ses dirigeants ne prennent pas de risque et reste complétement positionnés comme faisant partie de l'élite. Comme ce sont les premiers à en avoir fait une telle pub ( d'autres l'ont fait sans l'utiliser comme un outil de communication) ils se positionnent comme innovants mais il y a une telle condescendance ancien régime! Et quand il s'agit de faire quelque chose de vraiment innovant : nommer une femme à la tête de l'école le risque n'est pas pris.
A la tête des grandes écoles d'ingénieur, il y a heureusement de plus en plus de femmes, comme à l'ESTP par exemple.
Rien à voir avec le fond de l'article, mais il y a une scorie dans le texte:
"C'est que l'enseignement a, [...], était réservé" => "a,--, été" ou "était réservé".