2 positions sur cette affaire.

Celle de Corinne Lepage qui a déclaré soutenir "la position courageuse de Ségolène Royal de s'‘opposer à la programmation de Orelsan aux Francofolies de La Rochelle" mardi dans un communiqué. "Si la liberté d'expression est une nécessité absolue, la valorisation de propos injurieux et haineux ou encore faisant l'apologie de violences sexistes et sexuelles n'en n'est pas une".

Celle de l'association des élu-es contre les violences faites aux femmes..

extraits :

L’association « Elu/es Contre les Violences faites aux Femmes » qui rassemble des élu/es de tous les partis politiques républicains, de gauche comme de droite, donne l’alerte depuis mars 2009 au sujet de la dangerosité des chansons violentes d’OrelSan. Nous soutenons donc Ségolène Royal dont nous estimons la position courageuse et politiquement honnête.

Courageuse, car le combat contre le sexisme paie peu en termes de reconnaissance médiatique, politique ou sociale.

Honnête, car elle est en cohérence avec la position de Ségolène Royal qui est engagée depuis une quinzaine d’années contre les violences faites aux femmes.

En France, les violences contre les femmes sont tolérées avec trop de complaisance

Dans d’autres villes, des concerts ont été annulés sans que personne s’en émeuve. Ainsi, le 16 avril 2009, le Préfet de l’Indre a pris un arrêté pour interdire le concert de « quatre groupes de musique de la mouvance rock anti-communiste » qui devaient se produire deux jours plus tard, au motif que leur répertoire musical comportait « des paroles et titres de chansons qui constituent des incitations à la haine raciale, l’apologie de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. »

Personne n’a crié à la censure. Deux poids, deux mesures : pourquoi n’agite-t-on l’épouvantail de la censure que lorsqu’il s’agit de sexisme ?

Dans la loi, l’égalité des hommes et des femmes est presque parfaite. Reste que les propos racistes disposent d’un délai de prescription de 12 mois, alors que ce délai n’est que de 3 mois dans le cas du sexisme. Mais, dans les mentalités, le sexisme est loin d’être considéré comme un mal aussi grave que le racisme ou l’antisémitisme. D’où les décisions des responsables de festivals qui programment des chanteurs comme OrelSan. Face à cela, quelques élu/es, conscient/es et engagé/es, se sentent dans l’obligation de réagir. On les qualifie alors de censeurs.

Pourtant, si les femmes n’étaient pas considérées comme des citoyennes de seconde zone, l’« affaire Orelsan » n’aurait même pas eu lieu : car de tels chanteurs ne seraient pas programmés, tout comme ne le sont pas des chanteurs ou des artistes aux messages racistes ou antisémites.