Une répartition plus équitable des tâches ménagères ?

L'INED a publié la semaine dernière une étude qui a été beaucoup commentée.

On y apprend, ou plutôt on y confirme que les femmes assument toujours 80% des taches ménagères, parmi les taches citées il en est une que les hommes ne font quasiment jamais c'est le repassage.

L'arrivée d'enfants augmente la part des femmes, essentiellement parce qu'elles diminuent à cette occasion leur activité professionnelle.

Il est  à noter que cette accentuation des inégalités après l’arrivée d’un enfant est mal vécue par les femmes .

Enfant ou pas enfant, on peut donc une fois de plus constater que les taches domestiques restent un enjeu essentiel des inégalités hommes/femmes. Notamment parceque le temps est l'énergie qu'elles y consacrent sont perdus pour d'autres activités : travail mais aussi loisirs, sociabilité etc...

Le phénomène est certainement complexe. Si les femmes font davantage le ménage c'est qu'on leur a assigné cette tache dès leur enfance (pas forcément en famille, mais dans les livres, à la télé, les jouets etc..) elles s'en sentent donc davantage responsables. Si le logement n'est pas assez bien rangé "on" va penser que la maitresse de maison n'est pas à la hauteur, si les chemises de monsieur ne sont pas bien repassées qui va imaginer que c'est de sa faute ? C'est leur compétence et leur estime de soi qui est en jeu.

Résultat, les femmes ont un niveau d'exigence beaucoup plus important que celui de leur compagnon concernant les taches ménagères et si les jeunes couples ont souvent désormais le désir de les partager il n'est pas certain que ces bonnes résolutions se maintiennent dans la durée.

Jean-Claude Kaufmann, sociologue connu, auteur notamment en 1997 d'une étude sur le sujet (Le coeur à l'ouvrage) donne un exemple dans Sciences Humaines de novembre (Billet non sponsorisé) que je trouve parlant :

Voici ce qu'il dit :

"Prenons l'histoire d'un jeune couple, Sabine et Romain. Pendant toute son enfance Sabine a intériorisé des automatismes corporels la poussant à ranger la maison; alors que Romain au contraire s'avoue même au contraire incapable de passer le balai. (...) Sabine aspire à ne pas "devenir une bobonne", comme elle dit ; Romain s'affiche par principe comme partisan du partage des taches ménagères. Or leur histoire impose et définit un un contexte domestique radicalement différent : une maison très rangée mais ou Sabine fait tout, ou une répartition plus équitable mais joyeusement "bordélique". Après bien des tâtonnements ils vont finir par pencher ensemble dans une même option, laissant opérer les déterminations incorporées. Sabine va devenir une "bobonne". Mais l'important est de dire que ce scénario n'était pas écrit d'avance : ils auraient pu aussi imposer la rupture subjective autour de l'idée égalitaire qui les anime tous les deux."

Acceptons donc les chemises non repassées et le joyeux bordel.

Commentaires

1. Le 11/12/2009, 10:15 par polluxe

Et oui, sortir des rails c'est jamais facile... Ça demande une prise de conscience et une volonté d'action partagée.

2. Le 11/12/2009, 10:51 par Babooszchka

C'est une question difficile. Après tout, accepter le "joyeux bordel" pour une fille qui aime l'ordre, c'est aussi abdiquer. Je connais aussi des hommes maniaques du rangement et curieusement, j'ai toujours vu leur copine s'y plier, même si elles à la base, elles étaient moins fan de ménage. Une question de conditionnement, comme tu le soulignes...

En fait en y réfléchissant, et c'est bien triste, c'est qu'une nana qui aime son intérieur nickel alors que son copain s'en fiche n'a qu'une seule solution pour ne pas passer sa vie à ramasser des chaussettes: avoir suffisamment d'argent pour se payer une femme de ménage -_-

3. Le 11/12/2009, 10:57 par Marta

Le problème du partage des tâches ménagères doit être pris à bras le corps par les femmes dès le début de la vie de couple : imposer le partage de toutes les tâches et sans concession...avec en contrepartie, accepter de ne pas être responsable de la bonne tenue du foyer et que les choses se fassent différemment (ou ne se fassent pas).
A l'arrivée du premier enfant, les choses sont ainsi plus faciles : on se contente de se désoler à deux de ne pas y arriver. Si la femme a déjà pris le pli d'être la maîtresse de maison, il y a peut de chances qu'elle arrive à faire marche arrière : notre homme à qui on a expliqué qu'il valait mieux laisser faire les femmes va encore moins se précipiter au moment où la charge de travail est multipliée par 2.

