Contrairement à ce qui avait été promis, après un homme 1er ministre, un homme chef de groupe à l'Assemblée, voici qu'un autre homme est élu au perchoir.

C'est donc pour François de Rugy qu'ont majoritairement voté ses 301 camarades ayant pris part au scrutin.

Christophe Castaner a indiqué que les députés La république en marche n'avaient pas de consignes, et que c'est un groupe composé à 48% de femmes qui a très largement choisi François de Rugy. C'est un fait démocratique, a-t-il dit. Comme si l'exécutif n'intervenait en rien dans le fonctionnement du groupe. Et d'embrayer sur les prochaines désignations à la Présidence des commissions, qui vont être paritaires. On aura donc peut-être des miettes. 

Nous pouvons tirer quelques enseignements de cette élection.

1er enseignement :  Des députées qui croient que la parité est acquise parce qu'elles sont là

Cette assemblée n'a guère de conscience féministe, sans quoi le fait d'élire une femme leur serait apparu comme primordial, car ça l'était. C'est particulièrement inquiétant de la part d'une génération nouvelle, qui a l'air de croire que l'égalité se fait toute seule, comme par magie. Comme si il n'avait pas fallu lutter pied à pied pour en arriver à 38% de femmes à l'Assemblée.

2eme enseignement : L'égalité oui, mais pas au point de se sacrifier

La parité implique que les hommes laissent des places. C'est bien là que le bât blesse. François de Rugy, qui vient du groupe Europe-Ecologie-Les verts, le plus respectueux jusqu'à présent de la parité, n'était certes pas décidé à laisser sa place à une femme pour appliquer les engagements du candidat Macron. Il avait pourtant tenu quelques propos remarqués lors du débat pour les primaire auquel il a participé, qu'il entendait favoriser l'égalité hommes/femmes et même proposé " qu’il y ait une action de groupe poussée par le défenseur des droits pour que lorsque des femmes dans une ou plusieurs entreprises se sentent victimes d’une inégalité salariale, elles puissent agir en justice de ce point de vue là"

Pour les autres,

3eme enseignement : Comment faire du vieux avec du neuf

Ces nouveaux députés, qui se sont fait élire sur un projet de renouvellement de la vie politique, à qui les électeurs ont fait confiance, malgré leur inexpérience,  ont peur et ont besoin de se rassurer en mettant à leur tête des gens plus expérimentés. C'est l'argument principal qui est donné dans les articles de presse, tant pour l'élection de Richard Ferrand que pour celle de François de Rugy. 

Le monde : "Au sein du groupe majoritaire, composé en grande partie de novices, la candidature de François de Rugy est apparue comme un gage de sécurité pour occuper ce poste aussi prestigieux que stratégique. Alors que l'exécutif communiquait sur sa volonté d'installer une femme à la présidence de l'Assemblée, sa connaissance du fonctionnement de l'Assemblée semble avoir été un facteur décisif". 

Les échos, à propos de Richard Ferrand : " Marie Lebec pointant sa connaissance de la vie parlementaire utile pour encadrer moult novices"

Pas très enthousiasmant pour la suite

4eme enseignement : Femmes, soyez sur la photo ! 

Parmi les députés macronistes, deux femmes avaient pourtant postulé, Sophie Errante et Brigitte Bourguignon. François de Rugy a obtenu 153 voix, contre 59 voix pour Sophie Errante et 54 pour Brigitte Bourguignon. Le quatrième candidat, a obtenu 32 voix.

Sophie Errante et Brigitte Bourguignon ne sont pas des novices, c'est leur deuxième mandat et on peut penser qu'elles en savent suffisamment sur le fonctionnement de l'Assemblée pour occuper le perchoir. Même si François de Rugy a l'avantage d'avoir été vice président. Elles présentent surtout l'inconvénient d'être de parfaites inconnues. Ce qui n'est pas le cas de François de Rugy qui a été candidat à la primaire de la gauche. Un moment certainement pénible, mais payant.

On sait que la politique est un monde difficile, où il faut savoir prendre des risques et des coups. Je ne saurais trop conseiller aux nouvelles députées de veiller à se montrer, ce qui signifie s'exposer aux regards.

2 articles, lus aujourd'hui m'y incitent

Celui-ci de 20 minutes, qui interroge 5 nouveaux députés, avec photos. La journaliste aurait-elle fait preuve de sexisme ? Possible mais je parierais bien que lorsqu'elle a cherché des députés à interviewer, ce sont des hommes qui se sont présentés en premier. Une belle brochette dont on va commencer à connaitre les visages

Et la photo de l'article du Monde, déja cité, je la trouve très parlante