Selon que les ministres sont hommes ou femmes....
Par Olympe le vendredi 25 septembre 2009, 07:33 - Lien permanent
Elle a également exprimé son point de vue sur les propositions du rapport Grésy visant à recourir à des sanctions financières pour que les entreprises qui ne se préoccuperaient pas suffisamment de réduire les écarts de rémunération hommes femmes.
Nadine Morano y est favorable .
"On ne peut plus se contenter de bonnes intentions, il faut désormais avoir recours à des mesures contraignantes.Quel député ou quel chef d'entreprise accepterait, à travail égal, d'être moins bien payé que ses collègues ?"
Elle a également plaidé pour l'instauration de quotas de femmes dans les conseils d'administration des entreprises du secteur public et du CAC 40. Estimant que "Sans mesures coercitives, on n'y arrivera pas" (source Le Monde).
Xavier Darcos qui est lui Ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville s'est déja exprimé sur ces mêmes sujets il y a quelques jours.
Concernant les inégalités salariales, son point de vue semble proche de celui de Mme Morano mais moins catégorique.
"En matière d'égalité salariale, comme dans les autres dossiers, le ministre du travail ne doit pas être un imprécateur : il faut parfois mettre le monde de l'entreprise sous contrainte. Ce fut d'ailleurs le cas pour l'emploi des seniors, où le gouvernement leur a imposé des obligations. Les recommandations de Mme Grésy vont être étudiées et feront ensuite l'objet de propositions du gouvernement."
Quand aux quotas voici ce qu'il en dit :
"Les chefs d'entreprise que j'ai rencontrés sont d'accord sur cet objectif de 40 % de femmes dans six ans. Je pense donc qu'il s'accomplira de lui-même, sans que nous soyons obligés d'imposer une contrainte dans la loi. Si nous voyons que dans trois-quatre ans, rien n'a bougé, il faudra en revanche recourir à la loi." (Source Le Monde)
Je pense comme Mme Morano que sans mesures coercitives on n'y arrivera pas, inutile de croire que cela se fera tout seul. Presque 10 ans après la loi sur la parité au parlement nous n'avons encore que 18% de femmes députées et 22% de sénatrices, et Mme Kréder rappelle sur Eco89 qu' en matière de droits des femmes, aucune évolution ne s'est jamais accomplie d'elle-même.
Mme Morano a très certainement une meilleure connaissance de ces sujets que Mr Darcos, et, en tant que femme, une meilleure perception des réalités. Mais les hommes seront majoritaires pour décider tant au gouvernement qu'au parlement.



Commentaires
Le premier imbécile ou député venu te répondra que les mesures coercitives existent déjà pour les élus. Où ça ne marche pas. Le discours de Morano semble bien comme ça, en apparence, mais n'est pas plus réaliste dans une économie de marché que toutes les promesses de Sarkozy, y compris celles qui ont donné lieu à des rapports (sur les bonus bancaires européens, j'en ai par exemple…).
Je ne sais pas par quel bout prendre le problème, je ne prétends pas savoir… Mais c'est un très bel exemple de double langage qui m'avait échappé dans les récentes interventions de Morano.
la presse parle "bcp" de la femme en entreprise en ce moment. ce matin encore j'ai lu un article sur le jdd où il est surtout question de la prudence des femmes dans la prise de risque et de décision. Plus réfléchie que les hommes les femmes? Bref, les qqs articles glanés ces derniers temps prédisent une place de plus en plus prépondérante des femmes dans l'entreprise. La crise jouerait un rôle selon les médias qui rapportent que les hommes seront plus touchés par le chômage.
J'ai parfois l'impression de lire tout et son contraire...
Quant à morano, je veux bien la croire de bonne foi et sincère dans ses déclarations citées ici (j'avais lu l'article) mais on peut s'interroger sur les actions futures de son gouvernant si prompt et si peu scrupuleux à s'attaquer aux retraites des mères, au planning familial (même s'il a reculé pour l'instant), et j'en oublie. A suivre mais sans illusion.
Oui mais il faut comprendre qu'il y a aussi moins de femmes candidates à ces postes, donc plus d'hommes au bout du compte du fait d'un filtre naturel.
Pourquoi ?
J'ai bossé dans un cabinet de conseil il fut un temps.
Au début, une parité exemplaire, des salaires identiques variant non en fonction du sexe mais de la formation et du diplôme.
Puis au bout de quatre ans, les femmes tombent enceintes, et ne peuvent plus bosser jusqu'à 20H, et revenir parfois le WE.
Beaucoup partent se salarier en entreprises, avec des horaires plus souples, toujours des responsabilités mais moins de challenge.