4. Le 11/12/2009, 11:26 par Kuli

En accord complet avec Babooszchka !!
Je suis une nana maniaque, j'ai bien essayé de prendre sur moi, j'ai un chéri charmant et qui essaie de faire de son mieux mais qui s'en fiche d'avoir un intérieur nickel...Ca se fini en prises de becs et bobonnification pour moi >.<

5. Le 11/12/2009, 11:28 par Emmanuelle

@ Babooska

Non, il existe une autre solution : vraiment réfléchir à ce qui relève (pour soi) de l'indispensable en termes de niveau de propreté/ordre, tomber d'accord à deux dessus, se partager les tâches équitablement quitte à chronométrer pour ne pas se faire entuber car on sous estime souvent (je l'ai fait!). Et ensuite ne plus jamais lâcher d'un iota sur la répartition. Et accepter l'idée d'être perçue comme celle qui emmerde pour une histoire de ménage, et oui c'est pas le beau rôle, mais onb avec de bonens politiques on tient convictions. Et pour le mec ca veut aussi dire parfois d'accepter de passer pour un mec soumis, qui ne s'affirme pas.

D'un autre côté pourquoi ne pas faire payer par le mec qui ne veut rien foutre les heures de son quota tâches ménagères ? Si on des comptes séparés ça pourrait marcher

En tout cas il faut être convaincues que c'est une question cruciale, le différentiel horaire peut aller jusqu'à 10h/semaine, c'est énorme. Sans compter la charge mentale...

6. Le 11/12/2009, 12:00 par Babooszchka

@ Emmanuelle

Oui je suis tout à fait d'accord avec toi sur le principe de dire qu'il ne faut pas lâcher d'un iota.

Mais être lutter pour le partage des tâches, c'est aussi très fatiguant au quotidien. Certes, il faut savoir pour quoi on se bat, mais d'expérience, les bagarres sur le ménage se transforment souvent en problèmes de couples.

Il suffit d'être un peu fatiguée un soir, d'avoir eu une mauvaise journée et de se dire qu'on ne veut pas ajouter par dessus-tout une dispute avec son copain parce qu'il n'a pas eu l'idée d'étendre la lessive ou de faire la vaisselle... et paf, on se tape la corvée parce que c'est à court terme la solution la plus simple... Bref, un mécanisme insidieux.

On trouve souvent des hommes de bonne volonté (le but n'est pas de leur taper dessus) qui vous disent "mais tu n'as qu'à me demander et je le fais". C'est un travail de longue haleine de les amener à faire les choses sans qu'on est besoin de se poser en "gestionnaire" du foyer.

Si je dis que la seule solution est d'être assez riche pour avoir une femme de ménage (ou un homme de ménage) c'est parce que je pense qu'en ayant le rôle de "l'emmerdeuse", une femme n'est pas gagnante non plus. Cela est souvent source de gros clash. Elle peut se prendre des réflexions du genre "t'es vraiment comme ma mère" (avec l'image séduisante qui y est associée).

Je ne suis absolument pas en train de dire qu'il ne faut pas faire valoir ses droits, ni se battre pour que le partage des tâches soient respecté... Mais je veux mettre en évidence le fait que la solution de "devenir l'emmerdeuse" ou celle de "devenir une bobonne" sont toutes deux désavantageuses. Bien-sûr, entre deux maux, je crois qu'il est tout de même préférable, en effet, de choisir la première solution et pas l'option carpette ;)

7. Le 11/12/2009, 12:09 par Nouch

le plus édifiant dans cette étude, c'est que les hommes ont l'impression d'en faire autant que les femmes! Normal lorsqu'on voit que toutes les pub de produits d'entretien s'adressent aux femmes, un homme qui en fait un petit peu plus a tout de suite l'impression d'être largement au-dessus du lot.

Je suis d'accord avec la durée des tâches ménagères, mais ce n'est pas évident de tout calculer.
Dans mon couple, je fais la cuisine et mon mec la vaisselle. Il n'est pas toujours évident de lui montrer que la cuisine est plus chronophage que la vaisselle et je n'ai pas non plus envie de tomber dans la comptabilisation du temps passé aux différentes tâches ménagères...

8. Le 11/12/2009, 12:17 par Mlle S.

ça pose quand même question de dire qu'il ne faut jamais abdiquer. S'il faut en permanence se battre, toujours rester vigilante pour ne pas se faire dominer la gueule avec amour, ça signifie bien que les bonnes volontés ne sont pas suffisantes, mais qu'il s'agit réellement d'un système cohérent, dont on retrouve les formes de domination à différents échelons, et qui les réactualise, les fait perdurer. Ça pourrait peut-être poser question aux féministes qui pensent qu'il s'agit d'une question de mentalités qui évolueraient à coup de pédagogie et de quotas.

9. Le 11/12/2009, 13:26 par Olympe

Mlle S et alors tu fais quoi ?

10. Le 11/12/2009, 13:58 par Dorcha

Dans ce genre de problèmes, je pense que c'est l'éducation des enfants qui est le plus important. Avec mon homme, on se charge des tâches ménagères une fois sur deux (ça évite de chronométrer pour voir si faire la vaisselle c'est équivalent à repasser). Ca nous a paru logique, mais c'est surtout parceque sa mère (qui avait trois fils) leur faisait participer aux tâches ménagère et refaire jusqu'à ce que ce soit comme elle aurait fait. Donc ça lui semble normal de faire autant que moi. Sinon l'autre solution c'est de pas faire jusqu'à ce qu'il le fasse. Parce que si on se précipite pour tout faire, forcément, ...

11. Le 11/12/2009, 14:04 par Emma

"avoir suffisamment d'argent pour se payer une femme de ménage"

Allez, on va dire un "homme de ménage" et la rupture égalitaire sera plus claire encore, lol.

12. Le 11/12/2009, 14:12 par Babooszchka

Oui Emma, je m'en étais rendu compte et du coup, je me suis corrigée dans mon deuxième commentaire ^^

13. Le 11/12/2009, 14:19 par Clem

J'ai lu des articles sur cette étude et ça m'a encore moins donné envie d'avoir des enfants...
Ce que je constate beaucoup, c'est la difficulté de certaines femmes à laisser faire les hommes, parce que ce n'est pas fait comme elles le veulent/l'auraient fait (c'est en voyant ma mère refuser que mon père passe l'aspirateur que je l'ai compris).
Parfois je pense que c'est ce côté "que va-t-on penser de moi si c'est fait comme ça" qui prime. Parfois j'ai l'impression que les femmes ont aussi assimilé ce rôle de Wonderwoman-qui-fait-tout-et-doit-pouvoir-tout-faire-sinon-c'est-pas-une-vraie-femme de la génération d'après-guerre qui travaillait et assumait les tâches ménagères, et elles ne veulent pas le lâcher pour ne pas perdre leur statut de femme, depuis si longtemps associé voir assimilé aux tâches ménagères.

J'ai appris à me dire que ce n'est pas grave que mes culottes sèchent tirebouchonnées et que l'aspi ne soit pas passé derrière le canapé une fois sur deux... mais j'ai aussi appris par expérience que le vrai partage égalitaire n'est possible que si le couple est compatible à la base, en matière de bonne volonté et de standards de propreté/saleté.

14. Le 11/12/2009, 14:25 par Clem

Babooszchka "Certes, il faut savoir pour quoi on se bat, mais d'expérience, les bagarres sur le ménage se transforment souvent en problèmes de couples" : pour moi, toutes les bagarres, qu'elles portent sur les finances, le sexe ou l'éducation des enfants, se transforment en problèmes de couple si on arrive pas à trouver un compromis qui rendent les deux aussi heureux que possible (et non pas le moins malheureux possible) pour régler cette incompatibilité.

15. Le 11/12/2009, 14:37 par lili est insolente

exactement...

Et les chaussettes sales qui traînent

16. Le 11/12/2009, 14:46 par Babooszchka

Clem, je suis méga d'accord. J'aurai pu dire la même chose sur les finances, l'éducation des enfants, toussa... mais comme il était question de partage des tâches ménagères c'est la-dessus que je me suis exprimée.