Au niveau managers, il n'y a plus qu'un tiers de femmes.
Certaines pourtant très brillantes sur le terrain ou en management d'équipes se voient contraintes de demander des mutations dans les services internes, connus pour être le QG des managers en âge de procréer. Moins intéressant, mais plus cool.
Puis au niveau associés, en haut de l'échelle, 90% d'hommes.
Les femmes sont dans les équipes foireuses en interne, ou se sont barrées.
Elles ne pouvaient plus concilier vie professionnelle et vie de famille.
Même si on imposait la parité, il n'y aurait plus assez de volontaires.
Le vrai défi est d'accepter que la femme ait aussi une vie de famille, tolérer qu'elle aménage son temps de travail pour voir aussi ses enfants, sans perdre des compétences en la poussant dehors.
Au Danemark, ca ne rigole plus avec l'égalité salariale. Une décision judiciaire qui devrait faire jurisprudence dans ce pays à condamner une entreprise à verser des ariérés de salaires à une femme discriminée par rapport aux hommes alors qu'elle accomplissait le même travail. 1000 € de différence!! A lire ici: http://www.presseurop.eu/fr/todays_...
Aude tu ne peux pas savoir à quel point ce discours m'agace. c'est l'excuse qu'on nous sort à tous les coups. en réalité il y a de plus en plus de femmes cadres qui s'impliquent fortement dans leur carrière, qui s'arrangent avec leur conjoint pour les enfants et qui malgré cela ne se retrouvent pas en fin de carrière dans les plus hauts postes. Il y a d'autres phénomènes qui jouent , c'est trop facile d'invoquer tout le temps la maternité.
Fabien et Romane, je suis tout à fait discours les discours sont une chose les actes une autre
Romane, si la Halde fonctionnait c'est à cela qu'on devrait arriver mais d'une part les femmes ne la saississent pas et d'autre part on n'a pas l'impression que la situation des femmes soit une priorité pour elle.
"Le vrai défi est d'accepter que la femme ait aussi une vie de famille, tolérer qu'elle aménage son temps de travail pour voir aussi ses enfants, sans perdre des compétences en la poussant dehors."
Le vrai défi est d’accepter que la femme ne soit plus considérée comme une mauvaise mère si elle passe le même temps qu’un homme à s’occuper de ses enfants.
"Le vrai défi est d'accepter que la femme ait aussi une vie de famille, tolérer qu'elle aménage son temps de travail pour voir aussi ses enfants, sans perdre des compétences en la poussant dehors." (Aude Nectar, 3):
Le vrai défi serait d'accepter que LES HOMMES aient une vie de famille, tolérer qu'ils aménagent leur temps de travail pour voir aussi leurs enfants (etc...). Mais bien sûr, cela signifie qu'il faudrait considérer les salariés, hommes et femmes, comme des êtres humains qui ont AUSSI une vie personnelle.
Bizarre, cette vie personnelle, on la leur reconnaît subitement quand ils se suicident: c'est, bien sûr, à cause de leurs "problèmes personnels" et en aucune façon parce qu'on les a pris pour des citrons au boulot.
Quant aux femmes, c'est quand même bien pratique d'avoir "une variable d'ajustement", ce qui explique le peu d'empressement que mettent tous les décideurs à faire VRAIMENT quelque chose pour changer ça. Ils le font, certes, à dose infinitésimale, en traînant les pieds, et dès qu'on les regarde plus, les voilà qui font de sournois pas en arrière.
Que ces "décideurs" soient des hommes ou des femmes ne change que très peu la donne. On peut se demander pourquoi?
@ zigazou, 6:
Faut-il vraiment que ce soient les enfants qui trinquent dans cette affaire? J'ai la faiblesse de penser que eux aussi sont des êtres humains! et des êtres humains en développement, ce qui leur donne des droits supplémentaires me semble-t-il.
@cultive ton jardin, 8:
Ma remarque soulignait un point : une mère est moins bien considérée si elle passe moins de temps avec ses enfants. Ce qui représente une pression sociale non négligeable sur sa carrière.
Ensuite, ta question me laisse perplexe : les enfants fréquentant les crèches trinquent-ils plus que les enfants ne les fréquentant pas pour cause de maman au foyer ? J’aurais tendance à dire que non et pourtant ils passent moins de temps avec leurs parents.
Oui reconnaître et accepter pour les deux sexes qu'il y ait une sphère privée et un besoin d'épanouissement ailleurs, qui fera qu'un salarié bossera mieux ensuite car mieux dans sa peau !