Ceci-dit, et même si je suis très fan de l'idée de compromis, je pense que ce sujet là en particulier à cela de spécial qu'il débouche généralement sur des compromis désavantageux du côté féminin de la force. Ce que je voulais mettre en avant, c'est un cercle vicieux, le fait que les femmes sont condamner soit à ne jamais lâcher le morceau (et à plomber le couple), soit à se "bobonnifier". Pour la gestion des finances, par exemple, je crois que la donne n'est pas la même...

Accepter que les culottes sèchent en tire-bouchonnant est une solution... Je veux dire, un peu de poussière et une culotte froissée ne tue personne... Sauf que dans certain cas, on se retrouve avec des montagnes de lessive qui moisissent dans le lave linge, plus d'assiettes propres pour manger et des pizza pourries dans le frigo. C'est là que je suis en accord avec toi quand tu dis qu'un couple doit être "compatible à la base". Beaucoup d'hommes bordélique ne sont capables que de peu de concessions en matière de ménage alors que, comme je le disais, j'ai rencontré aussi beaucoup d'hommes tyrans du ménage et des filles bordéliques qui s'y étaient pliées.

17. Le 11/12/2009, 16:14 par polluxe

Comme d'hab. je vote pour le "personnel" de ménage...

18. Le 11/12/2009, 16:23 par Zoé

On peut en effet opter pour le personnel de ménage, mais à moins d'avoir une bonne (ou un bon) à demeure, ça ne résout quand même pas le problème au quotidien. Et puis, ça veut dire que ça ne résout rien pour les 3/4 des ménages qui ne peuvent pas se le payer. Je pense qu'une solution c'est faire les choses ensemble. Même si c'est pas toujours possible il y a de nombreuses choses qu'on peut faire à deux: les repas, la vaisselle, les courses, le ménage... C'est peut-être bien de se réserver un moment pendant la semaine... style "on s'amuse ensemble on se fait chier ensemble"

19. Le 11/12/2009, 16:57 par Gabrielle

l'image de la femme-qui-assume-tout est très, très, très, prégnante.
quand j'ai emménagé avec mon compagnon, je me suis surprise à tout récurer le premier jour en son absence en pensant "comme il sera content d'avoir un apart propre en rentrant, quelle femme dynamique je suis". comme je vous le dis. pourtant ma conscience féministe était déjà éveillée. j'en ai encore honte.

depuis je me suis soignée, la flemme l'a emporté :) je pense que nous partageons équitablement et j'ai la chance de ne pas avoir dû batailler.
sinon je suis assez adepte du ménage en commun, ça passe beaucoup plus vite et on est sûr d'y passer un temps égal.

20. Le 11/12/2009, 18:24 par Krak

Est-ce qu'une part du problème ne serait pas l'image négative que beaucoup ont d'un homme aimant la propreté et le rangement? D'ailleurs quel est le masculin de femme de ménage?

Si on n'améliore pas cette image, il est certain qu'ils ne feront pas d'effort. Malheureusement, la conclusion de votre article ne va pas vraiment dans ce sens...

21. Le 11/12/2009, 20:12 par Grain

A lire sur le sujet : "l'injustice ménagère " sous la direction du sociologue François de Singly. Sous titre "pourquoi les femmes en font-elles toujours autant ? Les raisons des inégalités de travail domestique ".
Il me semble que ça peut aider à faire progresser les choses d'identifier objectivement d'où viennent les blocages. Ou au moins ça donne des pistes.

22. Le 11/12/2009, 20:34 par Nouvel Hermes

Epousez-moi! (C'est pour rire, tant que je n'ai pas vu votre photo: vous voyez, je suis comme les autres. Ya que les femmes qui ne s'intéressent pas au physique des mecs). Donc, je suis moche, petit, je pue des pieds, mais promis, je ferai un effort, mais: j'aime faire le ménage, je suis un parfait cuisinier, je fais les courses, je m'occupe parfaitement du gamin. Sympa, drôle, QI acceptable. Rendez-vous sur Meetic.
(Sans rancune)

23. Le 11/12/2009, 22:07 par olympe

Hermés, merci mais j'ai déja ce qu'il me faut plus 5 ados.

Grain, tiens je n'ai pas lu , à voir donc

Krak, il semble quand même que le seuil de tolérance des hommes spoit beaucoup plus faible et qu'ils s'accomodent mieux de la poussière ou du linge moins rangé. peut être parcequ'ils ne s'en sentent pas responsables et vous avez raison peut être que non seulement ça n'améliore pas leur image mais ça la dégrade . Je ne sais pas.

Zoé le ménage ensemble c'est une bonne solution, mais lorsque les enfants arrivent ça ne peut plus être un jeu parceque tout à coup il y a beaucoup plus de choses à faire et obligatoires (on peut se contenter d'une salade à 2, pas avec un bébé)

Babouschka,Kuli il faut aussi se poser la question de savoir pourquoi c'est si important que tout soit nickel, pourquoi on est maniaque du ménage. Tout le monde ne l'est pas et si on vit avec quelqu'un il faut trouver un terrain d'entente .
Je suis d'accord avec Clem la dessus, il faut etre compatible.

Marta le plus ahurissant je trouve est de s'occuper du linge de son homme si lui même ne fait rien. Il suffit de ne pas y toucher, de le mettre dans un coin si il traine. il finira bien par le laver et le repasser.

Didier Goux, quand on est jeune couple encore provisoire c'est vrai qu'on fait des comptes d'apothicaires. sinon que je sache leménage n'est ni dans les gènes ni dans les hormones, c'est juste une question sociologique

Polluxe, tout le monde ne peut pas et de toute façon ce sont des femmes

Gabrielle, ouais, vive la flemme

24. Le 11/12/2009, 22:12 par jolb56

J'ai essayé d'être une bonne fille (d'un papa veuf tés jeune), puis une bonne compagne (d'un mec qui avait accepté notre enfant), puis une bonne mère (pour que ma fille ait un bon exemple) et puis basta .... je me suis aperçue que faire le ménage me mettait de mauvaise humeur et que ça rendait tout le monde "inconfortable". Depuis 20 ans, je fais le ménage, si ça me plaît, quand ça me plaît et pas du tout si j'ai des trucs mieux à faire. parce que parfois, faire le ménage cela me permet de mettre de l'ordre dans ma vie ... à moi .

25. Le 12/12/2009, 00:08 par Zoé

@ Olympe: je n'ai pas dit qu'il fallait prendre ça comme un jeu... et faire ensemble la cuisine ne se résume pas à faire une salade (sinon, je vois pas l'intérêt de le faire à deux, et avec ou sans bébé, salades tous les jours, c'est un peu chiche non?) ;-)
Enfin, je pense aussi que c'est compliqué... pourquoi quelqu'un devient maniaque (ou simplement organisé en tâches ménagères)? et je connais autant d'hommes que de femmes qui le sont... C'est d'autant plus étonnant qu'il y a des gens maniaques qui n'ont pas eu cet exemple chez eux (ni mère ni père maniaque) et d'autres qui ne le sont pas du tout alors que leurs (ou l'un des) parents l'étaient. Du coup, je me dis que c'est pas tellement "l'exemple parental" qui joue.
Ne l'étant pas du tout moi-même (et c'est le moins qu'on puisse dire) je n'ai jamais compris (tout en étant un peu admirative) les gens qui avaient un intérieur nickel et une organisation impeccable. Mais j'ai plusieurs fois entendu des gens dire que ça les faisait se sentir mieux... plus d'ordre dans leur vie comme dit jolb56...

26. Le 12/12/2009, 09:55 par Floréal

La femme de ménage ou homme d'entretien que ce soit, au bout du compte fera partie de la gestion de l'intérieur qui incombera à la femme dans e couple, c'est encore elle qui devra mettre sur pied l'emploi du temps, donner les directives, penser au stock de produits d'entretien. Une délégation d'un travail qui continuera à être perçu comme une prolongation du travail domestique considéré comme féminin.

ça fait partie de ce qu'on appelle la "charge mentale" et c'est précisément ce qui vous bouffe la vie.

Ensuite, s'il y a des hommes qui effectivement aiment l'ordre et une maison propre et bien rangée, habitués à y pourvoir par eux-memes, c'est essentiellement pour eux qu'ils le font. Les femmes sont par contre habituées à y pourvoir davantage pour les autres, pour "la famille" que pour elle-memes.

27. Le 12/12/2009, 10:24 par ladywaterlo

Pourquoi de telles prises de tête?

Sachez d'abord qu'avoir une femme (ou homme) de ménage ne résout en aucun cas le problème à moins de l'avoir à temps plein (courses, repassage, cuisine, ménage de fond...)