Olympe, j'ai constaté que la maternité poussait les femmes dehors ou à des postes moins intéressants en interne, et je le déplore, maintenant je ne nie pas qu'il y a aussi d'autres facteurs, et qu'il subsiste parfois une mentalité tout simplement sexiste, des restes de notre Histoire, qui ont pour conséquence moins de femmes aux postes clés.
Et c'est évident que les hommes aussi peuvent s'occuper des enfants et alterner les horaires hard avec leur femme, heureusement ça commence à se voir dans certaines familles. Mais il y a encore beaucoup trop de femmes au foyer pas super épanouies et qui n'ont pas le choix et considèrent normal que leur mari bosse, et de ne même pas en avoir discuté, parce que c'est leur rôle de mère et c'est tout.
L'égalité des salaires était bien prévue au programme d'un certain Nicolas Sarkozy ( le "président"-pauvre type ... ) ... il en parlait avec des trémolos dans la voix ... genre on va punir les méchants patrons qui n'appliquent pas cette égalité blablabla blablabla ... on est toujours au même point : point on en parle, on agite le carnet de punitions mais rien ne se fait ...
"le Monde" page 17 - titre " Pour être plus performant, embauchez des femmes !"
Tableau à l'appui, l'article souligne la différence positive des entreprises - ayant plus de 35 % de femmes - dans leurs performances par rapport à celles qui ont moins de 35 %.
Ouf ! enfin une bonne nouvelle !
le grizzly
@ zigazou, 9:
Enorme malentendu, je ne parlais EVIDEMMENT pas de prôner la femme au foyer, dont un des meilleurs propagandistes fut Landru. Je parlais de ces mecs qui ne "peuvent" pas s'occuper de leurs enfants parce qu'il serait très mal vu qu'ils quittent une réunion à 17 heures 30 en prétendant qu'ils doivent arriver à la crèche, justement, avant sa fermeture compte tenu d'un trajet d'une heure dans les embouteillages. Et qui finissent par rentrer quand les gosses sont couchés. Si la nana fait pareil, joyeuse vie aux mômes!
J'ai vu ce genre de gamins qui hurlent de rage en voyant arriver, au lieu du parent espéré, une ennième baby sitter, parfois compétente, parfois pas. Ceci à 18h 30 bien sonnées, alors que les autres enfants sont partis depuis longtemps, et que les deux professionnelles (obligatoire d'être deux) cachent plus ou moins bien leur impatience, elles aussi ont des enfants à aller chercher, et l'assistante maternelle va leur faire la gueule, parce qu'elle aussi a des enfants et qu'il faut s'occuper de leurs devoirs et de leur faire à bouffer.
Mais je suis bien d'accord avec Olympe, même si le soin des enfants ne favorise pas les femmes qui veulent faire carrière, ça sert plus de prétexte pour les discriminer au moment de leur refuser une promotion. Y compris si elles sont sans enfants et ménopausées.
@cultive ton jardin,
je connais UN contre exemple autour de moi. je sais, c'est très mince… mais sympa :
un couple qui avait plus de 40 ans (chacun) l'été 2003 lorsqu'est né le premier enfant (ils en ont trois présentement). tous deux sont cadres, elle dans le privé, lui presque (une filiale d'ADP). lui part chaque matin très tôt en bagnole direction Roissy. elle s'occupe des mômes puis file bosser proche banlieue ouest. il se débrouille quoiqu'il en soit pour être à Ménilmontant, voiture garée, avant 18h (même avant 17h30), récupère les enfants et s'en occupe (bien par ailleurs). les rares fois où je le vois, depuis cet été de canicule, c'est lorsqu'elle ne travaille pas, et on se croise à des réunions de quartier comme autrefois, ou au supermarché, parce que trois mômes ça occupe !
sinon, quand ma gamine est née, à Noël 1987, je m'en suis occupé jusqu'au départ de sa mère. nous partagions la garde, et je m'engageais à rentrer au plus tard à 4h du matin, car la mère de ma fille partait bosser (mi-temps) vers 4h30/5h et je ne savais jamais quand elle rentrait. pas du genre à prévenir si elle sortait avec des copines ou partait voir sa mère. donc je me débrouillais pour pouponner en travaillant, et assurer mes rendez-vous extérieurs. un jour par semaine, j'avais une réunion de rédaction : ma demi-journée de «vacances», grâce à trois femmes, une jeune grand-mère et deux femmes en mal d'enfant. un bonheur !
@Olympe (et Romane),
on connaît les réponses de la Halde. est-on certain que les femmes ne la saisit pas ? et si tel est le cas, c'est peut-être que "la femme" ne se sent pas concernée par cet organisme, au même titre que "le noir" ou autre ? auquel cas, je me demande s'il faut prendre cela comme un progrès ou une ignorance grave.