Ensuite, pourquoi se disputer ou chercher, nous, une solution? Cela veut déjà dire que nous nous sentons plus concernées que nos mecs. Aucune raison. Sauf si vous ne travaillez pas à l'extérieur et si c'est le cas, pendant les vacances, vous êtes aussi en vacances.

Nombre de femmes que je connais qui ne supportent pas que:
-on lave la salade comme ça
-on ne range pas les fourchettes bien parallèle
-on ne plie pas les slips avant de les enfourner dans le bon tiroir (enfin pour moi, un petit panier)
-on repasse tout: tee shirts, serviettes....

J'ai 7 enfants, une maison nickel et tout le monde participe. J'accepte que les choses ne soient pas faites comme j'aime. J'accepte aussi que si les autres ne voient pas la nécessité de faire un truc (par ex vider une corbeille le soir et que moi je ne peux pas aller me coucher sans, je le fais). Je ne me sens nullement responsable de tous les repas...

Lorsque personne ne fait rien dans la maison, je me mets au diapason.

Bien entendu j'organise plus de choses dans la maison, mais ne m'occupe jamais d'un tas de trucs (repassage, menus bricolages..) Et certains secteurs incombent à Lhom.

En fait, il faut déterminer ce que l'on veut garder en main, on ne peut déléguer que si on abandonne le pouvoir dans la maison. Beaucoup de femmes en sont incapables.

Le reste est après une histoire de dialogue, de tolérance, et de résistance. Si c'est l'homme qui est chargé de faire des courses:
1 on le laisse faire, sans critiquer
2 on bouffe du pain et des nouilles s'il a oublié d'aller au super marché, en trois jours il comprend! Rapidement n'oublie plus.

Pourquoi essayer d'être une petite fée du logis, si cela vous bouffe la vie (charge mentale) laisser tomber, c'est plus simple. J'oublie régulièrement d'acheter du débouche évier, je vous assure que les mecs supportent pas plus que nous et savent en acheter.

Un exemple terriblement efficace : Vous recevez votre belle mère, faites lui que des surgelés, et basta, c'est le mec qui fait les courses pour remplir le congélateur. Cette étape passée, vous verrez que les premiers pas sont les plus durs , cela sera plus simple après.

28. Le 12/12/2009, 15:25 par Floréal

Evidemment, faire 7 enfants à la demi-douzaine pour ne plus sentir de charge mentale, ça ne va pas être la solution la plus adoptée...

D'un autre côté c'est sûr qu'avec une nurse, une fille au pair, une femme de ménage, une cuisinière, les entreprises de nettoyages et de livraison, n'importe quelle femme en bonne santé peut faire 7 enfants à la demi-douzaine... Plus même. Question de vocation.

Et comme ce n'est pas l'alternative la plus choisie, il faut croire qu'il y a une raison.

29. Le 12/12/2009, 15:43 par Babooszchka

Lol Floreal, je ne crois pas que c'est ce que voulais dire Laywaterlo. Je ne crois pas qu'éduquer 7 enfants à participer aux tâches ménagères soit une solution de facilité (surtout avec des ados). Ca me semble plutôt, en définitive, une nécéssité. De même qu'apprendre à lâcher prise...

Idem, le personnel de ménage, le valet de pied et la femme de chambre... Ce n'est bien sûr pas une solution de fond et ça ne concerne que les gens avec un certain revenu (et puis comme souligné plus haut, c'est souvent la femme qui s'occupe de "gerer" l'homme/la femme de ménage). Bref...

En fait, des commentaires précédents, je tire les conclusions suivantes pour changer les choses:
- Aux femmes d'apprendre à lâcher prise (et à ne pas vouloir que tout reste entièrement sous leur contrôle, et accepter que tout ne soit pas nickel: la nécessité de la nickelitude est aussi quelque chose que l'on nous ç inculqué dès l'enfance)
- Trouver un homme de bonne volonté et lui demander clairement de faire les trucs (la fameuse "compatibilité") jusqu'à ce que ça rentre. En discuter pour qu'ai lieu un partage des tâches et se faire violence pour ne pas faire beaucoup plus que ce qui nous est assigné.

30. Le 12/12/2009, 18:33 par cyann

en effet, beaucoup d'amies m'ont mis en garde par rapport au congés parental. pour le moment je suis en congé mater, et comme je suis à la maison, c'est moi qui fait ( mais ça vient de moi car je me dit comme ça quand il travaille pas on peut faire des choses en famille). je me rend compte qu'il faut faire attention tout le temps et racadrer les choses.

31. Le 12/12/2009, 23:02 par Marta

A cultive ton jardin : je ne suis plus si jeune , plus de 15 ans de vie de couple derrière moi et 2 enfants. Ma "recette" est donc éprouvée. Mon homme était tout ce qu'il ya de plus normal : il n'avait jamais tenu une éponge de sa vie, ne connaissait pas le fonctionnement d'un lave-linge et imaginait que les femmes s'épanouissaient à passer la serpière. J'ai juste été très claire : soit on partage, soit au revoir. Quand il en a eu marre de porter ses chemises au pressing, il a fini par apprendre à repasser. De mon côté, j'ai dû me faire à ce que le ménage ne se fasse plus régulièrement une fois par semaine mais juste quand c'est sale (pas idiot, finalement), à ce que les torchons ne soient pas repassés (l'armoire à linge est moche, mais la quand la porte est fermée, ma foi, c'est pas si grave), à manger des trucs de mecs un jour sur deux ...Mais au final, ça s'appelle la vie en société. Les tâches ménagères ne sont jamais un sujet de disputes, au pire, on se traite de nuls quand on n'y arrive plus, et on déclanche une opération coup de poing pour remettre les choses en ordre (soirée repassage à 2, on a d'ailleurs acheté le matos en double). Je ne vois pas pourquoi celui des deux qui gagne le moins (et donc en l'occurence celle) devrait compenser en se tapant le ménage ??? Pour le temps partiel, le chômage, c'est vrai que c'est moins facile. J'avoue qu'à chacun de mes congés parentaux, j'en ai toujours fait beaucoup plus, mais en ce moment, c'est lui qui subit le chômage technique et qui assume la plus grosse part, comme quoi...

32. Le 13/12/2009, 10:44 par Marta

Je ne suis qu'à moitié d'accord avec toi Emelire concernant la grossesse : je dirais plutôt que c'est le dernier créneau à ne pas rater si on a déjà pris de mauvaises habitudes. Pour ma part, je conseille vivement de démarrer avant, plus on tarde, plus c'est difficile.
Le problème des tâches ménagères ne pourra être résolu que si d'abord les femmes prennent le temps d'y réfléchir et se prennent en main pour se déprogrammer. Il y a peu de chance que les hommes, qui ont la part facile, fasse le chemin d'eux-mêmes (et on les comprend : si on m'expliquait que je suis trop crétine pour passer le balais, j'accepterais bien volontiers l'injure et laisserais faire les autres).
Jouer à la petite fée du logis à 25 ans est un jeu dangereux que l'on paye 10 ans plus tard par des frustrations terribles, voire un divorce.

33. Le 13/12/2009, 14:07 par Resh

Face à ca je n'ai qu'une chose à dire : Y'a qu'à demander ! Voire ordonner !
Si le mec ne fous rien, ou en fait moins que vous, pas besoin de combines pour essayer de lui faire comprendre ! "Chéri c'est ton tour de faire la vaisselle" C'est si compliqué à dire ?
Si vous vous empressez de tout lui faire sous le coude en espérant un "Mais non laisse je vais le faire !", ne vous étonnez pas d'être prise à votre propre piège, les princes charmants ca ne courre pas les rues.

Le partage des taches n'aura des chances de devenir égalitaire qu'à partir du moment ou vous oserez seulement formuler vos exigences.

34. Le 13/12/2009, 14:44 par emanu124

Oui vive le bordel et les chemises en acrylique qui ne se froissent pas..
(et les gosses mal élevés aussi)

35. Le 13/12/2009, 23:14 par Suzanne

Manue: des enfants en acrylique mal élevés, et qui foutent le bordel... fuyons !

36. Le 13/12/2009, 23:15 par Suzanne

Manue: des enfants en acrylique mal élevés, et qui foutent le bordel... fuyons !

37. Le 14/12/2009, 12:36 par Suzanne

Je me demande comment s'effectue la répartition des tâches ménagères dans les couples gays et lesbiens... et s'il n'y a pas un peu les mêmes problèmes.

38. Le 14/12/2009, 15:23 par Emma

"dès le début de la vie de couple : imposer le partage de toutes les tâches et sans concession" (Marta, 3)...

Ben oui 100% d'accord et si le mec se ttire parce qu'on est trop exigeante, ca voudra qu'il ne valait pas le coup. Perso un mec qui songe à me transformer en bobonne à 0 euros, c'est niet. C'est d'ailleurs ce que j'ai demandé à mon copain : tu prétends être amoureux, OK, mais tu trouves ça compatible avec le fait de me faire faire ton ménage et ta lessive ? S'il est de bonne foi, il dit non et essaie de corriger le tir...

L'amour ca passe aussi par le respect, mais bon j'ai eu la chance de ne pas être elevée dans l'idée que l'Amooouuuur était l'alpha et l'oméga d'une vie de femme et qu'il valait la peine qu'on y sacrifie liberté et dignité

39. Le 14/12/2009, 16:56 par ladywaterlo

@ Marta, je crois que tu es dans le juste, pas d'énervement ni d'exigence excessive, une vraie responsabilité partagée des tâches. Ta recette est finalement proche de la mienne, sauf que je ne l'ai jamais exprimée.

Jeune, lorsque je rentrais de fac dans mon appartement, le bordel, je m'en foutais complètement, je prenais mes cours, un café et allais bosser dans mon lit! Mon détachement complet devant le frigo vide et tout ce qui est matériel a vite requis de Lhom une participation active.

Si on considère sa propre maison comme un lieu de vie géré comme une entreprise, on enlève l'affect, et cela aboutit à une organisation fiable dans les grandes lignes, souple dans leurs applications.

40. Le 17/12/2009, 15:06 par leoetlisa

J'ai fais un petit billet avec sondage qui confirme que les femmes et les tâches ménagères sont les meilleures ennemies ! A lire là : http://leoetlisa.over-blog.com/arti...

41. Le 26/12/2009, 21:42 par Jujube 1er

Eh bien moi, c'était dans l'autre sens. Je suis un homme, je faisais les courses, la cuisine, la vaisselle, le jardin, le bricolage, l'administratif, participait activement au ménage et au nettoyage, au rangement, à s'occuper de notre bébé.
Mais ça ne l'a pas empêché de trouver que faire tourner des machines de linge et sortir les poubelles ne lui laissait pas assez de temps pour elle, pour faire son blog, sa couture, son club de philo...
Alors gare quand je demandais qu'elle consacre un peu de temps à moi et à la vie de famille...
Ça devait vraiment l'étouffer, puisqu'elle est partie il y a trois mois.
Partage des tâches, hmmm.
Pas vraiment vu chez moi.

42. Le 26/12/2009, 22:09 par olympe

Je suis désolée de ce qui vous arrive. J'espère que vous avez réussi à trouver une solution satisfaisante pour la garde du bébé.

43. Le 03/01/2010, 23:26 par Jujube 1er

Une solution, temporaire, oui...
Satisfaisante : y en a-t-il une idéale ? En dehors d'un papa et d'une maman qui s'aiment et qui apportent amour et affection à leur(s) enfant(s) ?
Le juge tranchera... malheureusement.

44. Le 04/01/2010, 00:24 par Olympe

L important pour l enfant est de pouvoir aimer ses parents sans conflit de loyauté .

Sinon je dois dire que le blog de votre épouse est très beau, elle a comme on dit "de l or dans les mains"
je vous souhaite en 2010 de depasser ce cap difficile et de retrouver de la sérénité. Pour vous et votre fils.

45. Le 05/01/2010, 20:04 par Jujube 1er

Ah ! Vous avez découvert son blog...
Comme j'ai découvert le votre en cherchant ce que j'avais pu faire de mal, d'un point de vue de femme...
Je n'ai toujours pas trouvé.
Certes elle a de l'or dans les mains : néanmoins, ces activités ont cannibalisé tout le reste, dans une frénésie boulimique.
Quand le "jardin secret" devient une raison de vivre, au détriment de tout échange et même de l'affection donnée à l'enfant, que signifie une vie de famille ?

46. Le 05/01/2010, 21:48 par olympe

L'amour est une alchimie compliqué, qui arrive et repart sans qu'on sache vraiment comment ni pourquoi. Ne cherchez pas forcément ce que vous avez fait de mal ou de pas assez bien.

Et pour le blog je n'ai même pas cherché